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Isabelle Reinharez (Traducteur)
EAN : 9782226215215
496 pages
Éditeur : Albin Michel (18/08/2010)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 170 notes)
Résumé :
« L'homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la Chambre. Il l'essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau... L'homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l'odeur du Sang frais montait de toute part. »


Considérée comme l'une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine, Louise Erdrich bâtit, livre après livre, une œuvre polyphonique à nulle autre pareille. Dans ce roman rich... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
TiboLexie
  26 décembre 2020
Voici un livre au style exigeant et précis qui sous prétexte de raconter des destins singuliers se révèle être un miroir de la condition des Amérindiens, dans une Amérique alors amnésique sur son histoire et sélective dans sa composition humaine.
En toile de fond ici, le lynchage de quatre personnes, coupables d'être Indiens. Des décennies plus tard, des descendants ou témoins reviennent sur le fil des évènements avec leurs mots et leurs impressions.
Ceux de la jeune Evelina m'ont le plus happée car son histoire remonte à ses origines, notamment la rencontre de ses parents et leurs parcours de vie. Une mise en perspective qui renvoie au processus de déculturation progressive de ses ascendants face à un christianisme conquérant et peu soucieux des traditions locales.
Un ouvrage riche et percutant dont le propos s'étiole malheureusement à travers la multiplicité des protagonistes.
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bilodoh
  23 janvier 2021
Un roman échevelé, qui va dans tous les sens. Il est souvent difficile de suivre les échos de ses multiples voix.

Un livre qui se passe au Dakota du Nord, centré sur l'histoire et les conditions de vie des Autochtones. Des épisodes douloureux comme le lynchage de quatre hommes, des personnages parfois fantasques, des fils qui s'enroulent et s'embrouillent, des générations et des sauts dans le temps, rien de linéaire.

Un roman qui donne aussi à penser. C'est vraiment particulier cette structure utilisée par les Britanniques et les Américains : les « réserves ». Surtout qu'en pratique un traité ne tenait que jusqu'à ce que le gouvernement décide de le modifier unilatéralement.

Et rappelle que le racisme aux États-Unis n'est pas uniquement envers les Noirs…
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litolff
  24 juillet 2011
Un grand roman foisonnant qui m'a fait penser à Joseph Boyden et à John Irving...
Tout part du meurtre d'une famille commis au Dakota du Nord au début du XX ème siècle pour lequel 4 indiens innocents sont pendus ; dans les années 60, les descendants des témoins et des victimes remontent le fil de leur histoire et démêlent le vrai du faux. Ils sont indiens ou sang-mêlé et ils ont tous plus ou moins apparentés. Evelina, la petite fille de l'un des protagonistes, découvrira petit à petit l'impact de la culture de ses ancêtres sur sa propre vie et ses choix. et se l'appropriera peu à peu.
Roman polyphonique qui révèle des personnages attachants, graves ou loufoques, un jeune prédicateur illuminé, un vieil indien paillard, un juge tribal... tous évoquent une culture massacrée dans une prose magnifique : l'auteur réussit à passer du réalisme trivial à une langue très poétique et exprime magistralement la détresse d'une culture avec une ironie et un humour décapants.
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MissG
  10 octobre 2013
Premier livre que je lisais de cette auteur et énorme déception.
Pour tout dire, j'ai même arrêté de lire ce livre arrivée à sa moitié, j'ai fini par le feuilleter et lire les parties qui m'intéressaient le plus, cela m'arrive tellement peu souvent (une fois tous les 4/5 ans) que c'est à noter.
Je reproche à ce livre et à cette auteur ce qui partout ailleurs est mis en avant comme sa qualité : une chorale narrative, une multitude de voix pour raconter une histoire qui se déroule petit à petit.
D'ordinaire, j'aime assez ce principe, mais là, les voix narratives sont inégales et seule celle d'Evelina a su capter mon attention, un peu moins celle du juge, quant aux autres je les ai trouvées sans aucun intérêt.
L'histoire est trop emberlificotée : il est question au début du roman de la présence de colombes vécue comme une malédiction, voilà qui a éveillé ma curiosité, et bien il n'en est plus question pendant quelques centaines de pages et il faut attendre la fin du roman pour qu'il en soit de nouveau question; ensuite il y a la scène d'ouverture qui est mystérieuse et prenante, puis l'histoire du lynchage d'un jeune indien par d'autres hommes, apparemment en rapport avec cette scène d'ouverture, mais tout cela est d'un compliqué que les changements de voix de personnage et les aller-retour dans le passé n'aident pas à rendre plus clair pour le lecteur.
En fait, toutes les parties qui m'intéressaient réellement ne sont à chaque fois qu'effleurées et il faut attendre des pages et des pages pour apprendre la suite. J'aime bien le suspens, mais à dose raisonnable, ici cela a eu raison de ma patience.
Le traitement des Indiens est en filigrane de tout le roman, leur intégration dans la société ou bien leur rejet et l'incompréhension des autres personnes face à leur mode de vie et à leurs croyances, c'est un aspect intéressant bien que développé de façon succincte, mais c'est l'une des rares qualités de ce livre que je retiendrai.
Ils ont appris à vivre sans se soucier de ce que pensent les autres : "Tu crois que je me soucie de ce que pensent les gens ? Je ne me soucie pas de ce que pensent les gens !"
L'autre point positif, c'est le personnage d'Evelina qui est le seul à avoir su éveiller mon intérêt et dont le parcours de l'enfance à l'âge adulte est intéressant de suivre, tout comme l'évolution du personnage dont la santé mentale se dégrade : "Joseph me prend la main sans rien dire, ce qui est encore pire. Que votre frère vous prenne la main. Ça ressemble à une expérience vécue sur un lit de mort.", ainsi que son rapport aux autres et à son passé.
Pour le reste : trop brouillon, trop dispersé, pas assez ordonné, rien qui n'a réussi à me faire tenir pour achever sereinement cette lecture.
J'ai un goût d'amertume par rapport à cette lecture, je n'ai même pas l'impression d'un rendez-vous manqué mais plus celle d'une publicité mensongère sur cette auteur dont j'ai pu lire le plus grand bien un peu partout.
"La malédiction des colombes" marque-t-il une malédiction par rapport à Louise Erdrich et vais-je essayer de la vaincre ?
Seul l'avenir le dira et pour l'instant c'est clairement non.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Thyuig
  22 octobre 2015
Encore un roman commode, à trappes, ou chorale selon l'acception préférée. Encore un roman où l'intrigue se distend autour des voix de plusieurs personnages, rencontrant le fil de l'une d'elles pour mieux s’emmêler à l'autre.
C'est une littérature totale, fabuleuse par ce qu'elle offre à lire mais également par l'abîme qui procède certainement à sa création. On imagine l'esprit de Louise Erdrich conduire le tissage narratif comme les tribus indiennes nouaient les perles sur leurs métiers, entremêlant le sacré à l'esthétique : sans plus d'explication, le risque de passer à côté du sens profond de ce tissage est grand.
Ici encore, l'écueil de l'échouage ne me semble pas garanti, ou plus précisément : le risque de perdre des lecteurs en cours de route me parait sensible.
Et pourtant quelle histoire ! Quelle densité ! Que d'évocations grandioses, que de rôles magnifiques pour tous ces personnages ! Il serait dommage d'échouer avant même de passer au-delà des brisants, on manquerait un dénouement exquis où tout se clarifie, où la limpidité de la mise en oeuvre devient évidente.
Mais oui, il faut d'abord passer quelques centaines de pages un peu absconses, qui partent sans doute un peu trop loin. Mais pourtant quel roman ! Voilà une histoire qui, mise en images correctement, ferait le bonheur du petit ou du grand écran. Il y a tout : un meurtre fondamental, des rivalités raciales, humaines, ou sexuelles, des ambitions cachées, des non-dits, des tabous, le fantôme d'un violon, et même un essaim d'abeilles dans les murs.
Non, décidément, il est difficile de se passer du talent de Louise Erdrich.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   28 octobre 2014
Quand les oiseaux arrivèrent en masse, Indiens et Blancs allumèrent de grands feux et s'efforcèrent de les rabattre dans des filets. Les colombes picorèrent les semis de blé, le seigle, et commencèrent à s'attaquer au maïs. Elles dévorèrent les pousses des fleurs nouvelles, les bourgeons des pommiers, les feuilles rudes des chênes et même la balle de l'année passée. Les colombes étaient dodues, et délicieuses fumées, mais on pouvait tordre le cou à des centaines ou des milliers d'entre elles sans obtenir de diminution visible de leur nombre. Les maisons de perches et de torchis des Metis et les cabanes en écorce des Indiens s'affaissaient sous le poids des oiseaux. Qui étaient rôtis, brûlés vifs, apprêtés en tourtes, en ragoûts, mis au sel dans des tonneaux, ou assommés à coups de bâtons et laissés là à pourrir. Mais ceux qui étaient morts ne faisaient rien d'autre que nourrir les vivants, et chaque matin quand les gens s'éveillaient c'était au bruit des grattements et des battements d'ailes, des susurrations murmurantes, de l'affreux babil roucoulant, et à la vue, pour ceux dont les carreaux étaient encore intacts, des douces et curieuses têtes de ces animaux.

Mon grand-oncle avait hâtivement fabriqué des treillis de branchages pour protéger les vitres de ce qu'on appelait, pompeusement, le presbytère. Dans un coin de cette cabane d'une seule pièce, son frère cadet, qu'il avait sauvé d'une vie de liberté excessive, dormait sur un grabat de branches de sapin et un matelas bourré d'herbe. C'était le lit le plus moelleux dans lequel il ait jamais couché, et le jeune garçon ne voulait pas le quitter, mais mon grand-oncle lui jeta des habits d'enfant de chœur et lui dit de briquer le chandelier qu'il porterait dans la procession.
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AproposdelivresAproposdelivres   28 octobre 2014
Le fusil s'enraya après le dernier coup de feu et le bébé resta debout, cramponné aux bords du berceau, les yeux fous, hurlant à pleins poumons. L'homme s'assit dans un fauteuil capitonné et se mit à démonter son arme pour voir pourquoi elle ne tirait pas. Les cris du bébé lui mettaient les nerfs en boule. Il posa le fusil et des yeux chercha un marteau, mais aperçut le gramophone. Il s'en approcha. Il y avait déjà un disque sur le plateau, alors il tourna la manivelle et abaissa l'aiguille. Il se rassit dans le fauteuil et reprit son travail tandis que la musique inondait la pièce. Le bébé se calma. Un mystérieux solo de violon, au milieu du disque, força l'homme à s'arrêter, les pièces du fusil en main. Il se leva quand la musique s'arrêta, remonta le gramophone et remit l'enregistrement. Et cela, par trois fois. Le bébé s'endormit. L'homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la chambre. Il l'essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau. Le violon atteignit un crescendo d'une étrange douceur. L'homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l'odeur de sang frais montait de toutes parts.
En 1896, mon grand-oncle, l'un des premiers prêtres catholiques de sang indien, lança un appel à ses paroissiens pour qu'ils se retrouvent à l'église St. Joseph le cou ceint d'un scapulaire et munis de leur missel. De là, ils iraient parcourir les champs en un long rang ondoyant, et à chaque pas chasseraient les colombes à coups de bruyantes prières. Ses ouailles s'étaient mises à la charrue et cultivaient la terre aux côtés des pionniers allemands et norvégiens. Ces gens-là, contrairement aux Français qui se mêlaient à mes ancêtres, montraient très peu d'intérêt pour les femmes indiennes et ne se mariaient pas avec elles. À vrai dire, les Norvégiens ignoraient tout le monde sauf les leurs, et entretenaient un véritable esprit de clan. Mais les colombes dévoraient leurs récoltes tout autant.
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ThyuigThyuig   09 octobre 2015
Notre baiser fut brutal, passionné, étrangement adulte. Ensuite je rentrai seule à pied à la maison. En marchant très lentement. A mi-chemin, je m'arrêtai et contemplai un bout de trottoir que j'avais enjambé un millier de fois et connaissais intimement. Il y avait une fente dedans - profonde, longue, en dents de scie, et obscure. C'était le jour où les immenses et vieux peupliers de Virginie perdaient leur bourre cotonneuse. L'air était empli de duvet qui tombait, et l'herbe des fossés et les caniveaux étaient rembourrés d'une neige de lumière. J'avais cru que je me sentirais joyeuse, mais j'éprouvais une peine confuse, ou peut-être de la peur, car ma vie me paraissait une histoire vorace dont j'étais la source, et avec ce baiser j'avais maintenant commencé à me livrer tout entière aux mots.
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ThyuigThyuig   15 octobre 2015
Quand je regarde la ville à présent, qui s'amenuise sans grâce, je pense qu'il est bien étrange que des vies aient été perdues pour qu'elle soit créée. Il en va de même pour toutes les entreprises désespérées auxquelles sont mêlées les limites que nous posons sur cette terre. En traçant une ligne et en la défendant, nous semblons penser que nous avons dominé quelque chose. Quoi ? La terre engloutit et absorbe même ceux qui réussissent à bâtir un pays, une réserve.
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TiboLexieTiboLexie   25 décembre 2020
Quand Joseph se leva le lendemain matin et tourna les yeux vers le grand bol blanc de l'univers, il vit que le soleil était encadré de chaque côté par deux chiens, et couronné d'un croissant enflammé. C'était un spectacle si soudain, si splendide, si redoutable, qu'il resta cloué sur place, les larmes aux yeux.
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Videos de Louise Erdrich (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise Erdrich
Rencontre avec Louise Erdrich et Naomi Fontaine.
Louise Erdrich d'origine ojibwe est une écrivaine confirmée et à succés qui vit aux États-Unis. Naomi Fontaine, jeune auteure Innue de Uashat, vit au Canada. Elles évoquent dans leurs textes la vie des descendants des Indiens d'Amérique. Leurs romans, nouvelles et récits, saisissent le lecteur et l'entraînent dans des univers exotiques et pourtant proches de nous. Cette rencontre est organisée en amont du festival America, qui fait la part belle aux auteurs autochtones du continent américain.
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