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ISBN : 2714306268
Éditeur : José Corti (07/11/1997)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Neuf récits écrits de 1990 à 1997 tentent, dans ce recueil, de répondre par le fantastique à une question simple : l'homme de la fin du XXe siècle peut-il encore se retrancher du monde, fuir le pluriel au profit du singulier et devenir un électron libre ? Chaque antihéros de ces nouvelles fait ou a fait \" l'éloge de la fuite \", que ce soit dans un train, sur une improbable frontière, dans un monastère, dans une ville rayée de la carte ou au sommet d'un phare à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
calimaq
  12 mai 2008
Receuil de 9 brèves nouvelles qui déclinent toutes la même thématique par des biais différents : des personnages cherchent à partir, à s'exiler, à se couper, à se retrancher, que ce soit dans une forêt ou dans un phare, en prenant un train pour nulle part ou en tenant une impossible ascenscion...
Le tout est assez sombre et baigne dans une ambiance ambigüe de presque-fantastique, dans un décalage permanent avec la réalité attirant et dérangeant à la fois.
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Alloney
  02 février 2018
Belle petite découverte avec ce bouquin qui traite de la solitude sous différents aspects, le tout dans un style fantastique, qui apporte cette subtile touche de décalage avec la réalité, que j'affectionne tant. L'écriture oscille entre un côté carré, "académique" et un style plutôt poétique. Rien de follement orignal, mais j'ai passé un bon moment tout au long de ces neuf histoires. Et j'en retiendrai surtout une phrase : "Lu trop de livres, pour croire encore en la réalité !"
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
psycheinhellpsycheinhell   03 novembre 2012
Les locataires de la tour d'ivoire ne sont pas nombreux. Ils vont par le monde, l'air de rien, sur les mers ou dans les trains. Au coeur des hivers les plus rudes ils emportent quelque chose avec eux, un nécessaire fabuleux dont ils ne se séparent jamais. Ils vont seuls, c'est dans leur nature.
Les vieux greniers magiques, les cavernes d'Ali Baba ou les monastères perdus, ce sont eux qui les gardent. Ils protègent le for intérieur, veillent à ce qu'il ne tombe pas en ruine. Les locataires sont amoureux de leur tour d'ivoire. Leur seule crainte, c'est de voir, un jour, le bail résilié. C'est de se retrouver à la rue, de ne plus pouvoir s'enfermer et de ne plus pouvoir résister, contre vents et marées, à ce petit rien, ce trois fois rien qui les assiège et les émeut.
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patatarte2001patatarte2001   03 novembre 2014
Je ne sais si là haut, au paradis, on organisera des rétrospectives sur ma vie. Il y a fort à parier que je garderai tout cela pour moi, pour la dernière séance, il paraît qu'un jour, on revoit tout très vite, c'est signe que la fin approche, alors méfiance, mieux vaut traverser sur les passages cloutés, mettre un châle autour de son cou, cotiser à une mutuelle.
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patatarte2001patatarte2001   03 novembre 2014
De sa chambre, le voyageur avait vue sur les quartiers sud de Taka- Maklun. C'était une cité à la fois ancienne et moderne, avec des murailles en pisé. Ses édifices les plus élevés - des immeubles de verre à vingt et trente étages - étaient souvent bombardés d'azur quand, plus bas, les rues baignaient dans le brouillard. "Voilà donc à quoi ressemble Taka-Maklan", se disait-il...Comme les habitants ne quittaient plus la ville, les riches s'offraient des vacances en louant un appartement à terrasse aux étages les plus élevés, à trente ou quarante mètres au moins au dessus du niveau de l'hiver. Les saisons n'avaient plus guère de sens temporel. On montait voir un ami en été; on descendait faire son marché en hiver. Hiver et printemps étaient les quartiers les plus représentatifs de la ville, bien plus que les quartiers sud, nord, est ou ouest puisque les points cardinaux n'avaient plus cours : on avait confisqué les boussoles.
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patatarte2001patatarte2001   03 novembre 2014
Il fit la connaissance de personnes âgées, à bout, avides de regagner au plus tôt la base, de reprendre le train pour leur région natale, là où, quand ils s'étaient mis en route à l'orient de leur vie, on rêvait de la frontière. Comme d'autres, ils étaient partis trop tard. En état de choc, ils s'apercevaient que leurs jambes refusaient de porter leur rêve. Ils se reposaient quelques jours, on soignait leur depression avec les moyens du bord et tôt ou tard ils allaient devoir faire le chemin inverse. Combien de malades de ce genre le voyageur vit-il défiler? Certes, ce n'étaient pas des invalides, ils possédaient leur cinq sens, quoique affaiblis, mais ils avaient subi l'abblation de l'essentiel, car il n'existe pas de prothèse de rêve, se dit-il le jour de sa sortie.
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patatarte2001patatarte2001   03 novembre 2014
Les mots, là-bas, ne m'intriguaient plus. Toujours les même, dans le même ordre. Comme la lave après éruption, la langue avait refroidi. Une paralysie lexicale s'était emparée des hommes. Un pape était contraint de répéter des monologues dans une langue éteinte, l'indigence poétique des policiers atteignait son comble aux carrefours, la liturgie minimaliste des amants était exaspérante au lit, la stérilité des faire-part, des avis d'échéance, n'étonnait plus; quant aux formules de politesse, elles rappelaient ces fossiles imprimés dans le calcaire.
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