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EAN : 9782251690018
128 pages
Les Belles Lettres (21/08/2013)
4.5/5   2 notes
Résumé :
Hanté par les lettres de Pline sur l'éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi, Manhattan Volcano est un récit du 11-Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti à la conquête de la ville de ses rêves et soudain confronté, en même temps qu’au prodige des espaces américains, au brouillard des cendres et de la terreur.
Errant dans les rues et les ruines de New York, depuis le vif de l’évènement jusqu’à aujourd’hui même, Pierre Demarty tente de raconter l’ir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ingannmic
  16 juin 2014
"C'est qu'on s'extirpe difficilement du silence qui suit un tel fracas".
A l'image de Pline le jeune qui racontait, par lettres, l'éruption du Vésuve, c'est par la voie épistolaire que le narrateur de Manhattan Volcano raconte le 11 septembre, établissant un parallèle entre ces deux événements qui, à presque deux mille ans d'intervalle, traumatisèrent les hommes, les laissant hébétés.
Arrivé à New York quelques jours avant le drame pour y exercer à l'université de Columbia, il lui est impossible de trouver le sommeil, pris par le vertige que suscite la ville aux beautés d'acier, sa verticalité, son pouls frénétique. New York, tellement contée, imaginée à travers le prisme des images mille fois montrée, ville mythique, ville culte, ville cliché... mais qui ne se laisse ressentir, humer, entendre réellement que lorsque l'on y pose le pied, entrainant ses visiteurs dans le bal de ses cacophonies, la ronde de ses lumières.
Puis survient la catastrophe, le chaos, l'impensable -ainsi, le monstre d'acier n'était pas invulnérable ?-, qui réduit New York au silence, avant que la vie ne reprenne le dessus, par le truchement de ces actes du quotidien qu'il faut bien accomplir.
Continuer à résumer le court texte de Pierre Demarty (première production personnelle de ce traducteur de littérature anglo-saxonne) ne saurait rendre justice à sa richesse. Ces quelques fragments*, constitués de lettres que l'auteur imagine adresser à ses proches, avant et après les attentats du 11 septembre, compose un récit puissant, dans lequel les mots s'entrechoquent pour former un flux qui entraîne le lecteur au coeur du tumulte. Convoquant le souvenirs de scènes anecdotiques mais significatives, s'appuyant sur des successions d'images qui exhaussent le caractère quasi épique du drame, Pierre Demarty va à l'essentiel.
Maître dans l'art de rythmer sa prose, s'accaparant les atmosphères et les émotions pour les restituer dans une langue poétique, et -c'est trop tentant-, volcanique, il écrit la vanité et la fragilité des hommes, mais aussi leur capacité à survivre au pire.
Et c'est très beau...
*"Manhattan Volcano" a pour sous-titre "Fragments d'une ville dévastée".
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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Charybde2
  04 octobre 2015
Raconter l'indicible : le moment historique et le témoin oculaire existent-ils ?
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/10/04/note-de-lecture-manhattan-volcano-pierre-demarty/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   04 octobre 2015
Longtemps, ainsi, il m’aura suffi de prononcer cet imparable sésame – « j’y-étais-ce-jour-là » – pour entrer aussitôt de plain-pied, de plein droit, au panthéon des Admirables Anonymes que toutes les patries du monde reconnaissantes s’étaient bâti à l’improviste, dès le lendemain, pour remplacer ce qui avait été détruit et ainsi parachever la catastrophe. Car le désastre n’est pas tout, ni les morts qu’il emporte en tribut sur son passage ; encore faut-il, pour que le spectacle soit complet, qu’il en reste quelques-uns pour le raconter – et moi seul ai survécu pour te le dire…
Mourir, c’est bien ; avoir failli, c’est mieux. Ainsi quelques millions d’individus, dont il se trouve qu’ils se trouvaient là-bas, ce jour-là, à ce moment-là, ont-ils instantanément, et par la seule grâce de cette présence fortuite, accédé au statut prestigieux de survivant. Je fus de ceux-là – dont on se demande bien, du coup, ce qu’ils étaient jusqu’alors, avant de se mettre un beau jour à survivre : des zombies ? Oui, sûrement, souvent. Des vivants, de simples vivants ? Pourquoi pas. Autant dire : des mortels. Dead men walking. Et qui depuis s’accrochent, avec une frénésie cannibale, aux lambeaux putrides de la tragédie qu’il leur aura suffi de frôler pour prétendre y survivre, pour prétendre, autrement dit, à l’immortalité.
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Charybde2Charybde2   04 octobre 2015
Tu me demandes comment c’était.
Me croiras-tu si je te dis que je ne souviens de rien ?
Tu veux savoir comment c’était, tu veux qu’avec des mots j’exhume des cendres, et que des cendres mêlées aux mots, comme d’un brouet d’enchanteur, jaillissent des mondes perdus, l’Atlantide fabuleuse d’un carnage qu’on t’a déjà tant de fois conté, tant de fois que tu as fini par ne plus y croire, tant de fois que tu n’as plus que des légendes à quoi te raccrocher, mais chacune épaississant si bien le mystère des précédentes que toutes – ainsi amoncelées, enchevêtrées les unes aux autres comme les décombres de ces jours-là, tantôt fumeuses, tantôt calcifiées, pétrifiées dans la gangue des cent mille milliards de mots qu’on a déjà déversés en tombereau sur le cadavre, à l’en étouffer pour de bon et pour l’exorciser sans doute -, toutes les légendes, plutôt qu’à l’éclairer, conspirent à ramener sur ce jour fameux le voile de la nuit, de l’obscur et de cet effroi très particulier qui naît de l’incompréhensible.
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Charybde2Charybde2   04 octobre 2015
Voilà des détails tout à fait indignes d’un ouvrage d’histoire, et que tu liras sans vouloir les mettre par écrit ; et bien entendu, c’est à toi, qui me les a demandés, que tu t’en prendras si tu ne les juges même pas dignes d’une lettre. Au revoir. (Lettre de Pline le Jeune à Tacite, traduction Nicole Méthy)
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Vidéo de Pierre Demarty
En hommage à l'autrice Joan Didion, décédée le 23 décembre 2021 à 87 ans, le festival propose un événement spécial autour de l'oeuvre d'une des figures majeures de la littérature américaine et du New Journalism. À cette occasion, sera présenté le recueil de textes et d'articles traduits par Pierre Demarty et publiés en français pour la première fois, Pour tout vous dire, paru chez Grasset en janvier 2022.
Retrouvez notre dossier "Effractions 2022" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/dossier/effractions-2022/ Retrouvez toute la programmation du festival sur le site d'Effractions : https://effractions.bpi.fr/
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