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Isabelle Reinharez (Traducteur)
ISBN : 2253121479
Éditeur : Le Livre de Poche (16/05/2007)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 244 notes)
Résumé :
1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, décide de prendre un nouveau départ et de tenter sa chance en Amérique. Avec une valise de couteaux de boucherie héritée de son père pour seul bagage, il s'arrête à Argus, dans le Dakota du Nord, où sa femme et leur petit garçon le rejoignent. Fidelis découvre le Nouveau Monde en travaillant comme un forcené et en chantant le soir dans un choeur d'hommes : « la chorale des maîtres bouchers ». Mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  28 septembre 2016
Fidelis Waldvogel, boucher allemand débarque à New York avec deux valises.
La première est remplie de saucisses fumées, l'autre des couteaux de boucher.
Fidelis traverse les Etats-Unis, nous sommes à la fin de la première guerre mondiale.
Il n'ira pas plus loin que le Dakota du nord; la petite ville d'Argus va bientôt vivre au rythme " de la chorale des maîtres bouchers ".
Mon premier roman de Louise Erdrich m'a quelque peu désorienté, en fait le héros du roman n'est pas celui que l'on croit.
Le narrateur ou la narratrice on ne sait trop nous raconte le quotidien à travers des personnages hauts en couleurs.
Bien sur il y a Fidelis et sa boucherie, sa femme Eva, Delphine l'acrobate, Cyprian son partenaire, Clarisse la croque-mort, Roy l'alcoolique....
Impossible de les citer tous mais l'ensemble est détonnant. Des personnages sortent du lot comme Delphine; comment ne pas l'aimer tant son aura éclaire le roman. Elle a un coeur énorme Delphine, toujours prête à rendre service, soigner son vaurien de père, aider Fidelis à la boucherie, son amour malheureux, ses questionnements au sujet de sa mère qu'elle n'a pas connu.
Malgré ses moments de faiblesse Delphine est forte, elle sait ce qu'elle veut.
J'ai aimé Delphine pour toutes ces raisons.
On suit " la chorale des maitres bouchers " comme si on lisait une chronique dans un journal local ceci n'est pas péjoratif. La fin du roman ne vous laissera pas insensible tant le dénouement est surprenant. Un grand roman pour une première découverte. Louise Erdrich m'a convaincu, elle a un talent de conteuse énorme, que faire d'autre que de la suivre à travers ses prochains romans.
" Nos chants parcourent la terre. Nous chantons les uns pour les autres. Jamais une seule note n'est perdue et aucun chant n'est inédit. Ils viennent tous du même endroit et datent d'un temps où seules les pierres hurlaient".
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joedi
  11 octobre 2017
De retour du front, Fidelis se rend chez Eva, la fiancée d'un ami soldat mort au combat. Peu après, Eva, enceinte de Johannes, épouse Fidelis. Après cette guerre de 1914-1918, Fidelis Waldvogel décide de tenter sa chance en Amérique. Il part seul avec pour bagage une valise pleine de saucisses et de ses couteaux de boucher. Après la traversée de l'océan, le voyage en train, financé par les ventes des saucisses, il s'arrête à Argus dans le Dakota du Nord où sa femme et son fils le rejoindront. Engagé par le boucher de la petite ville d'Argus, il y travaillera jusqu'au jour où il pourra s'installer à son compte. À la tête d'un commerce florissant malgré la crise économique et d'une famille qui s'agrandit, Fidelis crée une chorale avec les hommes de la localité.
En 1954, il entreprend avec Delphine, sa seconde épouse, un voyage en Allemagne dans la famille qu'il a quitté en 1918.
La chorale des maîtres bouchers s'avère être un roman épique qui retrace le destin d'une famille confrontée au tumulte du monde pendant une période qui s'étend des années 1920 aux années 1950. Louise Erdrich, magistrale conteuse, signe ici un roman qui pose un regard chaleureux sur l'humanité.
Challenge Pavés 2017 – Edition spéciale contre l'illettrisme – 568 pages
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viou1108
  20 août 2018
En 1918, le jeune Fidelis rentre de la guerre. Au pays des perdants, la vie s'annonce difficile, et il n'hésite pas longtemps avant d'émigrer aux Etats-Unis. Quittant l'Allemagne avec pour tout bagage une valise remplie d'un chapelet de saucisses et de ses couteaux de boucher, il met le cap sur New York. Son but est Seattle, mais il s'arrêtera quelque part entre les deux, à Argus, Dakota du Nord. Bientôt, sa femme Eva et leur fils le rejoignent. A force de travail acharné, ils parviennent à monter leur propre boucherie.
En parallèle, voici Delphine et Cyprian qui reviennent à Argus, après quelques années de bohème à présenter des numéros d'acrobate à travers le pays. Delphine retrouve son père, Roy, alcoolique invétéré, et quelques fantômes du passé. Pour surmonter les difficultés financières et relationnelles avec son père et Cyprian, son échappatoire sera la boucherie, où elle se fait embaucher. C'est ainsi qu'elle fera la connaissance d'Eva, qui deviendra son amie, sa confidente, presque une mère de substitution.
Cette saga familiale s'étale sur une quarantaine d'années, entre Allemagne et Etats-Unis. S'il y est bien question d'un choeur d'hommes et de bouchers, ce sont surtout les portraits de femmes qui sont très marquants : Eva, la maîtresse-femme qui tient sa famille et son commerce à bout de bras quitte à se négliger elle-même, mais qui prévoit tout dans l'attente du pire. Delphine, qui lutte avec ses sentiments et ses états d'âme et trouve encore la force d'essayer de sauver tout le monde, qui manque de se noyer mais garde la tête hors de l'eau, qui aime et déteste son soûlard de père et qui tente de l'interroger sur l'identité de sa mère, qu'elle n'a jamais connue et dont le souvenir ne subsiste que sur une photo floue et dans le cerveau embrumé de Roy. Clarisse, l'amie de Delphine, embaumeuse aux pompes funèbres, libre, indépendante et sûre d'elle, et qui se coltine les lourdes avances du shérif. Tante, la soeur de Fidelis, caricature de la vieille fille acariâtre, rosse, hautaine et envieuse. Et puis Un-Pas-Et-Demi, distinguée chiffonnière, fantasque et marginale, la seule à connaître toutes les nuances de la partition.
Foisonnante galerie de personnages complexes et attachants pour la plupart, « La chorale des maîtres bouchers » nous parle de guerres mondiales et intimes, et des blessures qu'elles laissent, de quête des origines, de nostalgie des racines, d'exil, de liens familiaux et de transmission, de la vie, de la mort, d'amour. Un roman plutôt sombre avec quelques longueurs, mais touchant et très humain, porté par le talent de conteuse de l'auteure.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Crossroads
  13 octobre 2011
Une photo noir et blanc à la noblesse épurée . Un titre raccord . Il n'en faut parfois pas plus pour vous donner l'envie de découvrir un nouvel auteur .
Perso , à part la boucherie Sanzot , ce milieu m'etait totalement inconnu . Une immersion plutot interessante et intrigante car il m'etait difficile d'associer chorale et maitres bouchers , allez savoir pourquoi...A priori stupide et difficilement concevable d'un art delicat pratiqué par des équarisseurs à la rusticité avérée...Allez-y , vous pouvez huer...Doucement quand meme !
Fidelis Waldvogel , jeune allemand de retour du front , s'empresse de tenir une promesse faite à son meilleur ami mort au combat : annoncer cette tragique nouvelle à sa petite amie , Eva , pregnante jusqu'aux yeux . Teuton genereux de nature , il finira meme par l'épouser avant de s'exiler au pays de l'oncle Sam et son American Dream ( j'ai toujours du mal à ne pas esquisser un p'tit sourire narquois en repensant au reve americain...) avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses , afin d'y faire fortune dans ce qu'il sait faire de mieux car il est un maitre boucher de talent .
C'est donc la petite ville d'Argus, Dakota , qui sera le theatre à la fois heureux mais surtout tragique des évenements propres à la famille Waldvogel ( littéralement : oiseau des forets ) . Car il faut bien se l'avouer , point de sentiment euphorique , joyeux , optimiste au sortir de ce bouquin . Au-delà du titre , c'est effectivement un livre chorale ou tous les personnages , sans exception aucune , transpirent le malheur présent ou à venir . Point de lumiere à l'horizon . Attention : gardiens de phare en greve !
De nombreux personnages , donc , aux caracteres divers et variés . A la louche et par ordre d'apparition l'on y croise un Fidelis travailleur et taciturne ; une Eva forte au destin tragique ; Delphine et Cyprian , un couple d'amis d'apparence uni au lourd secret ; Roy , pere touchant de Delphine et touché par l'alcool , une Un-Pas-et-Demi énigmatique aux révélations finales bouleversantes..
Autant de destins divergents et cependant complémentaires qui se croisent , s'entremelent , se percutent pour finir immanquablement dans la tristesse et le chaos . Amie désillusion , pose donc ici tes bagages...
Le parcours familial de ces Allemands déracinés est des plus réussi . Il court sur une période de 30 ans au sortir de la premiere guerre mondiale et charrie a l'envi son lot d'épreuves et de déchirements . Les personnages sont travaillés . l''histoire est cohérente de bout en bout et meme si elle prete rarement à sourire , elle ne fait jamais dans le pathos , dans l'anecdote facile et inutile . Vient s'y greffer une dispensable histoire de meurtres mais que l'on ne s'y trompe pas , l'interet réside bel et bien dans l'interaction entre tous ces protagonistes .
Pleiade de personnages , pleiade de sentiments . Si la noirceur domine , elle peut prendre plusieurs formes . La maladie , l'amour inavoué ou inassouvi , le syndrome de Korsakoff entrainé par l'alcool , la défiance maladive et continuelle d'une belle-soeur acariatre , un contexte historique délicat sont autant de tragédies qui construisent un récit , qui l'enrichissent pleinement .
Une chorale agréable , donc , et ce malgré quelques fausses notes . Exceptées diverses longueurs assorties de rares personnages parasitaires , un chant puissant portant haut et fort les couleurs de l'affliction et du tourment ! Un réel plaisir que de suivre la noire épopée de cette famille d'émigrés Allemands meme si l'on est encore loin d'une saga à la Rougon Macquart mais bon , n'est pas Robert Zola qui veut...
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sandrine57
  31 décembre 2011
De retour du premier conflit mondial, Fidelis Waldvogel, boucher de son état, épouse Eva, la fiancée enceinte d'un ami mort au combat. Et parce qu'il a vu un pain parfait en provenance d'Amérique, il quitte son Allemagne natale pour tenter sa chance dans ce grand pays capable d'une telle perfection. Il emporte avec lui une valise pleine de couteaux et de saucisses qui lui permettront de se nourrir et de payer son voyage. C'est à Argus, dans le Dakota du Nord, qu'il va s'installer, ouvrir sa boucherie et accueillir sa famille. La bonne et douce Eva va lui donner d'autres enfants, tenir son commerce et se lier d'amitié avec Delphine, fille de Roy un alcoolique notoire et qui vit maritalement avec Cyprian, un acrobate de cirque.
Autour de Fidelis le héros plutôt taiseux et taciturne de ce roman, c'est toute une galerie de personnages dont Louise ERDRICH nous fait le récit. Les premiers chapitres sont un peu fastidieux, le temps que tout se mette en place et quon fasse connaissance avec tout le monde. Mais une fois qu'on est embarqué dans l'histoire, c'est tout simplement magique! Les petits riens de la vie quotidienne se mêlent aux grandes douleurs de la guerre, les secrets et les non-dits se révèlent peu à peu, les joies succèdent aux tragédies. C'est l'histoire d'hommes et de femmes faits de chaire et de sang qui luttent pour un peu de bonheur ou simplement pour mener une existence paisible. Il y a de l'amour, de l'amitié, des instants de bonheur et des malheurs tragiques. Ce sont trente années qui défilent sans qu'on ne voit le temps passer. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et je le conseille à quiconque a envie de passer un bon moment à Argus pour suivre une histoire riche et foisonnante.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   17 août 2018
Depuis sa découverte de la réserve de livres à l'étage du dessous, sur son lieu de travail, elle avait été mêlée à une foule invraisemblable de gens et à leurs faits et gestes. Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie - livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire - avait donné à son isolement un caractères riche et même subversif. [...] Qu'elle garde son père drogué sur son lit à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée.
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joedijoedi   11 octobre 2017
Le son jaillissait de leurs poitrines et de leurs ventres amples. Les gerbes de musique se déliaient et sortaient en un flot d'énergie des hommes aux muscles tendus. Ces instruments, leurs voix, élevaient un mur de mélodie palpable. Delphine les observait, ses pensées voguant à la dérive. Elle se mit à écouter au-delà du chant. Bientôt, elle n'entendit pas chanter, pas du tout, mais ne vit que les bouches des hommes s'ouvrir et se fermer en chœur, en un grondement, à la manière d'un rassemblement d'animaux dans un zoo.
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joedijoedi   08 octobre 2017
La neige est une bénédiction quand elle adoucit les contours du monde, quand elle tombe telle une couverture enfermant de chaudes poches d'air. Cette neige-là était tout le contraire – elle soulignait le contour des choses et donnait à la bourgade un aspect plus mesquin, dépossédé, simplement ennuyeux, pareil à une erreur déposée là et seulement à demi effacée.
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ClairocheClairoche   28 janvier 2014
Delphine posa une main sur son dos pour le réveiller, et en s'éveillant il prit sa main dans la sienne et la tint contre sa joue. Pendant un long moment, il la tint là, et puis il lui parla, lui expliqua que si elle l'épousait, jamais plus elle n'aurait le moindre souci. Il n'irait jamais avec des hommes, il lui serait fidèle de la façon la plus totale qui soit. Les sensations, ces choses qui le poussaient, qui lui faisaient rechercher la compagnie des hommes, il y renoncerait. Il mettrait un frein à ses pensées. Il serait différent. Et il en était capable parce qu'il l'aimait, assura-t-il, et si elle l'aimait en retour, ils seraient heureux.
Delphine s'assit à côté de lui, et non en face, où elle devrait le regarder dans les yeux, juste à côté de lui où elle pouvait lui passer les bras autour des épaules. Il n'y avait rien qu'elle puisse véritablement répondre face à sa confiance - si elle ne l'avait pas vu avec l'autre homme, peut-être l'aurait-elle cru. Mais elle l'avait vu, et ce qu'il faisait était - elle ne pouvait nommer la chose avec précision, elle ne pouvait la formuler sinon avec maladresse -, ce qu'elle avait vu était lui. Vraiment Cyprian. Si quelqu'un avait une essence vitale, la sienne était dans ce prompt frémissement entre les deux hommes, leur énergie et leur plaisir, et même son bonheur, qu'elle avait ressenti depuis l'endroit où elle se cachait parmi les feuilles, et qui était toujours là, se transformant en hâte au moment où elle sortait à découvert.
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joedijoedi   01 octobre 2017
À l'intérieur du cadre miniature était glissée la photo coloriée à la main d'une femme d'aspect à la fois déterminé et fragile, dont la bouche était une ligne sensible creusée aux commissures par la sensualité et la perspicacité.
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Videos de Louise Erdrich (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise Erdrich
Rencontre avec Louise Erdrich et Naomi Fontaine.
Louise Erdrich d'origine ojibwe est une écrivaine confirmée et à succés qui vit aux États-Unis. Naomi Fontaine, jeune auteure Innue de Uashat, vit au Canada. Elles évoquent dans leurs textes la vie des descendants des Indiens d'Amérique. Leurs romans, nouvelles et récits, saisissent le lecteur et l'entraînent dans des univers exotiques et pourtant proches de nous. Cette rencontre est organisée en amont du festival America, qui fait la part belle aux auteurs autochtones du continent américain.
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