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EAN : 9782070131228
304 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
3.95/5   22 notes
Résumé :

Claude Monet et Georges Clemenceau, c'est l'histoire de deux caractères volcaniques et intransigeants au service de deux aventures uniques : celle de l'Impressionnisme et celle de la République. Deux aventures qu'ils ont menées, l'un et l'autre, comme chefs de file. Contre les conservatismes et contre les conformismes. Monet imposant un mouvement esthétique que beaucoup, à juste titre, considèrent comme une nouvelle Renaissan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  06 novembre 2018
L'amitié que se vouaient mutuellement Georges Clémenceau et Claude Monet, pour atypique qu'elle pût paraître, n'avait rien d'une arrière pensée séductrice d'un public ou d'un électorat. Elle était empreinte d'une authentique sincérité. Il suffit pour s'en convaincre de voir le cliché représentant Clemenceau à l'enterrement de Monet. Au milieu de la foule venue saluer l'inventeur de l'impressionnisme, on y voit le Tigre abattu, le visage marqué par la peine.
Et s'il n'y suffisait pas, on confirmera ce ressenti avec les témoignages qui foisonnent dans cet ouvrage d'Alexandre Duval-Stalla. En tenant compte qu'ils ont été amputés des plus riches par une crise de dépit du Tigre. Apprenant en effet la nouvelle de la traitrise posthume de Foch à son encontre, Clémenceau a dans un accès de colère entrepris de priver la postérité de ses archives en les brûlant. Les lettres de Monet y compris. Inestimable perte.
Clémenceau et Monet, le mariage de la carpe et du lapin ? Pas aussi évident que cela. Ils avaient beaucoup de choses en commun. A commencer par un caractère bien trempé. de celui qui ne se laisse dicter sa conduite par personne. Intransigeants, entêtés, passionnés, chacun dans son domaine, rien n'aura pu les détourner de leur conviction : Monet de ce style de peinture sur laquelle d'aucuns ont pu cracher à ses débuts, Clémenceau de son combat pour une démocratie qui stimule l'individu. Avec eux, l'impressionnisme et la république, la troisième, étaient nés. Ils se sont battus pour que leur voie s'éclaire, pour que leur voix s'entende.
On découvre les deux personnages sous un jour nouveau au travers du prisme de ce sentiment partagé que sait très bien mettre en lumière Alexandre Duval-Stalla. Cette connivence émotionnelle leur a procuré à l'un et à l'autre des bouffées d'apaisement propices à endurer les événements ô combien douloureux qu'a connus leur époque. Ils ont été l'un pour l'autre le confident nécessaire à tout un chacun pour soulager un coeur parfois lourd de la férocité du monde.
Monet, le peintre de la nature aux oeuvres innombrables, plus de deux mille, capable d'avoir plus de quarante toiles en chantier en même temps, de reproduire vingt fois la cathédrale de Rouen car elle est vingt fois différente sous des éclairages changeants. Monet magicien de la lumière.
Clémenceau, l'orateur audacieux, pugnace, éloquent et convaincu. Capable de bousculer les députés réunis en assemblée comme de stimuler les poilus dans leur enfer de désespoir. Clémenceau magicien du verbe.
J'avais trouvé originale et bien menée par le même auteur la biographie d'une attraction des contraires en politique, Malraux et De Gaulle. Aussi n'ai-je pas hésité à confirmer avec celle d'une amitié inattendue mais tellement vraie entre un artiste et un homme politique. Tel qu'il est conçu, cet ouvrage ôte au genre littéraire de la biographie son aspect de simple chronologie historique pour rendre touchante une affinité désintéressée et dépourvue d'ambiguïté.
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CDemassieux
  02 avril 2018
C'est l'histoire d'une rencontre entre le glaive (Clemenceau) et le pinceau (Monet). Une amitié qui naît dans la seconde moitié du XIXe siècle, pour s'achever dans la tragédie et l'apothéose de leur vie finissante : d'un côté la Première Guerre mondiale et de l'autre, contrastant avec le hurlement des canons, le don des Nymphéas à la France, oeuvre ultime du peintre, que n'importe quelle personne bien née se doit d'aller contempler au moins une fois dans sa vie, au musée de l'Orangerie, à Paris ! Oeuvre qui fut bien malmenée avant de retrouver le lustre qu'on lui connaît aujourd'hui.
Quelle histoire entre ces deux titans, l'un côté politique, l'autre côté peinture, mus tous deux par une force de travail et de persévérance dont le résultat fait inévitablement que l'on se souvient d'eux avec admiration et déférence. Clemenceau, ce roc taillé dans l'Histoire, s'inclinant devant l'oeil unique de Monet, qui, comme l'écrit l'auteur, « de l'immensité de l'embouchure de la Seine au Havre à l'intimité du bassin aux nymphéas à Giverny, a su voir et révéler ce que Clemenceau ne distinguait pas avec ses seuls yeux : une nature, une lumière, un monde en soi. »
Clemenceau, en effet, est dans le monde qui bouge, qui tonne – depuis la défaite de 1870 jusqu'à 1914-1918, en passant par l'affaire Dreyfus –, qui si transforme aussi, inexorablement. Et ce monde-là, le Tigre, fort de ses convictions, l'affronte. C'est dans cette force que puisera à la fin Monet, qui s'en ira avant son ami sincère et attentif à son art, plongeant ce dernier dans un profond chagrin.
Nous croisons aussi Bazille, Boudin, Daubigny, Jaurès, Manet, Mirbeau, Morisot, Pissarro, Renoir, Zola, etc., sans oublier le marchand de tableaux Durand-Ruel – souvent malmené par un Monet un tantinet capricieux et exigeant ! –, autant de figures majeures qui ont contribué à faire de la France une terre à part où, me suis-je laissé dire, le monde entier converge pour goûter, le temps d'un voyage, à sa grandeur passée, qu'elle fût politique ou artistique.
Enfin, Duval-Stalla n'en fait pas mystère, il aime la France, ce qui transpire dans cet essai. Et de rappeler à juste titre qu'il y a « une dimension très française dans la peinture de Monet », quelles que furent ses escapades en Italie, en Angleterre ou en Norvège. Un ancrage qui se marie exactement, sous une autre forme, à celui de Clemenceau, lequel, appelé par le président Poincaré et déjà âgé, reprenait les rênes du pays en guerre, en novembre 1917, pour devenir le « Père la Victoire ».
Plus généralement, cette biographie croisée réussit ce tour de force de nous parler peinture et politique sans jamais s'égarer, choisissant les citations appropriées, pour un résultat à la fois romanesque et rigoureux. Une découverte heureuse, comme on les aime.
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Christian_Attard
  15 février 2018
Je suis très étonné que ce fort beau livre d'Alexandre Duval-Stalla n'ait pas reçu ici la moindre critique encore.
Pour qui aime la peinture et est sensible aux histoires d'amitiés profondes, tendres et viriles, il est incontournable. Il m'a en tout cas appris ce que signifie voir pour un grand peintre. Quelle subtilité, quelle intelligence d'analyse veut dire regarder pour un artiste !
Aussi lorsque la vue de Monet vint à se dégrader du fait de la cataracte, son grand ami Clemenceau va tout faire pour le convaincre de se faire opérer, pour le soutenir jusqu'à ce qu'il repeigne.
Ces deux hommes bourrus, intransigeants et profondément attachés à leur pays ne cesseront ainsi de s'épauler, de s'écrire et de se respecter.
Monet, chef de file des impressionnistes bouleversera l'idée que l'on pouvait se faire de la peinture à son époque, Clemenceau entrainera tout un pays vers la Victoire. Belle photo que celle de couverture de ces deux hommes marchant côte à côte vers l'immortalité.
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Bellonzo
  23 octobre 2019
L'auteur semble creuser un sillon duel car outre cette biographie croisée du politique et du peintre il a écrit un de Gaulle-Malraux et un Chateaubriand-Bonaparte. Et les deux vieillards de cette photo assez connue, on a beau dire, valent la peine. C'est le moins que l'on puisse dire. On sait la longue amitié et le profond respect mutuels de ces deux hommes d'exception. Comme ils semblent vénérables et couverts d'honneurs sur cette image. Ils l'ont été, mais pas de tout temps. Quasiment du même âge ces deux volcans devenus icôniques ont affronté de tout temps bien des oppositions, souvent féroce, et bien des obscurantismes.
Monet s'est fort peu engagé en politique. Clemenceau davantage dans la défense du génie de son ami. Et vers la fin de leur vie la série Les nymphéas fera l'objet de toute une aventure et il faudra sept ans pour que les deux hommes parviennent à offrir comme un bouquet de fleurs à la France meurtrie de l'après-guerre cet ensemble impressionnant de l'Orangerie. Mais Alexandre Duval-Stalla, s'il commence son récit par cet épisode, presque un épilogue de la vie bien remplie de ces deux géants, revient ensuite sur le médecin Clemenceau et le caricaturiste Monet, leurs débuts d'adultes. Et c'est déjà la guerre, celle de 1870. Puis sur le tribun tombeur de ministères et l"aliéné" honni des salons tellement officiels. Puis sur le dreyfusard et le jardinier de Giverny qui, chacun à leur manière et souvent envers et contre tous, allaient rayonner et irradier le pays.
J'ai beaucoup aimé ce voyage parallèle. Qu'il ne faut pas prendre pour une franchouillarde bénédiction du génie français, mais pour une ode au cran, à la ténacité, au courage. Il se trouve que ces deux là étaient français. J'ai aussi voulu illsutrer par deux portraits des monstres sacrés en jeunes hommes. Oui, Georges Clemenceau et Claude Monet ont été jeunes. Merci à mon ami JP qui m'a fait découvrir ce livre.
"Non, pas de noir pour Monet." Clemenceau arrache le drap noir qui recouvre le cercueil de Caude Monet. Il le remplace par un drap de fleurs qui se trouve à portée de main, "une cretonne ancienne aux couleurs des pervenches, des myosotis et des hortensias."
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merveille
  05 octobre 2016
Il s'agit d'une double biographie de 2 grands personnages français du 19 ème siècle, deux amis, deux chemins, un est peintre et l'autre homme politique.
On voit Monnet au travail, installé dans la nature avec plusieurs toiles pour saisir tous les mouvements du soleil, et les changements de lumière au cours de la journée. ses découragements, ses difficultés avec son père, ses batailles dans le mouvement des impressionnistes, et son rôle dans l'acquisition d'une toile de Manet par les musées français.
En face on voit Clémenceau et ses luttes pour défendre la république, la séparation de l'église et de l'état, obtenir l'amnistie des Communards, ou son implication dans l'affaire Dreyfus jusqu'à la reconnaissance de la non culpabilité, son rôle dans l'acquisition de peintures de Monnet pour les grands musées français et durant la guerre de 14/ 18 lorsqu'il a été appelé au gouvernement, ses idées contre la peine de mort, contre la colonisation.....
Cette époque était vibrante, bousculée, incertaine, pleine de promesse ....
Le livre est bien documenté, l'écriture est agréable, ces deux personnages donnent du relief à cette fin 19ème siècle jusqu'au début du 20 ème.
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critiques presse (1)
LeSpectacleduMonde   14 juin 2011
Avec une précision de détails, mais aussi un style élégant, Alexandre Duval-Stalla croise les destins et les humeurs de ces deux personnages.
Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   28 octobre 2016
C’est le sort des hommes politiques — je parle des hommes de combat — d’être exposés à toutes les surprises, à tous les attentats. Autrefois, on les assassinait ; c’était l’âge d’or. Aujourd’hui, contre eux, l’entreprise réputée infâme paraît légitime ; contre eux, le mensonge est vrai ; la calomnie, louange ; la trahison, loyauté… Dans une démocratie où tous les appétits, tous les intérêts, toutes les passions sont publiquement aux prises, quoi de plus tentant que de profiter sans scrupules de tous les incidents pour chercher à troubler l’opinion par des attaques personnelles des plus violentes. » Il se défend : « Où sont les millions ? » La campagne se déroule dans un climat de violence inouïe. Les attaques les plus insultantes et les plus basses sont lancées contre Clemenceau : « Vous sentez le cadavre » est même l’objet d’une affiche. Le 3 septembre, il est battu. Mais pas abattu, comme le constate son ami Mirbeau : « J’eus la joie de n’apercevoir sur son énergique visage et dans son regard résolu pas une ombre de dégoût, pas un signe d’abattement. Rien ne s’était altéré de sa bonne humeur si entraînante, de sa gaîté saine ; rien n’avait faibli de ses ardents et robustes enthousiasmes qui, toujours, aux heures lourdes, le préservèrent des mauvaises suggestions du dégoût. »
(Cité in J.-N. Jeanneney, Clemenceau, portrait d’un homme libre, op. cit., p. 39.)
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nadejdanadejda   14 novembre 2016
"Je repousse l'omnipotence de l'État laïc parce que j'y vois une tyrannie. (...) L'État, je le connais, il a une longue histoire, toute de meutre et de sang. Tous les crimes qui se sont accomplis dans le monde, les massacres, les guerres, les manquements à la foi jurée, les bûchers, les supplices, les tortures, tout a été justifié par l'intérêt de l'état, par la raison de l'État.(...) S'il devait y avoir un conflit entre la République et la liberté, c'est la République qui aurait tort et c'est à la liberté que je donnerais raison." Adversaire déclaré de l'Église romaine, Clemenceau n'en demeure pas moins le défenseur de la liberté d'enseignement et d'un idéalisme républicain exigeant. p 193
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nadejdanadejda   27 octobre 2016
En un mot, je m'ennuie à mourir dès que je n'ai plus ma peinture qui m'obsède et me tourmente bien. Je ne sais plus où je vais ; un jour je crois à des chefs-d'oeuvre, puis ce n'est plus rien : je lutte, je lutte sans avancer. Je crois que je cherche l'impossible
Claude Monet

Je suis aussi fou que vous, mais je n'ai pas la même folie. Voilà pourquoi nous nous entendrons jusqu'au bout.
Dernière lettre de Clemenceau à Monet
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nadejdanadejda   28 octobre 2016
À la veille de la guerre de 1870, Clemenceau et Monet sont engagés dans des trajectoires profondément différentes. L’un, après avoir goûté à la fièvre républicaine, semble désormais rangé. Il est marié et vit bourgeoisement dans sa campagne vendéenne en gentleman-farmer. L’autre est un peintre maudit, sans le sou pour sa famille et qui essuie les refus successifs du Salon. Pourtant, la guerre qui s’annonce va révéler la vraie nature des deux hommes. D’un côté, un Clemenceau qui s’engage dans l’action et ne vit que pour la politique et de l’autre, un Monet qui s’exile à Londres pour peindre et fuir une guerre qui ne le concerne pas. Tout au long de leur vie, ces deux passions les consumeront. Seul Clemenceau en franchira néanmoins la frontière pour devenir un véritable amateur d’art ; alors que Monet, à de très rares exceptions près, n’aura pour la politique aucun intérêt. Seule la peinture compte. Comme une quête exclusive, dévorante et impossible.
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nadejdanadejda   27 octobre 2016
À l'été 1858, Monet expose pour la première fois une de ses toiles à l'exposition municipale du havre : "Vue prise à Rouelles"...
Parallèlement Claude Monet continue pourtant ses caricatures. Il dessine notamment un notaire avec la mention : "Notaire à marier. Grande facilité de paiement. On peut entrer en jouissance de suite."
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