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EAN : 9782226243072
200 pages
Éditeur : Albin Michel (03/09/2012)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 293 notes)
Résumé :
Traduit de l'Anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez

Quand Irène America découvre que son mari, Gil, lit son journal intime, elle en commence un autre qu’elle met en lieu sûr. C’est dans ce nouveau carnet qu’elle livre sa vérité sur son mariage et sur sa vie tandis qu’elle utilise l’ancien pour se venger de son mari et s’amuser à ses dépens.

Gil est devenu un artiste célèbre en peignant le portrait d’Irène sous de nombreuses formes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  28 août 2013
Chronique de la mort annoncée d'un couple ou la "guerre des Rose" dans une version beaucoup moins comique que celle laissée par Michael Douglas et la savoureuse Kathleen Turner.
Le jeu des ombres est un roman glaçant et palpitant à la fois mettant en ombres chinoises toute la noirceur de l'âme humaine tel un drap blanc inondé d'une lumière froide et paralysante.
Irène et Gil, Indiens métis d'Amérique du Nord ont ce statut un peu bancal de n'appartenir véritablement à aucune des deux communautés. le roman met bien en valeur cette dualité.
De leur amour sont nés trois enfants qui seront les témoins de leur déchirement.
Peut-on encore appeler amour une relation où l'autre est nié?
Irène, muse et modèle de son peintre de mari ne se sent plus qu'un objet dans le couple. le seul lien qui la lie désormais à son époux est l'alcool sur fond de violence.
Quand un jour, elle s'aperçoit que Gil lit son journal intime, Irène le subtilise pour en écrire un autre, perlé de mensonges dans le but de manipuler son mari et de hâter la rupture.
Mais dans le jeu pervers qui s'instaure aucun des deux protagonistes n'est blanc comme neige...
Par moments, il m'a fallu poser le livre pour reprendre haleine!
Le jeu des ombres: un jeu auquel on peut se brûler les ailes et le coeur ...
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fanfanouche24
  10 juillet 2019
Un roman riche en analyses entre l'art de peindre, la création...et la vie amoureuse, de couple , le mari, artiste-peintre et son épouse, son modèle, sa "Muse" et" Objet" de son inspiration...
"On lui avait déconseillé de peindre sa femme. ce serait dur pour leur mariage. Mais il avait commencé avant qu'ils ne soient mariés. (...) Et puis, même lorsqu'ils se disputaient, il était en paix quand il peignait Irène. Elle était là devant lui et il n'avait pas à se demander ce qu'elle en train de faire.D'ailleurs Hopper avait peint Jo, Rembrandt avait peint Saskia, puis Hendrickje. Wyeth avait peint Betsy et bien sûr Helga; Bonnard avait peint Marthe; il y avait l'immense et dévorant Picasso; de Kooning, Kitaj et Hohn Curtin avaient peint leurs femmes. C'était une façon d'atteindre l'autre essentiel, l'essence inconnue, et peindre était aussi un acte d'amour ébloui. "(p.41)

Arriverais-je un jour à lire Louise Erdrich... ? vous pouvez avoir une vraie curiosité pour un écrivain et que rien ne se passe comme vous le souhaitez, jamais...que les circonstances , vos propres réticences bloquent de façon continue...Que cela bloque toujours quelque part... Alors j'essaye de me dire, pour me consoler, qu'il fallait que le bon moment arrive !!...
J'ai commencé ce livre en 2012, l'ai pris et repris, en 2015... et je le
reprends en ce mois de juin 2019... en souhaitant l'achever cette fois...
Roman de qualité... nul doute là-dessus, mais pour la einième fois, j'abandonne... du mal à m'expliquer ces résistances... car tous les thèmes sont proches de mes curiosités... ??
Le style est plaisant, tonique, dense; les sujets tout à fait attractifs : Les Arts, les techniques picturales, les sources d'inspiration, l'ambiguïté et la complexité des rapports de couple, surtout lorsque l'un est peintre, et l'autre écrivain...la dangereuse tentation vis-à-vis de "l'épouse-modèle" considérée comme un objet d'étude, la possessivité du mari-artiste, son contrôle constant... qui semble avoir outrepassé, envahi le territoire intime de son "épouse-modèle."....
"Mais voici le plus révélateur: tu voudrais me posséder. Et mon erreur : je t'aimais et t'ai laissé croire que c'était possible." (p.24)
"Gil songea qu'Irène tentait peut-être de lui adresser un message en relatant et en dénaturant cette histoire. Lui volait-il quelque chose en la peignant ? Fabriquait-il une sorte de copie d'elle habitant une autre dimension que celle des tableaux ?
Avait-il mis tant de son être dans une image d'elle qu'il avait créée, qu'il
affaiblissait ou diminuait la "vraie Irène" ?" (p. 51)
Alors, pourquoi, cela ne fonctionne pas, pourquoi je ne parviens pas vraiment à m'immerger dans l'univers de Louise Erdrich ?.... Mystère ....
Sans doute, trop de digressions qui interrompent chaque fois
l'intrigue centrale; comme si j'étais "coupée dans mon élan "?
Surtout ne pas tenir compte de cette chronique inachevée... Je souhaite vivement que la prochaîne tentative soit la bonne, enfin, car je me sens fautive... sans pouvoir vraiment cerner la cause de mes "décrochages"!!!... le déclic finira bien par survenir, avec un autre état
d'esprit, un "lâcher-prise", je ne sais ?!!!

**** Une petite sollicitation envers les camarades "babéliotes", "Fans" de
Louise Erdrich... Quel serait le texte le plus significatif pour aborder
et se familiariser avec son univers ??!!
****Relecture partielle 15 juin 2019- abandonné le 10 juillet 2019
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Crossroads
  08 août 2014
Une couverture intrigante, un résumé aguicheur, la promesse était belle juste avant de se muer très rapidement en désir d'en finir au plus vite.
La Chorale des maîtres bouchers était vraiment saignant, le Jeu des Ombres me laissera juste un souvenir fugace.
Irene et Gil. Mariés, trois enfants.
Elle s'épanouit dans l'écriture, lui dans la peinture en s'inspirant à l'envi de sa femme, sa muse.
Mais les apparences sont trompeuses et les artistes fusionnels d'hier ne sont plus.
Irene s'épanche journalièrement dans son petit agenda rouge fortuitement découvert par son mari. Qu'à cela ne tienne, possédant plus d'un tour dans son sac la bougresse, un second, de couleur bleu lui, continuera de retranscrire ses sentiments qui se délitent pendant que le premier manipulera honteusement sa chère moitié . La curiosité est un vilain défaut...
Sur le papier, ça a de la gueule.
Puis presque immédiatement, c'est moi qui l'ai faite.
Un thriller psychologique qui aurait pu atteindre des sommets. Et c'est celui de l'ennui qui s'est très vite détaché .
Jeu du chat et de la souris malsain, certes, mais manquant cruellement de coups de griffes.
Un tempo anémique, une narration saccadée retraçant alternativement l'historique du couple et son actuel jeu de dupes.
Erdrich brode sans jamais intriguer.
A la lecture d'un tel plaidoyer pro divorce, je m'attendais à un final susceptible de sauver ce qui pouvait encore l'être. J'en ris encore, arf, arf, arf, mais jaune histoire d'être bien raccord avec l'ensemble du récit. En totale contradiction avec le propos, cet épilogue ridicule m'achève tout comme monsieur Seguin qui se le fit prêter par son dadet d'Alphonse.
Empathie proche des prévisions de croissance de l'hexagone, rythme de croisière qui s'amuse plus du tout pour le coup, Erdrich, à la plume paradoxalement délectable, ne m'aura pas fait rêver ce coup-ci, ce sera pour une autre fois.
Bref, ce jeu des ombres ne m'aura pas amusé plus que ça....
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Annette55
  13 mars 2016
'Le jeu des ombres"est l'histoire intense, la montée en puissance glaçante, d'un drame familial et le naufrage d'un amour ;
Le roman s'ouvre sur une découverte :la narratrice se rend compte que son mari lit secrètement son journal de"couleur rouge".Elle décide de se venger et d'utiliser ce carnet profané comme une arme à seule fin de manipuler son mari tandis qu'elle écrit dans un"nouveau carnet bleu", son véritable journal intime.
Une troisième voix s'insère au sein de la double narration pour décrire avec acuité , finesse et maîtrise absolue les évènements qui jalonnent puis précipitent la rupture du couple.
Gil est un peintre célèbre grâce aux portraits qu'il réalisa d'Irène dans toutes les positions et à toutes les étapes de leur vie ;tandis que sa femme qui a arrêté sa carrière pour permettre à son mari de s'épanouir dans son art, n'en finit pas d'écrire une thèse sur "George Catlin, "peintre des Indiens d'Amérique" Ils ont trois enfants.
Gil, taciturne, exalté, charmant parfois, colérique et jaloux se persuade que sa femme le trompe.
Il y a de la manipulation dans ce double jeu mortifère,une vengeance qui couve entre ces deux êtres qui s'aimérent intensément.
Irène, perverse, haineuse, dissimulatrice, insaisissable, animée d'une rage maussade s'éloigne de plus en plus.
Leur union est fracturée, douloureuse, malsaine.
Ni les enfants, ni les souvenirs, absolument plus rien ne parvient à re-cimenter ce couple en état de guerre larvée, ces êtres brisés .
Cette narration à trois voix souligne l'ambivalence des sentiments qui mène au mensonge, à la violence, à l'indifférence glacée......
Ce naufrage familial est raconté avec une puissance et une virtuosité impressionnante .
Cette passion destructrice est décortiquée à l'aide d'une écriture nerveuse et efficace.
Le passage sur la rencontre avec la psy est jubilatoire.
La haine, la lassitude et la violence remplacent l'amour fusionnel.
Le dénouement est surprenant.Louise Erdrich avec "le jeu des ombres" joue au chat et à la souris avec le lecteur , détecte les fissures béantes d'un couple, traque la déliquescence des sentiments......
J'avais adoré "La chorale des maîtres bouchers".
Ce roman dérangeant, noir, à l'atmosphère pesante , lu d'une traite , me laisse un peu perplexe.
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Blandine2
  08 novembre 2020

Ce roman est est l'histoire d'un couple : lui est peintre, elle est sa muse et son modèle.
Mais elle veut le quitter , malgré lui .
Nous sommes témoins de ce huis clos familial, petite tribu, où la destruction est machiavéliquement mise en place et orchestrée par elle.
Elle laisse trainer un faux journal intime, véritable arme de destruction psychologique, qu'elle rédige consciencieusement et dans lequel elle invente et dévoile tout ce qui peut rendre fou son mari.
Une belle découverte que cette écrivaine américaine.
Issue d'une famille " de sang mêlé" avec une mère Ojibwa, un grand père chef de la tribu Chippewa de Turtle Mountain, élevée dans une réserve du Dakota du Nord, ce qui explique ces passages extrêmement intéressants sur la culture amérindienne.
On apprends à mieux connaitre Georges Catlin, peintre du 19eme siècle spécialisé dans la représentation des indiens d'Amérique et dont beaucoup de tableaux sont à la National Galerie de Washington et qui m'avaient subjuguée, lors d'un voyage.
L'écriture est très belle, très douce tout en réserve et en nuance , à l'image du titre, le jeu des ombres, auquel enfant, nous avons tous un peu joué...
Un beau livre que je recommande.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   17 juin 2019
Il avait toujours plusieurs tableaux en route. Il adorait peindre sur du bois (...) Il hantait les scieries; les déchetterie et les entrepôts de récupération. Parfois une vieille porte en chêne massif d'un hôtel particulier de St Paul tombait entre ses mains. Du chêne blanc. La Joconde avait été peinte sur du peuplier blanc. Il adorait peindre sur des portes. Il lui arrivait de les couper en deux à la scie, de les poncer, de modifier leur forme. Pourtant quand il peignait sur un panneau de bois qui avait été une porte, un peu de cette fonction première passait dans le tableau. Il s'ouvrait et se fermait, comme la porte autrefois. L'aura de sa condition de porte, de possibilités mystérieuses, l'acte d'entrer dans une autre pièce-autant de choses qui subsistaient vaguement dans l'oeuvre. (p. 28)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 octobre 2015
L'histoire, c'est deux choses, après tout. Pour qu'elle ait un sens, l'histoire doit se composer à la fois de l'évènement et du récit. Si elle ne racontait jamais rien, s'il ne racontait jamais rien, s'ils n'en parlaient jamais entre eux, il n'y avait pas de récit. Et l'acte, , même s'il avait eu lieu, était ainsi dénué de sens.Il ne comptait pas pour une infidélité. Il ne comptait pas du tout. (p.108)
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fanfanouche24fanfanouche24   02 septembre 2015
Il devait combattre le sentiment de satisfaction. Au fur et à mesure qu'elle s'éloignait de lui, les tableaux devenaient plus forts. Le violent désir qu'il avait d'elle leur donnait vie. Dans ses tableaux, il mettait son chagrin, la nature insaisissable d'Irene, l'avidité de son étreinte, le rejet d'Irene, l'amertume de son espoir, la rage maussade d'Irene. Il avait pris conscience que plus leurs rapports étaient tendus, plus son travail en bénéficiait. Il n'avait pas encore songé à se demander si ses soupçons à l'égard d'Irene étaient aussi une méthode visant à la repousser, afin de ressentir son absence, puis un douloureux appétit duquel tirer son art. (p.85)
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colimassoncolimasson   20 avril 2013
Elle l’avait prévenu qu’il n’y aurait pas de rapports sexuels entre eux. C’est fini, dit-elle. Il se passera des années avant que je ne te laisse coucher avec moi. Ou me peindre. Il eut l’air perplexe, et songea qu’elle était étrangement à côté de la plaque pour croire que ces choses-là pouvaient encore l’intéresser. Quand il avait arrêté de boire, il avait arrêté de manger, et quand il avait arrêté de manger, il avait arrêté de vouloir quoi que ce soit.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 septembre 2015
Tomber amoureux c'est aussi tomber dans l'état de connaissance. L'amour durable survient quand nous aimons la majeure partie de ce que nous apprenons sur l'autre, et sommes capables de tolérer les défauts qu'il ne peut changer. (p.34)
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Videos de Louise Erdrich (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise Erdrich
Rencontre avec Louise Erdrich et Naomi Fontaine.
Louise Erdrich d'origine ojibwe est une écrivaine confirmée et à succés qui vit aux États-Unis. Naomi Fontaine, jeune auteure Innue de Uashat, vit au Canada. Elles évoquent dans leurs textes la vie des descendants des Indiens d'Amérique. Leurs romans, nouvelles et récits, saisissent le lecteur et l'entraînent dans des univers exotiques et pourtant proches de nous. Cette rencontre est organisée en amont du festival America, qui fait la part belle aux auteurs autochtones du continent américain.
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