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Hubert Gignoux (Préfacier, etc.)Valeria Tasca (Éditeur scientifique)Bernard Dort (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Toni Cecchinato (Traducteur)
EAN : 9782902165261
280 pages
Dramaturgie (15/10/1997)
4.29/5   35 notes
Résumé :
"... Tout bien pesé, je considère FO comme l'artisan moderne le plus complet et le plus constant de ma forme comique préférée. La carrière de ce flamboyant auteur - acteur et les combats politiques de son pays se confondent. On ne peut pas plus les dissocier qu'on ne songe à le faire pour Aristophane. Spectacle et engagement sont pour lui inséparables et il n'écrira ou ne représentera rien qui ne se conforme à ce principe. Mais en sachant donner au militantisme une ... >Voir plus
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Un personnage comme Fo les aime - et moi aussi ;) - un fou, fou breveté, déjà interné seize fois et toujours pour la même raison: il est atteint d'histriomanie, il a l'obsession du théâtre et ne peut s'empêcher d'interpréter des rôles toujours différents.

Notre fou donc se retrouve dans un commissariat - pas n'importe quel commissariat : c'est ici qu'un anarchiste est tombé du 4ème étage. L'enquête a conclu à un suicide (Là Fo s'inspire d'une affaire réelle, la mort suspecte du cheminot anarchiste Pinelli).

Le fou saisit cette occasion d'incarner un nouveau personnage, adoptant illico une attitude froide et détachée, ton péremptoire, voix monocorde, regard triste un peu myope - et hop! le voilà dans la peau d'un juge chargé de la révision et clôture de l'enquête. Partisan du « théâtre-vérité », il est drôle et brillant dans son rôle de Revizor, lorsqu'il tourne en dérision la défense emberlificotée du Préfet et du Commissaire et se lance dans des hypothèses brillamment farfelues, voire complètement délirantes, pour tenter de démontrer, dit-il, leur innocence. Le fou applaudit l'agent qui affirme avoir attrapé l'anarchiste par un pied pour l'empêcher de tomber - aucune importance si cela n'a pas empêché la chute, la chaussure lui est restée dans la main, assure l'agent, et la chaussure est la preuve irréfutable de sa volonté de le sauver. Reste évidemment à expliquer pourquoi l'anarchiste mourant sur le pavé avait encore ses deux chaussures aux pieds: peut-être était-il tripède, et portait-il trois chaussures - « de la part d'un anarchiste, on peut s'attendre à tout »? A moins que l'agent ait été particulièrement rapide, dégringolant l'escalier, se mettant à la fenêtre avant le passage du suicidaire et lui enfilant sa chaussure au vol? Ou alors l'anarchiste avait deux chaussures au même pied, l'une étant une sorte de galoche, de couvre-chaussure comme on en portait autrefois - les anarchistes sont en effet beaucoup plus conservateurs qu'on le pense.

Dario Fo allie avec brio bouffonnerie et militantisme politique. Désolée Dario, tu as beau dire
« le théâtre n'a rien à voir avec la littérature... Une oeuvre théâtrale valable, paradoxalement, ne devrait pas plaire à la lecture et ne révéler sa valeur qu'à la réalisation scénique »
cette lecture m'a bien plu!
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La pièce est créée en 1970, après la fondation en 1968 de la Nuova Scena, une sorte de coopérative théâtrale, censée associer la troupe et le public dans une sorte de démocratie participative. La création de cette structure était un acte politique, un désir de s'ouvrir à des publics qui ne soient pas uniquement une bourgeoisie urbaine. le théâtre écrit à cette époque par Fo privilégie le contenu au détriment de la forme théâtrale, vise à engager un dialogue avec le public.

Mort accidentelle d'un anarchiste évoque deux faits divers. le premier a eu lieu en 1921 aux USA. Un émigré italien anarchiste, Salsedo, passa par la fenêtre du commissariat central du New York. le chef de la police déclara qu'il s'agissait d'un suicide. Suite à l'enquête, on découvrit que les policiers avaient jeté l'homme par le fenêtre. le deuxième fait s'est passé en Italie. Suite à un attentat à Milan, et bien qu'au final les pistes devaient mener à l'extrême droite, la police arrête un militant
cheminot, Pinelli. Il meurt lui aussi en passant par la fenêtre, et Fo, comme un certain nombre, privilégie la thèse qu'il a été défenestré par les policiers.

La pièce est en deux temps. Un commissaire interroge un prévenu, qui se déclare fou, avec dossier médical à l'appui. Il déstabilise le policier avec une logique imparable, au point que ce dernier le met à la porte. Il revient lorsque le bureau est vide et s'attaque aux dossiers. Il trouve ainsi le dossier de l'homme défenestré. Il endosse par la suite l'identité du juge venu enquêter sur l'affaire, qui fait des vagues dans l'opinion publique. Il terrorise le préfet et un commissaire, en confrontant leurs différentes déclarations sur l'incident, et en démontant toutes les absurdités dans leurs différentes versions des faits, en les poussant jusqu'au bout de leurs incohérences. Arrive une journaliste qui avait rendez-vous avec le préfet. le fou prétend se déguise en un expert du laboratoire de la police pour aider à circonvenir la journaliste. Un jeu étrange s'engage, dans lequel le fou démonte à tour de rôle les questions de la journaliste, et les propos du préfet et du commissaire, en mettant à nue les mécanismes en jeu dans les positions de chacun. Mais le premier commissaire, qui est arrivé entre temps, finit par reconnaître le fou et à le démasquer. Ce qui au final rassure tout ce petit monde, un temps déstabilisé par la manière par laquelle le fou mettait en cause tous leurs faux semblants.

Il faut sans doute un acteur hors du commun pour jouer le rôle du fou. Qui s'apparente au bouffon , le seul à pouvoir dire leurs quatre vérités aux puissants, sous prétexte de faire rire. Il révèle ce qui s'est passé au commissariat, comment est mort le cheminot, mais au-delà, comment fonctionne la société, avec les petits arrangements des uns et des autres. En changeant d'identité (il en endosse plusieurs, celle de juge, de policier, d'évêque...) il suscite en réponse des comportements différents de ses interlocuteurs, mettant à nu le ressort des interactions sociales, et tous les schémas de fonctionnement de ses interlocuteurs. Il y a des moments très drôles quand même, lorsqu'il fait semblant de prendre au sérieux des déclarations invraisemblables, qu'il pousse jusqu'au bout pour démontrer leur absurdité.

C'est terriblement brillant et grinçant, efficace et percutant.
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Le prologue de la Mort accidentelle d'un anarchiste nous prévient d'emblée :

"Toute analogie avec des évènements et des personnages qui ont défrayé la chronique de notre temps serait à imputer à la subtile magie dont le théâtre est coutumier et par l'effet de laquelle, si souvent, même des histoires un peu folles, complètement inventées, se sont trouvées impunément copiées par la réalité !"

Dario Fo s'inspire d'un scandale de New-York et d'une affaire Italienne (une affaire politique ayant défrayé la chronique), pour son théâtre politique.

Dès le titre, on est prévenus : la mort est politique et tout de suite, on s'interroge : un anarchiste meurt-il nécessairement de mort accidentelle ? On découvre très vite qu'il s'agit d'un « suicide », alors pourquoi ce « suicide » a-t-il été requalifié de mort accidentelle ? Comment cette mort accidentelle a-t-elle pu se faire dans les locaux de la police ? La police risque-t-elle d'en prendre pour son grade ?

Heureusement, un fou qui a été arrêté mais qu'on a laissé sans surveillance dans les locaux de la police, décide de mener l'enquête et il endosse alors le rôle
de l'enquêteur, du juge, de l'anarchiste etc. (il a pas mal de casquettes sous le coude)
pour mener son enquête, il reconstitue le crime sur les lieux du crime, avec les témoins à charge, les principaux suspects ; il a même en sa possession les rapports d'expertise, les témoignages écrits etc , qu'il a emprunté dans un bureau après avoir récupéré ses propres papiers et rendu justice à certains en détruisant des documents, selon son sens de la justice de juge d'instruction des affaires classées.

Le plus amusant, c'est de voir tous les autres acteurs jouer le jeu du fou car les autres acteurs ne se rendent pas compte que cet acteur là joue ce qu'il n'est pas censé jouer, car le fou a décidé de ne pas se satisfaire de son rôle de fou, non, il a décidé qu'il sera fou mais aussi juge , le juge chargé de la contre-enquête, et le quiproquo amène le préfet de police et autres subordonnés de police à faire n'importe quoi.
Aussi, si on oublie que c'est du théâtre, si on se dit qu'ils sont dans un poste de police, on se marre bien, forcément !

Seul le fou fait du théâtre dans cette pièce, les autres peuvent être de vrais flics, ce qui permettrait de faire du théâtre-vérité (c'est comme la télé-réalité mais en moins truqué).
Car le fou a «  l'obsession du théâtre, cela s'appelle « l'histriomanie », du latin istriones qui veut dire acteur. J'ai en quelque sorte pour hobby d'interpréter des rôles, et toujours différents. Mais comme je suis partisan du théâtre-vérité, il me faut des comédiens pris dans la réalité … qui ne savent pas qu'ils font du théâtre. » (Vous m'excuserez si au sein de ma citation, le fou a pris la parole à la première personne.)

le théâtre dans le théâtre se fait de manière intelligente chez Dario Fo, car ils reconstituent une scène de crime en étant conscients de la reconstituer, et ils réécrivent l'histoire comme les procès-verbaux après avoir rejoué la scène. En plus, Dario Fo sollicite la participation et la collaboration du public, entre autres lorsque le préfet invite ses agents, infiltrés dans le public, à se lever, et ils se lèvent ; mais le fou nous rassure : ces agents sont des acteurs ! Mais il précise que les vrais flics, il y en a (dans le public) mais ils se taisent et restent assis …

Ce qui est amusant, ce qui fait froid dans le dos aussi, c'est qu'on apprend plus tôt que deux de ces agents de la police avaient infiltré la bande d' anarchistes qui ont commis des attentats à la bombe et qu'ils ont participé, qu'ils auraient peut-être même commandité l'attentat, la bombe étant de facture militaire...

La charge explosive de Dario Fo est assez forte, mais il le précise à la fin, comme un fou, qu'il est, lui, pour les bombes médiatiques parce que « le scandale est le meilleur antidote au pire des poisons, qui serait l'éveil de la conscience populaire. »
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Mort accidentelle est une pièce de combat. Dario Fo l'a écrite dans le feu de l'action en un temps record (à peine un mois) en 1970.
Le contexte italien de l'époque était explosif, au figuré comme au propre. Des groupes ultra-gauches n'hésitaient pas à recourir à la violence, tandis que les groupes fascistes posaient des bombes dans les lieux publics (banques, gares...) en en faisant porter la paternité à l'extrême gauche. Ces menées fascistes bénéficiaient de la complicité passive (sinon active ?) des forces polices. Cette stratégie avait pour but de créer un climat d'inquiétude dans la population quant à une possible prise de pouvoir par les communistes. Ce calcul devait permettre l'arrivée au pouvoir de factions militaro-policières, sensées lutter contre le péril rouge. Certains affirment que la CIA avait sa part dans cette manipulation en aidant les groupes d'extrême droite.
Voilà en très sommairement brossé la situation politique italienne des années 70, si vous voulez plus informations sur le sujet, je vous invite à voir une vidéo d'Arte Orchestre noir, il a également été mis en ligne dans une version réduite sur Youtube Orchestre noir: https://www.youtube.com/watch?v=vWF57yFH3Kg.
Pour revenir à notre anarchiste (Giuseppe Pinelli) celui-ci est arrêté, car soupçonné d'avoir participé à l'attentat à la bombe de la Piazza Fontana le 12 décembre 1969. Mais au cours de son interrogatoire il meurt victime d'une chute du quatrième étage d'un commissariat de Milan le 15 décembre. Après enquête l'on conclut à un suicide de Pinelli.
Cette mort a fait beaucoup de bruit et presque personne ne croit à la thèse du suicide, d'autant moins que le commissaire (L. Clabresi) avait une solide réputation de pratiquer des interrogatoires assez « musclés ». Dario Fo reprend les minutes de l'enquête dans le but d'en relever les contres vérités et la mauvaise foi notoire qui prévalut durant cette « enquête ».
Fo n'a pas eu besoin de faire beaucoup d'effort pour rendre absurde les arguments de la police pour se disculper de la mort de Pinelli, les dépositions des policiers sont par elles-mêmes proprement ahurissantes. Elles ont été éditées en France, malheureusement je ne me rappelle plus la référence du livre, si certains sont intéressés je pourrais faire l'effort d'une recherche. La faconde de Dario Fo et son sens du gag en font une pièce hilarante. Il utilise le personnage d'un mythomane qui s'introduit dans le commissariat où a lieu l'interrogatoire fatal. Ce fou sous la personnalité d'un juge mène une contre enquête sur les causes de la mort. C'est assez jouissif de voir ces braves pandores complètement désorientés par la virtuosité verbale de celui qu'ils prennent pour un juge. de plus sous leurs yeux il devient un ancien parachutiste de la légion étrangère et un vétéran du Vietnam et enfin un évêque. Cette pièce de théâtre est dans la tradition italienne de la Commedia dell'arte, avec des bouffonneries (lazzi) qui n'ont d'autre but que le comique et un jeu de scène qui réclame une virtuosité physique presque gymnique.
Cette excellente pièce, est sans doute un peu périmée, car elle fait référence à des événements qui sont aujourd'hui oubliés. Néanmoins malgré tous les éléments périmés, elle conserve son actualité dans sa dénonciation de méthodes policières qui n'ont guère changé : en Italie et ailleurs.

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L'une des phrases du prologue donne le ton de cet ouvrage.

"Toute analogie avec des évènements et des personnages qui ont défrayé la chronique de notre temps serait à imputer à la subtile magie dont le théâtre est coutumier et par l'effet de laquelle, si souvent, même des histoires un peu folles, complètement inventées, se sont trouvées impunément copiées par la réalité !"

Et ce sont deux pièces de théâtre que l'on découvre dans cet ouvrage des éditions dramaturgie. C'est une écriture à la fois déjantée et très sérieuse. Cela pique. Fo manie l'humour et la satire à merveille. Grâce à l'absurde, il démontre les thèses élaborées par les dirigeants.

Dans la première pièce « Mort accidentelle d'un anarchiste » le fou de FO est dans la droite ligne du fou du roi qui était le seul qui pouvait dire certaines vérités aux rois…

Dans « Faut pas payer » on est toujours dans l'absurde et encore plus dans le vaudeville avec des personnages qui apparaissent, disparaissent, des miracles…

Et l'intérêt de cet ouvrage réside également dans les différents avant-propos et lexique qui sont inclus. Car ils permettent de comprendre le parcours de FO mais surtout remette en mémoire le contexte Italien des années 1970 / 1980… qui est très particulier.

Et si la plupart se souviennent des brigades rouges aujourd'hui… Est-ce que cela sera toujours le cas dans 20 / 50 ans… J'en doute. de plus ces années 70/80 finalement sont vraiment très particulière et j'avoue avoir re.découvert certains faits.

Est-ce à dire que ces pièces sont périmées ? Que nenni…

Il suffit de voir la communication lors du COVID (les masques,...) et / ou les mouvements des Gillets Jaunes en France pour voir que le théâtre de FO reste d'actualité… pour qui sait dépasser certains a priori.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Faut pas payer !
Luigi : - Giovanni, tu ne tournes pas rond... Tu tiens de ces discours...
Giovanni : - Et toi donc ! Le patron qui devrait nous payer le trajet parce que c'est pour lui qu'on le fait. Qui devrait même nous payer les heures qu'on passe dans le train, parce que ce n'est pas du tourisme. Si tu vas par là, il devrait aussi nous payer les heures de sommeil, parce que c'est pour lui qu'on se repose, pour arriver plus frais au travail. Nous payer le cinéma et la télévision, parce que ça nous fait passer les nerfs qu'on attrape à la chaîne. Et verser quelque chose à notre femme quand on fait l'amour, parce que faire l'amour, ça régénère et après, on a un meilleur rendement.
Luigi : - Tu as raison. Nos femmes, c'est comme si elles servaient le patron à l'oeil. C'est sur elles qu'on déverse la rogne dans laquelle on se fout à l'usine. Tout ce machin... comment on dit... l'aliénation par le travail... Nous rentrons chez nous pour nous cacher, comme des bêtes dans leur tanière, pour lécher nos blessures l'un l'autre, mari et femme... Et cette tristesse... le vide, la misère, la lumière de cette vie de merde qu'on nous fait mener...
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Faut pas payer !
Le policier : - Je n'ai jamais dit que les gens n'étaient pas généreux.
Giovanni : - Peut-être... mais vous êtes méfiant.?.. vous dîtes qu'on ne peut compter sur personne. Vous me rappelez un patron que j'ai eu... un vieux méfiant qui avait un chien encore plus vieux et plus méfiant, complètement sourd... mais un terrible chien de garde. Le patron n'avait confiance qu'en lui. Alors il lui a fait faire un appareil acoustique.
Le policier : - Au chien ?
Giovanni : - Oui, un appareil exprès, qui fonctionnait sur piles. On lui a fixé sous la cuisse... le fil partait de là... passait comme ça... jusqu'aux deux tampons. Seulement dès que le chien a levé la patte, il a pissé sur les piles... court-circuit... crac ! électrocuté;
Le policier : - Bon. Je tâcherai de ne pas lever la patte.
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Le prévenu. - Oui, l'usurpation de titres commise par un homme sain d'esprit. Mais moi, je suis fou, fou breveté... regardez mon dossier médical : j'ai déjà été interné seize fois... toujours pour le même motif. J'ai l'obsession du théâtre, cela s'appelle "l'histriomanie" du latin istriones qui veut dire acteur. J'ai en quelque sorte pour hobby d'interpréter des rôles, et toujours différents. Mais comme je suis partisan du théâtre-vérité, il me faut des comédiens pris dans la réalité... qui ne savant pas qu'ils font du théâtre. D'ailleurs je n'ai pas de moyens, je ne pourrais pas les payer... J'ai demandé des subventions au ministère de la Culture, mais comme je n'ai pas de relations politiques...
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MORT ACCIDENTELLE D'UN ANARCHISTE

[...]
FOU: Le peuple réclame une véritable justice? Eh bien, nous nous arrangerons pour qu'il se contente d'une justice un peu moins injuste. Les travailleurs crient: "Assez d'humiliations! Halte à la barbarie de l'exploitation!" Nous tâcherons que l'exploitation devienne un peu moins barbare, nous veillerons surtout à ce qu'ils cessent d'en être humiliés, sans cesser d'être exploités... [...] Ils voudraient l'abolition des classes? Nous ferons en sorte que l'inégalité soit moindre, ou plutôt moins voyante! Ils voudraient la révolution? Nous leur donnerons des réformes... beaucoup de réformes... nous les noierons sous les réformes. Ou plutôt nous les noierons sous les promesses de réformes, car même les réformes, nous les ferons jamais.

[...]
Deuxième partie
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LE FOU - On peut ... commissaire ... je vous dérange ? Ne vous fâchez pas, je viens seulement reprendre mes papiers ... Vous ne me répondez pas ? Vous n'allez pas bouder ... faisons la paix ... Ah ! Il n'y a personne ! Eh bien, je vais les reprendre moi-même ... Mon dossier médical ... mon carnet d'ordonnances ... Ah ! voici la plainte déposée ... On la déchire ... et on n'en parle plus ! Et celle-là, pour qui est-elle ? (Il lit) "Vol qualifié..." tu penses, dans une pharmacie ... ce n'est rien ... te voilà libre (Il déchire) ... et toi, qu'as-tu fait ? (Il lit) "Appropriation indue ... injures ..." des blagues ... va, mon garçon, tu es libre ! (Il déchire) Tous libres ! (Il s'arrête pour regarder une feuille de plus près) Non, pas toi, ... tu es un salaud ... toi, tu restes ... et tu vas en tôle. (Il étale soigneusement la feuille sur la table puis ouve l'armoire pleine de paperasses) Que personne ne bouge ! La justice va passer. Oh la la ! Ce sont des plaintes, tout ça ? Je brûle tout ... un grand feu de joie ! (Il prend un briquet, s'apprête à brûler une liasse de papiers et lit les titres) "Instruction en cours" (Une autre liasse) "...ordonnance de clôture d'instruction..." (À ce moment le téléphone retentit. Tranquillement, le fou décroche.)
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