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EAN : 9782226457783
304 pages
Albin Michel (18/08/2021)
3.12/5   78 notes
Résumé :
« Quoi que l'on fasse, de quelque partie que l'on vienne, le village se cache, ne se montre pas de loin. C'est un village tout plié sur lui-même, en boule la tête dans le cul, comme un chat endormi. Au milieu coule une rivière. C'est-à-dire qu'elle était au milieu, avant qu'il soit désaxé, le village, étendu vers le sud pour les nouvelles constructions. Ici, au village, on en trouve comme cela, qui disent à présent qu'il faut sauver la Terre. Sauver la Terre, je veu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,12

sur 78 notes
Quelles sont les différences entre les citadins et les ruraux ? C'est à cette question de sociologie qu'essaye de répondre Mathieu Falcone tout au long de son roman Campagne.

On suit un habitant du village, on comprend qu'il est conseiller municipal, qu'il vit là depuis assez longtemps, qu'il n'est pas jeune et sans doute pas très riche car il vend des légumes de son jardin au noir. Il est ami avec « le Fou », un vieux qui boit et fume beaucoup et qui parle le langage du crû.
Le récit est à la 1ère personne, le vocabulaire assez argotique et parfois un peu désuet. le café du village est tenu par François et, à l'image de nos campagnes françaises, se trouve être le point de rencontre principal des villageois. On y fume et on y boit, sans doute plus que de raison. Les habitants, au moins les plus vieux, ont l'air heureux. Ils ne comprennent pas toujours les jeunes qui parlent d'écologie, de développement durable alors qu'on leur demande dans certains cas de produire toujours plus, qu'ils contribuent à la bétonisation des campagnes dans leur nouveau logement.

Le vécu, la sensibilité, la mentalité, les valeurs de chacun ne sont pas toujours compatibles : les jeunes citadins sont parfois pétris de certitudes et pensent que les ruraux sont complètement ringards. Et ces derniers voient les jeunes comme étant de petits vaniteux qui ne connaissent rien à la vie et encore moins à la terre.
Il y a aussi Julien, Cédric, Matha, Méline, la mère Martin qui font partie du quotidien de notre narrateur qui a de l'affection pour eux même si parfois, tous ne donnent pas forcément une bonne image.

Mais l'évènement dans le village (qui arrive un peu tard dans le récit selon moi), c'est la grande fête participative qui va bientôt avoir lieu. Elle durera plusieurs jours et sera soutenue par la mairie car elle va amener du jeune et dynamiser la vie locale. Pour le meilleur et pour le pire...

Je n'ai pas vraiment d'opinion sur ce roman social. Il y a des moments un peu longs, les personnages ne sont pas trop attachants mais leur parcours et leur vision du monde restent intéressants.
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(Lu dans le cadre du Prix Horizon - prix du 2ème roman de la ville de Marche-en-Famenne, Belgique)

Je me réjouissais de découvrir ce roman. le thème m'intéressait vraiment beaucoup. Je me préparais à la confrontation de l'esprit des gens de la campagne avec celui des citadins, apôtres d'un retour à la nature.

Mais si la lenteur se prête au rythme de la nature, elle rend la lecture peu passionnée et peu passionnante. Ce n'est que très loin dans la lecture, passé les deux tiers du livre, qu'il y a un peu d'action

Une lecture qui m'a déçue, malgré une plume qui se veut soignée.
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Confrontation de deux mondes

Dans son premier roman 𝑼𝒏 𝑩𝒐𝒏 𝑺𝒂𝒎𝒂𝒓𝒊𝒕𝒂𝒊𝒏, Matthieu Falcone racontait la cohabitation difficile entre un professeur d'université et les migrants qu'il décide d'accueillir à son domicile. de cohabitation mouvementée il est de nouveau question dans 𝑪𝒂𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒆, cette fois-ci entre urbains et villageois.
La vie rurale est devenue attrayante pour bon nombre de citadins en quête d'authenticité et de calme. Matthieu Falcone nous raconte l'histoire d'un village du Périgord, dont il tait le nom, qui voit s'installer des urbains avec leurs moeurs et modes de vies particuliers.

Le narrateur, Robert, est un ancien paysan à la retraite ; veuf, il occupe ses journées entre balades dans la nature, maraîchage qu'il poursuit pour arrondir ses fins de mois et discussions avec son ami 𝐿𝑒 𝐹𝑜𝑢 (truculent pilier de bar à la verve haute).

Il observe l'arrivée de citadins nouveaux venus sur lesquels il a un regard bienveillant. Il constate les bouleversements sans broncher, contrairement à quelques villageois du cru qui ne les admettent pas. La reprise du bar du village par un écolo-bobo, où l'on sert désormais du whisky japonais et de l'IPA, et organise des soirées slam est particulièrement contestée.

Le village accueille donc de plus en plus de néoruraux, jeunes gens pétris de certitudes qui viennent d'ailleurs, avec leurs idées qu'ils imposent à des personnes qui sont là depuis toujours. Ils souhaitent profiter des bons côtés de la campagne sans chercher à s'adapter, en restant d'éternels citadins mentaux ; s'ils quittent la ville, n'était-ce pas pour la mettre derrière eux ?


« 𝐼𝑐𝑖, 𝑎𝑢 𝑣𝑖𝑙𝑙𝑎𝑔𝑒, 𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑐𝑒𝑙𝑎, 𝑞𝑢𝑖 𝑑𝑖𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑎̀ 𝑝𝑟𝑒́𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑞𝑢'𝑖𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑡 𝑠𝑎𝑢𝑣𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑇𝑒𝑟𝑟𝑒. 𝑆𝑎𝑢𝑣𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑇𝑒𝑟𝑟𝑒, 𝑗𝑒 𝑣𝑒𝑢𝑥 𝑏𝑖𝑒𝑛, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑎𝑢𝑣𝑒𝑟𝑎, 𝑛𝑜𝑢𝑠 ? »


Pour « faire village » et le dynamiser, la nouvelle maire décide de mettre en place une 𝑓𝑒̂𝑡𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑎𝑟𝑖𝑡𝑒́𝑠, où l'on parlera protection de la planète, accueil des migrants et intersectionnalité. Hippies, teufeurs et punks à chien rappliquent avec leurs dérives (la drogue est omniprésente) et un drame inévitable survient.

Matthieu Falcone ne tombe pas dans le travers de glorifier la vie campagnarde et ses habitants. Il décrit très bien les aliénations de la vie en dehors des villes, de ce monde des campagnes en voie de disparition : la perte des traditions, l'alcoolisme, les agriculteurs accros au machinisme et aux pesticides, les familles délitées…

« 𝐶'𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑠𝑒𝑚𝑒́ 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎̂𝑡𝑒𝑎𝑢𝑥, 𝑐ℎ𝑜𝑦𝑒́ 𝑑'𝑒́𝑔𝑙𝑖𝑠𝑒𝑠. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑒𝑚𝑖𝑒𝑟𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑟𝑢𝑖𝑛𝑒 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑣𝑖𝑑𝑒𝑠. 𝑂𝑛 𝑙𝑒𝑠 𝑣𝑖𝑠𝑖𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑒́𝑡𝑒́, 𝑐̧𝑎 𝑓𝑜𝑢𝑟𝑛𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑝𝑒𝑢 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙. »

𝑪𝒂𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒆 n'est pas seulement d'une satire antimoderne, mais aussi d'un roman aux accents poétiques et gioniens, avec des descriptions de la campagne périgourdine, aimable pays façonné par les rivières et les monts : « 𝐶'𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑑𝑒 𝑣𝑒𝑟𝑡 𝑒𝑡 𝑑'𝑒𝑎𝑢. 𝐷𝑒 𝑐𝑜𝑙𝑙𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑝𝑙𝑎𝑡𝑖𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑎 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑟𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑑𝑒𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑙𝑒̀𝑣𝑒 𝑒𝑡 𝑟𝑒𝑝𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑙𝑎 𝑡𝑒𝑟𝑟𝑒 ; 𝑑𝑒 𝑏𝑜𝑠𝑞𝑢𝑒𝑡𝑠 𝑔𝑖𝑏𝑜𝑦𝑒𝑢𝑥 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑟𝑒̂𝑡𝑠 𝑑𝑒 ℎ𝑒̂𝑡𝑟𝑒𝑠, 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎̂𝑡𝑎𝑖𝑔𝑛𝑖𝑒𝑟𝑠, 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑒̂𝑛𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑚𝑒𝑠. 𝐸𝑡 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑙𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑖𝑒 𝑎 𝑎𝑟𝑟𝑜𝑠𝑒́ 𝑑'𝑎𝑏𝑜𝑛𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑐𝑒 𝑞𝑢'𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑏𝑒𝑟𝑐𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑠𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑔𝑟𝑖𝑛𝑠, 𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑙𝑒𝑖𝑙 𝑦 𝑡𝑖𝑒́𝑑𝑖𝑡 𝑙'ℎ𝑢𝑚𝑢𝑠, 𝑒𝑡 𝑙'𝑜𝑛 𝑦 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑚𝑖 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑓𝑎𝑏𝑢𝑙𝑒𝑢𝑥 𝑐ℎ𝑎𝑚𝑝𝑖𝑔𝑛𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒, 𝑒𝑡 𝑙𝑒 𝑔𝑟𝑎𝑖𝑛 𝑠'𝑦 𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑡 𝑚𝑒𝑢𝑟𝑡, 𝑒𝑡 𝑟𝑒𝑗𝑎𝑖𝑙𝑙𝑖𝑡 𝑒𝑛 𝑡𝑖𝑔𝑒, 𝑠𝑢𝑟𝑔𝑖𝑡 𝑒𝑛 𝑒́𝑝𝑖𝑠 𝑣𝑒𝑛𝑡𝑟𝑢𝑠. »

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INTELLIGENT & PERCUTANT ! 🌳

- AUJOURD'HUI EN LIBRAIRIE -

Un petit village de Dordogne. La campagne profonde. Un havre de paix et de tranquillité pour ces ruraux installés là depuis des générations et des générations. Ils sont paysans, artisans, vivent du travail de la terre qu'il chérissent. En harmonie.
Mais voilà que des citadins débarquent avec des idées toutes faites sur le monde rural. Des citadins qui pensent que l'herbe est plus verte à la campagne... alors oui, puisque elle y pousse ! Mais ce n'est pas toujours simple, et il faut faire face à certaines difficultés.
Ces nouveaux arrivés se retrouvent confrontés aux familles ancrées là depuis toujours. Comme ce François qui a repris le café, qui a changé la déco et vend de nouvelles bières. Ils ont l'idée d'organiser une grande fête afin de rassembler tout ce petit monde. Mais entre eux et les paysans, le choc est là.
Le fou, vieux fidèle du village médit sur les ces nouveaux venus qui s'improvisent paysans...

Campagne c'est un roman original et follement intelligent. Percutant mais aussi très déroutant !
Ayant vécu et grandi à la campagne profonde, j'ai adoré certains passages que j'ai trouvé criants de vérité. Des réflexions piquantes mais toujours très justes et percutantes... J'ai aussi été parfois déstabilisée. En tout cas, impossible de rester indifférent !

Ce roman est une réflexion sur la confrontation entre l'idéal de campagne et la réalité de la terre.
Campagne c'est un hommage aux artisans et aux petits indépendants. Qui seraient responsables du manque à gagner de l'Etat à cause de 3 sous gagnés au noir, alors que d'autres riches placent leur argent dans des paradis fiscaux... Aux exploitants agricoles qui ont du mal à faire face à la mondialisation, aux taxes. Aux villages retirés qui peu à peu voient leurs écoles fermer, leurs bureaux de postes supprimés, leurs lignes ferroviaires coupées, et qui sont les grands oubliés de "l'Internet" et du réseau de téléphonie mobile...

Campagne c'est de multiples sujets percutants abordés: l'amour de la terre, et de la Terre avec un grand T, la force et les pouvoirs de la nature, la question du bio, le réchauffement climatique, les discriminations... et bien plus encore.

Campagne, c'est l'histoire d'un choc de cultures. Entre locaux et urbains qui modifient les règles et bouleversent les coutumes...
Campagne c'est une ode à la Terre, qui rappelons-le, n'a pas besoin de nous.

Campagne c'est surtout de la mélancolie, et de l'amertume aussi...

Alors, vous êtes tentés par ce roman percutant et déstabilisant?
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C'est une chronique villageoise, celle d'un coin de campagne du Périgord vert, quelque part entre Limoges Périgueux et Angoulême, en pleine « France profonde » donc. Là se croisent et vivent plus ou moins ensemble paysans du cru, néo ruraux, marginaux de diverses variétés. Leur quotidien va être bouleversé par une fête de campagne où tous sont appelés à participer, où les tensions s'exacerberont, et qui finira dans un drame.
Par l'intermédiaire du narrateur, un naïf, un peu vieux jeu, mais « bon gars », l'auteur se livre avec talent à une belle galerie de portraits, parfois caricaturale, souvent cruelle, avec ça et là, quelques clins d'oeil à Giono, cité d'ailleurs, mine de rien, en passant, comme un hommage. On verra se succéder « à l'affiche », paysans bourrus, néo-ruraux pleins de certitudes et plutôt sympas, adeptes du wokisme (avec une rencontre hilarante avec deux lesbiennes), irresponsables de toutes natures, agriculteurs lambda façonnés par la révolution agricole des années 60 et accros au machinisme aux pesticides et aux engrais, et écolos-urbains. le style est enlevé, le rythme est soutenu, la gouaille paysanne fait souvent mouche.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
… l’hiver est arrivé, a étendu son royaume de nuits longues et hantées de solitudes, de désirs inassouvis, de regrets qui nous poussent aux confins de nos propres limites. Ce furent les heures où l’on se demandait, entre nuit et brouillard, pourquoi l’on n’avait pas accompli tout ce que l’on s’était promis, tant que le jour était clément, qu’il nous serait resté des forces, assez pour entreprendre des choses et d’autres que l’on s’était juré de faire avant que le froid et la pluie nous en empêchent — avant que l’âge …

p. 137
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De nos jours, on a une vision fantasmée de la nature, de ce qu'on s'en est trop éloigné. Quand je dis on, je parle pour la plupart, qui vivent là-haut dans les villes. On imagine les forêts comme des lieux qu'il faudrait laisser vierges de toute main d'homme. On prétend que la nature n'a pas besoin de nous. Mais si nos forêts partent en fumée, c'est parce qu'on les laisse pousser sans les soigner. On voudrait ne plus tirer bénéfice de la nature, ne plus élever de troupeaux pour ne pas leur faire de mal, mais dans le même temps, on exploite l'homme chaque jour un peu plus, et on veut de la technologie, mais qu'elle pousse seule dans notre main. On voudrait que les arbres croissent, et toutes les petites fleurs, mais on veut aussi interdire la chasse, sans se rendre compte que les chasseurs nous délivrent du gibier qui broute nos arbres, qui se frotte aux jeunes troncs et, finalement, les assassine. On voudrait les loups et que les bergers s'en aillent, parce qu'ils font du mal aux petits agneaux. On dit que c'est pour la nature, mais on juge tout par rapport à nous. Comme si les bêtes pensaient de même que nous.
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Mars, c'est le soleil qui se fait désirer et nous attache plus sûrement à lui en jouant à cache-cache, une vraie donzelle, un grand Narcisse immature ou un parfait manipulateur, on ne sait plus à ce stade. Il te fait espérer, puis il te lâche, jusqu'au moment où tu croiras l'avoir saisi pour de bon, que tu pourras l'étreindre tout un été, et tu croiras que c'est pour la vie, et quand tu t'y seras bien habitué, à sa chaleur égale, elle diminuera sournoisement avant de s'éclipser et de te relâcher dans ta noirceur glaciale de solitude. Ainsi va la vie, ainsi va le monde, d'écueil en étreinte, et bêtes que nous sommes, ou n'ayant pas le choix, nous avançons en y croyant, qu'une chose peut être gagnée pour la vie. L'homme, décidément, n'apprend rien. Il tombe et se relève, perpétuellement, et d'aucuns s'en émeuvent comme devant un enfant, quel courage, qu'elle foi ! On peut tout aussi bien en être lassé, et trouver la répétition lancinante, un rien désespérante.
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Les hippies, ils nous ont déjà fait chier, mais ils savaient encore distinguer un champ de luzerne d’une prairie en jachère. Ces jeunes cons-là, ils ne savent plus rien. Ils te parlent de défendre la terre mais ils confondent un chêne et un peuplier. Ils ne savent pas où vit le blaireau et qu’il nous saccage les cultures tous les ans. Ils te prendraient un chat sauvage pour une chouette et ils n’ont aucune idée du travail qu’on fait. Mais pour donner des conseils, ils sont forts. Ils savent tout sur tout mais ils n’ont jamais rien fait. Et ils nous bousillent la terre en prétextant la célébrer.
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Nous autres paysans, agriculteurs, travailleurs de la terre et des bêtes, nous ne faisons que transmettre. A peine si, d'une génération à l'autre, nous osons modifier un peu l'usage des outils. On vit avec son époque, tout de même, on prend les nouveautés pour ce qu'elles sont, des imaginations d'esprits éclairés qui nous rendront la vie plus facile. (p 34)
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Videos de Matthieu Falcone (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Matthieu Falcone
Pierrick continue la rentrée littéraire avec ses coups de coeur romans français ! Tanguy Viel et Matthieu Falcone sont à l'honneur !
Campagne : https://bit.ly/3tMPJux La fille qu'on appelle : https://bit.ly/3lpIwNg
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