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Annie Morvan (Traducteur)
EAN : 9782246446217
217 pages
Éditeur : Grasset (10/06/1992)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Sur un bateau délabré conduit par un capitaine alcoolique, Magroll el Gaviero entreprend la remontée du fleuve Xurando.
Marin d'origine mystérieuse et personnage aujourd'hui mythique de l'œuvre d'Alvaro Mutis, il est à la recherche d'hypothétiques scieries situées au cœur d'une jungle dangereuse et inhospitalière qui lui permettront, du moins l'espère-t-il, de monter une affaire de transport de bois et de gagner un peu d'argent. Magistrale métaphore sur la pr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  24 mars 2019
« Puisque la vie n'est qu'une errance dépourvue de sens, l'important est d'errer intensément sans penser que l'on puisse jamais arriver quelque part. », voilà la devise de vie de Maqroll le Gabier, dont on découvre ici le carnet de voyage tenu pendant sa remontée du fleuve Xurando, dans un improbable rafiot et en compagnie d'un équipage encore plus improbable. Notre homme espère faire fortune en montant une affaire de commerce de bois avec des scieries supposées se trouver quelque part sur le fleuve. On imagine bien dès le départ, que cette quête est aussi des plus improbables.
L'histoire ici a peu d'importance, du moins pour moi. La prose sublime de Mutis aux descriptions et réflexions d'une finesse et d'un humour exquis, à elle seule m'a comblée. Mais l'histoire y est aussi, et quelle histoire. “Une vieille histoire; vieille et ennuyeuse”, celle de la Vie, cette errance aux incontournables composantes, la chance, la malchance, les bons, les méchants, les perdants, pas de gagnants ici vu que dans la vie aussi ce n'est qu'en apparence, le bonheur, la peur,.......et la mort, le tout sur ce rafiot de misère, avec en prime un commentateur notre Maqroll le Gabier, alter égo d'Alvaro Mutis. Que demander de plus, magistral, de la Littérature pure ! Un livre qui m'a posée “des ventouses dans l'âme”(p.93).....
Je voudrais terminer avec une citation du livre qui fait écho au livre précédent que je viens de lire, le « Travelling » de Garcin et Tanguy, où Garcin justement y réfère : “Comme si ce voyage, ces paysages que nous avons traversés, l'expérience de la forêt partagée avec ceux que j'ai connus ici, le retour qui sera plein d'images, de voix, de vies, d'odeurs et de délires venant s'ajouter aux ombres qui me tiennent compagnie, n'avaient d'autre but que de débrouiller l'insipide écheveau du temps.”
Pour qui s'intéresse à ces deux livres, je conseille de les lire consécutivement , un pur délice !
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Pirouette0001
  19 décembre 2018
Voici une bien belle découverte. Assurément un auteur que je vais tenter de davantage découvrir.
Même en traduction, ce court roman ou grande nouvelle donne envie d'en lire encore plus.
Ce n'est pas tant l'histoire, celle d'un homme qui quitte la femme avec qui il est pour courir l'aventure et chercher fortune dans une obscure histoire de bois à aller récupérer au loin à la remontée d'un fleuve pour s'apercevoir qu'il n'aurait peut-être pas dû quitter cette femme qu'il aimait, que l'ambiance créée, la dimension littéraire offerte au lecteur qui lui permet de se retrouver en dehors du temps et du présent.
J'ai beaucoup aimé.
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Lazlo23
  04 octobre 2015
Il y a du Corto Maltese dans, le personnage de ce roman, un marin désabusé nommé Maqroll el Gaviero (Maqroll le Gabier), mais aussi du Marlow : en effet, comme Charles Marlow, le héros d'« Au coeur des ténèbres », le marin d'Alvaro Mutis remonte un fleuve capricieux au bout duquel l'attendent d'hypothétiques scieries. Projet vain, dont il mesure d'avance qu'il sera un échec mais qu'il mènera tout de même à son terme, par inertie ou par aboulie.
Comme dans le livre de Conrad, ce voyage au bout de la jungle est aussi une plongée dans la sauvagerie et le mal absolu, personnifié par d'affreux trafiquants et par d'inquiétants militaires. Mais ce qui rend ce livre passionnant, c'est surtout son style : venu au roman par les voies de la poésie, Alvaro Mutis (qui est un des grands poètes sud-américains contemporains) a su se forger une belle langue rythmée et musicale et un univers romanesque reconnaissable entre mille. Roman concret et poétique, symbolique et métaphysique, « La neige de l'amiral » habitera son lecteur, longtemps après qu'il l'aura refermé.
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keisha
  26 février 2011
"Maqroll el Gabiero, c'est le gabier, et pour Alvaro Mutis, le gabier est la représentation même du poète, l'homme qui, solitaire tout en haut de son mât, voit et annonce tout au navire, le bon et le funeste. Ainsi, c'est du gabier que tout le navire dépend, tout comme lui dépend totalement du navire." (Avertissement de l'éditeur)

Ce roman avait tout pour me déplaire : littérature d'Amérique latine (j'ai des a priori que je cherche heureusement à démolir), il fait partie d'une série, il n'a pas de fin nette, bref, il n'est pas carré et cartésien. Et pourtant j'ai adoré.

A travers divers documents apparaît ce Maqroll el Gabiero, qui a pas mal roulé sa bosse, du Bosphore en Hollande, en passant par la France et l'Espagne, et remonte présentement le fleuve Xurando dans une chaloupe poussive au moteur capricieux conduite par un capitaine triste et un mécanicien mutique. Il se propose, sans trop y croire, d'atteindre des scieries situées près de la Cordillère et de monter un commerce. Trois mois de voyage lui laissent largement le temps d'écrire son journal de bord, de rêver, de revenir sur sa vie, de penser surtout à Flor Estevez, qui tient le cabaret La neige de l'amiral, perdu dans la Cordillère. Voyage-métaphore de sa vie, avec le mystérieux major qui intervient sans crier gare pour donner un coup de pouce à son destin...

"Mais en réfléchissant quelque peu à cette succession d'échecs, à ces virages que j'ai fait prendre à mon destin avec la même constante maladresse, je m'aperçois soudain que qu'une autre vie s'est déroulée à côté de moi, me frôlant sans que je le sache. Elle est là, continuant de s'écouler, somme de tous mes moments où j'ai refusé de prendre une autre route, où j'ai ignoré la possibilité d'une autre issue. C'est ainsi que s'est formé le courant aveugle d'une destin second qui aurait pu être le mien et l'est , d'une certaine façon, mais sur cette autre rive où je n'ai jamais posé le pied et qui défile, parallèle à ma route quotidienne. Il m'est étranger et pourtant il charrie tous les rêves, toutes les chimères, tous les projets, toutes les décisions qui m'appartiennent autant que cette agitation présente, et auraient pu être la matière d'une histoire qui se déroule aujourd'hui dans les limbes de l'éventualité. Une histoire semblable à celle-ci sans doute, mais faite de tout ce qui, ici, n'a pas été et là-bas continue d'être, se formant, coulant à mes côtés comme un sang irréel qui m'appelle et ignore cependant tout de moi. C'est-à-dire une histoire semblable à celle-ci dans la mesure où j'aurais pu en être aussi le protagoniste et l'imprégner de mon anxiété habituelle et maladroite, mais tout à fait différente quant à ses événements et ses personnages. Lorsque ma dernière heure viendra c'est, ce crois, cette autre vie qui défilera devant moi, me donnant le sentiment de quelque chose à jamais perdu, et non celle-ci, réelle et accomplie, dont la matière ne mérite pas même ce coup d'oeil ni cette révision tardive et conciliante, parce qu'elle n'en vaut pas la peine et parce que je ne veux pas qu'elle soit la vision qui soulagera mon dernier instant."

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce roman est passionnant et se lit avec bonheur. Fleuve et forêt entourent la chaloupe, omniprésents par les cris, les odeurs, les couleurs ou les brumes humides... Au fil des digressions quelques détails de l'histoire se font jour, mais on reste sur une délicieuse frustration, n'ayant qu'une envie, en découvrir plus sur les aventures de Maqroll el Gabiero contées par Alvaro Mutis (il en a écrit d'autres!)*.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Herve-Lionel
  23 novembre 2015

Avril 1992
n°103
La neige de l'amiralAlvaro Mutis – Éditions Sylvie Messinger .
Sous la forme d'un journal de bord rédigé sur du papier de hasard, El Gaviero nous relate sa remontée rocambolesque du fleuve équatorial Xurando à la recherche de l'argent. Comme toujours, il note sur lui-même son éternelle remarque « Je suis au plus haut point intrigué par la manière dont ma vie est une répétition d'échecs, de décisions erronées au départ, de voies sans issue qui, mises bout à bout seraient tout compte fait l'histoire de mon existence ».
C'est encore une fois l'histoire d'un voyage, c'est à dire d'une fuite aux côtés d'un capitaine alcoolique et désespéré … et, par intermittence la compagnie d'un major énigmatique qui lui sauve la vie mais qui avait choisi d'abréger la sienne en venant vivre dans cette forêt « Ici ou là-bas, c'est la même chose, seulement ici, ça va plus vite ! » dit-il au capitaine qui le comprend.
Le véritable but d'El Gaviero semble être les scieries situées aux sources du Xurando. Autour d'elles se bâtissent des légendes complaisamment entretenues par le lamaneur et le mécanicien du bord… puis, rapidement, tout cela perd de son intérêt.
Dans ce voyage qui ressemble fort à un retour à ses origines inconnues, avec en toile de fond la Cordillère, il croise la mort, la sienne d'abord qu'il réussit à éviter, celle du capitaine ensuite qu'il découvre un matin, pendu… puis le naufrage fatal de l'esquif qu'il venait de quitter quelques heures auparavant.
Dans sa tête demeure l'image d'une femme, Flor Estevez et de « la neige de l'amiral », établissement perdu dans la montagne qu'il retrouve vide et délabré.
Ce livre est une approche supplémentaire du personnage d'El Gaviero, marin énigmatique et solitaire en perpétuelle errance, personnage romanesque mais Ô combien attachant dû au talent à chaque fois renouvelé du poète Alvaro Mutis.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   04 octobre 2015
Je m'assieds à l'avant, les jambes pendant au-dessus de l'eau qui m'éclabousse et m'apporte une sensation de fraîcheur qu'en d'autres circonstances j'aurais appréciée plus pleinement. Je pense aux factories et à la mauvaise surprise qu'elles occultent, que je pressens et à propos de laquelle personne n'a voulu me fournir de détails. Je pense à Flor Estevez, à son argent sur le point d'être précipité dans une aventure lourde de mauvais présages, je pense à mon habituelle maladresse pour aller de l'avant dans ce genre d'entreprise, et soudain je me rends compte que tout cela ne m'intéresse plus depuis bien longtemps. Penser à cela me procure un ennui combiné à la culpabilité paralysante de qui sait ne plus être concerné par l'affaire et cherche uniquement la façon de se libérer d'un engagement qui empoisonne chaque minute de sa vie. Cet état d'âme m'est plus que familier. Je sais très bien comment fausser compagnie à l'anxiété et au sentiment d'être en faute qui m'empêchent de profiter de ce que la vie m'offre chaque jour en récompense précaire de mon entêtement à demeurer auprès d'elle.
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Walden-88Walden-88   10 juin 2016
Sur les mines de Cocora :

Et moi qui suis un homme de la mer, pour qui les ports n'étaient que prétexte transitoire à d'éphémères amours et à bagarres de bordels ; moi dont la chair est encore bercée par le tangage du hunier tout en haut duquel je grimpais pour scruter l'horizon et annoncer les tempêtes, l'approche de la terre, les troupeaux de baleines et les bancs de poissons vertigineux qui venaient à nous comme un peuple ivre ; moi, je suis demeuré ici pour m'enfouir dans la fraîche obscurité de ces labyrinthes où circule un air souvent tiède et humide qui apporte des voix, des lamentations, d'interminables et opiniâtres travaux d'insectes, des battements d'ailes d'obscurs papillons, le cri d'un oiseau égaré au fond des galeries.
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BookycookyBookycooky   24 mars 2019
Une bande de perroquets passe dans le ciel en émettant un charabia joyeux qui se perd dans le lointain, telle une promesse de bonheur et de disponibilité sans limites.
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Pirouette0001Pirouette0001   15 décembre 2018
Bien que je finisse toujours par me consoler en pensant que le jeu en vaut la chandelle et qu'il n'est besoin de chercher autre chose que le plaisir de courir le monde sur des chemins qui, au bout du compte, se ressemblent tous. Malgré tout, cela vaut la peine de les suivre pour chasser l'ennui et la mort, la nôtre, celle qui nous appartient vraiment et attend que nous sachions la reconnaître et l'adopter.
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taganga2000taganga2000   22 décembre 2018
Apprendre, par-dessus tout, à se méfier de la mémoire. Ce que nous croyons évoquer est tout à fait étranger et différent de ce qui nous est vraiment arrivé. Combien de moments pénibles et irritants, ennuyeux, la mémoire nous renvoie-t-elle, des années plus tard, comme des instants de bonheur éclatant. La nostalgie est le mensonge grâce auquel nous nous approchons plus vite de la mort. Vivre sans souvenirs, c'est peut-être là le secret des dieux.
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Video de Alvaro Mutis (6) Voir plusAjouter une vidéo

Apos' Strophes d'été
Bernard PIVOT propose une sélection d'entretiens tirés des séries Apos et Strophes : - Patrick MARNHAM pour "Lourdes" (1ère diffusion le 19 février 1989), - Jacques CELLARD pour "Ah ça ira ça ira!" (1ère diffusion le 15 janvier 1989). - Alvaro MUTIS pour "La neige de l'amiral". - Claude Michel CLUNY pour "poèmes du fond de l'oeil" et "odes profanes". - ARISTIDE pour "la langue...
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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