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Alfred Boudry (Traducteur)
ISBN : 2846260966
Éditeur : Au Diable Vauvert (05/01/2006)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Programmeur dans un complexe militaire britannique, Cooper James se voit remettre une boîte métallique : elle contient peut-être les cendres de son père, qui a abandonné sa famille des années plus tôt.
Cooper part alors sur les traces du défunt, un artiste bohème... Etonnante synthèse du Cryptonomicon, du Monde selon Garp et du Pendule de Foucault, Electrons libres est un récit aux multiples facettes, bourré d'autodérision, qui pose de vraies questions sur la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bunee
  15 août 2009
OVNI littéraire que ce roman qui m'a happée dans un tourbillon, une énergie tels que la lecture s'en est faite en un souffle.
On y suit les incroyables aventures du dénommé James Cooper un jeune homme plutôt terne, effacé et fade, plein de doutes, et ne s'imposant pas dans son milieu professionnel. Il faut dire que le milieu professionnel est déjà particulier: il est codeur dans une base classée défense, et est par conséquent très surveillé.
James Cooper (on apprendra ensuite que son réel prénom est Ash) est donc parfaitement insipide, ce serait presque un pauvre gars, qui n'est pas sans évoquer le héros un peu paumé de "Haute fidélité" de Nick Hornby, et dont l'existence se résume à une simple stagnation.
Il faut dire qu'il a eu une enfance plutôt marginale: des parents hippies, une première partie de son enfance au sein d'une communauté, les frasques et la séparation de ses parents, le départ de son père qu'il n'a ensuite jamais revu, le quasi abandon par sa mère partie vivre ses rêves de gloire musicale ....
Curieusement un jour, alors qu'il est à son travail, une alarme est déclenchée ... La cause? Est arrivée à son intention un boite métallique contenant ce qui ressemble à des cendres, avec inscrit dessus: "Reever Jack, DCD".
Son père, Jack Reever, est donc mort. Et Cooper en est très affecté. Pour plusieurs raisons:
* cette petite fantaisie a failli lui coûter son poste, en tout cas son accréditation est supprimée et il est mis à pied
* même si son père a fui ses responsabilité et n'a jamais été présent, il reste son père
* il ne s'est jamais réconcilié avec lui-même - lui qui a inconsciemment provoqué le départ de son père des années auparavant
* il ne sait pas qui est le mystérieux expéditeur de ce maudit colis.
Il décide donc de partir outre atlantique afin d'enquêter sur la disparition de son père.
C'est là le début d'un périple trépidant au travers du continent américain, truffé de rebondissements, à la dimension de rite initiatique, avec comme enjeu la réconciliation du fils avec le père, de l'homme avec lui-même.
Mais ce père était-ce juste un hippie farfelu se cherchant une vocation dans la sculpture? Au fur et à mesure du fil de l'histoire, le personnage de Jack Reever grandira aux yeux de son fils - et du lecteur, pétri d'une ambition à la limite de l'alchimie: concilier l'art et la science nucléaire. en une supreme symbiose Quelle sera son oeuvre ultime? Quel message Jack a-t-il voulu laisser à son fils et à la mémoire du monde?
Sur fond de contexte socio-historique efficacement illustré (évolution de l opinion publique face au nucléaire, ironie sur la société américaine de l'époque), l'auteur nous dévoile tout le raisonnement de l'artiste se dressant à la croisée des chemins, et à la recherche de sa destinée - car destinée il y a. D'ailleurs à cette occasion, le lecteur a le plaisir de parcourir des passages érudits et brillants, mais sans tomber dans le scolaire ni dans l'ennui, sur la technologie nucléaire, les corrélations avec l'alchimie.
Ce livre est donc un véritable "carnet de route", rendu hyper réaliste notamment de par l'ajout d'illustrations (photos, schémas, symboles ...); l'intrigue est réellement ciselée de façon adroite, la plume étant enlevée et rythmée, servi par une traduction bien faite, bref, un auteur à découvrir d'urgence si comme moi vous avez eu l'étourderie de le rater auparavant :p
Vous pouvez lire une interview de l'auteur (site officiel dédié à James flint ici) concernant notamment Electrons libres en cliquant sur ce lien
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maltese
  14 juillet 2011
Cooper James travaille comme informaticien à Featherbrooks, en Angleterre, dans une base américaine supposée ultra protégée car il y est question de missiles et de nucléaire.
Cooper, socialement, a quelques difficultés à s'imposer, notamment aux yeux de Liz, sa supérieure hiérarchique et amie, qu'il pense aimer.
Et pour Cooper tout va basculer le jour où la base sera l'objet d'une évacuation suite à une alerte, qui finalement le concernera pleinement dans la mesure où il s'agit d'une boîte de café problématique, à lui destinée et contenant une énigmatique poussière, pour tout dire les cendres de son père qu'il n'a pas vu depuis de nombreuses années.
Commence alors un périple qui mènera le jeune homme sur les traces de ce paternel à travers les Etats-Unis.
James Flint nous invite à un voyage au plus près des états d'âmes de Cooper puisque le récit se déroule à la première personne. Un récit par ailleurs à la fois plein d'humour et de gravité.
Plus on avance dans le roman et plus la folie semble s'installer dans un climat paranoïaque dont on se demande bien quel est le fin mot.
Disons que le nucléaire est au centre de tout et que les visées de certains sur le sujet font quelque peu froid dans le dos.
Un roman à part comme l'éditeur "Au diable vauvert" à l'habitude de nous livrer.
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LeCombatOculaire
  23 février 2017
Cooper James, jeune nerd mal dans sa peau qui travaille comme programmeur pour la base Royal Air Force en Angleterre, reçoit un jour à son travail une étrange boîte de café contenant... les cendres de son père. Qu'il n'a pas vu depuis vingt ans. A la suite de ça, et puisqu'il est plus ou moins démis de sa fonction suite à cette entorse à la sécurité du bâtiment, il décide de partir en Amérique, sur les traces de son défunt père, afin de retrouver la personne qui lui a envoyé ces cendres. En chemin, il se rappellera longuement son enfance, dans cette communauté hippie pleine d'adultes et d'enfants chacun aussi irresponsables, tous un peu artistes et avec des noms étranges comme Ash, Feuille ou Lune.
Mais surtout, avant d'être un road trip bizarre et hilarant, c'est un roman qui parle beaucoup de l'importance du nucléaire et de son fonctionnement, des revendications qui ont eu lieu à ce propos, des secteurs protégés où les déchets sont refilés comme une patate chaude en attendant de savoir quoi en faire. Plus qu'une satire de la mouvance hippie qui a été au coeur des manifestations contre le nucléaire, c'est aussi un petit traité sur l'art, qu'il soit engagé ou taillé dans la pierre, qu'il soit peinture d'auras ou pierre tombale. Un combat humain et idéologique où se croisent des opinions bien tranchées, des jugements acerbes et quelques personnages tous assez extrêmes ou flippants, à leur manière.
Et tout ça, ce n'est pas juste du vent, puisqu'il s'agit également d'un récit inspiré d'une personne réelle en la personne du père de Cooper : James L. Accord. Oh, on ne vous le dit pas tout de suite ! Mais vous retrouverez un mot de l'auteur tout à la fin qui vous expliquera dans quelles circonstances a été écrit ce livre.
Entre l'aventure hallucinée de Not Fade Away et la plume critique de Douglas Coupland et celle de David Foster Wallace, ce livre vous fera voyager là où vous n'avez jamais eu envie d'aller, et là d'où vous n'êtes pas sûrs de revenir, en craignant un peu de déclencher les portails la prochaine fois que vous prendrez l'avion.
Lien : http://lecombatoculaire.blog..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
line70line70   20 mars 2011
On dit que Thomas Browne fut le dernier homme vivant à avoir lu tous les livres jamais écrits.
- Sans blague ? dis-je sans enthousiasme.
- Tu arrives à imaginer ça ? Tu arrives à imaginer ce que ça doit être, d'avoir ingurgité la totalité du savoir humain ?
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   23 février 2017
« On dit que Thomas Browne fut le dernier homme vivant à avoir lu tous les livres jamais écrits. (...) Tu arrives à imaginer ça ? Tu arrives à imaginer ce que ça doit être, d'avoir ingurgité la totalité du savoir humain ? »
J'essaie de m'en faire une idée. J'essaie d'imaginer ce que ça doit être de se sentir aux commandes de toute une culture, d'être à son sommet et de scruter tout ça avec un oeil d'aigle. J'essaie d'imaginer ce que ça doit faire de vivre dans un monde où on ne publie pas à chaque minute (en livres, journaux, périodiques, publications scientifiques sur le Web) l'équivalent d'une vie entière passée à écrire. J'essaie d'imaginer ce que ça doit faire de ne pas être cerné par les données, de ne pas crouler sous d'invisibles montagnes de choses empilées tout autour de vous jusqu'au ciel. J'essaie d'imaginer tout ça mais je n'y parviens pas. Je n'arrive pas à déterminer si c'est exaltant, déprimant ou résolument insignifiant.
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