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ISBN : 207029353X
Éditeur : Gallimard (12/03/1976)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« Le temps commençait où je m'apercevais que j'avais fait une erreur, qu'il fallait aimer une femme c'est tout, qu'il n'y en a pas plus qu'une au fond, que toutes les autres la recouvrent pour effacer son nom et son visage c'est tout. »

Telle est la philosophie des mémoires de Vincent. C'est un petit gars déchiré entre sa sœur Fériée et sa femme Alberta, avec qui il a tant de mal à vivre et qui le lui rend bien.

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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
mathieuplmathieupl   10 février 2011
À quoi bon fuir? Oui, à quoi bon? Puisque nul ne peut se quitter lui-même... ah ça c'est bon ça... Toute la sagesse de vivre tient là-dedans : savoir qu'il faut en sortir mais qu'on ne peut pas partir... ah ça aussi c'est bon ça... Pourquoi vers la mer? Pourquoi vois-je la mer? Pourquoi pas les montagnes? Parce qu'elles me sont contraires. Parce que c'est haut et que ce n'est pas m'élever que je veux, mais m'abîmer... m'abîmer, mabimé, mamabibimé, ah que c'est beau, mabibimémé, j'en mangerais, mamabibi bibibibimé... Pas escalader que je voudrais. Mais tomber. Pas me monter, mais moro, moriseau, mais morizontaliser. Méti, métu, méta, m'étang, m'étangdre. Me coucher, à côté de toi. La paix. La fatigue sans m'être battu. Le repos sans victoire.
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rejeamarrejeamar   09 avril 2013
Je suis sorti, décidé à faire quelque chose de décisif. Je suis arrivé à Rivardville, je suis entré dans la taverne, le gars m’a demandé caisse tu vas boire mon garçon, j’y ai répondu tout, tout ski a, puceron, morpillon. Je n’ai pas tout bu, ça fermait trop de bonne heure. J’ai demandé si on pouvait boire ailleurs dans ce patelin, putain, il m’a répondu oui, attends, je vais t’appeler un taxi, petit. Ce fut un taxi de luxe. Avec un phare rouge sur le dessus, une sirène chromée sur chaque aile et deux chiens sales pour le conduire, pilote, copilote. Qui ne voulait pas se faire payer la course par-dessus le marché complètement désintéressés. Qui se sont vexés quand j’ai insisté, qui ont protesté avec véhémence, à grand coups de pieds, de poings, de matraques. Qui m’ont édifié une fois pour toutes sur la générosité de leurs sentiments quand, après m’avoir hébergé jusqu’au lendemain après-midi, ils ont eu l’air de vouloir me garder encore, indéfiniment. Ce que les deux hagards livides et ahuris qui m’appréhendèrent et m’incarcérèrent ne pourrons pas nier, parce qu’il y avait des témoins, c’est de m’avoir répondu, en me rendant mes bretelles et mes lacets: ’’Qu’on t’aurait maltraité ? Nous? Tu nous as pas bien regardés! S’on t’aurait touché on t’aurait écrasé, avorton’’. Colosses gras, ils n’auraient eu aucun mal, en effet, à me mettre au passé du conditionnel, qui m’avait tout l’air d’être leur manie. Page 38-29
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mathieuplmathieupl   10 février 2011
L'argent ne fait pas le bonheur, son absence non plus. D'ailleurs, il n'y a pas que richesse et pauvreté qui ne font pas le bonheur. Il y a le thé, le café, les cigarettes, les rouflaquettes, les bicyclettes, les majorettes. Même le bonheur ne fait pas le bonheur. Le bonheur c'est ce qu'on cherche quand on s'aime beaucoup soi-même et qu'on ne sait plus quoi se faire pour se faire plaisir. Et voilà, vous tenez le fil de mes idées, hélas trop ténu pour se pendre.
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mathieuplmathieupl   09 février 2011
Dans un motel médiocre du fond du Manitoba on a passé cinq jours couchés et on n'a pas dormi. On lisait, joue à joue, comme ça, et soudain, nous qui n'avions pas lu depuis longtemps, ça nous a envoûtés : chaque mot était chaud et bougeait. Tant et si bien qu'on n'a pas vu le moment de s'arrêter, qu'on avait le goût de suivre jusqu'au bout cette caravane de petits insectes noirs qu'on avait surpris dans les plis du volume aux tranches rouges qui s'était empoussiéré sur la tablette à chapeaux de la penderie : Gideon's Bible. Le poids du livre nous ayant donné des crampes, on s'est mis à arracher les pages avant de les lire. Et ma femme serrait les plus belles dans ses bras, et même sur son sexe, avant des froisser et des jeter dans la poubelle, logée entre les pattes de la table du téléphone, je m'en souviens très bien. On a eu trop faim à la fin; on s'est habillé et on a été manger. Quand on est revenus ce n'était plus pareil : ce qui restait du livre, le tiers ou le quart, ne brillait plus, palpitait plus, respirait plus, sinistre, pas mieux que mort (il ne faut jamais s'arrêter à mi-chemin).
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mathieuplmathieupl   10 février 2011
Fériée avait toujours un livre mais jamais plus qu'un livre. Les livres qu'elle avait lus, elle les avait jetés, elle n'avait pas collectionné ces cadavres. Et le livre qu'elle avait envie, elle ne l'achetait pas avant d'avoir fini dlir le livre qu'elle était en train dlir. Elle ne s'arrêtait pas au milieu en disant, avec un nerf profondément déçu, comme il y en a tant : «C'est cent pages, deux cents pages, trois cent cinquante pages trop long.» Non, elle aimait les livres comme si c'était du monde. Pour elle, des mauvais livres ça n'existait pas, comme du mauvais monde. Et pour elle c'était une façon de vivre que de voir les choses de cette manière.
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Videos de Réjean Ducharme (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Réjean Ducharme
"C'est un monstre sacré de la littérature canadienne qui est mort cet été.Réjean Ducharme avait su conquérir le monde francophone avec seulement 9 romans en 50 ans d?existence."
Réjean Ducharme - le conseil d'Emmanuel Khérad https://www.franceinter.fr/emissions/la-librairie-francophone
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