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EAN : 9782081222816
148 pages
Éditeur : Flammarion (19/01/2009)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Christianisme et modernité sont-ils deux ennemis se livrant bataille, en un dernier avatar des " guerres de religion " : d'un côté la foi, l'idée rassurante d'une transcendance ; de l'autre le désenchantement prenant acte de la " mort de Dieu " ? D'un côté la tradition, la vérité, l'autorité ; de l'autre la laïcité, le relativisme, la défense des libertés individuelles ?
Loin d'opposer frontalement ces deux camps, René Girard et Gianni Vattimo s'efforcent au... >Voir plus
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lrntvlrntv   17 juillet 2020
Dans les tous derniers mois de sa vie, au bord de la folie, Nietzsche dit quelque chose d'extrêmement important, une chose que Heidegger - qui s'est affirmé, dès le début de sa carrière, comme une formidable machine d'autopromotion - a délibérément ignorée, car il avait compris qu'il fallait se débarrasser de la problématique religieuse chez Nietzsche ; et il l'a fait tout simplement en affirmant que Nietzsche souffrait d'un problème de rivalité personnelle avec les traditions monothéistes, et en conseillant de ne pas prêter attention à ce qu'il avait dit à ce sujet. Seul comptait le Nietzsche grec, dionysiaque. Alors qu'au contraire, la chose la plus importante que Nietzsche ait jamais dite à ce propos (et, oserais-je dire, la plus importante affirmation théologique depuis l'époque de Saint-Paul) est que dans le mythe, la victime est toujours bannie et mise à mort en toute justice (en ce sens, on pourrait dire que, moi aussi, je suis un peu nietzschéen), tandis que la communauté ne se rend coupable d'aucune faute : le sacrifice est une bonne chose en tant qu'il est nécessaire, car une communauté, une société qui ne peut pas tuer, qui ne peut pas produire de victimes, même innocentes, est condamnée à l'extinction, puisqu'elle est condamnée au même type de faiblesse que celle dont nous souffrons aujourd'hui. Je ne veux pas faire ainsi de Nietzsche le précurseur du nazisme, mais il s'agissait sans conteste d'un homme qui trouvait insupportable de vivre dans un monde "politiquement correct" avant la lettre.

À quel moment son interprétation se fourvoie-t-elle ? Il affirme que la société devrait préserver la férocité du dionysiaque et que le christianisme détruit le monde parce qu'il est trop "doux", trop contraire au sacrifice et à toute forme de victimisation - voilà pourquoi je le crois plus profond que n'importe quel théologien moderne : il choisit de se ranger du côté de la violence ! Or Heidegger désamorce tout son propos en déconseillant de lire cette partie de son œuvre, et en le transformant en un philosophe qu'on peut voir à la fois comme politiquement correct et comme quelqu'un qui affirme : "Il n'y a pas de faits, mais seulement des interprétations." Mais le vrai Nietzsche est bien plus ambivalent, et Vattimo m'en paraît conscient. [René Girard, pp. 87-88]
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lrntvlrntv   17 juillet 2020
Nous tournons en dérision des textes bibliques comme l'Apocalypse, alors que nous devrions les prendre très au sérieux, puisque la fin du monde y est précisément mise en relation avec le christianisme. Car le judaïsme et le christianisme sont conscients que si nous nous efforçons de nous passer de toutes les prohibitions, des limites que les religions archaïques imposaient, non seulement nous nous mettons en péril nous-mêmes, mais nous faisons aussi peser une menace sur l'existence du monde. Les religions archaïques naissent en effet d'une telle prise de conscience. Nous agissons au contraire aujourd'hui comme si nous étions les maîtres du monde, les seigneurs de la nature, sans aucune médiation ou arbitrage, comme si tout ce que nous faisons ne pouvait avoir de répercussions négatives. Mais nous savons très bien que ces tabous archaïques possédaient une valeur et une signification. Les êtres humains, de même que les nations, ne peuvent pas vivre sans éthique. C'est bien beau d'imaginer que tout est possible, mais en réalité, chacun de nous sait parfaitement qu'il existe des limites. Si les êtres humains et les nations continuent à éluder leurs responsabilités, les risques deviennent énormes. [René Girard, p. 38]
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lrntvlrntv   17 juillet 2020
Le christianisme porte un jugement positif sur la raison humaine, mais il ne croit pas qu'elle puisse conduire à une quelconque vérité absolue. L'école de Nietzsche et de Heidegger méprise les système rationnels - "métaphysiques" et "onto-théologiques" - élaborés par les théologiens, mais les simples chrétiens n'ont jamais confondu ces systèmes avec le pouvoir rédempteur de la Croix. Car ils ne s'en remettent pas à la philosophie, mais à la foi, à l'espérance et à la charité. Par conséquent, tôt ou tard, l'aversion envers le christianisme s'affaiblira et les premiers signes de cet affaiblissement devraient apparaître là où on s'y attend le moins, à savoir parmi les intellectuels radicaux qui comprennent le mieux les implications nihilistes de leur philosophie. [René Girard, pp. 118-119.]
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lrntvlrntv   17 juillet 2020
Dans la recherche de la connaissance, les cent cinquante dernières années ont été caractérisées par des excès allant dans deux directions opposées. Il y a d'abord eu les écoles de la pensée positiviste, qui ont adoré les faits et se sont senties si facilement et si constamment en contact avec eux qu'elles en ont oublié les interprétations. Cet excès a été suivi de la réaction inverse, légitime dans son principe, mais qui a très vite conduit à des exagérations pires que celles qu'elles devrait rectifier. Efforçons-nous donc de renoncer à toutes les pseudo-radicalisations et d'avoir à nouveau confiance en la raison, sans l'idolâtrer. Essayons dorénavant de croire aussi bien faux faits qu'aux interprétations. [René Girard, pp. 147-148]
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lrntvlrntv   17 juillet 2020
Je ne suis pas très convaincu que le relativisme soit une théorie erronée, car ce n'est pas une théorie, mais tout au plus une doctrine sociale : dans la société, il faut admettre, pour des raisons de charité, des positions multiples ; et de manière générale, je suis convaincu de ceci : ne disons pas que nous nous mettons d'accord quand nous avons trouvé la vérité, mais que nous avons trouvé la vérité quand nous nous sommes mis d'accord. [Gianni Vattimo, p. 65]
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Videos de René Girard (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Girard
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58265
L'ALTER DE MON EGO
Empathie, mimétisme et éducation
Joël HILLION
Professeur d'anglais pendant 40 ans, l'auteur a pratiqué ce qu'il appelle la pédagogie du lien. Sous l'influence de René Girard, d'Antonio Damasio, et plus récemment des découvertes de neurones miroirs, il a appliqué une pédagogie originale où l'empathie tient une place centrale. L'apprentissage s'appuyant sur un mécanisme mimétique l'auteur donne des pistes pour valoriser l'imitation et tirer profit de l'empathie spontanée dans un cadre scolaire.
Joël Hillion a enseigné en lycée et classes préparatoires. Il est l'auteur de plusieurs essais sur l'éducation. Il est également traducteur des Sonnets de Shakespeare et de plusieurs essais à son sujet.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-13623-3 ? 1 décembre 2017 ? 160 pages
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