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ISBN : 2218978490
Éditeur : Hatier (27/08/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.56/5 (sur 2576 notes)
Résumé :
Branle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu'il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c'est Zerbinette qu'il aime, mais son père en a lui aussi décidé autrement. Alors, que vont bien pouvoir faire ces deux jeunes gens sans le sou contre la puissance et l'autorité de leurs barbons de pères ? Faire appel à Scapin, bien sûr, le valet bondissant et... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
28 octobre 2013
C'est terrible quand la légende, quand la vie rêvée de quelqu'un dont on aimerait faire une idole, se voit contredite, mise à mal, voire mise en pièces par les éléments patents de la réalité. Plus j'explore les arcanes sombres des archives théâtrales, plus je vogue dans l'histoire dramatique mondiale, plus je lis à droite et à gauche, et plus je découvre de petits faits qui viennent entacher la belle aura de mon Molière.
Dès le collège, j'ai rencontré Molière et ai de suite aimé, emportée par son ton, sa plume, son traitement scénique.
J'ai adoré le Bourgeois Gentilhomme puis vint le moment, peu de temps après, de ma rencontre avec Les Fourberies de Scapin.
Je crois que j'avais encore mieux aimé cette dernière, j'avais fait des pieds et des mains pour que nous montions la pièce avec notre prof de français qui s'était laissée vaincre par mes élans d'enthousiasme, si rares (déjà pour l'époque nous disait-elle) chez les collégiens moyens que nous étions.
J'ai relu récemment un certain nombre de pièces de Molière ; certaines m'ayant fort déçues, d'autres, c'est le cas du Malade Imaginaire ou des Fourberies de Scapin, ayant tenu toutes leurs promesses.
Me voilà rassurée, le talent de mon idole du collège n'a pas tant terni que cela. Mais dans le même temps, je découvre beaucoup de pièces antiques, de Plaute ou Térence, notamment, je lis des auteurs français moins connus du XVIIème siècle et là, je me rends compte, que beaucoup de ce que je crois être du Molière est un repompage quasi intégral d'autres auteurs. Je me rends compte également que nombreuses sont les thèses de doctorat, les études, les critiques et les analyses sur la paternité réelle de Molière sur « ses » pièces.
Les bras m'en tombent, il faut que j'aille voir ça moi-même. Pas Scapin, tout de même, pas lui que j'aime tant, non, ce n'est pas possible à la fin !
Et si, ma grande, encore une désillusion, encore un mensonge dans la liste si longue des histoires qui te répugnent et que tu ne voudrais pas connaître...
L'ossature des Fourberies est en fait la pièce de Térence intitulée Phormion. le traitement de la pièce est une recopie intégrale des fameuses farces de la Commedia Dell'Arte. Et enfin, le coup de grâce, la scène, non !, pas la scène, LA scène, le fameux « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ! », même celle-là n'est pas de lui. C'est un authentique plagiat de Cyrano de Bergerac dans sa pièce le Pédant Joué de 1654.
Le talent de Molière ne serait-il que d'être un génial compilateur ? Aïe ! que j'ai mal à ma légende, que son image se brise et s'effrite ! Sans compter que l'analyse académique très pointue réalisée en 2008 sur le lexique de sa pièce en vers le Tartuffe révèle avec une quasi certitude qu'elle aurait été écrite par Corneille, et PAN ! encore une vitrine qui s'effondre.
Je découvre que dès l'époque on lui reproche ses plagiats et que c'est même la principale critique à son talent, tant d'écrivain que d'acteur que de metteur en scène (de nos jours il ne nous reste que les textes, mais il semble bien que sur le jeu d'acteur, les costumes et la mise en scène, c'était pareil). On lui reproche de copier tout ce qui marche ou qui a du succès et de le faire sien puis de se l'attribuer en propre.
Aïe ! ma légende, que je souffre tout d'un coup à vouloir te conserver. Il me reste soit le choix de te piétiner, soit celui de fermer mes écoutilles et de ne rien entendre, de continuer à te vénérer comme dans n'importe quelle croyance divine quelles que soient les preuves matérielles irréfutables. Je ne sais encore que choisir. Et la langue de Molière, alors ? Ne parlerais-je que le tissu plagiaire d'une bordée d'anonymes ?! C'est bien possible.
Ah ! Les Fourberies de Poquelin ! Un faquin ce Molière, en somme. On sait qu'il aurait beaucoup souhaité s'adonner au drame satyrique, voire à la tragédie plutôt qu'à la comédie. Et il est vrai que sa soif d'exprimer des messages sociaux ou politiques forts fut parfois muselée tant par la férule du roi soleil et de sa cour que par le style auquel il fut, un peu contre son gré, cantonné. Est-ce la raison intime pour laquelle Molière se serait adonné ainsi à la comédie, en faisant "ce qu'on lui demande" ou bien "ce qui marche auprès du public" et en s'y investissant personnellement assez peu pour ne pas répugner de voler de la matière à d'autres ? C'est ce que j'ai envie de croire. On a du mal à se figurer le réseau de contraintes qui s'exerçaient sur un artiste tel que lui à l'époque et c'est l'excuse que je veux lui donner.
Pourtant il faut bien que je vous parle de cette pièce. Ici, on peut dire que Molière fait si bien ce pourquoi on l'attend, réalise une pièce si réussie de bout en bout que cette comédie est devenue un archétype, que dis-je, LA comédie par excellence. Pas de message fort, pas de grande dénonciation (même si l'on voit poindre deci-delà des piques envers qui vous savez), par contre, un jeu scénique réglé au millimètre (même si le millimètre n'existait pas encore !), des gags et des dialogues qui font mouche, notamment, la fameuse scène 7 de l'acte II entre Géronte et Scapin et sa sublime récurrence « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » qui est passée dans le langage courant (et ça, c'est bien à Molière qu'on le doit et non à Cyrano de Bergerac).
J'oserais presque, si vous me le permettiez, tenter une comparaison entre Molière et René Goscinny, qui lui aussi aurait tant souhaité se faire remarquer autrement que par des sujets légers et qui lui aussi nous a légué de ces récurrences géniales du genre : « les derniers irréductibles », « être tombé dedans quand on était petit », « vouloir être calife à la place du calife », « tirer plus vite que son ombre », etc., etc. En somme, la prochaine fois que vous direz « Pouah ! quelle galère ! », sachez que Monsieur Molière y est peut-être pour quelque chose, même s'il n'en est pas le géniteur véritable et authentifié.
L'histoire, c'est à peine si j'ose tellement elle est connue de tous. Deux fils de bourgeois tombés amoureux, contre la volonté de leur père avare respectif, de deux filles belles comme l'aube mais dont le mariage est impossible. Par l'entremise de Scapin et de sa roublardise, il faudra arriver à arranger tout ça et, si possible, rogner quelques écus au passage aux deux vieux radins. Tout s'arrangera bien vraisemblablement, mais au fait, j'y pense, qui sont-elles ces deux beautés féminines ?
Et malgré tout ce que j'ai écrit plus haut, malgré toutes les limitations qu'on peut faire, quel bonheur quand Molière fait s'agiter les personnages autour de nous comme une volée de moineaux en cage, c'est drôle, c'est plaisant, c'est vivant, c'est du grand théâtre et ça se mange sans faim, du moins c'est mon avis, mon tout petit avis, plus petit et piteux aujourd'hui que jamais, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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florencem
15 novembre 2016
J'ai dû lire pas mal de pièces de Molière durant ma scolarité, mais Les fourberies de Scapin n'en faisait pas parti. du coup, quand j'ai vu qu'elles étaient disponibles en ebook, je me suis dit : pourquoi pas ! Je garde un très bon souvenir de mes lectures de ce grand auteur français et cela allait très bien avec mon petit challenge de lecture de classiques.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, n'ayant même pas lu le résumé. Comme c'est une pièce de théâtre, on entre directement dans l'action et j'avoue avoir été un peu perdue au début mais ensuite tout se met en place assez facilement.
Les riches en prennent plein pour leurs grades, soit incapables de se tirer d'un mauvais pas sans leur serviteur, soit trop aveugles et facilement manipulables pour ne pas voir les mauvais tours qu'on leur joue. Les fils des deux bourgeois par qui tout commence nous sont dépeints comme de jeunes mignons mais ils sont amoureux et tiennent à faire beaucoup de choses pour leurs promises. Les pères, eux, sont gonflés d'orgueil, pingres et malléables. Les jeunes s'en retrouvent assez attendrissants, quant aux plus âgés, on ne souffre nullement de les voir subir les dites fourberies de Scapin.
Scapin, d'ailleurs, est sans aucun doute, le pilier de cette farce. Intelligent, manipulateur et fourbe, il n'en reste pas moins un personnage que l'on apprécié tout de suite. le pauvre, en fin de compte, se bat d'une certaine façon pour la justice : celle de l'amour mais aussi celle des affronts qu'il subit. N'allons pas en faire un héros pour autant, mais il a le mérite de nous faire rire.
Entre malentendus, tournures de phrases, embobinages, petites manipulations, la pièce se lit vite et avec le sourire. C'est frais, intelligemment bien tourné, comique sans rentrer dans le potache. Un bon moment comme de coutume avec Molière.
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thedoc
20 mai 2016
Grand classique de Molière, « Les fourberies de Scapin » nous plonge dans l'ambiance de la commedia dell'arte où quiproquos, tromperies, retournements de situations et coups de bâton se multiplient.
A Naples, deux jeunes garçons sont amoureux. Profitant de l'absence de leurs pères respectifs, l'un, Octave, épouse en secret Hyacinthe, une jeune fille pauvre et d'origine inconnue, tandis que l'autre, Léandre, conte fleurette à Zerbinette, une égyptienne. Mais malheur ! Voici que les pères, Argante et Géronte, rentrent de voyage avec des projets de mariage pour leurs enfants. Les garçons se croient perdus et ne savent plus que faire. Heureusement, Scapin, le valet de Léandre, a plus d'un tour dans son sac pour venir en aide aux jeunes hommes.
Personnages hauts en couleur, rythme soutenu, intrigues burlesques, c'est du Molière dans toute sa splendeur. L'auteur ici se déchaîne dans l'art de la tromperie et de la drôlerie. Scapin, intelligent et fourbe, est celui par qui tout s'arrange, forcément : l'avarice est punie et l'amour est récompensé. Avec en plus, une fin que je n'avais pas vu venir. Le tout dans la belle langue de Molière.
Une pièce à lire et à relire sans ennui.
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Gwen21
19 novembre 2012
C'est avec Scapin que j'ai fait connaissance avec la comédie made by Molière (oui, c'est terrible d'utiliser de l'anglais pour parler de notre cher dramaturge national mais c'est fait exprès, je sentais que vous aviez les mâchoires crispées, les faire grincer vous fera sans doute du bien).
Revenons à notre cher Jean-Bapt.
J'ai aimé Molière parce que j'ai aimé Scapin. C'est Scapin, sa ruse, son humanité et ses facéties qui m'ont charmée et donné envie d'en découvrir encore plus sur l'oeuvre du Maître.
Allez, ma critique sera courte, je vous épargnerai la galère !
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Musardise
02 août 2017
Je découvre, il y a peu de temps (car il n'est jamais trop tard pour apprendre), que Molière était un fieffé voleur et qu'il s'accaparait les pièces des autres pour construire les siennes. le genre de choses qu'on ne vous apprend pas (comme c'est bizarre) au collège, où Molière constitue un passage obligé en cours de français. C'est que depuis le XIXème siècle, on l'a quelque peu élevé au rang d'icône nationale et qu'il ne faut pas toucher aux icônes. Bon, d'un autre côté, on sait bien que Shakespeare lui-même empruntait régulièrement les arguments de ses pièces à d'autres auteurs. Et, surtout, le fait est que ce genre d'emprunts était plus que courant au sein des troupes qui sillonnaient la France du XVIIème siècle : toutes jouant le même répertoire, pour se distinguer les unes des autres, elles s'appuyaient (le mot est faible) sur des comédies espagnoles ou italiennes, pour les rebâtir et concocter farces et autres réjouissances en un acte, représentées en général après une tragédie. Bref, il fallait bien se débrouiller pour faire bouillir la marmite. Visiblement, Molière n'avait pas cessé ces pratiques une fois que sa troupe fut devenue Troupe du Roi. Vous me direz que, justement, il était alors encore plus pressant de plaire - on sait que Molière était très ambitieux -, et qu'user de vieilles recettes ayant maintes fois prouvé leur efficacité devait mener au succès. Quoique... Les Fourberies n'a pas tellement plu lors des premières représentations, et Molière n'a d'ailleurs pas coupé à l'accusation de plagiat, même en ces temps où les droits d'un auteur étaient carrément soumis à mal. Alors, que penser de ces Fourberies, dont l'argument est emprunté à Térence, la forme à la comédie italienne, et le fameux passage de la galère proprement piqué au Pédant joué de Cyrano de Bergerac ?
Le fait est que Les Fourberies de Scapin est une comédie tirée au cordeau. On a beaucoup dit que Molière construisait mal ses pièces, notamment à propos du Tartuffe. Ici, on serait mal avisé de le répéter. Bizarrement, elle est construite en trois actes, ce qui ne correspondait alors ni à la forme d'une "grande comédie" (cinq actes), ni à celle d'une "petite comédie" jouée après une tragédie (un acte seulement). du coup, elle a la longueur parfaite pour des spectateurs qui n'ont plus les mêmes exigences, ni ne connaissent les mêmes conditions de représentation qu'au XVIIème siècle. En cinq actes, elle se serait délitée dans des péripéties répétées et devenant très lourdes. Plus courte, elle n'aurait pas donné l'occasion à son auteur de développer les scènes mémorables que l'on sait, ni même son personnage principal. Or, elle est si bien construite que tout le comique fonctionne toujours à plein. Je voudrais noter au passage que, malgré ma fréquentation de la pièce, je ne l'avais pas relue depuis très longtemps et que j'y ai redécouvert des petits bijoux : je pense surtout à deux tirades à la scène V de l'acte II, où Scapin redouble d'arguments en défaveur de la justice officielle pour détourner Argante de son projet de plaidoirie (et lui soustraire deux cents pistoles). Mais dès la première scène, j'étais déjà ferrée par les répliques de Silvestre. Car, de fait, si Térence et la comédie italienne ont été plus que sollicitées par Molière, il lui a bien fallu écrire des dialogues (quand il ne les a pas piqués chez Cyrano, s'entend), les rendre vivants, les mettre en scène, et donner de la chair aux personnages.
Certes, on pourrait peut-être arguer du fait que certains personnages, justement, paraissent un peu falots. Car oui, Scapin est génial en personnage alliant malice, vivacité, forfanterie et naïveté (la façon dont il balance Léandre sans s'en rendre compte !), Silvestre fonctionne très bien en contrepoint, mêlant ruse, prudence et nonchalance, et, évidemment, Argante et Géronte forment un duo de pères exceptionnel, bornés, sûrs de leur droit, drôles et, ma foi, plutôt sympathiques... Mais que dire d'Octave, de Léandre, de Hyacinte, voire de Zerbinette ? C'est là qu'à mon sens le jeu fait tout, et il ne tient qu'aux acteurs et au metteur en scène de forcer le trait pour donner du relief aux caractères tout de même très niais des deux jeunes hommes, notamment. Ainsi, la scène II de l'acte II, qui voit les retrouvailles de Géronte et Léandre, sera d'autant plus piquante qu'elle jouera sur les contrastes entre un père furieux et un fils qui joue (assez mal) les innocents.
On pourrait gloser encore longtemps sur les mérites d'une comédie impeccablement écrite, qui reste toujours aussi savoureuse après de nombreuses lectures (à haute voix!) et représentations. C'est un petit délice dont on ne se lasse pas. Mais que cela ne nous empêche pas d'apprendre aux collégiens que Molière était, lui aussi, un sacré filou !

Pour consulter des citations qui illustrent cette critique :
https://www.babelio.com/auteur/-Moliere/2162/citations/1252532
https://www.babelio.com/auteur/-Moliere/2162/citations/1253958
https://www.babelio.com/auteur/-Moliere/2162/citations/1253159
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Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise30 juillet 2017
SCAPIN
Eh ! Monsieur, de quoi parlez-vous là, et à quoi vous résolvez-vous ? Jetez les yeux sur les détours de la justice ; voyez combien d'appels et de degrés de juridiction, combien de procédures embarrassantes, combien d'animaux ravissants par les griffes desquels il vous faudra passer, sergents, procureurs, avocats, greffiers, substituts, rapporteurs, juges, et leurs clercs. Il n'y a pas de tous ces gens-là qui, pour la moindre chose, ne soit capable de donner un soufflet au meilleur droit du monde. Un sergent baillera de faux exploits, sur quoi vous serez condamné sans que vous le sachiez. Votre procureur s'entendra avec votre partie, et vous vendra à beaux deniers comptants. Votre avocat, gagné de même, ne se trouvera point lorsqu'on plaidera votre cause, ou dira des raisons qui ne feront que battre la campagne, et n'iront point au fait. Le greffier délivrera par contumace des sentences et arrêts contre vous. Le clerc du rapporteur soustraira des pièces, ou le rapporteur lui-même ne dira pas ce qu'il a vu. Et quand, par les plus grandes précautions du monde, vous aurez paré tout cela, vous serez ébahi que vos juges auront été sollicités contre vous, ou par des gens dévots, ou par des femmes qu'ils aimeront. Eh ! Monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous de cet enfer-là. C'est être damné dès ce monde que d'avoir à plaider ; et la seule pensée d'un procès serait capable de me faire fuir jusqu'aux Indes.

Acte II, scène V
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MusardiseMusardise29 juillet 2017
OCTAVE
Ah ! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche !

SIVESTRE
Qu'ai-je à parler davantage ? Vous n'oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.

OCTAVE
Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.

SILVESTRE
Ma foi ! je m'y trouve autant embarrassé que vous, et j'aurais bon besoin que l'on me conseillât moi-même.

OCTAVE
Je suis assassiné par ce maudit retour.

SILVESTRE
Je ne le suis pas moins.

OCTAVE
Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes.

SILVESTRE
Les réprimandes ne sont rien ; et plût au Ciel que j'en fusse quitte à ce prix ! mais j'ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies, et je vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.

OCTAVE
Ô Ciel ! par où sortir de l’embarras où je me trouve ?

SILVESTRE
C'est à quoi vous deviez songer, avant que de vous y jeter.

OCTAVE
Ah ! tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.

SILVESTRE
Vous me faites bien plus mourir par vos actions étourdies.

Acte I, scène I
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MusardiseMusardise30 juillet 2017
SCAPIN
Mais, pour plaider, il vous faudra de l'argent : il vous en faudra pour l'exploit ; il vous en faudra pour le contrôle ; il vous en faudra pour la procuration, pour la présentation, conseils, productions, et journées du procureur ; il vous en faudra pour les consultations et plaidoiries des avocats, pour le droit de retirer le sac, et pour les grosses écritures ; il vous en faudra pour le rapport des substituts ; pour les épices de conclusion ; pour l'enregistrement du greffier, façon d’appointement, sentences et arrêts, contrôles, signatures, et expéditions de leurs clercs, sans parler de tous les présents qu'il vous faudra faire. Donnez cet argent-là à cet homme-ci, vous voilà hors d'affaire.

Acte II, scène V
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Nastasia-BNastasia-B28 octobre 2013
GÉRONTE : Pourquoi venez-vous ici me rire au nez ?
ZERBINETTE : Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d’un conte qu’on vient de me faire, le plus plaisant qu’on puisse entendre. Je ne sais pas si c’est parce que je suis intéressée dans la chose ; mais je n’ai jamais trouvé rien de si drôle qu’un tour qui vient d’être joué par un fils à son père, pour en attraper de l’argent.
GÉRONTE : Par un fils à son père, pour en attraper de l’argent ?
ZERBINETTE : Oui. Pour peu que vous me pressiez, vous me trouverez assez disposée à vous dire l’affaire, et j’ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.

Acte III, Scène 3.
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genougenou10 août 2015
Vous vous moquez, la tranquillité en amour est un calme désagréable. Un bonheur tout uni nous devient ennuyeux. Il faut du haut et du bas dans la vie. Et les difficultés qui se mêlent aux choses réveillent les ardeurs augmentent les plaisirs.

(Les fourberies de Scapin)
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Vidéo de  Molière
"Le médecin malgré lui", pièce de prose en trois actes, adaptée dans un film réalisé par Pierre Weil, en 1934, produit par Pelleyris, sur la musique de Jean Vuillermoz. À l'affiche, il proposait des sociétaires de la Comédie Française et des comédiens du Théâtre de l'Odéon : Hélène Perdrière, M. M. Rognoni, Lily Mounet, J.H. Chambois, Pierre Lecomte, Marguerite Ducouret, Paul Delon et Stacquet.
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