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EAN : 9782849531433
112 pages
Éditeur : La Boîte à Bulles (03/05/2012)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 23 notes)
Résumé :
1918, la guerre est finie, la paix est signée. Outre les familles des 1.375.800 morts et disparus, la patrie française doit s’occuper des 4.266.000 blessés. Parmi eux se trouvent 10 à 15.000 mutilés de la face. Les « gueules cassées », comme on les appellera.

Insensible aux médailles qu’on lui propose, notre héros découvre, jour après jour, les réalités de sa nouvelle « condition ». Mi-homme, mi-curiosité, il tente de survivre à la violence du regard ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
alouett
  09 mai 2012
L'engouement quand j'ai vu les premières planches en ligne a fait place à l'hésitation et à l'appréhension lorsque j'ai feuilleté l'album pour la première fois… La lecture m'a finalement donné l'impression que je m'étais pris une grande claque dans la gueule. On tâtonne tout de même durant les premières pages, le personnage principal nous livre ses pensées brutes et sa réflexion rebondit souvent sur un mot ou une association d'idée. Puis, au terme de quelques pages seulement, on s'est habitué à sa psyché et à son raisonnement. La lecture devient fluide, le ton est mordant et sarcastique et doté d'un panel d'intonations assez larges. le scénario d'Aurélien Ducoudray nous fait ressenti toute l'amertume de ce personnage désillusionné. Il raille sur la société et ses symboles, il tourne le dos à ses pairs qui masquent à peine leur dégout de voir sa gueule cassée… voire la pitié que le vétéran défiguré inspire. Ducoudray crée un personnage désabusé, meurtrit par son expérience de la Guerre dont il est revenu non pas en héros mais en paria, délit de sale gueule oblige. le propos diffuse l'odeur fétide de l'importance du paraître, les choses auraient été moins douloureuses si sa tronche n'était pas si difforme, les stigmates de la guerre auraient continué à le meurtrir en silence mais au moins, il aurait pu retrouver une place d'homme dans la société.
Quant aux illustrations de Delphine Priet Mahéo, l'aspect disgracieux ne fait que servir le propos du narrateur et lui donner une davantage de portée. Sur la première partie de l'ouvrage jusqu'à la rencontre avec Sembene, le graphisme est souvent en décalage avec le récit, n'illustrant pas le propos du personnage principal mais mettant en scène ce dernier dans son quotidien. le choix des visuels, des angles de vue renforce souvent le côté mesquin et narquois du souvenir décrit ou de la réflexion que le héros développe. La dessinatrice exploite parfaitement ses ingrédients : regards absents que la dernière étincelle de vie a quittés depuis longtemps, laideur, non-conformité, cicatrices et stigmates corporels. Ce décalage entre dessin et écriture, je l'ai perçu comme un jeu, comme si l'un l'autre se donnait la réplique dans des espaces – temps parfois différents… la pensée qui se tourne vers les souvenirs et le dessin dans le présent (la vision réaliste du quotidien, du travail, de l'absence de reconnaissance). de ses dessins au crayon de papier, Delphine Priet Mahéo parvient à exprimer les émotions que le scénario tait.
(...)
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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OliZ
  24 octobre 2012
Une nouvelle bande dessinée sur le thème de la guerre. Celle qui presque cent ans après fait encore couler beaucoup d'encre. Entre imaginaire et réalité, cette histoire troublante évoque les gueules atrophiées de la grande guerre à la manière d'un docu-fiction. Une histoire dans L Histoire, pour ne pas oublier...
Peu ou pas abordé, ce sujet des hommes aux visages maculés, comme horrifiés par les erreurs de la guerre, est également le travail de Sophie Delaporte, Maître de conférence à l'Université de Picardie Jules Verne et auteur du livre Les Gueules cassées de la Grande Guerre (Agnès Vienot Editions). Dans sa postface très riche, on apprend notamment que certains personnages secondaires du roman ont été inspirés de photos ou témoignages réels.
Un livre dans les Livres, Gueule d'amour illustre et suit la vie de l'un deux.
Mais qui sont-ils vraiment, et comment vivent-ils avec ce différent marqué directement sur le visage... Héros malgré eux ou héros malgré tout ?...
Entre objet de curiosité pour les uns et franc dégoût pour les autres, il est impossible de rester insensible face à ces gueules atrophiées : bouches distendues, nez manquants, oeil disparu. Ces visages monstrueux témoignent des atrocités subies durant la guerre des tranchées... mais pas que !
Dans cette histoire un jeune protagoniste livre ses pensées brutes au lecteur. Il nous fait part de sa vie, détruite, et/ou de sa vie nouvelle. Il semble que ça soit le début d'un nouvelle aventure faite de rencontre, de joie, et de tristesse.
Les auteurs vont s'attarder sur la sexualité de ces laissés pour compte de la victoire. Attention, pas de voyeurisme pour autant. Juste de l'expressionnisme dans un noir et blanc révélateur des émotions. Une profondeur déconcertante, surprenante où le style graphique Delphine Priet-Mahéo compte énormément. Son critérium ne découpe pas, ni ne biseaute les personnages, il est juste en adéquation avec le ressenti, l'étonnement.
Et si le récit est fictif, c'est sans compter sur le rythme imposé habilement par le scénario d'Aurélien Ducoudray, qui s'accompagne d'un trait féminin sans doute plus approprié pour les situations évoquées (l'impossibilité d'une vie sexuelle, l'attachement oedipien à l'infirmière...).
Un travail de recherche documentaire autour du livre de Sophie Delaporte est retranscrit avec amour pour donner un roman graphique qui a vraiment de la gueule !

Lien : http://alamagie-des-yeux-dol..
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lalydo
  03 juin 2015
Bande dessinée découverte l'an dernier lors de l'exposition BD et Histoire « L'arrière » aux Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, Gueule d'Amour traite d'un sujet assez méconnu et pourtant emblématique de la Grande Guerre, les Gueules Cassées. Sur plus de 4 millions de blessés de retour du conflit, ces hommes étaient entre 10 et 15000.
A travers une histoire assez banale, on découvre dans ce livre la difficulté pour ces hommes de retrouver leur place dans la société mais aussi et avant tout dans leur propre famille.
Dans son scénario, Aurélien Ducoudray exprime bien toute la complexité de la réinsertion de ces soldats qui doivent avant tout passer par une acceptation de soi. Bêtes de foire, objets de dégoût, ces mutilés ont du faire face à une société loin d'être prête à les accueillir. Et le dessin de Delphine Priet-Mahéo retranscrit bien, dans le fait vif et crayonné, l'état d'esprit assez flou et dérouté dans lequel devaient se retrouver ces soldats.
Au travers du personnage de cette BD, on découvre un autre aspect de ce retour à la vie. Une envie de ne pas se conformer aux attentes d'un gouvernement victorieux et de ne pas incarner en héros, une guerre subie aussi bien sur le plan psychologique que physique. Cet homme cherche alors à exister coûte que coûte à travers des actes pas toujours empreints de gloire.
Cet ouvrage de fiction apporte une histoire bien documentée sur ce sujet. En postface, on trouve d'ailleurs quelques pages très intéressantes pour comprendre le parcours de ces soldats au sortir de la guerre, qui apportent un complètement fort utile au récit.
Gueule d'Amour est une histoire poignante et sans concession sur la vie de ces « faces mutilées » qui avaient tout à réapprendre dans une société bouleversée et meurtrie. Un formidable témoignage.
Lien : http://lalydo.com/2015/05/gu..
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doran40
  31 mai 2020
14 juillet 1919 premier défilé de l armée française avec la présence de combattants défigurés. La première guerre mondiale a fait d énormes ravages avec un armement qui changea énormément la nature des blessures. Comment revivre pour ces personnes et accepter leur nouvelle identité.? Dans cette bd le blessé doit tout réapprendre, vivre avec les siens et recréer une intimité. On trouve à la toute fin des photos d'archives et un très beau reportage sur le sujet du handicap résultant de la première guerre mondiale.
Une bd très intéressante par le sujet, mais qui reste un peu faiblarde graphiquement. le sujet est tellement intéressant que l'on si plonge en faisant abstraction du dessin. On y apprend pour quelles raisons la loterie nationale existe. Je vous conseille ce roman graphique qui ne laisse pas indifférent.
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psambou
  13 septembre 2014
Un dessin au crayon gris, un rendu proche de l'expressionnisme pour dire sans concession, l'isolement, la solitude des gueules cassées de l'après-guerre. Confronter sa face devenue "monstrueuse" au regard des autres, comment vivre avec ça ? Pour le héros de l'histoire, il y a l'amour acheté aux prostituées ou infirmières, mais surtout l'amitié, notamment celle du tirailleur Sembene.
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critiques presse (3)
ActuaBD   11 juin 2012
En privilégiant délibérément l’obsession du sexe, la mise en lumière d’une frustration dévorante, les auteurs donnent une force peu commune au récit. Tout comme le dessin de Delphine Priet Mahéo, dont c’est la première BD.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   29 mai 2012
Aurélien Ducoudray, scénariste que distingue l’éclectisme des thématiques de ses livres, effectue, sans avoir l’air d’y toucher, un permanent va-et-vient entre un contexte assez sordide en soi et les extravagances de son récit.
Lire la critique sur le site : BDGest
Telerama   23 mai 2012
Ce scénario, où les femmes — infirmières ou prostituées — jouent un rôle rien moins que convenu, se développe dans une approche documentaire fertile, tout en creusant les zones d'ombre du personnage.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
alouettalouett   09 mai 2012
Les scientifiques nous appelaient Grands blessés facio-musculaires, les plus fantaisistes préféraient donner dans l’imaginaire… Mais tous nous classaient à grand renfort de dessins ou de photographies, car même si nous étions des horreurs, nous devions à tout prix faire partie de la grande histoire humaine
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alouettalouett   09 mai 2012
J’en avais rien à foutre de la médaille. La récompense, ça faisait déjà longtemps que je la portais sur ma gueule. Pas besoin d’avoir une redite en bandoulière et défiler encore moins… Défiler pour quoi ? Pour qui ?? Pour montrer mon bel uniforme ? Mes souliers cirés ? Mon calot deux doigts sur le côté ? J’y vais plus aux défilés. Terminée la cadence, là-bas personne marchait en cadence ! Le seul rythme qu’on entravait, c’était celui de nos boyaux qu’en chiaient de trouille devant la marmite en acier Krupp !!
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okkaokka   07 décembre 2018
p.106.
La peur, le défiguré la ressentait avec acuité : la peur d'avoir à subir une situation humiliante, d'être atteint dans sa dignité. Car c'est souvent du dégoût, que le défiguré percevait dans le regard d'autrui, ce qui contribuait à élever entre lui et les autres une barrière infranchissable. Les réactions de rejet induisaient d'indicibles sentiments de honte, de gêne et d'insécurité qui s'avéraient insupportables et parfois même insurmontables.
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okkaokka   07 décembre 2018
p.80.
J'en avais eu ma dose de tenue rayée, même si la comtesse parlait pas de la même étoffe, entre l'hôpital et la prison, c'est souvent le même mobilier...et en plus de ma gueule, j'estimais que j'avais déjà assez donné de mon temps à la nation...
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alouettalouett   09 mai 2012
Tu penses qu’au lit, on avait pas envie d’y aller. La journée, t’arrivais encore à t’empêcher de gamberger à peu près, mais la nuit, t’avais plus de parapet pour t’empêcher de sauter
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Vidéo de Aurélien Ducoudray
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RDV avec Aurélien Ducoudray, directeur de collection, la librairie le Failler, Folie d'encre et Momie Folie pour découvrir la collection!
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