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ISBN : 2072739802
Éditeur : Gallimard (01/06/2017)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 4 notes)
Résumé :
"Ce pays-là va tout en vagues, puis se creuse en un beau val. Un ruisseau est au fond, sous les saules. C'est le Largue. Un Largue large de trois pas. Il ne va pas comme tous les ruisseaux, d'un flot égal, mais il dort dans des trous profonds, puis l'eau glisse d'un trou à l'autre, en emportant des poissons, puis tout s'arrête et l'on attend une pluie là-bas sur les plateaux. Quand on se penche sur ces trous d'eau, on voit d'abord le monde renversé des arbres et du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Wyoming
  24 mars 2018
Giono, le grand maître de la Provence, écriture unique, inégalée pour nous emmener sur le plateau de Valensole où blés et lavandes enivrent le lecteur de leurs senteurs envoûtantes. C'est le chantre de la Provence à nul autre pareil. Un délice absolu de lecture, perdu dans l'immensité des plateaux ou bien emporté par les branches d'argent des oliviers lorsque le mistral les tourmente.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WyomingWyoming   24 mars 2018
Manosque des plateaux

Ce beau sein rond est une colline; sa vieille terre ne porte que des vergers sombres. Au printemps, un amandier solitaire s'éclaire soudain d'un feu blanc, puis s'éteint. Du haut du ciel, le vent plonge; la flèche de ses mains jointes fend les nuages. D'un coup de talon, il écrase les arbres et il remonte. Parfois, un aigle roux descend des Alpes, mais l'air des plaines proches ne le porte plus; il nage à grands coups d'aile et il crie comme un oiseau naufragé.
Si on quitte le chemin, il y a des olivaies envahies par les roses. C'est comme une peau de bélier qu'on a jetée sur les arbres. C'est épais et ça saigne. On a chaud là-dessous d'une lourde chaleur de laine; l'herbe sue. Pour sortir de cette ombre, il faut s'écorcher les mains. Un mois après, on trouve une rose séchée dans sa poche.
De grands talus se chauffent au midi, fleuris de serpents immobiles. Les lézards sont épais comme le bras. Ils dorment au soleil puis sautent, happent, et mâchent longuement des abeilles à goût de miel. Ils en pleurent des larmes d'or qui grésillent sur la pierre brûlante. La lagremuse est toute grise, avec des pattes comme un fil, une queue qui semble une ombre; mais elle a un coeur énorme, un coeur déchaîné dans elle comme un orage et elle en est là, palpitante. Un mariage de gros frelons assomme les scabieuses de son vol aveugle. Les sauterelles se déclenchent et passent tout éperdues dans un saut puis elles ouvrent leurs ailes rouges. Une caravane de fourmis, large comme une route d'homme, coule sous les feuilles. Une procession de chenilles adore lentement un pin dans ses spirales. Une maison aux murs en coque de noix, bombés et ocre, craque doucement, écrasée sous sa charge de tuiles, de poutres et de soleil. L'ombre transparente des oliviers tient dans sa toile d'araignée la sieste d'une toute petite fille. Elle dort dans l'herbe chaude. Elle a remonté toutes ses robettes et, sans ouvrir les yeux, elle gratte à pleine griffe son ventre sucé par les mouches. Un chevreau lutte avec une guêpe. L'odeur du thym fume jusqu'à la lune. Un beau nuage s'est envasé dans un bras mort du vent; il ne peut plus arracher sa proue de l'azur immobile et, à bout de forces, il ondule lentement de la poupe.
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WyomingWyoming   24 mars 2018
Poème de l'olive
Ce temps des olives ! je ne connais rien de plus épique.
De la branche d'acier gris jusqu'à la jarre d'argile, l'olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, entasse sa lourde eau noire dans les greniers, et les vieilles poutres gémissent sous son poids de nuit.
Sur le bord de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans le village, tout nôtre monde assemblé chante...
Ça c'est le temps de la cueillette, le temps où l'on trait l'arbre comme on ferait pour traire une chèvre, là, mains à poignées sur la branche, le pouce en l'air, et puis cette pression descendante.
Mais au lieu de lait c'est l'olive qui coule...
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Vidéo de Jean Giono
Isabelle Carré, auteure du magnifique roman "Les Rêveurs", nous parle de sa lecture du roman de Jean Giono, "Que ma joie demeure".
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