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Pierre-Paul Durastanti (Autre)
EAN : 9782381631097
550 pages
Le Bélial' (23/11/2023)
4.57/5   7 notes
Résumé :
On doit à Jack Finney (1911-1995) deux chefs-d'œuvre absolus. Body Snatchers - l'invasion des profanateurs, qui, en 1955, révolutionne la thématique de l'invasion extraterrestre, et sera adapté au cinéma à quatre reprises. Puis, quinze ans plus tard, Le Voyage de Simon Morley, salué par le prestigieux Grand Prix de l'Imaginaire en 1994. Or, Jack Finney fut aussi un formidable nouvelliste. Le présent ouvrage, manière d'intégrale raisonnée sans équivalent en langue an... >Voir plus
Que lire après Jack Finney, nouvelles d'antan, 1948 -1965Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ce livre est un recueil de nouvelles mélangeant divers thèmes, elle sont écrites entre 1948 et 1965 par Jack Finney, auteur notamment de "Body Snatchers".
Les thèmes abordés vont de l'histoire de fantômes au récit à suspense en passant par la science-fiction.
C'est d'ailleurs cette dernière thématique la plus présente, en particulier le voyage dans le temps où les multivers parmi les vingt-deux nouvelles du recueil dont la moitié sont totalement inédites.
Je pense que le travail des divers traducteurs joue sur le fait que j'ai eu l'impression de lire des histoires modernes, malgré leur date d'écriture, c'est quelque chose de très agréable de ne pas se sentir aux antipodes de l'écriture. Bien-sûr, il y a des moeurs un peu dépassées parfois mais vraiment rarement.
Aucune nouvelle ne m'a déçu et l'ont retrouve même quelques pépites à la chute imprévisible ou surprenante, c'est ce que j'aime dans les histoires courtes, d'être tenu en haleine pour être surpris à la fin, j'ai été servi !
Je n'attendais rien de particulier de ce recueil car la maison d'édition me l'a envoyé par surprise (merci le Bélial') et ça a fait mouche, je possède "Body Snatchers" mais ne l'ai pas encore lu, je vais le sortir de me pile à lire très prochainement.
On notera également la superbe illustration de couverture créée par Aurélien Police que l'ont ne présente plus dans le domaine tant ses illustrations sont inspirées.
À lire !
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Sortie à l'automne dernir, voici, chez le même éditeur d'autres nouvelles, celle de Jack Finney, écrites dans les années 1950. Je dois dire que c'est tout d'abord la très belle couverture d'Aurélien Police qui m'a attiré. L'introduction précise que c'est la première fois que sont regroupées dans un même livre autant de nouvelles pour cet écrivain et que pour une fois la France à une avance sur ses voisins anglais.

J'avais dans l'esprit que ces nouvelles auraient un côté désué ("Nouvelles d'Antant" oblige) avec un fantastique proche dans l'esprit de la série La cinquième dimension,. Je m'y suis donc plongé. Premières nouvelles lues, je me suis dis que c'était pas mal...et puis, plus j'avançais, plus je me suis surpris à vraiment aimer l'ambiance de chaque nouvelle, à me dire à la fin de chacune : ah oui, c'est plus que pas mal, c'est superbe ! Car ce qui m'a touché le plus, c'est la mélancolie des personnages dans une société moderne qui tournent la tête vers le passé.

Un passé révolu dans lequel on aimerait retourner (ce qui est le cas dans plusieurs nouvelles grâce à un simple boîtier à remonter dans le temps). Dans une société où tout va ou change trop vite, les personnages se sentent déboussolés, tentent de vivre malgré tout, en essayant d'y trouver leur place mais l'échangeraient volontiers contre celles de leurs ancêtres. le genre fantastique adopté par l'écrivain est amené de manière très subtile, on a envie de remonter le temps et de vivre nous aussi en 1880. La critique de la société d'après guerre est mordante et d'une grande justesse.

Dans une nouvelle, le personnage principal, après avoir acheté un vieux secrétaire, trouve dans l'un des titoirs secrets, une lettre d'amour écrite 70 ans auparavant. Célibataire et à la reherche de l'âme soeur, il va répondre spontanement à sa propriétaire et ce pour notre plus grand plaisir. C'est juste...beau !

Dans une autre, un homme regardant un oiseau en plein vol, a envie lui aussi de parcourir les airs. Aussitôt, il fabrique un ballon pour y parvenir et le voilà bientôt dans les nuages au-dessus de son quartier. Sa soif de liberté et de s'achaper un instant à la réalité de sa vie sont une pure merveille de lecture.

Des nouvelles plus drôles également avec l'histoire d'un homme, laissant sa femme aller au cinéma sans lui, afin de rédiger un rapport urgent pour son travail. Il se voit contraint d'emjamber la fenêtre de son appartement du 13ème étage pour récupérer sur la corniche un papier important qui s'est envolé et qui s'est coincé dans un angle mort de l'immeuble. En sachant que le titre s'intitlue "Contenu des poches du mort".

Sans oublier l'interrogatoire d'un professeur d'université par un policier déterminé à mettre la main sur des suspects dont il retrouve la trace en photos dans les archives de journaux publiés des décénies plus tôt. Jouissif.

Enfin, la très belle nouvelle où un architecte tente d'expliquer à un couple aisé (vendeurs de bateaux) qu'il ne construira leur maison (destinée à épater leurs futurs clients) qu'à la seule condition que celle-ci ait une vraie âme. Des plans d'une ancienne maison d'époque de la fin du XIXème seront finalement trouvés inextrémis pour y parvenir...

Des nouvelles humaines, touchantes, où l'on sourit aussi, où l'on a envie d'arrêter le temps pour savourer le présent. Je suis vraiment enthousiaste de ma lecture de ce reccueil que j'aurais envie, j'en suis sûr de relire.
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Jack finney, écrivain américain est célèbre pour 2 romans majeurs: Body Snatchers (adapté au cinéma à plusieurs reprises) et le Voyage de Simon Morley. Pourtant il est aussi l'auteur de nombreuses nouvelles comme le montre le recueil publié par le Bélial' en novembre 2023, Nouvelles d'Antan 1948 – 1965. L'avant-propos de Pierre-Paul Durastanti précise que c'est le premier ouvrage regroupant des nouvelles de l'auteur publié, mettant ainsi en avant la France par rapport aux États-Unis. le recueil contient vingt-deux nouvelles, dont onze inédites et une bibliographie des oeuvres de Jack Finney.

Petit préambule: les textes ont été écrits il y a longtemps et sont assez représentatifs de leur époque par certains côtés, notamment la place des femmes. Tous les personnages principaux sont des hommes. Les femmes sont peu présentes et souvent qualifiées par leur physique. En cela, Finney est un écrivain de son époque et on ne peut pas vraiment l'en blâmer.

Je ne rentrerais pas dans le détail des 22 textes dans cette chronique, ce serait beaucoup trop long et fastidieux à lire, en plus de ne pas vraiment rendre hommage à cet ouvrage. Certains textes ont ma préférence mais tous sont bons, ce qui est très rare dans un recueil. Chaque texte a son ambiance propre mais on peut remarquer certains grands traits communs: la mélancolie des personnages, une certaine forme de nostalgie et de regret du passé, la difficulté à trouver sa place dans une société qui évolue trop vite, une critique de la société très juste et en finesse.

La plus grande partie des nouvelles appartient au registre du fantastique. La grande majorité est contée à la première personne, procédé assez commun à ce genre et utilisé pour exposer le ressenti du personnage. Finney utilise souvent des petits détails pour faire basculer son récit dans le fantastique. Il fait passer de manière presque naturelle ses personnages dans un autre monde ou un autre temps. le temps est d'ailleurs une thématique récurrente dans ce recueil. le personnage principal se retrouve alors isolé du monde et face à un phénomène mystérieux qu'il ne perçoit jamais de manière négative, et qui va même finir par combler certains de ses désirs. D'autre textes se rapprochent plus de la science-fiction par les thématiques abordées: les univers parallèles, le voyage dans le temps.

Une des caractéristiques de ces nouvelles est la manière qu'a Finney d'utiliser des thèmes courants du fantastique en les détournant. Dans Il est une marée, Finney détourne le fantôme dans une des nouvelles les plus réussies de ce recueil. Dans Où sont les Cluett? c'est le thème de la maison dotée d'une âme qui est utilisée et qui fait basculer les protagonistes dans le surnaturel. C'est à chaque fois brillamment fait, amenant le lecteur dans une direction à laquelle il ne s'attendait pas forcément.

Nouvelles d'Antan 1948 – 1965 est ainsi un recueil de très grande qualité qui présente des nouvelles humaines et touchantes. Les histoires ont à la fois le charme désuet du passé, tout en conservant un côté très actuel dans la manière de traiter des thèmes classiques. Jack Finney est un auteur à découvrir, à lire, que ce soit sous la forme courte ou longue. On ne peut que remercier les éditions le Bélial' pour nous offrir un tel ouvrage en français et remettre Jack Finney à l'honneur.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Compte tenu de leur âge, j'avais un peu peur d'un effet « déjà lu », et effectivement, beaucoup de thèmes ont été traités par la suite, que ce soit en textes ou en séries/films. Pour autant, elles restent très intéressantes, d'autant que j'ai trouvé l'orientation des histoires plutôt originale. La plupart sont écrites à la 1ère personne, ce qui renforce l'immersion à la lecture (mais pas forcément l'attachement, les personnages n'étant pas toujours des parangons de vertu^^). D'ailleurs, les personnages nous paraissent toujours très humains, dans leurs qualités et leurs défauts, dans leur solitude et leurs espoirs. (Seul bémol, la caractérisation des personnages féminins, surtout vues par les yeux du narrateur masculin, mais bon, c'est aussi l'époque d'écriture qui veut ça).

Mais ce qui frappe surtout, et ce que je retiens, c'est leur modernité et leur atmosphère. Je ne sais pas dans quelle mesure joue la traduction, d'excellente qualité, mais on ne sent pas du tout l'âge dans le style d'écriture, clair, concis et réaliste. Réalisme d'autant plus fort que le surnaturel est toujours très ancré dans le quotidien, dans le banal, souvent imprégné d'un sentiment de mélancolie ou de nostalgie qui les rend souvent touchantes (quand elles ne relèvent pas d'un certain humour, parfois un peu noir).

Bilan
Beaucoup apprécié cette incursion dans l'univers de Jack Finney, de quoi me donner envie de découvrir enfin ses romans les plus connus. J'ai apprécié presque tous les textes, en particulier leur humanité et leur atmosphère, le presque tenant à quelques rares nouvelles auxquelles je n'ai pas vraiment adhéré, mais l'ensemble est fascinant et touchant à lire.

(Sur mon blog (cf lien), je parle de 7 nouvelles parmi celles que j'ai le plus apprécié)


Lien : https://limaginaerumdesympho..
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Extrait de ma chronique :

"Dit autrement, Finney annonce clairement le Ray Nayler de "La Mort de la Caserne de pompiers n°10" ; mais il entérine également la mort du rêve américain (et sa vision optimiste de la libre entreprise), en ce sens que dans le présent qu'il décrit (un présent qui est aussi le nôtre) les différences sociales sont gravées dans le marbre, et qu'aucun trickster au monde n'y peut rien.


L'ironie à la Dino Buzzati que manifeste souvent Finney dans ses nouvelles cache donc une profonde mélancolie, pour ne pas dire une terrible amertume, que son fantastique viserait précisément à conjurer, en permettant au passé de prendre, même momentanément, sa revanche sur l'oublieux présent"
Lien : https://weirdaholic.blogspot..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Cet amour s'est déclaré au premier coup d'oeil, au nord de Main, quand j'ai découvert les vieux arbres massifs bordant les rues ; leurs branches courbées se rejoignaient au-dessus de nos têtes en une arche sans fin. On roulait sous le feuillage à peine éclos, les premiers insectes de l'été stridulaient, et sur le sol diapré d'ombre et de soleil un dessin changeant suivait l'ondulation des frondaisons, dans la douceur du printemps tardif.
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Les présidents des chemins de fer de New York Central, New York, New Haven et Hartford jureront sur une pile d'indicateurs qu'il n'y a que deux sous-sols. Mais, moi, je dis qu'il y en a trois, parce que j'ai vu le troisième à Grand Central Station. Oui, j'ai fait la démarche évidente : j'en ai parlé à un psychiatre de mes amis.
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Je le sais : je ne peux pas vous expliquer comment je me suis retrouvé en un lieu et en un temps que personne au monde, sinon moi, ne se rappelle. Mais je dois pouvoir vous dire ce que j'ai ressenti le matin où, debout dans une vieille grange sur un chemin vicinal, j'ai contemplé ce qui allait m'amener là-bas.
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Je tiens à déclarer ceci au préalable : si j'avais n'importe quelle autre histoire à raconter – si je disais que j'ai vu dans mon appartement un cheval bleu, une antilope sauvage ou un paresseux à trois orteils –, je serais enfin cru par mes connaissances qui se rendraient compte que je ne plaisante pas, car je n'ai rien du type qui se plaît à mystifier son prochain. Ni d'un menteur pathologique.
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Bon, si vous aviez lu de la science-fiction, vous sauriez que l'explication, c'est toujours l'aspect le plus barbant, qui endort les lecteurs et alourdit le récit. Surtout quand l'auteur n'a rien écouté en cours de physique
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