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ISBN : 2253089958
Éditeur : Préludes (15/09/2018)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle.
Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l'enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu'il fait en nommant à s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  21 mars 2019
Sombre fin d'année 1897 pour la ville de Lyon où de très jeunes filles sont assassinées et vidées de leur sang. Elles viennent de milieux différents et n'ont pour seul point commun que d'avoir eu recours à une faiseuse d'anges. Pour le professeur Lacassagne qui enseigne la médecine légale à la Faculté de Lyon, c'est une occasion en or de tester les nouvelles techniques d'investigation qu'il a mises au point. Il s'agit d'arriver sur les lieux du crime avant la police, d'examiner le corps et l'environnement, de recueillir des indices. Pour ce faire, il missionne son étudiant le plus brillant, Félicien Perrier, qu'il charge de retrouver le meurtrier. Flanqué de son ami Bernard Lécuyer et d'Irina, une jeune journaliste polonaise, Félicien se lance dans l'enquête.
Petite virée à Lyon à la fin du XIXè siècle dans les pas d'une équipe atypique aux méthodes atypiques. Précurseurs de Temperance Brennan ou d'Horacio Caine, nos trois amis utilisent l'observation des corps, l'autopsie, le profilage, le relevé d'indices pour s'approcher au plus près du meurtrier. L'anthropologie légale, nouvelle science dont Lacassagne est l'un des pères, permet d'énormes avancées dans les enquêtes policières et pourtant elle rencontre méfiance et défiance de la part des policiers et du public. Qualifiée de science du diable, elle fait peur, comme tout ce qui touche aux morts et nos trois enquêteurs en herbe récoltent moquerie et hostilité. Mais il en faut plus pour les ébranler. Plutôt stéréotypés, ces trois-là ne manquent pas de caractère. Il y a Félicien dans le rôle du beau ténébreux, sulfureux et sûr de lui. Bernard est, quant à lui, le raisonnable, le bon élève, le fils de bonne famille propre sur lui. Et pour finir, Irina est la forte tête, la femme libérée et indépendante qui rêve d'une carrière de journaliste et porte le pantalon malgré la loi qui en interdit le port au beau sexe. Et bien sûr, tous les trois cachent soigneusement leurs petits secrets, juste ce qu'il faut pour pimenter l'histoire. Ils devraient être l'atout du roman, ils n'en sont que la faiblesse : dialogues creux, comportements prévisibles, manque de charisme. Pourtant, on passe un bon moment de lecture en leur compagnie, grâce surtout à la reconstitution de Lyon en 1897. Les traboules, les bouchons, les soyeuses, les canuts, les débuts de la Croix-Rouge, etc., une foule de renseignements qui font voyager dans l'espace et dans le temps. L'aspect scientifique est aussi intéressant qui raconte ce moment charnière où l'on commence à s'intéresser à l'analyse du sang, aux empreintes digitales, au profil psychologique, etc. Ce n'est pas le polar du siècle, c'est parfois grand-guignolesque (le meurtrier et ses motivations sont peu crédibles) mais ce n'est pas désagréable, surtout pour un premier roman. Sympathique.
Merci à Babelio et aux éditions Préludes.
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lecassin
  25 mars 2019
Soyons clairs : je ne suis pas un grand spécialiste de littérature policière ; et il aura fallu une proposition de Babélio, que je remercie, en masse critique, pour que je me lance. Merci également aux éditions Préludes. Car enfin, il aurait été dommage de passer à côté de ce « polar historique »…
Nous sommes à Lyon en 1897. Des jeunes filles sont retrouvées dans la rue sauvagement assassinées. Un point commun entre toutes ces victimes : au moment de leur mort, elles étaient enceintes et avaient eu recours à une « faiseuse d'anges ». La police de l'époque est bien désarmée face à ce genre de situation ; alors qu'à cette époque commencent les travaux d'Alexandre Lacassagne, le père de l'anthropologie criminelle en France.
Coline Gatel n'hésite pas à convoquer ce haut personnage , spécialiste de l'application des dernières découvertes scientifiques, dans l'enquête ; aidé d'un de ses étudiants les plus prometteurs, Félicien Perrier. En fait un trio va se composer : outre Félicien, Bernard, et Irina, une journaliste, participeront à l'affaire…
Oui, l'équipe ainsi formée fait un peu « club des cinq ». L'intrigue et le côté sombre de l'affaire nous en éloigne : ça sent les bas-fonds, le moisi, la pourriture, le cadavre ; il y a du macabre, du gore et les différents acteurs ne sont peut-être pas aussi clairs avec eux mêmes qu'on pourrait le croire à l'origine de cette sombre histoire.
Une intrigue confuse à souhait et parfois un peu difficile à suivre dans la mesure où elle se développe par imbrication des différentes tranches de vie des protagonistes. Malgré tout, une lecture captivante par le mélange de faits réels et romanesques ajoutés à la description du Lyon des canuts à la fin du XIX ème siècle.
Pour un premier roman, Coline Gatel maitrise plutôt bien sa plume.
Laissons de côté quelques boursouflures du style (« Félicien Perrier introduisit sa clef dans la grosse serrure de la porte. Celle-ci était cossue, ouvragée, aussi céda-t-elle facilement lorsque les deux tours furent faits. Doucement, le médecin poussa l'huis et se glissa dans la demeure » page 114).
Laissons également quelques anachronismes de langage (« Arrête ton char, Ben-Hur ! » page 75) et tics de langages bien actuels (« Vous me défendez ? Je rêve ! » page 23, 343, et 416, « Elle pense que cette Isabelle aurait pu m'avoir… vendu pour … enfin voilà quoi ! » page 301)
Un style alerte qui tient le lecteur en haleine, bref, un bon roman, un bon moment, qui je pense m'entraînera vers d'autres expériences dans ce genre « policier historique » que de découvre ici.
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Ichirin-No-Hana
  24 mars 2019
Les Suppliciées du Rhône est un roman qui sait parfaitement mêler enquête policière et Histoire. Nous sommes à Lyon en 1897, des jeunes filles sont retrouvées mortes. Dans ce roman de Coline Gatel, nous suivons l'enquête à travers le regard de scientifiques qui sont encore aux tâtonnements de la médecine légale. Sous le regard avisé du professeur Lacassagne, Bernard et Félicien accompagnés de la séduisante Irina, journaliste, vont tenter de découvrir qui se cache derrière ces meurtres en série.
De par son contexte historique, Les Suppliciées du Rhône est un roman captivant et enrichissant. C'est la première fois que je lis un roman policier qui m'a permis de découvrir les premiers pas de la médecine légale et rien que pour cela, la lecture vaut le coup. Nous découvrons également, avec beaucoup de précisions, le Lyon de cette époque-là et le côté sombre de la ville. J'ai cependant moins été subjugué par l'enquête policière qui m'a paru assez brouillonne ainsi que par les personnalités des personnages en manque de profondeur. En voulant trop enchaîner les dialogues et les réparties (certes savoureuses à certains moments), l'auteure en oublie de nous surprendre et les personnages perdent en crédibilité. J'ai eu un mal fou à différencier Bernard et Félicien… Les Suppliciées du Rhône étant le premier roman publié de l'auteure, je reste très curieuse de découvrir d'autres ouvrages écrits sous sa plume. Car on ne peut passer outre son travail de recherche qui a dû être monstrueux ainsi que sa plume travaillée et agréable à lire !
Bien que son côté enquête policière manque de profondeur et de précisons, Les Suppliciées du Rhônes reste un roman passionnant à lire et à découvrir de par sa recherche historique. Je remercie donc Babelio et les éditions Préludes pour m'avoir permis de découvrir cet ouvrage.
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ladesiderienne
  07 mars 2019
Quelle superbe découverte que ce roman de Coline Gatel ! Merci aux Éditions Prélude et à Babelio, qui grâce à une opération Masse Critique privilège m'ont permis de faire connaissance avec cette auteure prometteuse et qui, autre qualité non négligeable, est originaire de la ville voisine. Elle nous propose un scénario que j'ai trouvé original en mêlant des personnages réels et inventés qui nous entrainent dans un Lyon du XIXième siècle plus vrai que nature.
A la demande de leur professeur de médecine légale, Alexandre Lassagne (1843-1924, fondateur de l'anthropologie criminelle), qui ne fait pas vraiment confiance aux méthodes de la police locale, deux de ses élèves vont enquêter sur les meurtres de plusieurs jeunes filles. D'origine sociale diverse, ces dernières avaient en commun, le fait d'avoir eu recours à des faiseuse d'anges, seul moyen à l'époque d'éliminer les grossesses non désirées. Lacassagne est un précurseur qui a enseigné à ses étudiants l'art de faire parler un corps après la mort. C'est donc au tour de Bernard Lecuyer et Félicien Perrier, deux de ses meilleurs éléments, assistés d'Irina, une journaliste d'origine polonaise, de mettre la théorie en pratique. Mais rapidement les membres de ce trio improvisé vont s'apercevoir que chacun d'eux a des choses à cacher, un passé obscur qui pourrait faire germer le doute et les soupçons dans l'esprit des deux autres.
Beau travail que celui de Coline Gatel car son texte agrémenté d'expressions locales est totalement en adéquation avec le contexte historique typiquement lyonnais. Le lecteur est invité à parcourir les traboules, à découvrir le travail des canuts et à manger dans les bouchons. Mais attention, le voyage n'est pas que réjouissances. En nous faisant assister aux balbutiements des différentes techniques scientifiques (celles qui feront le bonheur de toutes les séries télévisées policières actuelles), il faudra passer beaucoup de temps sur le bateau-morgue amarré sur un quai du Rhône, de même qu'assister à de nombreuses autopsies dans l'amphithéâtre de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, en compagnie d'étudiants hilares.
Coline Gatel mêle avec brio le thriller policier et le roman social. Elle nous dépeint les différentes strates de la société lyonnaise, du notable à la prostituée, et nous décrit la vision de cette dernière par exemple sur l'homosexualité ou sur la condition féminine. Irina, féministe avant l'heure, s'insurge déjà sur la différence des droits hommes-femmes...
Question personnage, j'ai adoré Félicien, cynique et tourmenté, trouvant refuge dans l'opium, qui campe un enquêteur de l'époque très réaliste.
Je conseille très vivement au lecteur d'être attentif car l'auteure sème des indices tout au cours du récit qui facilitent l'assemblage du puzzle final. Par manque de concentration, j'ai trouvé la fin déroutante et j'ai dû souvent faire page arrière, ne serait-ce que pour comprendre la généalogie complexe des différents personnages. Cela ne m'empêche pas d'avoir beaucoup apprécié ce roman passionnant et original (et cru, vous êtes prévenu), auquel j'accorde un 18/20, ainsi que le nouveau regard historique qu'il m'a apporté sur la ville de Lyon que je connais un peu. J'ai aimé également la clairvoyance de cet éminent médecin qui se battait pour faire admettre la thèse que c'était la société qui transformait l'homme en criminel et que l'on ne naissait pas avec les gènes d'un tueur en série...
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Bazart
  15 mars 2019
Lyon, 1897. Plusieurs corps de jeunes filles sont retrouvés, ayant pour point commun d'avoir subi un avortement récent. Pour résoudre ce mystère le professeur Alexandre Lacassagne, pères de l'anthropologie criminelle, va confier l'enquête à une jeune équipe d'élève qui adoptera les méthodes de leur mentor pour tenter de trouver les coupables .
Pour son premier roman, Coline Gatel, stéphanoise d'origine, situe son intrigue dans la ville voisine et rivale, Lyon, un Lyon ambiance fin du XIXe siècle, aux prémisses de l'anthropologie criminelle; un Lyon un peu disparu, ville bourgeoise, sage et brumeuse. Forcément lorsqu'on est lyonnais on est ravis de retrouver certaines rues et monuments, de Fourvière à la Croix Rousse, plus d'un siècle avant de les avoir soi-même traversé et constaté que la ville d'aujourd'hui semble plus solaire et dynamique que celle décrite dans le roman de Gatel.
La romancière stéphanoise a procédé à un travail de documentation assez énorme pour parler de la naissance de la médecine légale autour du professeur Alexandre Lacassagne, cette grande figure historique à l'origine de l'anthropologie criminelle( désormais lorsqu'on ira se balader sur le boulevard Lacassagne on aura plus d'informations sur cette grande personnalité scientifique), qui n'hésite pas à donner des consignes un peu péremptoires et lyriques à sa jeune garde.
Les autres personnages du roman sont plutôt ambigus, nuancés et intéressants, avec notamment une jeune femme journaliste prête à tout pour percer dans le milieu, à une époque où la condition féminine était particulièrement difficile à mettre en avant.
Le livre de Coline Gatel nous dit en effet aussi pas mal de choses, à travers la thématique de l'avortement clandestin, sur le droit des femmes à disposer d'eux même, et cette correspondance avec notre actualité est un des autres atouts de ce thriller historique atypique et prenant, lauréat mérité du PRIX DU ROMAN KOBO BY FNAC-PRÉLUDES-LE POINT.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   08 mars 2019
- Jusqu'à présent, nos prédécesseurs n'étaient que les collaborateurs serviles des magistrats qui les tenaient à leurs bottes et faisaient dire à la science ce que la Justice avait bien envie d'entendre. Des procureurs de procureurs ! Montrez-moi toutes les possibilités de ce que je soutiens... ou à défaut ses limites. Personne n'a encore mis en place sur le terrain tous les points que j'enseigne. Voyons si cela peut nous aider à réellement combattre la criminalité !
- Mais pourquoi ne pas travailler main dans la main avec les services de l'Ordre plutôt qu'avec la Justice ?
- Parce que leurs méthodes étouffent sous la bêtise et que je serai mort d'ici à ce qu'une instruction puisse être faite en appliquant la technique scientifique. Allez expliquer à un commissaire que vous pouvez résoudre une affaire de meurtre en regardant l'intérieur d'un corps ou en analysant les insectes qui sont sur le cadavre... il vous rira au nez !
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ladesiderienneladesiderienne   09 mars 2019
- (...) Tu sais que la photographie est une technique pleine d'avenir ? J'ai entendu dire qu'un agent de la préfecture de police parisienne, un certain Alphonse Bertillon, venait d'inventer un procédé permettant d'identifier des criminels récidivistes. Il tire une épreuve des prévenus, de face et de profil devant une toise, puis note leurs principales marques distinctives. Très bientôt, le empreintes pourront y être rajoutées.
- Les empreintes ?
- Je t'expliquerai ! Mais tu devrais te mettre à la photographie. Je suis sûr qu'en se démocratisant, elle va détrôner très vite les croquis.
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BazartBazart   10 mars 2019
" Le silence demandé se fit et Lacassagne , satisfait, pu enchaîner avec la sentence favorite qu'il distillait à chaque début de cours : " ayez toujours à l'esprit , chers futurs collègues, qu'une autopsie mal faite ne se recommence pas"
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ladesiderienneladesiderienne   28 février 2019
Félicien Perrier marchait d'un bon pas. Il aimait les rues de Lyon la nuit, quand le puritanisme exacerbé de la ville se désagrégeait comme un voile, laissant deviner le vice et la corruption là où tout n'était qu'affabilité et bienséance quelques heures auparavant. Un autre visage de la cité apparaissait alors, plus glauque, plus extasié, visage qu'il ne craignait pas de caresser du bout des doigts afin d'en apprécier tous les artifices.
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ladesiderienneladesiderienne   07 mars 2019
- Pourrais-je voir, madame, puisque de dame il s'agit bien là, votre certificat de travestissement, s'il vous plait ? murmura-t-il en tendant une main de rapace sous son nez.
Irina pâlit.
- Je...
- Vous ne l'avez pas ? C'est bien cela ?
- Je...
- Qu'est-ce donc que cette entourloupe ? maugréa Bernard en toisant le petit homme de toute sa hauteur.
- Laisse faire, supplia la journaliste en ravalant douloureusement sa salive.
- Le certificat de travestissement, messieurs, est un document officiel que toute femme - si nous pouvons appeler ces espèces d'individus des "femmes" - doit faire établir tous les six mois afin d'obtenir le droit de porter pantalon... en fournissant, bien entendu, une raison valable ! Notre jeune amie, n'ayant, sans doute, pas de raison valable ou se pensant tout bonnement, de par ses protections, au-dessus des lois, ne paraît pas pouvoir nous produire cet acte pourtant obligatoire.
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Coline Gatel nous parle du polar historique qui lui a permis de remporter le prix du Roman Kobo by Fnac 2018 : Les Suppliciées du Rhône !
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