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EAN : 9782757886083
112 pages
Points (01/10/2020)
3.32/5   217 notes
Résumé :
Et vous, quel geste vous trahit ?

Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie geste roi de nos vies modernes ;
le " vapotages ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ;
les hommes de pouvoir qui se ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
3,32

sur 217 notes
A la manière de ce qu'il partage avec nous, j'avais des impressions sur mon histoire avec Philippe Delerm. Une impression juste, celle de l'avoir découvert il y a bien longtemps au moment de la sortie de la première gorgée de bière, à la fin des années 90 (il y a environ 25 ans, aïe ça fait mal !). Une impression fausse, celle d'avoir immédiatement enchaîné avec La sieste assassinée et de m'en être du coup lassé et de ne plus l'avoir lu. En fait, grâce à une liste que je me suis constitué (avant que des sites comme Babelio n'existent pour nous permettre de garder une liste de nos lectures), je me rends compte que j'ai lu La sieste assassinée près de 8 ans après La première gorgée de bière... et que j'ai lu 4 ans plus tard Traces (au moment de sa sortie, je me rappelle maintenant que c'était un cadeau qu'on m'avait offert).

Philippe Delerm n'imprime la mémoire que de façon fugace, sans précisions. Ses instantanés, sa marque de fabrique, sont pourtant plutôt bien trouvés la plupart du temps. Ils expriment parfois la nostalgie de moments, d'objets passés de notre enfance, retranscrivent parfois parfaitement l'époque (par le biais ici d'objets et comportements d'aujourd'hui, cigarette électroniques, selfies, scrolling et conversations sur portables). L'angle choisi pour aborder ses moments est toujours légèrement différent selon le livre. Des plaisirs minuscules du début, on passe ici aux gestes qui nous trahissent... ou plutôt qui nous disent comme le précise ici Delerm, la nuance est importante. Nos gestes ne sont pas toujours révélateurs de ce que l'on voudrait cacher, ils sont parfois position assumée, renforcement de la parole. Ou même remplaçant de la parole quand elle ne parvient plus à remplir sa fonction, comme ce doigt passé sur la joue délicatement pour consoler un ami dans la peine et que Delerm parvient à parfaitement décrire, tout en précision millimétrique et en nuances.

Le style Delerm, parlons-en. Il est étrange comme il semble parfois parfaitement en adéquation avec son objet et parfois en décalage dans une trop grande complexité qui perd le lecteur. Et je ne saurais pourtant dire qu'il est fondamentalement différent entre chaque petit geste dépeint, là encore plus une impression qu'un constat, comme si l'exercice qu'il s'impose ne permettait pas à ses phrases de garder une cohérence d'ensemble.

Il m'a semblé voir que Delerm avait également publié un ou deux romans outre ses livres au format recueil de moments. le temps est peut-être venu pour moi de m'y pencher pour me faire une idée plus complète de la voix littéraire que propose Delerm, pour savoir si les impressions peuvent enfin se graver en moi et ne pas que m'effleurer en surface.
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Dans son dernier livre, L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent, qui sort demain en librairie, Philippe Delerm l'inventeur et le pilier de l'instantané littéraire, continue sur sa lancée et sonde certains de nos usages numériques avec poésie.

Une quarantaine de textes pertinents et gentiment caustiques qui montrent à quel point, nos petits gestes nous trahissent Philippe Delerm nous décortique ces petits gestes disent de nous..

Philippe Delerm, sait, comme nul autre pareil, décrire ces instants, avec pertinence et acuité.

Le père de Vincent se veut une nouvelle fois le témoin attentif et attentionné des défauts et autres travers de ses contemporains, et débusque avec son regard perçant nos gestes les plus quotidiens, parfois décriés, régulièrement critiqués.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Delerm nous livre une observation fine, précise et agréable des gestes banals ou des plaisirs quotidiens tels que fumer ou vapoter, boire un verre, déambuler dans un appartement, pianoter sur un clavier, se gratter, s'asseoir à la terrasse d'un restaurant, tous ces éléments sont passés au crible de l'oeil acerbe du narrateur.
C'est une sorte de regard que le narrateur pose sur les choses qui se déroulent sous nos yeux, pour peu qu'ils soient attentifs et patients, comme une pellicule ou qui se présentent un tableau dont on a envie de découvrir tous les détails.
L'écriture très imagée et analytique sollicite l'imaginaire, l'attention et la concentration du lecteur, on n'est pas dans un texte qui enjoint à tourner les pages rapidement, pas de suspense après lequel courir, la lenteur est exigée. On est dans une pause méditative, la respiration tranquille du texte s'impose. le découpage presque scientifique des gestes nous contraint à suivre le texte pas à pas, la mécanique du geste est rendue consciente et est embellie par l'écriture.
L'écriture est un éloge de la lenteur, une pause qui s'impose pour pouvoir savourer l'écriture du livre. C'est une invitation au rêve, parfois les souvenirs d'un lointain passé ressurgissent à l'occasion d'un acte comme une madeleine de Proust.
Le livre est aussi une sorte de mise en abyme de l'écriture des romans, une métaphore de la vie dans son déroulé, vraisemblablement ce que vit et ressent l'auteur dans ces moments-là. N'est-il pas « l'extase du selfie » ? selon ses propres termes, où l'on s'observe soi-même devenant ainsi l'objet principal de notre propre regard mais aussi celui des autres lorsqu'on le partage.
C'est un livre court dont l'écriture est littéraire, chaque chapitre court fait l'objet d'une observation minutieuse et d'une écriture concise, c'est un texte qui se savoure en gourmet de la lecture.
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Rendez-vous incontournable avec Philippe Delerm, j'aime retrouver ses petits textes du quotidien, où chacun s'y retrouve. C'est plaisant, décontractant, une vrai thérapie du simple. Laissez-vous bercer par cette douce mélodie des jours de tout à chacun, des gestes anodins mais ô combien révélateurs, laissez-vous emporter par les souvenirs, la mélancolie heureuse d'une vie qui passe sans chaos ni heurts, juste l'essentiel d'apprivoiser le quotidien dans la lueur du matin et parcourir son chemin, les mains dans le dos, et vivre de menus bonheurs à picorer ici et là.
Je suis toujours admirative du talent de pouvoir écrire sur un objet, un geste, une attitude, Philippe Delerm est le photographe poète de lambda.

Simple mais efficace pour une lecture toute en douceur, on aime pénétrer dans cette bulle à la Delerm, s'y lover et ne plus partir. Rester figée ici et maintenant plus que tout, oublier le reste, juste ce doudou froufrou qui nous rassure.
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Quand on ouvre un livre de Philippe Delerm on sait toujours ce que l'on va trouver, pas de surprise et pourtant ce n'est jamais exactement le même ni jamais différent. C'est tout cela à la fois.
J'ai fait la connaissance de cet auteur, comme beaucoup, avec La première Gorgée de Bière qui fut en son temps une sorte de petit traité philosophique sur nous, sur nos attitudes et sentiments. Tous ces petits gestes, pensées et attitudes qu'il passe au microscope de son oeil et de sa plume.
Oui c'est exactement cela, il observe ses contemporains, mais il y apporte son regard, ses propres ressentis et traduit dans de courts textes tout ce qu'ils expriment à travers une façon de faire, de dire, d'être, de se mouvoir.
Avec l'extase du selfie, Philippe Delerm s'attache à nos gestes : prendre un selfie, tenir un verre de vin, enfiler un loden, danser en pliant les draps et même conduire un caddie, tous ces petits gestes de tous les jours que nous faisons sans réfléchir et que lui décortique pour y voir bien plus que les apparences.
Comment ne pas se reconnaître dans l'un ou l'autre de ces petites minutes de vie et de penser, il est partout dans notre intimité, dans les cafés, dans les rues, il observe et traduit, avec parfois un trait d'ironie, nos comportements.
Ce que j'ai apprécié c'est qu'avec l'évolution de la technologie, il s'adapte et continue d'observer ce que les outils du XXIème siècle révèlent de nous-mêmes, un kaléidoscope du quotidien, jamais différent, jamais le même, le monde évoluant Philippe Delerm s'adapte à la vie moderne et à certains de ses nouveaux codes.
Moi, Philippe Delerm, je ne le lis pas en une fois, je le lis, petites fables après petites fables, je les digère, je m'y reconnais ou y retrouve certains de mes proches et pense :
« Ah mais oui, c'est exactement cela » mais lui a les mots, le recul, pour en faire une sorte de pensées philosophiques sur nous humains et il m'arrive parfois, longtemps après d'y repenser. Notre gestuel révèle tant de nous, inconsciemment ou non, nous sommes ses animaux de laboratoire et c'est avec bienveillance ou ironie qu'il nous le restitue.
Lire Philippe Delerm c'est savoir où nous allons, accepter de se regarder par le prisme de son regard et parfois, y repenser à l'occasion de la répétition de la chose évoquée et se dire que décidément il a bien du talent.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique
07 novembre 2019
Succession d’instantanés, de réflexions mêlées d’observation, à la manière, jadis, de La Bruyère, La Fontaine ou de Maupassant, cette Extase du selfie et autre gestes qui nous disent se délecte tel un grand cru. À l’image de ce Verre à la main sans boire que nous raconte, avec sa langue délicate et précise, sa modestie et son empathie teintée d’ironie, Philippe Delerm.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox
01 octobre 2019
Redoutable observateur et styliste hors pair, l’auteur de La première gorgée de bière épingle ces petits riens qui en disent long sur notre époque avec une délectation manifeste.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (101) Voir plus Ajouter une citation
La plage du chagrin

On va chercher la tempe. On va glisser le dos du doigt contre la joue, tout doucement. Assis face à face à une terrasse de café. Il faut quelque chose qui sépare, un éloignement suffisant pour que le mouvement du bras soit lent, ferme, cérémonieux. Il faut bien se connaître, évidemment. Il faut que le silence soit installé depuis un bon moment, que les conversations, les enjouements tout autour soient devenus presque insultants. On est dans la tristesse de l'autre, on ne peut la partager vraiment avec des mots.
Subira-t-on une esquive, un refus, un détournement du visage ? On sait bien que non, qu'on peut oser. Il y a une géographie précise à respecter. De la tempe à la joue, en arrêtant le doigt bien avant la commissure des lèvres. Oui, c'est là que ça se passe. Un partage qui se veut consolant mais ne se fait pas d'illusion. Le dos du doigt trace une sorte de cicatrice douce, qui reconnaît le chagrin, le mal de vivre. C'est une blessure de l'envers, on n'a pas l'impudence de vouloir panser la plaie, on accompagne. Je sens je crois ce que tu sens, et je suis assez loin pour me vouloir tout près. Je fais passer l'envers de mon index sur cette plage presque abstraite, où je ne toucherai ni ta bouche ni tes cheveux. Et je souris à peine, et d'un air navré, et tu hoches la tête imperceptiblement : Oui, c'est si dur, rien n'y changera rien, effleure-moi quand même, tu ne peux davantage, merci de le savoir.
C'est tellement mieux que parler, ce n'est plus tout à fait se taire.
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On vient de vous offrir ce livre. Il recèle par essence une promesse de solitude, d'éloignement, de silence. Mais pour l'instant vous en parlez : oui, j'avais envie de le lire, non je ne l'ai pas, j'avais bien aimé le précédent, un peu moins le succès d'il y a cinq ou six ans... Le livre est posé sur la cuisse. Presque machinalement, on passe la paume de la main sur la quatrième de couverture. Au-delà des propos conventionnels que l'on continue d'échanger, on sent alors une forme d'apaisement. C'est un volume que l'on touche, que l'on éprouve sous la surface.

C'est curieux. Le babil autour de l'objet se poursuit, très consensuel et convenu, mais délicieusement le contact de la main vous emporte loin, malgré la sagesse apparente des postures. C'est froid et chaud à la fois, lisse comme la perfection d'un autre monde. Bien sûr, la personne qui vous l'a offert est amoureuse comme vous de la lecture. Pas plus que vous, elle n'est dupe de ces secondes où elle débite à son tour un rôle appris : j'ai beaucoup aimé, ça fait partie de ces bouquins qu'on n'a pas envie de finir, longtemps je me suis gardé les trois dernières pages...

Mais sous cet échange sincère plane comme une hypocrisie réciproque et nécessaire. Il faut bien que ce soit un objet d'une valeur ambiguë - affective et marchande.Nous savons tous deux que le livre est fait pour dépasser nos vies, nos rituels, et nos soirées ensemble. On passe la paume sur la couverture. Il n'est pas encore tout à fait à moi. Sans le regarder, je touche et je pressens. Déjà c'est lui qui me possède.
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On va chercher la tempe. On va glisser le dos du doigt contre la joue, tout doucement. Assis face à face à une table de café. Il faut quelque chose qui sépare, un éloignement suffisant pour que le mouvement du bras soit lent, ferme, cérémonieux. Il faut bien se connaître, évidemment. Il faut que le silence soit installé depuis un bon moment, que les conversations, les enjouements tout autour soient devenus presque insultants. On est dans la tristesse de l'autre, on ne peut la partager vraiment avec des mots.
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On n'a plus fait de ricochets depuis longtemps. Il faut un moment creux, détaché de tout projet, de toute contingence. Est-ce qu'on saura encore ? On sent que oui, qu'on a toujours en soi cette envie de fléchir les genoux comme si on dansait le twist, qu'on a surtout cette saccade du poignet prête à surgir, à surprendre la paix des lieux, la lenteur des gestes qui l'ont précédée.
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On vient de vous offrir ce livre. Il recèle par essence une promesse de solitude, d'éloignement, de silence. Mais pour l'instant vous en parlez : oui, j'avais envie de le lire, non je ne l'ai pas, j'avais bien aimé le précédent, un peu moins le succès d'il y a cinq ou six ans... Le livre est posé sur la cuisse. Presque machinalement, on passe la paume de la main sur la quatrième de couverture. Au-delà des propos conventionnels que l'on continue d'échanger, on sent alors une forme d'apaisement. C'est un volume que l'on touche, que l'on éprouve sous la surface.

C'est curieux. Le babil autour de l'objet

se poursuit, très consensuel et convenu, mais délicieusement le contact de la main vous emporte loin, malgré la sagesse apparente des postures. C'est froid et chaud à la fois, lisse comme la perfection d'un autre monde. Bien sûr, la personne qui vous l'a offert est amoureuse comme vous de la lecture. Pas plus que vous, elle n'est dupe de ces secondes où elle débite à son tour un rôle appris : j'ai beaucoup aimé, ça fait partie de ces bouquins qu'on n'a pas envie de finir, longtemps je me suis gardé les trois dernières pages...

Mais sous cet échange sincère plane comme une hypocrisie réciproque et nécessaire. Il faut bien que ce soit un objet d'une valeur ambiguë - affective et marchande.Nous savons tous deux que le livre est fait pour dépasser nos vies, nos rituels, et nos soirées ensemble. On passe la paume sur la couverture. Il n'est pas encore tout à fait à moi. Sans le regarder, je touche et je pressens. Déjà c'est lui qui me possède.
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Vidéo de Philippe Delerm
Rentrée littéraire 2023 - "Les Instants suspendus" de Philippe Delerm
« Ce n'est pas un éblouissement, pas une surprise. On est tout à coup dans cette lumière-là, comme si on l'avait toujours habitée. On vient de sortir du tunnel. le train n'a pas changé de cadence, il y a juste eu un petit crescendo dans la musique, moins un bruit de moteur qu'une tonalité nouvelle, offerte au vent. Une infime parenthèse entre deux talus, et d'un seul coup : le paysage. Montagne, lac ou forêt, château en ruine ou autoroute, on sait tout absorber, tout devenir. »
Comme on les chérit, ces instants suspendus dans nos vies. Passer le doigt sur une vitre embuée. La mouche de l'été dans la chaleur de la chambre. le jaillissement du paysage à la sortie du tunnel ferroviaire…
Philippe Delerm n'invente pas ces moments, il les réveille en nous. Il leur donne une dimension d'horizon infini. On ne savait pas qu'on abritait tous ces trésors, Delerm les met en écrin. Entre humour subtil et nostalgie, un recueil dans la droite ligne de ses grands succès, La Première Gorgée de bière, La Sieste assassinée ou Les Eaux troubles du mojito.
+ Lire la suite
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