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EAN : 9782226325983
528 pages
Éditeur : Albin Michel (17/01/2018)
3.75/5   197 notes
Résumé :
Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d'honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l'animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s'effondre. Dusty, le fils de son ami et v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
3,75

sur 197 notes

Cannetille
  28 janvier 2020
Dans le Dakota du Nord en 1999, après l'accident de chasse où son père a tué le fils des voisins, un petit garçon de six ans, LaRose, est « donné » par ses parents à la famille en deuil, en « remplacement » du fils perdu comme l'exige la tradition amérindienne. L'enfant grandit entre les deux familles, qui apprennent plus ou moins bien à vivre entre deuil, colère et culpabilité.

Ce drame et cette déconcertante tentative de réparation viennent s'inscrire dans le vaste contexte d'une histoire familiale portant sur six générations et un siècle et demi, que le récit nous fait peu à peu découvrir par de multiples allers retours entre passé et présent. Au travers d'une myriade de personnages quasiment tous amérindiens, apparaît ici toute la souffrance d'un peuple dont on a forcé l'assimilation à la culture blanche, selon le principe énoncé par l'officier américain Richard Pratt :
« Un général célèbre a déclaré un jour qu'un bon Indien est un Indien mort et le profond accord suscité par leur destruction a considérablement encouragé les massacres d'Indiens. D'une certaine façon, je partage cet avis, mais seulement dans ce sens : que tout ce qui est indien dans la race devrait être mort. Éliminez l'Indien en lui, et sauvez l'homme. »

Cette histoire est donc aussi celle de la lente agonie d'une culture qui, pourtant, réussit à se transmettre d'une génération à l'autre, au prix d'un déchirement quasi schizophrénique générateur de drames en chaîne, à commencer par celui des nombreux cas d'addiction, à l'alcool, mais aussi de nos jours, à la drogue médicamenteuse. Un insurmontable mal-être accompagnait donc déjà les personnages lorsque survient cette mort accidentelle d'un enfant : c'est finalement avec les ressources puisées au fond de leur identité profonde qu'ils vont tenter d'y faire face, au fil d'un récit en permanence entremêlé de magie et de relations aux esprits.

J'ai beaucoup apprécié, mais aussi trouvé éprouvante, cette authentique et parfois déroutante plongée au tréfonds de l'âme d'une culture martyrisée qui se refuse à disparaître. Amérindienne elle-même, l'auteur nous immerge dans un tourbillon de désarroi, de culpabilité, de colère, d'envie de vengeance et d'espoir de rédemption, où le deuil s'accomplit lentement avec le secours de la tradition, de la magie, de la solidarité et d'une certaine sagesse ancestrale.

Remarquable pour la voix amérindienne qu'elle exprime ici avec force et pour tout ce qu'elle nous fait comprendre du désespoir d'un peuple devenu une communauté privée de son identité, cette longue et vaste fresque m'a néanmoins semblé assez pesante : il m'a manqué d'être emportée par cette histoire dont, malgré toutes ses qualités, je n'ai pas senti le véritable souffle, me retrouvant plombée par la déprime en dépit de l'espoir porté par l'étonnant petit LaRose, à la maturité presque surnaturelle.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Annette55
  24 mai 2018
Je retrouve avec plaisir cette grande romancière découverte en 2005 avec"La Chorale-des maitres-bouchers puis "Dans le silence du vent "et La malédiction des colombes ", qui nous plonge dans le quotidien d'une réserve indienne du Dakota du Nord...
A travers le drame intense vécu par deux familles, je n'en dévoilerai pas beaucoup, ce serait dommage .......elle évoque , en conteuse accomplie, une histoire fascinante, qui mêle le mystère de la filiation qui lui est chère, le sentiment de faute naissant du drame, de la douleur et du manque, les coutumes ancestrales et les relations complexes , indicibles, que tissent les Indiens avec Mère Nature .
Le père d'un petit américain , Landreaux Iron, tue accidentellement un jeune voisin de cinq ans , Dusty, le fils de son voisin et ami, Peter Ravitch: il l'a pris pour un cerf.........
Louise . E.nous oblige à réfléchir sur les notions de vengeance , de pardon, de justice , de deuil , et surtout de l'amour .......
Comment peut- on survivre à la perte insondable d'un enfant ?
Comment se reconstruire ?
D'une façon intense et flamboyante, dense, elle explore le poids du passé, à travers "LaRose", prénom mixte du petit garçon du voisin, qui paiera pour la tragique méprise , selon une coutume en vertu de laquelle Landreaux Iron doit donner son plus jeune fils aux parents en deuil. ."
"LaRose" prénom que ses ancêtres indiens Ojibwé se sont passé de pére en fils et de mère en fille , en même temps que des douleurs, des sacrifices et des névroses ........
Tout en retrouvant le talent de conteuse de cette magicienne , fille d'une indienne passionnée de catholicisme et fine connaisseuse des traditions Ojibwé et d'un père allemand féru de William Shakespeare, j'ai trouvé le temps un peu long lorsqu'elle évoque les ancêtres de sa famille et leurs croyances .........
Une lecture ardue, dense , entre passé et présent , à travers de très nombreux personnages attachants, mais on s'y perd un peu ..........
Malgré tout , une belle épaisseur narrative, un charme évocateur, sur le deuil, la nature et l'amour , la hantise de la perte, une grâce dont on ne se lasse pas !
A la question: "Un homme peut- il commettre le pire des actes et pour autant continuer à être aimé?" , sa réponse est un oui magnifique , retentissant , maudit et béni à la fois!
Un livre majeur, fort et singulier !
Traduit de l'américain par Isabelle Reinharez , chez Albin Michel .
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Titania
  08 novembre 2018
Avec Louise Erdrich, auteure du mouvement de la Renaissance amérindienne, on découvre dans ce roman un autre regard sur le monde, celui d'un peuple résilient survivant d'un génocide.
On est quelque part dans le Dakota du Nord, à la frontière canadienne, en territoire Ojibwe, le troisième groupe linguistique le plus important des peuples premiers américains. A la faveur de l'histoire de LaRose, ce garçon étrange qui porte en lui à travers son nom, l'âme et les qualités de ses ancêtres, on plonge dans une histoire terrible qui a laissé des cicatrices jusqu'à notre époque .
Ce texte magnifique ne nous raconte pas seulement comment deux familles se sont organisées pour ne pas sombrer dans la vengeance en utilisant une vieille coutume de réparation. La douleur du deuil et du sacrifice fait surgir l'héritage du passé des familles et nous dit comment ce peuple a survécu. La grande histoire et la petite histoire se mêlent alors.
Il y avait deux courants dans la politique officielle d'extermination des Indiens, déjà ceux qui voulaient les tuer purement et simplement, par les armes. Les citations des textes de l'époque à cet égard, font froid dans le dos. Il y avait aussi ceux qui , voulaient faire disparaître une civilisation millénaire en enfermant les enfants dans des pensionnats indignes, pour lessiver leurs cerveaux, leur faire oublier leur langue et leurs mythes, où ils étaient maltraités, quand ils ne mouraient pas de rougeole ou de tuberculose.
On comprend que le prix payé a été, et est toujours terrible en vie perdues , en misère, alcool, drogue, exclusion, et relégations.
J'aime beaucoup le lyrisme plein de douceur de Louise Erdrich, son absence de misérabilisme et d'esprit de revanche lorsqu'elle évoque la manière dont les mères transmettent les traditions à leurs enfants, comment se conjugue le métissage des cultures , comment cette résistance silencieuse a mis en échec cette entreprise d'anéantissement.
Il reste sans doute plein de choses à dire de cette histoire émouvante, de ce gamin partagé entre deux familles, c'est juste un très beau texte qui fait la part belle à une spiritualité qui transcende les époques.

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Fleitour
  06 septembre 2019
Quoi de plus revigorant que cette plongée offerte par Louise Erdrich dans le vent glacial du Dakota du Nord, sur les plaines aux gris d'acier, quand les champs se couvrent d'un blanc linceul. À l'heure où chaque jour apporte un vent de nouvelles éphémères sur nos e-phone, se frotter au rythme immuable des saisons est un pur bonheur.

Porté par des personnages qui puisent leur vie dans les recoins  du passé ,
" LaRose", raconte l'histoire de cinq d'entre eux d'origine indienne. Chaque chaînon fait revivre l'ancien monde de la réserve Ojibwé.
Chacun est animé d'une capacité de s'extraire de la terre, accompagné de son tambour, "LaRose" vibre des chants aux pouvoirs surnaturels où l'empreinte laissé par les morts, inspirent et transcendent les vivants.

Quand landreaux Iron, fait feu sur le grand Cerf qu'il suit et traque depuis des semaines, l'animal s'enfuit et le drame éclate, Dusty un enfant s'effondre.
L'enfer atteint deux familles si proches par leurs mamans, les demi-soeurs Emmaline et Nola, Emmaline, la quatrième LaRose, qui est aussi la grand mère du petit LaRose Iron. Tout s'entre-déchire dans une implacable suite de ressentiments.

Le passé s'insinue avec une force foudroyante dans le récit, ici la sagesse ou les rancoeurs, là parfois des trahisons
Le choix de landreaux Iron de donner LaRose son propre fils à son ami et voisin le père de Dusty, Peter Ravich, s'inscrit dans une tradition indienne, et donne une dimension évangélique à ce drame.
Le prêtre de la mission le père Travis deviendra l'un des pivots des échanges entre les deux familles endeuillées.

D'autres drames couvent, un passé ne se réveille qu'à la lueur de ce drame, celui de Roméo au premier rang des amoureux de la trop belle Emmaline. Lui Roméo n'était-il pas le meilleur ami de Landreaux. Qui est à l'origine de leur brouille, de leurs embrouilles, une femme, un homme ?
Pénétrer dans une réserve indienne c'est aller à la découverte d'une réalité instable, fragile, où les destins sont liés à de lourds secrets.

"Elle haussa les épaules et le vêtement tomba. Alors tout devint facile et ils se coulèrent ensemble, comme la neige le long du trajet, filant sans fin telle de la craie sur la surface noire de la route. P 445."
Le projet de Louise Erdrich possède cette capacité à entrer au coeur de la vie des indiens Ojibwé car elle est indienne par sa mère Ojibwé .

Elle restitue avec une énergie fabuleuse ces destinées, où l'homme se considère comme une partie infime de son territoire, les êtres vivants rassemblent, toutes les espèces animales ou végétales, ce respect immuable et sacré rappelle François D assise :
"Nola regarda LaRose occupé à inspecter le contenu de son assiette. Il était comme ce moine en robe brune François. Les animaux venaient se coucher à ses pieds. Ils étaient attirés vers lui, sachant qu'ils seraient sauvés.
Page 194."
Un récit emprunt d'une grande sagesse et à l'écriture forte et pleine d'émotions
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berni_29
  12 mai 2019
J'aime beaucoup les romans de Louise Erdrich. Ce roman-ci, LaRose, s'inscrit dans une trilogie. J'avais beaucoup aimé son précédent livre, Dans le silence du vent. Ici j'ai trouvé le chemin narratif bien plus difficile, mais au final il laisse en moi une trace envoûtante.
L'atmosphère demeure toujours la même, je devrais plutôt parler d'espace-temps, bien que le temps soit une donnée plutôt variable en territoire ojibwé.
Nous sommes en Dakota du Nord, en 1999. Tout part d'un fait divers tragique et je dirai même, doublement tragique.
Les premières pages démarrent sur une scène de chasse. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé traque un cerf. Il le vise et tire. L'animal poursuit sa course, tandis qu'un enfant s'effondre. Il s'agit de Dusty, le fils de son meilleur ami, Peter Ravich. L'enfant avait cinq ans. C'est une tragique méprise.
Le drame est effroyable. L'enquête conclut très vite à l'accident et le dossier judiciaire est clos aussitôt. Cependant, il reste le drame, mais aussi la coutume chez les indiens ojibwé.
En effet, pour réparer son geste, Landreaux doit se plier à une ancienne coutume ojibwé selon laquelle il doit offrir LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. C'est forcément une terrible décision et les conséquences seront douloureuses pour les deux familles concernées.
Les pages qui décrivent longuement les états d'âme, les douleurs des deux mères sont poignantes.
L'humanité vient au secours de cette fatalité, faisant entrer dans les failles des pages le doute, la douleur, les blessures, les espoirs aussi.
Voilà ainsi posée la trame narrative qui ne manque pas de sel... Cependant l'auteure n'en reste pas là et nous invite à entrer dans un monde où nos propres repères deviennent vains, tant mieux ! En effet, LaRose porte un prénom mixte, que ses ancêtres indiens ojibwé se sont passé de père en fils, ou de mère en fille. L'enfant présent est considéré comme une sorte de saint, bien que le terme ne soit pas forcément approprié ici.
Brusquement le récit nous invite autant dans le passé que dans le présent, mêlant les vivants et les morts, parfois l'âme des choses s'invite aussi dans le récit... C'est normal, nous sommes en territoire ojibwé.
Alors, il y a comme quelque chose de choral qui monte dans les pages et nous envahit peu à peu, une musique, des mots aussi, des coeurs qui battent peut-être encore.
C'est un chant, c'est un conte. Ce sont des femmes et des hommes dans une histoire qui continue.
Ici il y a encore le poids du passé, mais aussi du présent.
J'ai trouvé les personnages magnifiques, douloureux, fantasques, touchant d'émotions, fraternels aussi. La fraternité de cette communauté ojibwé jaillit comme une lumière dans les pages du livre. On voudrait s'en enivrer tout d'abord, s'en enivrer pour la suite.
J'ai adoré l'intrusion dans cette histoire d'un prêtre blanc dont le propos ne manque pas de pertinence.
Il est important de lire les livres de Louise Erdrich, ne serait-ce que pour la différence qu'ils apportent à nos vies.
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critiques presse (1)
LaCroix   16 février 2018
Comment pardonner l’impardonnable ? Une plongée au cœur d’une communauté indienne après la mort accidentelle d’un jeune garçon.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
BruideloBruidelo   24 avril 2018
La douleur, éparpillée partout, monte en flamboyant des puits profonds que sont les poitrines de son peuple. A l’Ouest les cœurs des morts battent encore, ils brûlent et jettent de douces lueurs vertes dans leurs cercueils. Ils font jaillir de la terre une lumière pâle. Et au sud il y a les bisons que la tribu a achetés dans un but touristique. Un rassemblement sombre. Leurs cœurs eux aussi embrasés par l’horrible message de leur extinction. Leur assemblée fantomatique, désormais. Comme nous, un symbole de résistance, songe Romeo. Comme nous, ils déambulent et tournent en rond dans un petit enclos d’herbe, et engraissent. Comme nous, cœurs visibles pareils à des lampes dans la poussière. A l’est aussi, l’aube sacrée de la terre entière, chaque matin de chaque jour, la promesse et l’accablement. Il est si fatigué, Romeo... Il se refuse à regarder vers le nord parce qu’il se rend compte qu’il a pensé dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, de cette manière qui n’appartient qu’au monde des esprits, ce monde auquel il lui semble à présent appartenir. Sa dernière demeure.
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LesMissChocolatinebouquinentLesMissChocolatinebouquinent   09 février 2018

Ce qu’elle apprit
Avant de mourir, la première LaRose enseigna à sa fille comment trouver les esprits protecteurs dans chaque endroit qu’elles parcouraient à pied, comment guérir les malades avec des chants, des plantes, quels lichens manger en cas de faim dévorante, comment poser des pièges, attraper des poissons au filet, allumer un feu à l’aide de brindilles et de copeaux de bouleau. comment coudre, comment faire bouillir les aliments en se servant de pierres chaudes, comment tresser des nattes de roseaux et fabriquer des récipients en écorce de bouleau. Elle lui enseigna comment empoisonner le poisson au moyen de certaines plantes, comment fabriquer un arc en flèches, comment tirer au fusil, s’aider du vent lorsqu’elle chassait, comment fabriquer un bâton pour creuser, déterrer des racines, sculpter une flûte, en jouer, broder de perles un sac à bandoulière. Elle lui enseigna comment savoir d’après les cris des oiseaux quel animal venait d’entrer dans les bois, comment savoir d’après les mêmes cris des oiseaux d’où arrivait arrivait le mauvais temps et de quel genre de mauvais temps il s’agissait, comment savoir toujours d’après les cris des oiseaux si vous alliez mourir ou si un ennemi était sur vos traces. Elle lui apprit comment empêcher un nouveau-né de pleurer, comment amuser un enfant plus âgé, comment nourrir les enfants de tous âges, comment attraper un aigle pour lui arracher une plume, faire choir une perdrix d’un arbre. Comment tailler un fourneau de pipe, brûler le cœur d’une branche de sumac pour confectionner le tuyau, comment confectionner du tabac, du pemmican, comment récolter le riz sauvage, danser, le vanner, le faire sécher et le stocker, et fabriquer du tabac pour sa pipe. Comment percer les troncs d’arbre, tailler des chalumeaux pour collecter l’eau d’érable, comment fabriquer du sirop, du sucre, comment faire tremper une peau, la racler, comment la graisser et la préparer en utilisant la cervelle de l’animal, comment la rendre souple et satinée, comment la fumer, quels ingrédients utiliser. Elle lui enseigna comment fabriquer des moufles, des jambières, des makazinan, une robe, un tambour, un manteau, un sac avec l’estomac d’un élan, d’un caribou, d’un bison des bois. Elle lui enseigna comment laisser son corps derrière elle lorsqu’elle était à moitié éveille, ou bien endormie, et voler de-ci de-là pour chercher à savoir ce qui se passait sur la terre. Elle lui enseigna comment rêver, comment sortir d’un rêve, transformer le rêve, ou demeurer à l’intérieur pour avoir la vie sauve.
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mumubocmumuboc   16 octobre 2018
De là, il aperçoit de la colline et plonge son regard dans l'essence même de cette ville de réserve. Défoncé et mentalement anéanti comme il l'est, il voit dans chaque cœur. La douleur, éparpillée partout, monte en flamboyant des puis profonds que sont les poitrines de son peuple. A l'ouest les cœurs des morts battent encore, ils brûlent et jetttent de douces lueurs vertes dans leurs cercueils. Ils font jaillir de la terre une lumière pale. Et au sud il y a les bisons que la tribu a achetés dans un but touristique. Un rassemblement sombre. Leurs cœurs eux aussi embrasés par l'horrible message de leur extinction. Leur assemblée fantomatique, désormais. Comme nous, ils déambulent et tournent en rond dans un petit enclos d'herbe, et engraissent. Comme nous, cœurs visibles pareils à des lampes dans la poussière. (p465)
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BruideloBruidelo   26 avril 2018
Transformer son cœur en un lieu accueillant était une tâche mentale tortueuse. Qui exigeait parfois un bon coup de balai, de nouveaux agencements. Il devait passer le chiffon. Jeter des vieilleries pour gagner de la place. Tout cela était tellement assommant, mais il s’y appliqua jusqu’à ce qu’il y ait casé toute la foutue famille d’Emmaline et, harassé, soit capable de le refermer à la volée, avec Emmaline au milieu, hors de sa portée.
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bilodohbilodoh   10 octobre 2019
« Les Blancs, en vertu de la loi de la conquête, en vertu du bien fondé de la civilisation, sont les Maîtres du continent américain, et la meilleure façon d’assurer la sécurité des villages situés sur la frontière passe par l’anéantissement des quelques Indiens restants. Et pourquoi pas? Leur gloire s’est enfuie, leur esprit est brisé, leur virilité abolie, mieux vaut qu’ils meurent plutôt que de vivre en pauvres hères qu’ils sont. »
The Aberdeen Pionneer, 1888, par Frank Baum

(Albin Michel, p. 102 )
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Louise Erdrich d'origine ojibwe est une écrivaine confirmée et à succés qui vit aux États-Unis. Naomi Fontaine, jeune auteure Innue de Uashat, vit au Canada. Elles évoquent dans leurs textes la vie des descendants des Indiens d'Amérique. Leurs romans, nouvelles et récits, saisissent le lecteur et l'entraînent dans des univers exotiques et pourtant proches de nous. Cette rencontre est organisée en amont du festival America, qui fait la part belle aux auteurs autochtones du continent américain.
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