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EAN : 9782264015334
Éditeur : 10-18 (20/11/1998)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Dans ce texte écrit en 1880, Eça de Queiroz reprend un thème récurrent de la tradition littéraire : le pacte avec le diable. Teodoro, fonctionnaire d’État, mène une vie banale à Lisbonne, faite d’habitudes bien ancrées, de courbures d’échine face à ses supérieurs, de repas servis à l’heure et de prières automatisées, sa vie médiocre prend un nouveau tournant lorsque lui apparait dans un livre un message aussi troublant qu’attirant. Le diable lui-même lui propose de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  25 septembre 2018
Quand j'ai vu ce livre proposé par Masse critique de Babelio, c'était évident qu'il était pour moi. Je lorgne sur cet auteur portugais du XIXe siècle, depuis plusieurs années ; je voulais commencer par « le crime du Padre Amaro » mais je ne le trouvais pas… J'étais pratiquement sûre d'être sélectionnée pour le recevoir car il était noyé dans une grande liste de romans attirant l'oeil… Et Bingo !
José-Maria Eça de Queiroz (ou Queiros ) nous propose un conte philosophique, qui tutoie le fantastique Teodoro, ce petit homme ordinaire qui signe un pacte avec le diable : il suffit de tirer sur une sonnette et à l'autre bout du monde un mandarin chinois meurt, et il hérite de ses biens. Bien sûr, il provoque la mort mais, c'est si loin que cela a moins d'importance, après tout, il ne le connaissait pas, ce vieil homme, juste son nom : Ti Chin-Fu.
Teodoro profite de ses nouvelles richesses, quitte la pension de famille (qui rappelle la pension Vauquier dans « le père Goriot ») pour emménager dans un hôtel particulier où tout le monde vient se prosterner à ses pieds pour entrer dans ses bonnes grâces : du Clergé en passant par les politiques, les pauvre, toutes les classes de la société. « Pendant ce temps-là, tout Lisbonne se traînait à mes pieds… » peut-on lire P 40
Mais, la conscience de Teodoro n'est pas tranquille et le regret, voire le remords s'insinue peu à peu, lui faisant perdre le goût à sa nouvelle vie : « l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn ». Et il commence à voir le mandarin mort partout :
« Allongé à travers de la couche, sur le dessus-de-lit, gisait la silhouette ventripotente d'un mandarin foudroyé, vêtu de soie jaune, avec une grande natte qui pendait, et, dans ses bras, il tenait un cerf-volant de papier qui semblait mort lui-aussi » P 35
Qu'importe, il va aller visiter Paris pour se changer les idées, jetant un clin d'oeil à « L'Assommoir » et Zola au passage ;
« Puis je voulus descendre encore plus bas, m'encanailler, m'abandonner aux turpitudes alcooliques de « L'Assommoir » ; combien de fois, revêtu d'une blouse, la casquette sur la nuque, donnant le bras à Mes Bottes ou à Bibi-la-Gaillarde, n'allai-je pas, dans un charivari d'ivrogne, tituber sue les boulevards extérieurs en rotant et en hurlant : « allons enfants de la patrie-e-e… » P49
Mais cela ne suffit pas, il a besoin de réparer et s'embarque pour la Chine tenter de retrouver la famille du Mandarin…
J'ai adoré ce petit roman, d'une centaine de pages, d'une écriture remarquable; je rends hommage au passage à l'excellent travail de traduction de Michelle Guidicelli.
José-Maria Eça de Queiroz connaissait Paris, les autres capitales d'Europe car il était diplomate, mais il n'a jamais mis les pieds en Chine, alors il a lu beaucoup d'ouvrages, sur la culture, la géographie et tracé un vrai itinéraire de son périple en Chine, seule la ville de Tien-Ho a été inventée de toutes pièces.
Il nous livre, à travers son héros, Teodoro, profondément athée malgré son nom, (Encore une facétie !), ses réflexions sur Dieu, l'Église, la politique, l'argent qui rend tout puissant et les relations des hommes entre eux.
Il était proche du mouvement naturaliste au départ et peu à peu, il l'a trouvé trop rigide, (trop « trash » dirait-on de nos jours) et il s'est orienté vers plus de fantaisie, de fantastique, pour le plus grand bonheur du lecteur. On retrouve des allusions fréquentes à Zola, Rousseau ; on pense aux « Tribulation d'un Chinois en Chine » mais aussi à « La peau de chagrin », ce roman De Balzac que j'adore, et bien sûr, comment ne pas penser aussi à « crime et châtiment » ….
J'aime énormément le style de José-Maria Eça de Queiroz, ce roman est un véritable coup de coeur, et un coup de foudre pour l'auteur.
Il semblerait que j'ai bien fait d'attendre car « le crime du Padre Amoro » semble ressembler beaucoup à « La faute de l'abbé Mouret » écrit dans sa période naturaliste… je vais donc privilégier les romans qui ont suivi : « Les Maïas » « le cousin Bazilio ».
Je remercie vivement les éditions Chandeigne qui m'ont offert ce roman et envoyé leur catalogue, (ainsi que des marque-pages) qui propose des livres portugais, en version bilingue (j'ai repéré ainsi deux livres de Fernando Pessoa…) mais aussi des livres de langue portugaise : Brésil, Cap Vert, Mozambique….
J'aime beaucoup la postface de Michelle Guidicelli car elle propose une analyse très pointue du texte, je me suis contentée de dire mon ressenti…
J'espère vous avoir vraiment donné envie de lire ce roman-nouvelle, car il est magistral. J'ai fait durer le plaisir au maximum, tant l'écriture est belle et je n'exagère pas (malgré cette envolée lyrique) car José Luis Borges considérait José-Maria Eça de Queiroz comme « un des plus grands écrivains de tous les temps ».
Vous l'aurez compris : un livre à découvrir absolument….
Et encore merci à Babelio et aux Editions Chandeigne
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Foxfire
  28 septembre 2018
Je ne connais pas du tout la littérature portugaise. Lorsque j'ai vu ce titre dans la sélection de la dernière masse critique je me suis dit que c'était là une bonne occasion de découvrir cette littérature. D'autant plus que Eça de Queiros semble être considéré comme un auteur important au Portugal. Et puis le résumé très Faustien de ce "Mandarin" me plaisait bien. J'étais donc ravie d'avoir gagné ce livre.
En fait, plus qu'à "Faust", "le mandarin" m'a fait penser à tout un pan de la littérature française. L'oeuvre de Eça de Queiros en est très imprégnée. L'auteur fait très souvent référence à la France et à ses grands écrivains. D'ailleurs le point de départ en lui-même prend sa source dans la littérature française. le postulat de départ est une variation autour du thème du "bouton du mandarin". Cette métaphore qu'on trouve chez Balzac qui l'a lui même emprunté à Rousseau ou Chateaubriand pose ce questionnement : que ferait un individu qui pourrait à distance et sans être suspecté tuer un vieux mandarin de Chine dont la mort lui apporterait la richesse ?
A partir de cet argument, Eça de Queiros propose un conte moral et social teinté de surnaturel. L'aspect fantastique est très ténu mais ajoute un charme inquiétant au récit, tout comme le côté exotique de la partie chinoise de l'histoire.
Mais ce qui est le plus saisissant dans "le mandarin" c'est la peinture de la société et des hommes et femmes qui la composent. L'auteur se montre assez acide lorsqu'il dépeint les travers des uns et des autres. Que ce soient les cohortes de flagorneurs qui viennent s'aplatir devant Teodoro devenu riche en espérant qu'il leur jettera quelques pièces ou les diplomates de l'ambassade de Russie en Chine, ridicules de superficialité, ils sont tous méprisables. Tout comme Teodoro lui-même dont l'auteur dresse un portrait peu flatteur. Dans ces descriptions au vitriol, Eça de Queiros fait preuve d'un sens de l'humour caustique assez savoureux, ce qui n'est pas sa seule qualité. L'écriture est élégante, fluide et évocatrice. On a là tout ce qui fait l'excellence de la littérature du 19ème siècle.
J'ai donc passé un très bon moment. "Le mandarin" est un récit intelligent, subtil, divertissant, bien écrit et plein de charme.
L'éditeur a eu la bonne idée de joindre son catalogue à l'envoi du livre. Spécialisé dans la littérature lusophone ainsi que dans les récits de voyage, Chandeigne propose un catalogue très alléchant. Cette opération masse critique m'aura donc permis de découvrir un très bon auteur et un éditeur intéressant. Je remercie Babelio et les éditions Chandeigne pour cette double découverte.
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Epictete
  15 décembre 2013
S'il suffisait pour hériter d'un mandarin riche comme deux rois de le supprimer dans la certitude de l'impunité, qui hésiterait à faire le geste ?
Sur ce thème (ancien) Eça de Queiroz relate avec un brio incomparable les aventures de son héros Teodoro, ses méprises, ses hésitations, les tracas que lui donne la fortune de Ti-Chin-Fu dont il a hérité.
Car l'assurance de l'impunité ne protège pas contre le remords et bien mal acquis...
D'Eça de Queiroz;., né à Povoa de Varzim en 1849 est mort à Paris en 1900, qui reste aujourd'hui la gloire des lettres Portugaises, le Mandarin est un chef-d'oeuvre.
(Antonio coimbra Martins - Quatrième de couverture de l'édition 10-18)
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Liver
  24 septembre 2018
Un conte sous forme de nouvelle: l'occasion de traiter le thème du pacte avec le diable. Un texte très court qui laisse un goût d'inachevé car sans surprises, malgré un sujet alléchant. Cependant l'écriture d'Eça de Queiros est encore une fois remarquable et sa description d'une Chine qui semble le fasciner, est en particulier un plaisir. Ravie d'avoir pu découvrir ce texte de ce grand écrivain portugais grâce à Masse Critique et aux Editions Chandeigne.
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Jondelles
  08 octobre 2013
Ce livre est savoureux, on voyage dans l'irréel et dans le réel, je me suis régalée à le lire, très bien écrit
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   25 septembre 2018
Bossu, malheureusement, à force d’avoir courbé l’échine à l’université en reculant comme un moineau effrayé devant ces messieurs les professeurs et de m’être incliné jusqu’à terre devant mes supérieurs. C’est d’ailleurs une attitude qui sied aux bacheliers en droit : elle maintient la discipline devant un état bien organisé, et en ce qui me concerne, elle m’assurait des dimanches tranquilles. P 14
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Eve-YesheEve-Yeshe   26 septembre 2018
Il se peut bien que cet homme, inutile en tant que mandarin de l’Empire du Milieu, devienne utile sous d’autres cieux, métamorphosé en rose parfumée ou en chou délectable. Tuer, mon fils, revient presque toujours à équilibrer les besoins universels. P 22
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Eve-YesheEve-Yeshe   28 septembre 2018
Enfin, reconnaissant que ma conscience était en moi comme un serpent irrité, je décidai d’implorer l’aide de Celui dont on dit qu’Il est supérieur à la conscience parce qu’Il dispose de la grâce. P 45
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JondellesJondelles   08 octobre 2013
Et pourtant, au moment où j'expire, une idée me console prodigieusement, celle de savoir que, du nord au sud et d'est en ouest, de la Grande Muraille de Tartarie aux vagues de la mer Jaune, dans tout le vaste empire chinois, aucun mandarin ne resterait en vie su tu pouvais aussi facilement que moi le supprimer et hériter de ses millions, toi, lecteur, créature improvisée par Dieu, mauvaise œuvre faite d'une mauvaise argile, toi, mon semblable, mon frère !
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LiverLiver   24 septembre 2018
- Il faut que je tue ce mort!
Et pourtant, ce n'était pas l'impertinence de ce vieux fantôme bedonnant installé dans mes meubles ou sur mes couvre-lits qui donnait à ma vie un goût amer. L'horreur suprême résidait dans cette pensée à jamais ancrée dans mon esprit comme un poignard que l'on ne peut arracher: j'avais assassiné un vieillard!
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