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EAN : 9782226455994
560 pages
Albin Michel (05/01/2022)
  Existe en édition audio
3.99/5   192 notes
Résumé :
Dakota du Nord, 1953. Thomas Wazhashk, veilleur de nuit dans l’usine de pierres d’horlogerie proche de la réserve de Turtle Mountain, n’est pas près de fermer l’œil. Il est déterminé à lutter contre le projet du gouvernement fédéral censé « émanciper » les Indiens, car il sait bien que ce texte est en réalité une menace pour les siens.
Contrairement aux autres jeunes employées chippewas de l’usine, Pixie, la nièce de Thomas, ne veut pour le moment ni mari ni ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
3,99

sur 192 notes

Kirzy
  16 janvier 2022
Louise Erdrich fait partie de ces auteurs américaines que je suis assidument, une voix littéraire forte pour porter l'étendard des communautés amérindiennes à l'instar d'une Toni Morrison pour la communauté afro-américaine. Cette fois, elle revient auréolée du très prestigieux Prix Pulitzer 2021 avec un roman inspiré par le combat politique de son grand-père, Patrick Gourneau lorsqu'il a défié le rouleau compresseur fédéral. Elle a retrouvé sa correspondance, formidable matériau de départ.
Le 1er août 1953, le Congrès des Etats-Unis adopte la Résolution 108 qui pose le principe de la politique de « termination ». Sous couvert d'égalité entre tous les citoyens américains, et d' « émancipation » il s'agit pour le gouvernement fédéral de renier les traités conclus de nation à nation avec les différentes tribus. In fine de supprimer les tribus en leur faisant perdre leur singularité autochtone. Officieusement de les dépouiller de leurs riches terres sises sur des réserves. Lorsque Thomas, président du conseil consultatif de la Bande d'Indiens Chippewas de Turtle Mountain ( Dakota du Nord ), double fictif de son grand-père, réalise la portée de cette loi scélérate, il décide de livrer combat dans ce nouveau front des guerres indiennes, une guerre légale, législative en préparant minutieusement son audience à Washington.
Celui qui veille n'est pas un roman à thèses. Louise Erdrich repense complètement le roman politique classiquement premier degré. Elle aurait également pu opter pour le rythme du thriller en exploitant un suspense quelque peu artificiel sur l'issue de la délégation chippewa au Congrès dans cette course contre la montre pour survivre et conserver ses traditions ancestrales. Elle propose plutôt un carnet d'esquisses croquant affectueusement les habitants de la réserve de Turtle Mountain. Leurs luttes prennent ainsi vie de façon très intime.
Le roman est structuré autour de deux personnages dont on suit les destins parallèles,  : Thomas, donc, et Pixie dite Patrice, jeune femme de dix-neuf ans qui travaille dans la même usine de pierres d'horlogerie que Thomas sur la réserve. Les deux ont quelque chose d'a priori très stéréotypée et pourtant on est immédiatement en empathie avec eux. Lui si bon, droit et parfait, qu'il en pourrait devenir ennuyeux ; elle si résolument battante qu'elle semble miraculeusement insubmersible même lorsqu'il s'agit de partir en mode guérilla urbaine retrouver sa soeur Vera. Deux personnages forts mais pas seulement, avec eux suivent les cercles sans cesse élargis de leurs relations.
En fait toute la puissance du récit naît des personnages, tournoie autour d'eux, de leurs émotions, de leurs colères, de leurs interactions foisonnantes. Ce sont eux qui guident la narration et l'imposent. Ce sont les maitres absolus du roman. Et ils sont très nombreux. Tellement qu'on pourrait décrocher de ce récit kaléidoscopique, être étourdi par l'alternance de chapitres courts changeant souvent de perspective narrative, chacun avec des cadences très fluctuantes. Au contraire, chaque nouveau personnage rajoute une couche d'intérêt et permette à l'auteur d'embrasser de nombreuses thématiques au-delà de la lutte contre le Termination Act : amour, identité, culture amérindienne, enlèvements et assassinats des femmes autochtones etc dans des tonalités très différentes passant de la tragédie la plus sombre à un sens du comique assumé. L'histoire est incarnée dans chaque parcelle écrite.
J'ai refermé ce roman très émue par son engagement lumineux et vibrant, empli d'une vitalité complice. Ce livre donne du courage, c'est un appel à l'Humanité sans lamento convoquant l'intelligence du lecteur à méditer sur le sens d'une lutte juste.
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Frederic524
  04 janvier 2022
« Celui qui veille » le nouveau roman de Louise Erdrich est un événement, comme à chaque parution chez Albin Michel d'un de ses livres. Celui-ci encore davantage, car il a été récompensé du Prix Pulitzer 2021. Un roman choral où l'on retrouve la voix si singulière et sublime de l'auteure, son style d'écriture tout en subtilité, délicatesse et émotion mais sans omettre de dire les choses, de les dénoncer avec force. La grande voix du roman américain contemporain, s'intéresse une nouvelle fois aux peuples Indiens et à leur sort dans cette histoire troublée et peuplée de fantômes des massacres perpétrés contre les Indiens par les États-Unis. Placé ensuite dans des réserves, les Indiens ont été forcés à l'assimilation avant qu'une loi inique, venant de Washington, ne cherche à bouleverser une énième fois les traités dûment signés entre les peuples indiens et Washington, l'État fédéral. Librement inspiré de la lutte pour la préservation des droits de son peuple de son grand père maternel dans les années 1950, Louise Erdrich nous plonge, nous immerge dans ce débat bouillonnant.
Deux histoires se croisent dans ce beau roman. La première est celle de Thomas Wazhashk qui est veilleur de nuit dans une usine de pierres d'horlogerie de la réserve de Turtle Mountain. Mais il est également, le président du conseil tribal de Turtle Mountain, celui qui veille sur son peuple et qui va se lever, vent debout, contre la résolution du Congrès des États-Unis stipulant que les Indiens allaient être émancipés. Ce terme « émancipation » fait réfléchir Thomas qui comprend la supercherie et la duperie se cachant derrière ces termes employés. « Émancipations », ils n'étaient pourtant pas des esclaves. Les émanciper de leurs statuts d'Indiens, les émanciper de leurs terres. En fait, on souhaitait ni plus ni moins que les libérer des traités que son père Biboon, et son grand père avant lui, avaient signés. Des traités censés durer pour toujours. Pour Thomas, il fallait lutter pour que la tribu reste « un problème » et pas pour que leurs statuts d'Indiens ne leurs soient ôtés. Au fond, la duplicité du Congrès est situé dans cette envie de vendre les terres des Indiens pour les « relocaliser » ailleurs. C'est un dialogue de sourd qui s'installe, un combat de longue haleine qui est parfaitement retranscrit ici, car on le sent, c'est un sujet qui tient à coeur à Louise Edrich puisque qu'elle nous parle de cette figure tutélaire de ce grand père maternel et de son peuple : les Chippewas.
Nous sommes dans le Dakota du Nord en 1953, (lieu de naissance de Louise Erdrich), et c'est ici que la grande histoire, celle de Thomas rejoint un autre récit : la quête de Pixie pour retrouver à Minneapolis sa soeur aînée Vera et son bébé. Celle-ci n'a plus donné signe de vie depuis des mois. Pour la première fois Pixie va quitter la réserve. Elle est la nièce de Thomas et une employée chippewas de l'usine. Elle a une forme de singularité et d'innocence car elle souhaite faire des études et ne veut, pour le moment, ni mari, ni enfants. Elle a un père alcoolique quittant le foyer familial. Une grande pauvreté dans ces réserves mais aussi la fierté de maintenir la langue chippewas, les traditions qui cohabitent avec leurs nouveaux usages instaurés par les hommes blancs. Il y a une profonde méfiance face à ces hommes qui leur ont bien trop souvent menti. Pixie fabrique elle-même sa valise car elle n'a pas l'argent pour en acheter une, chez elle, il n'y a pas d'électricité mais par contre, il y a l'amour d'une mère : Zhaanat. Les femmes ont un rôle très important dans le roman de Louise Erdrich. Elles sont les gardiennes des traditions, des valeurs de leur peuple, protectrice de leurs époux et de leurs enfants comme Rose, la femme de Thomas. Nul manichéisme pour autant, la complexité des rapports humains entre les Indiens eux-mêmes est parfaitement rendu. Pixie est un personnage de jeune fille fort attachant. Deux hommes aiment passionnément Pixie : un professeur de boxe blanc, Barnes, qu'elle n'aime pas. L'autre homme est lui aussi boxeur et il s'appelle Wood Mountain, un colosse au grand coeur. Cette histoire, celle de Pixie est celle qui m'a le plus passionné. le combat de Pixie et celui de Thomas, leur courage, leur abnégation m'ont profondément ému.
C'est assurément un de ces romans que l'on n'oublie pas. Magnifiquement écrites, ces deux histoires n'en formant qu'une, vont vous bouleverser. Louise Erdrich renoue avec ce qu'elle sait faire de mieux, parler de l'histoire des peuples indiens, leur offrir par sa plume, une voix qui ne s'éteindra pas , celle de la littérature intemporelle comme vecteur puissant d'expression du mal être mais aussi de la beauté de la culture indienne.
Lien : https://thedude524.com/2022/..
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Kittiwake
  26 mars 2022
Sur les maigres terres que cinq siècles de domination leur a laissées, ils tentent de survivre. Démunis mais encore riches d'une culture ancestrale qui les identifient. Or c'est ce dernier bastion que le gouvernement fédéral veut abattre. Une assimilation, une « termination » selon le terme anglais. le renoncement à leur identité, un statut de citoyen américain, et la condamnation certaine à la mendicité.
Thomas n'en veut pas. Ni lui ni aucun de ses pairs. S'il cultive ses terres le jour, il travaille aussi la nuit pour nourrir sa famille. C'est au cours de ces veilles qui le privent d'un sommeil réparateur jusqu'à l'hallucination, qu'il élabore une stratégie pour défendre les droits de sa tribu auprès des instances gouvernementales.
Patrice lutte aussi. Elle améliore le quotidien de sa famille avec le maigre salaire que lui octroie l'usine de pierres d'horlogerie et essaie même de faire des économies pour un jour reprendre ses études. D'autres combats animent ses journées : retrouver sa soeur Vera, dont on est sans nouvelles depuis son départ à la ville, et protéger sa famille des exactions avinées de son père. Il lui reste peu de temps pour les questions intimes qu'elle se pose.
Plongeant au coeur de ses racines, Louise Erdrich donne une fois de plus la parole au peuple de ses ancêtres, qui, à force de ténacité, est parvenu à persister dans le paysage nord-américain. Spoliés de leurs terres, mis au ban de la société, les indiens ont payé très cher l'invasion du continent.
On parcourt avec empathie l'histoire de cette poignée de résistants du Dakota du nord, prêts à payer de leur personne pour défendre leur légitimité.
Superbe roman choral, animé d'une conviction profonde, déclarant avec fermeté mais sans violence l'injustice faite aux premiers votes du continent américain.
560 pages Albin-Michel 5 janvier 2022
Sélection janvier Grand Prix Elle 2022
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Archie
  26 avril 2022
Louise Erdrich est une écrivaine américaine née en 1954. Par sa mère, elle est issue d'un peuple autochtone, les Chippewas. Elle participe activement au mouvement littéraire de la Renaissance amérindienne et la plupart de ses romans et de ses poésies sont inspirés par ses racines.
Son roman The night watchman est diffusé en France sous un titre plus subtil, Celui qui veille ; j'y reviendrai. Il s'insère dans un épisode réel des relations complexes entre les institutions fédérales des États-Unis et la minorité amérindienne. En 1953, le Congrès manifesta son intention de révoquer des traités passés au XVIIIe siècle entre la nation des Etats-Unis et les tribus indiennes. Il voulait mettre un terme (« termination ») au statut spécifique dont disposaient les Amérindiens au sein de réserves territoriales, afin de les « émanciper » et d'en faire des Américains comme les autres. Une option politique assumée par une droite très conservatrice, guidée par la volonté de libérer l'Etat fédéral de contraintes coûteuses et de remettre sur le marché les terres qui leur avaient été concédées. Les mesures pouvaient se présenter sous un angle humaniste, puisqu'elles se targuaient de valoriser la dignité des Amérindiens en reconnaissant leur aptitude à s'intégrer dans la société américaine sans dispositions pouvant s'apparenter à de la discrimination positive. Dans les faits, cela condamnait cette communauté, pauvre et sous-éduquée, à une dispersion en périphérie des grandes villes et à une misère pire que celle qu'elle vivait dans les réserves.
Les Amérindiens s'opposèrent à cette termination, car ils tenaient aussi à leur identité et à leur culture. L'un des deux personnages principaux du roman, Thomas Wazhashk, est directement inspiré du grand-père de l'auteure. Il exploite sa petite terre familiale à Turtle Mountain et pour améliorer l'ordinaire de ses proches, il travaille comme veilleur de nuit dans une usine locale. Un petit boulot qui, bien sûr, explicite le titre originel du livre, bien qu'il n'ait rien de stratégique en lui-même. Les plages de temps libre qu'il procure à Thomas entre deux rondes lui permettent de se consacrer à la présidence de la communauté tribale des Chippewas de sa région, de veiller ainsi sur les siens, une fonction qui le prive d'heures de repos et l'expose, l'âge venant, à des accidents de santé.
L'autre personnage principal est la nièce de Thomas, une toute jeune femme séduisante et vive d'esprit, nommée Patrice ou Pixie. Elle s'initie à la vie adulte, se mobilisant activement au service de sa famille, puis de sa communauté, découvrant aussi les pièges qui guettent une jeune Amérindienne naïve lorsqu'elle se rend pour la première fois dans une grande ville. Cela ne l'empêche pas, de retour à Turtle Mountain, de slalomer autour des désirs des hommes, traçant le profil idéal de celui avec lequel elle pourrait le moment venu construire sa vie.
Autour de Thomas et Patrice apparaissent de nombreux personnages de la tribu ou vivant à proximité. Ils sont secondaires, mais l'auteure les met largement en scène dans de courts chapitres récurrents, s'étendant sur leurs modes de vie, leurs états d'âme et leurs fantasmes les plus personnels. On peut qualifier cela de procédé littéraire polyphonique, mais un joli mot n'est pas forcément synonyme de confort ou de plaisir de lecture. Les pages qui leur sont consacrées font appel à des imaginaires très spécifiques, issus de la spiritualité amérindienne et de la tradition orale des tribus. Malgré quelques passages baignés d'humour et de poésie, je les ai trouvées ennuyeuses et je me suis interrogé sur leur intérêt dans l'intrigue… Une lecture infiniment longue, pendant laquelle j'en suis même venu à me demander s'il y avait une intrigue…
Le récit n'a commencé à accrocher mon intérêt, que dans ses cent ou cent cinquante dernières pages, lorsqu'il aborde enfin la préparation de la délégation venue du Dakota du Nord à Washington, pour proclamer au Congrès son opposition à la résolution de termination et défendre la persistance des maigres privilèges de la tribu de Turtle Montain.
La dignité et l'élégance des personnages du roman suscitent l'estime et la sympathie. Mais je me demande si les jurés du dernier prix Pulitzer de la fiction n'étaient pas résolus d'avance à honorer l'ouvrage d'un auteur amérindien.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Mousquetaire11
  17 mars 2022
Malgré l'heure tardive, Thomas, un Indien d'Amérique veilleur de nuit dans une usine de pierre d'horlogerie est bien réveillé. Entre deux rondes, il profite de ses longues nuits de travail pour trouver le moyen de lutter contre le souhait en 1953 du Congrès des États-Unis de leur offrir une "émancipation", procédé déguisé visant à ne plus reconnaître les différents peuples indiens. Par ses nombreux courriers, Thomas souhaite protéger l'histoire et le devenir des tribus indiennes, et plus particulièrement la sienne, celle des Chippewas. Malgré les difficultés et les ravages causés par l'alcool, cette communauté reste soudée et on y découvre tour à tour la vie de ses membres...
Récit très intéressant inspiré par la vie de son grand-père, l'auteure, Louise Erdrich revient de manière romancée sur le parcours de son aïeul qui a pris place dans cette lutte. Ce bel hommage met en lumière une période assez méconnue qui a pourtant était un tournant pour les tribus indiennes. Les passionnés de culture américaine se réjouiront à la lecture de cet ouvrage.
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critiques presse (5)
LeFigaro   11 mai 2022
Fille d’une Indienne chippewa de Turtle Mountain, Louise Erdrich sait de quoi elle parle et envoie promener les mauvaises caricatures qui, depuis si longtemps, collent à la peau de ces autochtones méprisés, le plus souvent impuissants devant leurs droits bafoués.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   11 mai 2022
Sans aucun moyen financier face au rouleau compresseur fédéral, la lutte acharnée de Thomas offre au récit une solide colonne vertébrale. Mais ce sont les personnages féminins qui emportent l’adhésion [...].
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeJournaldeQuebec   02 mai 2022
Depuis la parution de Love Medecine, vers le milieu des années 1980, l’écrivaine américaine Louise Erdrich n’a pas hésité à reprendre la plume pour nous offrir une œuvre aussi singulière que nécessaire.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   13 janvier 2022
Louise Erdrich nous invite […] à une méditation sur le langage. Sur le sens de ces mots modernes – assimilation, relocalisation, émancipation… –, termes « sobres et parfaitement inoffensifs » en apparence mais qui, à eux seuls, peuvent causer la ruine d’un peuple.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   06 janvier 2022
Ce roman inspiré par son histoire familiale est le portrait d’une communauté amérindienne déterminée à vivre coûte que coûte.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (142) Voir plus Ajouter une citation
Cazaubon78Cazaubon78   19 juin 2022
La plupart des gens de notre peuple vivent sur des sols de terre battue, sans électricité ni eau courante. Je tire mon eau au puits, comme la plupart des Indiens dans cette pièce. Je me considère développé seulement parce que je sais lire et écrire.
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Cazaubon78Cazaubon78   19 juin 2022
Patrice se pencha et posa l'oreille contre le tronc d'un bouleau. Elle écouta le murmure pressé de l'arbre s'abreuvant de la terre. Puis elle ferma les yeux et traversa l'écorce comme de l'eau, avant d'être aspirée en nuage au bout d'un bourgeon. Elle baissa les yeux sur sa mère et elle, assises près d'un petit feu dans les bois printaniers. Zhaanat renversa la tête en arrière et sourit. Elle fit signe à sa fille de revenir, comme elle le faisait quand, enfant, Patrice s'égarait.
"Ambe bi-izhaan omaa akiing miinawa", dit-elle. Et Patrice revint.
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Cazaubon78Cazaubon78   19 juin 2022
Et maintenant que Thomas était allé aussi loin dans le Livre de Mormon que l'envie de dormir le lui permettait, il comprenait pourquoi cet homme ne tenait absolument pas compte de la force de loi des traités. Sa religion lui enseignait que les Mormons avaient reçu de Dieu toutes les terres qu'ils souhaitaient. Les Indiens n'étaient pas blancs et plaisants : une malédiction divine leur avait infligé une peau sombre, de sorte qu'ils n'avaient pas le droit de vivre là. Qu'ils aient signé des traités avec les plus hautes instances des Etats-Unis ne signifiait rien pour Watkins. La loi passait après la révélation personnelle. D'ailleurs tout passait après la révélation personnelle. Et la révélation personnelle de Joseph Smith, intégralement consignée dans le Livre de Mormon, disait que son peuple était le meilleur qui soit et devait posséder la terre.
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Cazaubon78Cazaubon78   19 juin 2022
"Réfléchissez. Si nous, les Indiens, nous avions levé l'ancre, vogué là-bas, tué la plupart des Européens et pris votre terre, hein ? Imaginons que vous ayiez une grande ferme en Angleterre. Qu'on s'y installe et qu'on vous en chasse. Qu'est-ce que vous diriez alors ?"
Ébranlé par ce scénario, Barnes haussa les sourcils avec une telle rapidité qu'une mèche de cheveux lui tomba sur le front.
"Je dirais qu'on était là les premiers.
- D'accord, dit Thomas. Imaginons qu'on s'en fiche. Comme vous avez survécu à tout le bazar, on vous autorise à garder un petit lopin et à y vivre, mais à condition que vous adoptiez notre langue et nos mœurs. Ajoutons que nous sommes des Indiens à l'ancienne. Vous devez donc devenir un Indien à l'ancienne et parler chippewa. "
Barnes sourit en pensant à Zhanaat.
"Je ne le pourrais pas, dit-il.
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Cazaubon78Cazaubon78   19 juin 2022
Et nous, on sera relocalisés. Envoyés à St Paul et à Minneapolis. C'est là qu'on finira. Dans ces habitations empilées..Comment les appelez-vous, déjà ?
- Des appartements.
- Voilà.Des petites pièces où se rendre visite. Des rues éclairées. Je connais. Rose et moi, on n'aimerait pas ça. Ça nous rendrait très tristes.
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Videos de Louise Erdrich (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise Erdrich
La chorale des maîtres bouchers de Louise Erdrich et Isabelle Reinharez aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=46380&id_rubrique=21 • Celui qui veille de Louise Erdrich et Sarah Gurcel aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/1101678-litterature-anglophone-celui-qui-veille.html • • • Chinez & découvrez nos livres coups d'coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #conseillecture #editionslivredepoche #editionsalbinmichel
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