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Hubert Gignoux (Préfacier, etc.)Valeria Tasca (Éditeur scientifique)Bernard Dort (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Toni Cecchinato (Traducteur)
ISBN : 2902165269
Éditeur : Dramaturgie (15/10/1997)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 22 notes)
Résumé :
"... Tout bien pesé, je considère FO comme l'artisan moderne le plus complet et le plus constant de ma forme comique préférée. La carrière de ce flamboyant auteur - acteur et les combats politiques de son pays se confondent. On ne peut pas plus les dissocier qu'on ne songe à le faire pour Aristophane. Spectacle et engagement sont pour lui inséparables et il n'écrira ou ne représentera rien qui ne se conforme à ce principe. Mais en sachant donner au militantisme une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bruidelo
  21 décembre 2018
Un personnage comme Fo les aime - et moi aussi ;) - un fou, fou breveté, déjà interné seize fois et toujours pour la même raison: il est atteint d'histriomanie, il a l'obsession du théâtre et ne peut s'empêcher d'interpréter des rôles toujours différents.
Notre fou donc se retrouve dans un commissariat - pas n'importe quel commissariat : c'est ici qu'un anarchiste est tombé du 4ème étage. L'enquête a conclu à un suicide (Là Fo s'inspire d'une affaire réelle, la mort suspecte du cheminot anarchiste Pinelli).
Le fou saisit cette occasion d'incarner un nouveau personnage, adoptant illico une attitude froide et détachée, ton péremptoire, voix monocorde, regard triste un peu myope - et hop! le voilà dans la peau d'un juge chargé de la révision et clôture de l'enquête. Partisan du « théâtre-vérité », il est drôle et brillant dans son rôle de Revizor, lorsqu'il tourne en dérision la défense emberlificotée du Préfet et du Commissaire et se lance dans des hypothèses brillamment farfelues, voire complètement délirantes, pour tenter de démontrer, dit-il, leur innocence. Le fou applaudit l'agent qui affirme avoir attrapé l'anarchiste par un pied pour l'empêcher de tomber - aucune importance si cela n'a pas empêché la chute, la chaussure lui est restée dans la main, assure l'agent, et la chaussure est la preuve irréfutable de sa volonté de le sauver. Reste évidemment à expliquer pourquoi l'anarchiste mourant sur le pavé avait encore ses deux chaussures aux pieds: peut-être était-il tripède, et portait-il trois chaussures - « de la part d'un anarchiste, on peut s'attendre à tout »? A moins que l'agent ait été particulièrement rapide, dégringolant l'escalier, se mettant à la fenêtre avant le passage du suicidaire et lui enfilant sa chaussure au vol? Ou alors l'anarchiste avait deux chaussures au même pied, l'une étant une sorte de galoche, de couvre-chaussure comme on en portait autrefois - les anarchistes sont en effet beaucoup plus conservateurs qu'on le pense.
Dario Fo allie avec brio bouffonnerie et militantisme politique. Désolée Dario, tu as beau dire
« le théâtre n'a rien à voir avec la littérature... Une oeuvre théâtrale valable, paradoxalement, ne devrait pas plaire à la lecture et ne révéler sa valeur qu'à la réalisation scénique »
cette lecture m'a bien plu!
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Cosaque
  13 août 2014
Mort accidentelle est une pièce de combat. Dario Fo l'a écrite dans le feu de l'action en un temps record (à peine un mois) en 1970.
Le contexte italien de l'époque était explosif, au figuré comme au propre. Des groupes ultra-gauches n'hésitaient pas à recourir à la violence, tandis que les groupes fascistes posaient des bombes dans les lieux publics (banques, gares...) en en faisant porter la paternité à l'extrême gauche. Ces menées fascistes bénéficiaient de la complicité passive (sinon active ?) des forces polices. Cette stratégie avait pour but de créer un climat d'inquiétude dans la population quant à une possible prise de pouvoir par les communistes. Ce calcul devait permettre l'arrivée au pouvoir de factions militaro-policières, sensées lutter contre le péril rouge. Certains affirment que la CIA avait sa part dans cette manipulation en aidant les groupes d'extrême droite.
Voilà en très sommairement brossé la situation politique italienne des années 70, si vous voulez plus informations sur le sujet, je vous invite à voir une vidéo d'Arte Orchestre noir, il a également été mis en ligne dans une version réduite sur Youtube Orchestre noir: https://www.youtube.com/watch?v=vWF57yFH3Kg.
Pour revenir à notre anarchiste (Giuseppe Pinelli) celui-ci est arrêté, car soupçonné d'avoir participé à l'attentat à la bombe de la Piazza Fontana le 12 décembre 1969. Mais au cours de son interrogatoire il meurt victime d'une chute du quatrième étage d'un commissariat de Milan le 15 décembre. Après enquête l'on conclut à un suicide de Pinelli.
Cette mort a fait beaucoup de bruit et presque personne ne croit à la thèse du suicide, d'autant moins que le commissaire (L. Clabresi) avait une solide réputation de pratiquer des interrogatoires assez « musclés ». Dario Fo reprend les minutes de l'enquête dans le but d'en relever les contres vérités et la mauvaise foi notoire qui prévalut durant cette « enquête ».
Fo n'a pas eu besoin de faire beaucoup d'effort pour rendre absurde les arguments de la police pour se disculper de la mort de Pinelli, les dépositions des policiers sont par elles-mêmes proprement ahurissantes. Elles ont été éditées en France, malheureusement je ne me rappelle plus la référence du livre, si certains sont intéressés je pourrais faire l'effort d'une recherche. La faconde de Dario Fo et son sens du gag en font une pièce hilarante. Il utilise le personnage d'un mythomane qui s'introduit dans le commissariat où a lieu l'interrogatoire fatal. Ce fou sous la personnalité d'un juge mène une contre enquête sur les causes de la mort. C'est assez jouissif de voir ces braves pandores complètement désorientés par la virtuosité verbale de celui qu'ils prennent pour un juge. de plus sous leurs yeux il devient un ancien parachutiste de la légion étrangère et un vétéran du Vietnam et enfin un évêque. Cette pièce de théâtre est dans la tradition italienne de la Commedia dell'arte, avec des bouffonneries (lazzi) qui n'ont d'autre but que le comique et un jeu de scène qui réclame une virtuosité physique presque gymnique.
Cette excellente pièce, est sans doute un peu périmée, car elle fait référence à des événements qui sont aujourd'hui oubliés. Néanmoins malgré tous les éléments périmés, elle conserve son actualité dans sa dénonciation de méthodes policières qui n'ont guère changé : en Italie et ailleurs.
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blandine5674
  09 janvier 2018
Encore un auteur que je n'aurai pas connu si Babelio n'existait pas. Dario Fo n'est pas n'importe qui. Prix Nobel de littérature en 1997, Molière de l'auteur en 2000. Écrivain, dramaturge, acteur, metteur en scène de théâtre.
Ce petit bouquin est composé de deux pièces de théâtre. La plus connue est la première, bien que j'ai préféré la deuxième qui m'a fait plus rire. La révolte des ménagères dans ‘Faut pas payer' qui dévalisent un supermarché. Certaines ont embarqué n'importe quoi et comment cacher la marchandise quand la police va perquisitionner ? Surtout quand on a, comme Antonia, un mari honnête et droit.
La première est basée sur un fait divers. Dans cette pièce, un fou, se faisant passer pour un juge, va mettre dans l'embarras, de façon drôle, les policiers qui ont tenté de prouver que l'homme, lors d'un interrogatoire musclé, s'est suicidé en se jetant par la fenêtre.
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helhiv
  09 octobre 2017
J'ai découvert le théâtre de Dario Fo avec ces deux pièces et quelle découverte : j'adore sans aucune restriction ! du théâtre intelligent, drôle et engagé : un régal ! Malgré mon enthousiasme, j'ai tout de même une préférence pour Mort accidentelle d'un anarchiste par rapport à Faut pas payer !
MORT ACCIDENTELLE D'UN ANARCHISTE
Dans cette pièce, Dario Fo utilise un personnage qui peut tout se permettre parce qu'il est fou. Fou peut-être mais pas idiot. Sa schizophrénie et sa mythomanie vont lui permettre de faire éclater la vérité de la bouche même de ceux qui veulent la cacher. En les persuadant de vouloir les couvrir, le fou va perdre des policiers soupçonnés d'avoir suicidés un militant anarchiste. le sujet est d'une intense gravité et pourtant le fou est désopilant. C'est un des personnage de théâtre les plus intéressants que j'ai jamais rencontré. Inspiré de faits réels survenus en Italie au début des années 1970, Dario Fo fait comme si, pour brouiller les pistes, la pièce était une transposition d'autres faits, réels eux-aussi, datant du début du siècle dernier aux Etats-Unis.
FAUT PAS PAYER !
Considérant que les prix sont trop élevés, des ouvrières et ouvriers décident de payer un prix réduit voire de ne plus payer du tout. Un policier conciliant et un gendarme intransigeant, partageant le même visage mais représentant les deux faces de la conscience des forces de l'ordre, sont chargés de pourchasser les "voleurs". Il s'ensuit une série de quiproquos, orchestrés par le personnage d'Antonia, qui font de cette pièce une grosse farce. Si le thème de l'exploitation des ouvriers et ouvrières est tout aussi important que celui de la répression policière, l'humour est cette fois plus facile et est moins en symbiose avec l'objectif final de l'auteur.
Les textes accompagnant les deux pièces replacent l'oeuvre de Dario Fo dans son contexte historique et montre sa diversité. Bien que ne parlant pas italien, j'aurais adoré voir Dario Fo et Franca Rame sur scène ! En tout cas, voilà un filon de lecture qui s'ouvre pour moi ...
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isabellelemest
  05 janvier 2013
Je n'ai pas lu, mais vu la pièce de théâtre "Faut pas payer", satire désopilante et déjantée de la société de consommation en crise, où tous les expédients les plus farfelus et les situations les plus cocasses et les plus invraisemblables sont bons pour lutter contre la vie chère, et la dureté des temps. Un éclat de rire "hénaurme", un remède à la mélancolie, par le prix Nobel de littérature Dario Fo.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   08 janvier 2018
Faut pas payer !
Luigi : - Giovanni, tu ne tournes pas rond... Tu tiens de ces discours...
Giovanni : - Et toi donc ! Le patron qui devrait nous payer le trajet parce que c'est pour lui qu'on le fait. Qui devrait même nous payer les heures qu'on passe dans le train, parce que ce n'est pas du tourisme. Si tu vas par là, il devrait aussi nous payer les heures de sommeil, parce que c'est pour lui qu'on se repose, pour arriver plus frais au travail. Nous payer le cinéma et la télévision, parce que ça nous fait passer les nerfs qu'on attrape à la chaîne. Et verser quelque chose à notre femme quand on fait l'amour, parce que faire l'amour, ça régénère et après, on a un meilleur rendement.
Luigi : - Tu as raison. Nos femmes, c'est comme si elles servaient le patron à l'oeil. C'est sur elles qu'on déverse la rogne dans laquelle on se fout à l'usine. Tout ce machin... comment on dit... l'aliénation par le travail... Nous rentrons chez nous pour nous cacher, comme des bêtes dans leur tanière, pour lécher nos blessures l'un l'autre, mari et femme... Et cette tristesse... le vide, la misère, la lumière de cette vie de merde qu'on nous fait mener...
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blandine5674blandine5674   09 janvier 2018
Faut pas payer !
Le policier : - Je n'ai jamais dit que les gens n'étaient pas généreux.
Giovanni : - Peut-être... mais vous êtes méfiant.?.. vous dîtes qu'on ne peut compter sur personne. Vous me rappelez un patron que j'ai eu... un vieux méfiant qui avait un chien encore plus vieux et plus méfiant, complètement sourd... mais un terrible chien de garde. Le patron n'avait confiance qu'en lui. Alors il lui a fait faire un appareil acoustique.
Le policier : - Au chien ?
Giovanni : - Oui, un appareil exprès, qui fonctionnait sur piles. On lui a fixé sous la cuisse... le fil partait de là... passait comme ça... jusqu'aux deux tampons. Seulement dès que le chien a levé la patte, il a pissé sur les piles... court-circuit... crac ! électrocuté;
Le policier : - Bon. Je tâcherai de ne pas lever la patte.
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CosaqueCosaque   12 août 2014
MORT ACCIDENTELLE D'UN ANARCHISTE

[...]
FOU: Le peuple réclame une véritable justice? Eh bien, nous nous arrangerons pour qu'il se contente d'une justice un peu moins injuste. Les travailleurs crient: "Assez d'humiliations! Halte à la barbarie de l'exploitation!" Nous tâcherons que l'exploitation devienne un peu moins barbare, nous veillerons surtout à ce qu'ils cessent d'en être humiliés, sans cesser d'être exploités... [...] Ils voudraient l'abolition des classes? Nous ferons en sorte que l'inégalité soit moindre, ou plutôt moins voyante! Ils voudraient la révolution? Nous leur donnerons des réformes... beaucoup de réformes... nous les noierons sous les réformes. Ou plutôt nous les noierons sous les promesses de réformes, car même les réformes, nous les ferons jamais.

[...]
Deuxième partie
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Claire-una-voltaClaire-una-volta   14 mai 2015
Mort accidentelle d'un anarchiste


LE COMMISSAIRE SPORTIF -. Il n'y a rien à mettre en doute, monsieur le juge, je vous assure... il a tout fait tout seul!

LE FOU -. Il n'y avait même pas un tremplin, comme dans les compétitions?

LE COMMISSAIRE SPORTIF -. Non...

LE FOU -. Le sauteur portait peut-être des chaussures avec des talonnettes à ressort, à la Brummel!

LE COMMISSAIRE SPORTIF -. Pas la moindre talonnette...

LE FOU -. Ainsi, nous avons d'un côté un homme qui mesure tout au plus un mètre soixante, sans aide, sans tabouret... de l'autre une demi-douzaine de policiers qui se trouvent dans un rayon d'un mètre ou deux, que dis-je, il y en avait même un tout près de la fenêtre, et ils n'ont pas le temps d'intervenir...
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Claire-una-voltaClaire-una-volta   14 mai 2015
Mort accidentelle d'un anarchiste

LE FOU -. Ce que l'on peut s'en foutre... L'important est que le scandale éclate... Nolimus aut velimus! Et que le peuple italien, lui aussi, comme le peuple américain ou anglais, devienne moderne et social-démocrate, et puisse enfin s'écrier : "Nous sommes dans le fumier jusqu'au cou, c'est vrai. C'est justement pour ça que nous marchons la tête haute!"
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Videos de Dario Fo (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dario Fo
extrait de "Klaxon, trompettes... et petarades" de Dario Fo
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