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ISBN : 2290332550
Éditeur : J'ai Lu (15/09/2003)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 846 notes)
Résumé :
Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée ... Ninny, fringante octogénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l'existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l'adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l'approche de la cinquantaine, va peu à peu s'affirmer et reprendre goût à la vie.

Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (187) Voir plus Ajouter une critique
latina
  13 avril 2014
Je ne vous donnerai pas la recette des beignets aux tomates vertes...Elle se trouve à la toute dernière page du roman. Comme ça, vous serez obligés de le lire ! Et vous ne le regretterez pour rien au monde, enfin, je l'espère ! Car moi, je l'ai savouré du début à la fin...
En effet, je me suis régalée à vivre quelques heures en compagnie de la famille Threadgoode, des Blancs d'Alabama vivant au bord de la voie ferrée, des années 20 aux années 50 environ. Tous méritent qu'on s'attable avec eux et qu'on les regarde vivre. Ces gens simples et bons, qui ont connu leur lot de joies et de malheurs, nous donnent une fameuse leçon de sagesse. Surtout Ninnie, la belle-fille, qui des dizaines d'années plus tard, narre une infinité d'anecdotes à Evelyn Couch, une quinquagénaire mal dans sa peau, et qui par là, l'aidera à se sentir mieux.
La vie de ces gens délicieux nous est racontée selon différentes stratégies de narration : que ce soit à travers le récit de Ninnie à la maison de retraite, ou par des articles de la « gazette de Weems » rédigés par la postière du coin, ou encore par un narrateur extérieur. Et puis on passe d'une époque à l'autre selon les chapitres, très courts. Donc, pas question de s'ennuyer une seule seconde.
Bousculée par la narration, je l'ai été aussi par Idgie, cette femme au grand coeur, vivant en couple avec la très belle Ruth, et tenant toutes les 2 le café au bord de la voie ferrée. Elles y accueillent les gens du coin, mais aussi tous les laissés-pour-compte, les vagabonds, les Noirs... Car du racisme, on en parle beaucoup dans ce roman ! Et de la violence aussi, surtout celle faite aux femmes ! Mais la bonté est le maître-mot de cette histoire, ainsi que la justice, le sens de la famille et des amis.
Bref, vous m'aurez comprise, je n'arrive pas à me détacher de tous ces gens...Surtout que j'ai ri, également ! Car ce roman n'est pas une leçon de morale, c'est une ode à la joie. Une recette de bonheur.
Vous reprendrez bien un petit beignet de tomates vertes ?
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seshat123
  14 août 2012
Dans les années 80, en Alabama, Evelyn, une femme au foyer qui s'ennuie franchement, se lie d'amitié avec Ninny une sympathique et dynamique octogénaire. Cette dernière, plutôt bavarde, lui raconte chaque dimanche « les incroyables histoires » de la petite ville de Whistle Stop dont elle est originaire. Son récit commence dans les années 20 avec l'ouverture du Whistle Stop Café par deux femmes Idgie et Ruth et se poursuit sur un demi siècle. Au contact de la vieille dame, dont la joie de vivre s'avère très contagieuse, peu à peu Evelyn reprend assurance et goût à la vie.
Voilà pour le résumé ; mais le roman va bien au-delà de ces 4 personnages, de ce café au bord de la voie ferrée ; il traite de la grande dépression de 29, de la condition des femmes, des noirs, des sans-abris, de l'homosexualité, de l'euthanasie...
La 4° de couverture indique avec justesse qu'il s'agit d' « une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour. ». Ces quelques adjectifs définissent bien l'état d'esprit avec lequel j'ai refermé le livre.
** La nostalgie : ce livre est un voyage en Alabama -le sud des états-unis- des années vingt aux années soixante. Il retrace une vie qui se montre parfois bien cruelle pour les noirs comme pour les blancs, la pauvreté, la précarité et la ségrégation aidant, mais qui ne fait que révéler au fil des pages la bonté d'âme, le courage, la solidarité des personnages.
En fait,
** La générosité et la tendresse qui les lient.
** Les couleurs et les saveurs : comme la cuisine de Sipsey – pour les gourmands, les recettes sont à la fin du livre- les odeurs de la cuisine du Café semblent parfois s'échapper des pages du livre.
**L'humour : en premier lieu, celui d'Idgie parfois d'une moderne insolence, son imagination ne semble pas avoir de limite et ses histoires sont à dormir debout : des canards qui volent un lac (comprenez dérobent :-)), des photographies qui pèsent trop lourd tout comme l'objet photographié.
Mais surtout il y a l'hilarante « Gazette de Weems », le bulletin hebdomadaire de la postière de W. S., Dot Weems, qui ne manque pas d'humour surtout s'il s'agit d'épingler « sa chère moitié », incroyablement tête en l'air, assez en tout cas pour oublier qui l'a invité à diner par exemple...
En résumé, un livre que je n'ai pas pu lâcher avant de l'avoir fini ; une histoire qui vous emporte pour votre plus grand plaisir sous la chaleur moite du Sud profond au sein de tous ces personnages particulièrement bien dépeints, que l'auteure a su rendre si attachants que le lecteur n'a pas envie de les quitter.
NB : Je précise que le film, s'il n'est pas mauvais, n'est qu'une pâle et édulcorée copie du récit de Fannie Flagg, tous les sujets dérangeants sont mis de côté... Rien à voir avec le livre dont certains passages sont poignants, la vie ne fait pas beaucoup de cadeaux à Whistle Stop...
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Hyelana
  22 juin 2017
Que de bonheur cette lecture !
La plume de Fannie Flagg est vraiment agréable à lire, toute en légèreté, en humour, en sujets graves traités avec simplicité et douceur. Les chapitres sont courts, on passe du passé au présent, tout est construit pour nous donner envie de tourner les pages et ça fonctionne à merveille !
Que dire des personnages, à part qu'ils sont attachants, émouvants, un peu burlesques parfois, pleins d'humanité pour la plupart, une humanité dont on a l'impression qu'elle a aujourd'hui disparu, ce qui est un comble quand on sait que la moitié de l'histoire se passe dans une Amérique qui pratique encore la ségrégation des noirs...
C'est vraiment un roman qui donne le sourire et qui donne envie de se battre pour ce qui est beau dans la vie, qui donne envie de partager davantage. En bref, c'est un beau roman, une belle lecture. A conseiller !
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iz43
  09 avril 2018
J'étais une jeune fille quand j'ai vu "Beignets de tomates vertes" en film et déjà à l'époque j'avais adoré cette histoire me prenant d'affection notamment pour Idgie.
Mais le film est bien en deçà du livre. J'ai fini ma lecture vraiment émue et désolée de laisser ces personnages tellement attachants.
La plume de l'auteur est vraiment agréable, fluide. Elle jongle avec plusieurs types de narration et d'époques sans jamais nous perdre ni nous ennuyer.
Elle aborde des sujets graves et douloureux: la ségrégation, les femmes battues, la solitude, la crise de 29 aux Etats Unis...
Mais à aucun moment on sombre dans la tristesse. Au contraire cette histoire est une ode au bonheur, à l'amitié, à la fidélité. Pourtant, tous les personnages ont eu leur lot d'épreuves. Mais ils s'en sont sortis, ont relevé les manches. J'ai été touché par la dignité, le courage et l'amour qui lient ses personnages. La bienveillance aussi.
Dans les années 80, Evelyn Couch une presque cinquantenaire se rend chaque dimanche à la maison de retraite pour y voir sa belle mère. C'est là qu'elle va rencontrer Ninny Threadgoode une octogénaire qui va lui redonner goût à la vie.
Evelyn est en pleine crise, malheureuse, des idées suicidaires. Elle a essayé d'atteindre l'image de la femme modèle parfaite, sans y parvenir. Elle n'a pas de but, femme au foyer. Un mari qui l'a trahi, des enfants plutôt distants. Evelyn sombre dans la déprime, le dégout de soi et la boulimie.
C'est justement en se réfugiant dans la salle d'attente qu'elle tombe sur Ninny une sacrée bavarde et qu'au fil de leurs rencontres le dimanche elle va sortir de sa léthargie en écoutant le récit de la vie de la vieille dame.
Ninny va donc raconter l'histoire de sa famille. J'ai adoré chaque membre de cette famille nombreuse (elle est la belle fille) . On suit l'histoire des années 20 à 50 en Alabama.
Ce que le film occultait et c'est vraiment dommage c'est l'amour d'Idgie pour la jolie Ruth. un amour puissant, beau, passionné et raconté de manière très pudique. le film fait passer Ruth pour l'amoureuse de Buddy le frère d'idgie décédé tragiquement. Et c'est l'amour de Ruth et d'Idgie pour ce garçon parti trop tôt qui les aurait rapprochées. Alors que dans le livre on est vraiment touché surtout à cette époque par cet amour entre deux femmes.
Idgie est incontestablement mon personnage préféré. Garçon manqué, cette charmeuse d'abeilles qui ne porte que des pantalons, a de l'imagination à foison, une grande bouche mais aussi un coeur immense. Elle traite avec bonté les vagabonds, les noirs et tout le monde l'aime.
Elle tient avec Ruth qu'elle a sorti d'une mariage horrible, un café où tout le monde est le bienvenue. Résistant au ku klux klan et continue à servir souvent gratuitement à manger à la population noire ou aux vagabonds de passage. Elle est généreuse mais toujours discrètement.
Surtout Idgie est drôle et raconte avec ses amis des histoires à dormir debout comme celle des canards
"C'était un mois de novembre, et un vol de canards s'est abattu en plein milieu du lac. Oh, ils étaient nombreux, une bonne cinquantaine, et alors qu'ils barbotaient tranquillement cet après-midi-là, il s'est produit un drôle de truc. La température est tombée si vite, mais si vite, que tout le lac a gelé... une masse de glace dure comme la pierre... en quelques secondes. Oui, juste le temps de compter jusqu'à trois...
(...)
-Ça les a tués raide les canards, alors.
-Non, pourquoi ? Répliqua Idgie. Ils se sont envolés et ont emporté le lac avec eux. Et de puis ce jour-là, ce lac doit se trouver quelque part en Géorgie...

J'ai adoré également les parents threadgood, les recettes de Sipsey, le barbecue de Big George...
La gazette de la postière m'a bien fait rire aussi.
Un livre savoureux, tout en douceur, à déguster sans crainte.
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LiliGalipette
  17 août 2010
Roman de Fannie Flagg.
Années 1980. Evelyn Couch accompagne chaque semaine son époux Ed à la maison de retraite de Rose Terrace. Elle s'échappe toujours très vite de la chambre de sa belle-mère, Big Momma, et se réfugie dans un couloir ou une salle commune pour y grignoter avidemment toute sorte de confiseries. Elle rencontre un jour une vieille femme, Ninny Threadgoode. L'aïeule se prend rapidement d'affection pour Evelyn qui, à presque cinquante ans, est prisonnière d'une idée de femme parfaite jamais atteinte. Mrs Threadgoode raconte à Evelyn toute une existence de bonheur et de labeur à Whistle Stop, une bourgade agglutinée autour d'une gare de triage perdue en Alabama. Véritable mémoire dotée de parole, elle fait revivre pour elle et pour son amie des personnages hauts en couleurs et touchants, telles les inséparables Idgie et Ruth qui tenaient avec une générosité sans borne le Whistle Stop Café ou encore tous les membres de la grande famille Threadgoode qui accueillait sans distinction de couleur ou de naissance les âmes de passage.

"Whistle Stop n'a jamais été qu'un bled au bord de la voie ferrée" (p. 118) mais "le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n'en avaient pas, c'était là qu'on se retrouvait tous, c'était là qu'était la vie." (p. 454) Les lieux perdus d'une Amérique frappée par la crise de 1929 sont le théâtre d'une vie rude mais nimbée de grâce. L'obscur bouiboui que tiennent Idgie et Ruth, deux femmes de caractères, devient le lieu de rendez-vous incontournable d'une population qui reste digne au plus fort de la misère. Au Whistle Stop Café, tous les hobos de passage, tous les Noirs et tous les gens de couleurs de la région trouvent une assiette chaude et une porte ouverte. le Ku Klux Klan peut venir avec ses costumes et ses torches, les propriétaires des lieux savent leur tenir tête. "Quand on pense que ces crétins sont terrifiés à l'idée de manger à côté d'un noir et qu'ils gobent des oeufs crus tout droit sortis du cul d'une poule!" (p. 72), voilà le type de discours qu'Idgie tient à ceux qui auraient le toupet de lui reprocher de vendre à des Noirs!

Le roman est construit autour de plusieurs voix narratives. Il y a la gazette de Dot Weems qui, sous couvert de média populaire, est en réalité un incessant babillage matrimonial et une déclaration d'amour sans cesse renouvelée à la "chère moitié". D'autres journaux comblent les blancs. le flot de paroles de Ninny Threadgoode, récit nostalgique mais sans tristesse, tient la majeure partie du récit. Il y a aussi une narration que l'on pourrait qualifier de "normale", avec un narrateur inconnu et un ton impersonnel. Ce qui fait l'originalité de ce roman, c'est qu'un même évènement commence d'un point de vue, se poursuit avec un autre et se termine sur un troisième. L'histoire n'est jamais univoque, la polyphonie révèle les mystères et entérine le réalisme: le narrateur omniscient est une chimère, la mosaïque de points de vue et le croisement des informations rétablissent la vraie connaissance autour d'un fait

Le récit ne tient pas compte des règles du temps. La narration se joue de la chronologie: une conséquence est souvent annoncée avant ses causes et les différentes voix narratives reprennent ensuite l'ordre du temps. L'intensité dramatique est au plus fort avec des annonces très prématurées de meurtre, de procès ou de disparition. le retour dans le temps se fait sur plusieurs mois, parfois plusieurs années, mais le plus souvent sur seulement quelques jours. le drame se désamorce toujours avec humour et bienveillance. La bêtise humaine est la grande victime des manipulations temporelles.

Idgie, de son nom complet Imogen, est un garçon manqué sans aucun complexe. Élevée au grand air dans les traces de son grand frère Buddy, charmeuse d'abeilles et petite polissonne au grand coeur, elle n'a ni la langue dans la poche ni le sang froid. Prompte à défendre ceux qu'elle aime, elle se fait justicière. Elle mène une vie de bâton de chaise avec ses amis du Club des Cornichons mais assume ses responsabilité auprès de Ruth et de son fils. À ce personnage s'oppose celui d'Evelyn. Cette dernière est coincée dans des stéréotypes et des clichés. Complexée, elle se réfugie dans la boulimie. Ce n'est qu'auprès de Mrs Threadgoode qu'elle trouve une oreille tendre et plusieurs modèles de vraies femmes à suivre. Idgie, Ruth, Ninny elle-même, sont des femmes heureuses malgré leurs malheurs, fortes et lumineuses. Evelyn trouve la force de se réveiller et se révèler à elle-même pour devenir une femme dont elle peut être fière.

Entre Idgie et Ruth, il y a plus qu'une amitié farouche et indestructible. le roman aborde avec une immense pudeur la question de l'homosexualité féminine. Placer ce sujet dans l'Alabama de la première moitié du 20° siècle est audacieux. L'état est profondément sudiste, raciste et conservateur. Mais le sujet n'a pas vocation à choquer. L'auteure n'utilise pas les mots qui choquent, elle parle d'amitié, d'amour et de fidélité à toute épreuve, sans verser dans le sordide ni le voyeurisme. Idgie accueille Ruth après l'avoir tirée d'un ménage malheureux et violent. Devenue chef et soutien de famille, Idgie assume aussi l'enfant de Ruth et Stump devient pour tout le monde et sans cancan "le petit garçon d'Idgie et de Ruth" (p. 134)

Ce texte délicat se place dans la veine de chefs-d'oeuvre comme La couleur pourpre d'Alice Walker ou Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee. J'avais beaucoup aimé le film éponyme de Jon Avnet avec Fannie Flag et Kathy Bates. Je recommande cette lecture à toutes les femmes parce qu'il y a au moins une des héroïnes de ce roman qui leur correspond.
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Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
seshat123seshat123   31 juillet 2012

-Vous voyez ce grand champ là-devant ?
-Oui, m'dame.
-Il y a des années, c'était le plus beau lac de Whistle Stop... En été on venait s'y baigner et y pêcher... On pouvait faire des promenades si on voulait. (Elle secoua la tête avec tristesse.) C'est sûr qu'il nous manque.
Smokey contemplait le champ d'un air perplexe.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est asséché ?
Elle lui offrit une cigarette, lui donna du feu.
-Non, c'est pire que ça. C'était un mois de novembre, et un vol de canards s'est abattu en plein milieu du lac. Oh, ils étaient nombreux, une bonne cinquantaine, et alors qu'ils barbotaient tranquillement cet après-midi-là, il s'est produit un drôle de truc. La température est tombée si vite, mais si vite, que tout le lac a gelé... une masse de glace dure comme la pierre... en quelques secondes. Oui, juste le temps de compter jusqu'à trois...
Smokey la regarda, éberlué.
-C'est vrai ?
-Et comment!
-Ça les a tués raide les canards, alors.
-Non, pourquoi ? Répliqua Idgie. Ils se sont envolés et ont emporté le lac avec eux. Et de puis ce jour-là, ce lac doit se trouver quelque part en Géorgie...
Smokey se tourna vers elle et, comprenant qu'elle l'avait bien fait marcher, il éclata si brusquement de rire qu'il manqua s'étrangler, et Idgie dut lui taper dans le dos.
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iz43iz43   09 avril 2018
C'était un mois de novembre, et un vol de canards s'est abattu en plein milieu du lac. Oh, ils étaient nombreux, une bonne cinquantaine, et alors qu'ils barbotaient tranquillement cet après-midi-là, il s'est produit un drôle de truc. La température est tombée si vite, mais si vite, que tout le lac a gelé... une masse de glace dure comme la pierre... en quelques secondes. Oui, juste le temps de compter jusqu'à trois...
Smokey la regarda, éberlué.
-C'est vrai ?
-Et comment!
-Ça les a tués raide les canards, alors.
-Non, pourquoi ? Répliqua Idgie. Ils se sont envolés et ont emporté le lac avec eux. Et de puis ce jour-là, ce lac doit se trouver quelque part en Géorgie...
Smokey se tourna vers elle et, comprenant qu'elle l'avait bien fait marcher, il éclata si brusquement de rire qu'il manqua s'étrangler, et Idgie dut lui taper dans le dos.
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LuniverLuniver   14 juin 2014
Elle était restée vierge de peur qu'on ne la traite de putain ; elle s'était mariée par crainte de l'appelation « vieille fille » ; elle avait feint l'orgasme, redoutant de passer pour frigide ; elle avait eu des enfants pour ne pas être accusée de stérilité ; elle n'avait pas été féministe pour éviter l'épithète de lesbienne...
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patacaissepatacaisse   15 avril 2010
après ça, quand je suis rentrée chez moi, j'ai dit à mon amie Mrs. Otis qu'il ne nous restait plus qu'à attendre de claquer... Elle m'a répliqué qu'elle préférait dire "s'éteindre". La pauvre, je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'on n'était pas des lumières et que, de toute façon, péter les plombs, s'éteindre ou claquer, c'était du pareil au même.
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LuniverLuniver   14 juin 2014
Elle avait tout de même fini par comprendre que ça ne comptait guère qu'on soit une bonne ou une mauvaise fille. Les filles qui, au lycée, étaient allées « jusqu'au bout » n'avaient pas sombré dans la déchéance, elles n'arpentaient pas le macadam en jupes fendues, ainsi qu'Evelyn l'avait pensé. Elles étaient comme les autres : mariées et heureuses ou malheureuses en ménage. Ainsi avaient été vains tous ces efforts pour rester une jeune fille pure, et bien mal fondées cette peur d'être touchée, cette peur qu'une geste, une parole n'allume la passion d'un garçon, cette peur surtout de se faire engrosser. Aujourd'hui, les stars du cinéma avaient des enfants à la pelle hors du mariage et elles les prénommaient Rayon de Lune ou Plume de Soleil !

Et quel profit avait-elle tiré de la sobriété ? Elle avait toujours entendu dire qu'il n'y avait rien de pire qu'une femme ivre, et elle n'avait jamais fait que tremper les lèvres dans une verre de whisky coupé d'eau. Aujourd'hui, les femmes les plus célèbres faisaient régulièrement une cure de désintoxication dans les centres de Betty Ford, se faisaient tirer le portrait en entrant et en sortant, et célébraient la fin de leur séjour par de grandes fêtes copieusement arrosées.
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Vidéo de Fannie Flagg
Interview de Fannie Flagg.
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