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EAN : 9782490222018
112 pages
Macenta Editions (20/06/2018)
4.5/5   1 notes
Résumé :
Patrick Godfard, avec finesse et élégance, nous propose ici des récits qui nous amènent peu à peu à vivre cette révolution impressionnistes et post-impressionnistes. En se fondant sur son ressenti et par la médiation de poèmes, de lettres, de dialogues, l'auteur cherche à reconstituer l'univers mental de ces peintres, leurs passions et leurs doutes. Les citations qui enrichissent ses textes donnent la parole aux artistes dans un dialogue incessant avec leurs contemp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
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« Pour moi, un tableau doit être une chose aimable, joyeuse et jolie, oui : jolie. » - Auguste Renoir

Le mot « jolie » dans la citation de Renoir correspond parfaitement au livre de Patrick Godfard publié dans une édition d'art richement illustrée. L'auteur nous présente une dizaine de récits sur quelques-uns des peintres les plus représentatifs de la peinture impressionniste et néo-impressionniste qui révolutionna la peinture académique ambiante à la fin du 19e siècle : Manet, Degas, Cézanne, Monet, Renoir, le Douanier Rousseau, Gauguin, Caillebotte, Van Gogh, Sérusier. Ces courts récits, basés sur des faits véridiques de vie et de travail du peintre, sont étayés de tableaux, citations de l'artiste et commentaires de contemporains.

La critique était féroce pour tous ces artistes avant-gardistes qui étaient régulièrement rejetés du Salon officiel. Leur crédo : touche libre, peinture claire, étude en plein air, tons purs appliqués par petites touches d'un jet sur la toile, observation de la lumière changeante modifiant les couleurs, sensations fugitives et éphémère des choses. Les couleurs, juxtaposées, libérées de toute servitude au dessin, s'exaltaient mutuellement.

Émile Zola, avec Baudelaire, sera l'un des rares à défendre la nouvelle peinture. En 1867, jeune critique d'art, il publiera sur Edouard Manet une longue étude biographique. Il le considérait « comme l'un des maîtres de demain dont la place est au Louvre ». En remerciement, Manet lui offrira son portrait : « Portrait d'Émile Zola ».

PAUL GAUGUIN : « La couleur devient reine. Elle peut défaire la réalité, n'être plus que symbole ». Son long combat contre l'existence et la tyrannie de la couleur se terminera aux Marquises, fatigué et rongé par la syphilis. Avant de mourir, il écrira : « La peinture est comme l'homme, mortel mais vivant toujours en lutte avec la matière. ». Ce jour-là, son voisin s'écriera : « Koké est mort, il n'y a plus d'hommes. »

VINCENT VAN GOGH : Vincent vit son dernier été à Auvers-sur-Oise. Il se sent comme un oiseau en cage dans sa vie et peint désespérément. « Il entend un cri, un cri qui lui semble déchirer la toile. Ce cri des corbeaux s'envolant vers l'horizon ? Ou bien, ce cri, est-ce lui-même ? le cri de la douleur, le cri de la douleur du monde. » Avant l'acte fatal, Vincent gardera sur lui un brouillon de lettre écrite à Théo : « Mon travail à moi, j'y risque ma vie, et ma raison y a sombré à moitié. »

AUGUSTE RENOIR : Sa peinture est un chatoiement de lumières colorées déposées en flocons par petites touches sur la toile. La lumière se disperse partout animant les objets et les personnages de « La balançoire », qui aurait pu être peinte dans une des allées du Moulin de la Galette et son fameux bal, à Montmartre. Un monde en apesanteur.

CLAUDE MONET : seul dans une chambre face à la cathédrale de Rouen, l'artiste tente de défier la lumière en peignant une série de toiles de l'église. Au fur et à mesure de l'avancement de la journée, il change de toile afin de capter les variations atmosphériques. Il fait des cauchemars : « La cathédrale me tombe dessus : elle me semble ou bleue ou rose ou jaune… ». À sa mort, en 1926, son ami Georges Clémenceau se serait écrié : « Pas de noir pour Monet ! ».

DOUANIER ROUSSEAU : Un naïf autodidacte qui n'a jamais appris à peindre. Il émeut par ses toiles. Il révèle la primitivité de l'être à travers cette « Charmeuse de serpents » qui charme la nature, annonçant le surréalisme.

PAUL CÉZANNE : « Sentir pour mieux savoir, savoir pour mieux sentir ». En ce mois d'octobre 1906, Cézanne est sorti peindre lorsqu'un orage le surprend. Il est mal. Il repense à son ami d'école, Émile Zola, à Aix-en-Provence. Il regrette leur amitié flétrie. Comme une pomme… Il se souvient lui avoir dit autrefois : « Avec une pomme, je veux étonner Paris. »

EDGAR DEGAS : Pour Degas, le dessin primait sur la couleur. Son aspiration unique : exprimer un mouvement qui n'efface pas la ligne. Photographe, avec quatre clichés de ses « Danseuses en bleu », il les réunit dans un cercle laissant penser qu'elles ne sont plus qu'une.

PAUL SÉRUSIER : À Pont-Aven, Gauguin, qu'il considère comme un prophète (ou nabi en hébreu), lui dicte la réalisation du « Talisman », son célèbre tableau : « Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ! Cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l'outremer pur ! Ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon ! »


J'ai lu une excellente introduction, sensible, trop courte à mon goût, à l'histoire de l'art. J'avais déjà beaucoup apprécié en début d'année le livre très érudit de Patrick Godfard : « Les fêtes galantes ou les rêveries de Watteau et Verlaine ». J'ai retrouvé avec plaisir ce passionné de peinture : « Enfant, j'adorais faire les puzzles de tableaux célèbres. C'était comme une ivresse : un éparpillement de couleurs sans formes, un magma de pensées, d'émotions. Je devenais Renoir, je devenais Monet, je devenais Gauguin. »

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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
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Extrait du poème à la gloire du Douanier Rousseau écrit par Guillaume Apollinaire pour le banquet que Picasso et ses amis du Bateau-lavoir lui offrirent en mars 1908.

« Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire,
Ces vins qu’en ton honneur nous verse Picasso,
Buvons-les donc, puisque c’est l’heure de les boire
En criant tous en chœur : « Vive ! vive Rousseau ! »

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Zola à Cézanne : J'ai fait un rêve l'autre jour. J'avais écrit un beau livre sublime que tu avais illustré de belles, de sublimes gravures. Nos deux noms en lettres d'or brillaient, unis sur le premier feuillet, et, dans cette fraternité de génie, passaient inséparables à la postérité.

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Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit.

Antonin Artaud – « Van Gogh, le suicidé de la société »

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