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ISBN : 2351781015
Éditeur : Gallmeister (05/11/2015)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Avec la joyeuse ironie qui est sa marque de fabrique, John Gierach narre ses voyages en quête de bonnes rivières à pêcher et d'histoires à raconter. Pêche à la truite en Alaska, au saumon en Ecosse et à presque tout au Texas. La pêche sur glace, ou de nuit, les tournois, l'art délicat d'attacher la mouche à la canne ou celui de se perdre dans la nature : autant de moments précieux partagés avec le lecteur. On y apprend aussi les meilleures techniques de chasse comme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nadiouchka
  23 février 2019
Depuis une rencontre avec Oliver Gallmeister himself, en 2015, j'ai « Danse avec les truites » de John Gierach et je ne voyais pas trop comment chroniquer un livre sur les techniques de pêche ainsi que de chasse. Il faut dire aussi que je ne l'ai pas lu tout de suite et j'ai fini par le ressortir pour voir ce qu'il en était. Et là, quelle surprise de voir combien ce livre est passionnant et pas du tout ennuyeux.

Il existe des « écrivains-voyageurs « ainsi que des « écrivains - pêcheurs » parmi lesquels se classe l'auteur et il en est certainement le plus célèbre. Passionné par la pêche (et surtout celle à la mouche dont on verra bien des descriptions car il en existe de nombreuses), il part souvent avec des amis : A.K., Mike Price et Ed Engle.
L'ouvrage est composé de plusieurs nouvelles qui se rattachent bien. Ce qui change vient des lieux, de certaines situations et de multiples réflexions.
En écrivant, l'auteur pense à son père qui aurait apprécié de savoir que son fils s'était installé dans le Colorado où il se consacrait à la pêche tout en gagnant bien sa vie avec les récits de ses pêches. Il pense qu'il est devenu l'homme que son père aurait voulu être.
Dans ce livre, les différentes techniques sont effectivement bien nombreuses ainsi que les noms des diverses sortes de truites : des « brookies » - des « cuttroats » - des « black bass »…. Pour ce qui est du gibier, il préfère la « groose bleue » dont la chasse demande beaucoup d'efforts et de patience.
Au sujet du sport que représente la pêche et la confection des mouches, il avait « bien fait ses devoirs » : il savait, par exemple « que la « Green Drake » était « l'Ephemerelle grandis » - à ne pas confondre avec la presque identique E. doddsi ou la plus petite E. flavilinea ». (p.54) ainsi que des « jigs » ou « mouches de glace ».
Mais outre ces indications techniques qui ne sont pas du tout ennuyeuses (au contraire), on traverse des paysages magnifiques. C'est réellement du nature writing avec les vastes étendues de l'Ouest américain : Colorado, Texas, Yellowstone, Alaska et même, en prime, une petite incursion en Écosse afin d'y pêcher la truite atlantique ainsi que des saumons.
Concernant la chasse, on rencontre des « lièvres à raquettes », des biches, des cerfs, parfois un ours ou un renard… Et c'est là que l'écrivain pratique le « stillhunting » : «Je pratique beaucoup ce qu'on appelle le « stillhunting » car même maintenant, à quarante ans passés, je manque souvent de la patience qu'il faut pour rester assis dans un affût absolument immobile des heures durant. » (p.101) (…) "Le stillhunting est l'art de se tenir tout à fait immobile tout en marchant." (p.102)
Les descriptions imagées et poétiques ne manquent pas sur ces paysages. Un seul exemple : « Le soleil était loin à l'ouest, à un peu plus d'une heure du crépuscule. Les ombres dans la vallée derrière nous étaient longues et effilées – couleur de miel et olivâtres sur les rochers nus, presque noires au pied des arbres, d'argent terni sur le lac en contrebas. » (p.22)
Pour ce qui est de la technique du montage des mouches, l'auteur dit que cela répond surtout à un but pratique. Mais pour des raisons qui ne sont pas forcément évidentes, il se met à monter des mouches plus jolies que nécessaire et certaines sont même considérées comme dignes de figurer parmi des objets de collection.
Avec cette lecture d'un livre qui m'a vraiment étonnée et ravie, j'ai pris un grand plaisir à suivre John Gierach dans toutes ses expéditions et en notant toutes ses réflexions pour lesquelles il use d'un certain humour.
Avec ce grand voyage dans des lieux qui sont même très éloignés de la civilisation et où les « bons coins » de pêche (là où pullulent des truites de toutes sortes ainsi que de bonne taille), restent secrets, c'est une grande marche, souvent escarpée, à très haute altitude, mais où le point de vue est grandiose.
Si John Gierach fait partie des écrivains publiés par les Éditions Gallmeister, c'est grâce à son talent, au nature writing qu'il nous fait partager. C'est que n'est pas publié qui veut : "de la qualité et pas de la quantité."
Cet écrivain ayant écrit d'autres ouvrages tous dédiés à la pêche, cela me donne le désir de les lire, tranquillement, une aptitude qu'il faut avoir pour apprécier ce « sport » qu'est la pêche.
Un seul regret : ne pas avoir lu plus tôt ce livre « Danse avec les truites » mais à présent cet oubli est réparé. « C'est là que se trouve la récompense : une belle histoire que vous prenez plaisir à raconter. » (p.273)
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Wendat69
  13 mai 2019
John Gierach nous invite à valser dans les cours d'eau de l'Amérique sauvage, à faire une gigue de tous les diables en poursuivant les truites au fin fond de canyons perdus du Texas, les saumons dans le lit des torrents glacés de l'Alaska, et toute espèce à écaille digne d'être prélevée des eaux magiques du pays continent.
Dans ces textes savoureux, l'auteur ne soumet pas le lecteur à un débat encyclopédique sur l'art de la pêche en milieu hostile, il nous emmène au gré des courants dans ses réflexions, parfois profondes mais toujours empreintes de l'humour savamment dosé de l'homme qui sait prendre la pêche pour ce qu'elle est, un plaisir simple pour des hommes simplement passionnés.
La pêche à la mouche n'est pas réservé qu'aux esthètes amoureux du beau geste, le duel avec les truites attirent bon nombre de profils différents, que l'on prend plaisir à rencontrer au fil des pages, en accompagnant l'auteur poète, journaliste, pêcheur et chasseur, dans ses belles pérégrinations.
Ce livre enthousiasmera les amoureux de la faune sauvage, nul besoin de savoir faire un lancer de compétition pour apprécier toutes ces journées -et soirées de pêche, pas même besoin de connaître la différence entre une fario et une arc-en-ciel pour se gondoler au rythme des anecdotes croustillantes que John dévoile avec le talent et la patience de l'homme des rivières.
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VIRGINIE34
  26 septembre 2016
Qui aurait pu croire que les histoires de pêche d'un écrivain américain pouvaient être aussi intéressantes ?
Oui, il y a des passages entiers qui expliquent le type de mouche à utiliser pour attraper tel ou tel poisson, ou bien quels oeufs d'insectes éclosent à quelle période, des informations adressées aux vrais amateurs, mais tout cela est intégré dans une chronique de la Nature, de ses merveilles et ses tragédies, et de la place du pêcheur au milieu de tout cela.
Au-delà d'une expérience individuelle, c'est une plongée dans la culture d'un groupe de passionnés, racontée avec simplicité et humour. Non, je ne vais pas me mettre à pêcher demain, mais je comprends mieux pourquoi certains peuvent y passer des journées entières…
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manujean137
  13 avril 2016
"Danse avec les truites", John Gierach.
Voilà un bien joli recueil d'histoires de pêche et de chasse où l'on sent bien que l'auteur prend un grand plaisir à raconter ses aventures, ce qui en décuple notre propre plaisir de lecture! du Nature Writing agrémenté d'humour, où point n'est besoin d'être amateur de chasse et pêche pour apprécier ou se laisser charmer. La nature sous diverses apparences est efficacement et joliment décrite, sans aucun ennui ressenti, les passages contemplatifs étant rythmés par des recits d'actions et des traits d'humour variés. J.G. nous fait visiter différents sites de l'Ouest Américain, paysages et ambiances riches, entre notamment le Colorado, le Texas, Yellowstone, l'Alaska et un détour exotique en Écosse; sa plume parvient à nous fait ressentir l'influence du climat, passant du soleil de plomb d'un été asséchant la transpiration au froid mordant d'un lac gelé figeant la respiration. le discours a une certaine coloration écologiste (limitation et contrôle des populations, relâche des spécimens capturés, respect de l'environnement...), à l'opposé d'autres formes de chasses. L'homme faisant partie de la nature on trouvera également une source de reflexion sur l'amitié et les relations humaines, la fidélité etc.; on pourra noter que peu de personnages féminins sont présents dans ces histoires, surtout parce que ce sont des récits liés à un bande d'amis masculins pour la plupart (mais les quelques rares présentes semblent être encensés).
Lecture donc toute en détente, bienvenue après la noirceur d' "Impurs" de David Vann
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Floccus
  17 août 2018

Au retour des chaleurs estivales tant redoutées, s'est développé en moi une furieuse envie d'eau qui a débordé jusqu'aux étages littéraires. Quoi de mieux qu'une virée de pêche à la mouche en ce cas ? Rivières chantantes, petits matins dérobés à la clarté du jour et aventures vespérales, échappées de plein air par "un de ces jours gris, lugubre, qui est d'ordinaire le meilleur moment pour les éclosions" – de quoi combler le manque de contact avec une nature fraîche et frémissante qui est pour l'heure à la peine sous le soleil cuisant et desséchant de juillet.
"Le stillhunting est l'art de se tenir tout à fait immobile tout en marchant." (102)
J'ai trouvé les deux premières nouvelles bizarrement traduites puis me suis vite consolée avec la suite. Dans ce volume, John Gierach fait des pas de côté en insérant des récits de chasse. Son ton décalé les rend aussi plaisants que ses histoires de pêche – Pan sait pourtant que je n'ai pas d'affinités particulières avec cette activité (avec la pêche non plus, d'ailleurs !). J'ai beaucoup apprécié son chapitre sur la grouse bleue dans lequel il raconte qu'il a fini par adopter "une sorte de gymnastique éthique" à l'égard de cet oiseau. Là où la morale s'imposerait, brute et intransigeante, l'éthique expérimente, quitte à être maladroite. Tout coeur humaniste en harmonie avec l'aspect dérisoire et absurde de l'existence se reconnaît dans cette gymnastique.
"Je pense que cette fascination que j'éprouve pour le gibier, de même que pour les poissons ou les oiseaux, relève d'une sorte d'envie. Ils vivent en harmonie avec le monde sauvage comme jamais je ne pourrai le faire avec toute la technologie à ma disposition, avec mes besoins de confort et mon pauvre corps maladroit dépourvu de poils. "(157)
A l'heure où les populations d'éphémères sont en diminution continue, les livres de John Gierach, qui leur rend indirectement hommage, nous font entrevoir l'impact désastreux de cette disparition silencieuse.

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   23 février 2019
Peut-être les pêcheurs sont-ils plus proches des cow-boys qu’ils n’en ont l’air. Je viens de lire The Muddy Fork and Other Things (inédit en français) où l’auteur, James Crumley, dit qu’un cow-boy n’est rien d’autre que quelqu’un qui est monté sur un cheval et qui n’a jamais appris à en descendre. En l’occurrence, ce pourrait être le cas d’un gars qui un certain jour a attrapé un poisson, s’est dit que c’était génial, et rien de plus : aucune mystique, aucune raison profonde.
P272
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nadiouchkanadiouchka   24 février 2019
Quand j’ai finalement attrapé ce qui devait être la dernière cutthroat du dernier filet d’eau assez profond pour en abriter une, j’ai pensé : OK, cette fois, ça y est ! Et c’est alors que j’ai commencé à penser à ce lac de crête ainsi qu’aux rumeurs concernant les grosses truites qu’il recèle. La leçon littéraire que j’en tirai touchait à la question de le fin d’une histoire : peut-être que, dans la nature, elle n’existe pas vraiment.
P.11
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Wendat69Wendat69   05 mai 2019
À première vue, ce bois sombre semble désert et silencieux. Pourtant, si vous restez assis très calmement ou que vous pratiquez le stillhunting pendant, disons, deux heures, vous allez découvrir que les arbres regorgent de petits oiseaux de couleur terne et que, sous l'effet de brises si légères que vous ne les sentez pas, les troncs craquent et grincent comme les portes des cryptes dans les films d'horreur des années trente. La moitié de ce temps peut-être nécessaire pour simplement réorienter l'idée humaine et défectueuse que vous vous faites de la signification du mot "silence".
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nadiouchkanadiouchka   25 février 2019
C’est l’écrivain Jim Harrison qui a dit que la pêche sur glace est le sport le plus crétin qui soit, et il vit dans le Michigan, alors in doit s’y connaître. Pourtant, ce n’est pas tout à fait vrai car en réalité, cela demande de l’habileté, de la patience, de l’intelligence et du courage pour le faire bien.
P.165
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Wendat69Wendat69   07 mai 2019
Sur une grande partie de notre planète, les lacs gèlent en hiver, mais on peut quand même prendre du poisson grâce aux trous dans la glace si on connaît le savoir-faire ancestral dans ce domaine. Jadis, ce genre de connaissances était indispensable à la survie, et même maintenant, elles se révèlent bien plus que juste intéressantes. C'est une chose à faire là où je vis, et dans cette mesure, c'est irréfutable. Et si c'est parfois austère et inconfortable, eh bien, comme le dit si bien Gary Snyder: "La vie dans la nature ne s'arrête pas à manger des baies sous le soleil."
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