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ISBN : 2253116076
Éditeur : Le Livre de Poche (14/02/2007)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 99 notes)
Résumé :
« Toute ma vie, j ai aimé, bu, mangé, fumé, ri, dormi, lu. De l avoir si bien fait, on m a blâmée de l avoir trop fait. Je me suis bagarrée avec les hommes pendant plus de soixante ans. Je les ai aimés, épousés, maudits, délaissés. Je les ai adorés et détestés, mais jamais je n ai pu m en passer La chaleur des hommes, qui m a si bien enveloppée, ne fait que me rendre plus odieux ce grand froid qui avance. Il n y a pas de bras assez puissants pour m en préserver, dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  06 mai 2014
Une vieille dame qui se meurt doucement, une jeune femme qui s'éveille à la vie... Entre les deux, le partage d'un voyage France-Italie et longue confidence. Puis le silence. Un secret.
Un petit roman, un petit bijou. Un grand amour et une vie bien emplie, triste et joyeuse, tendre et dure, belle toujours. Si le fin me semble un peu tirée par les cheveux, le reste est une ode légère aux sentiments, à la vie, à la marche en avant. Ne pas ressasser, mettre un pied devant l'autre et voir le plus possible de la beauté qui est tout autour. La débusquer et la savourer. C'est tout ce qui restera, les souvenirs, avant le grand sommeil. Autant faire un long rêve sans remords ni regrets.
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Franz
  03 octobre 2008
1er roman d'une Italienne de 47 ans qui écrit en français (pour ne pas que son père colérique lise ses écrits), La douceur des hommes a été sévèrement dégraissé puisqu'à l'origine il faisait 500 pages et qu'à l'arrivée, il se loge dans 150 pages aérées. On peut prendre légitimement peur dès l'abord du livre car le titre n'augure a priori rien de bien excitant. La 4e de couverture n'est guère plus enthousiasmante. On sent qu'on va flirter avec le poncif, les bons sentiments, le symbole éculé, les sorties théâtrales, le raffinement des gens tellement chics (la mort à Venise, les palaces décrépits, les Rolls-Royce à bout de course…). Heureusement, la minceur de l'opuscule rassure. Puis, dès le livre ouvert, les citations en exergue exercent une première aimantation, légère mais réelle. le soliloque de l'empereur Hadrien fait mouche : « […] Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts ». Il est aussitôt tempéré par une phrase du chanteur Lucio Battisti : « […] tant de bras t'ont étreint tu le sais pour devenir ce que tu es ». Entre la gravité et la légèreté, on sait qu'on va danser de concert avec Fosca sur le fil de sa vie, juste après le grand saut, par la voix et l'écriture de sa confidente des derniers instants, Constance. Les pages défilent. On n'y prend garde. On reste désarmé face à une vie vécue au plus près de l'amour et de la vie, avec la raison chevillée au corps. L'attraction du livre va grandissante à mesure que la lecture l'effeuille. Certaines phrases ciselées et calibrées possèdent le grain de la beauté : « A trois heures du matin, l'heure à laquelle les sentinelles s'endorment, les malades se réveillent, les amants se tournent le dos, Fosca me regarda… » ; « Celles qui s'appartiennent peuvent se donner » ; « […] la jeunesse tenait lieu d'hygiène, la beauté de morale ». On pourrait ainsi en égrener des chapelets pour tenter de conjurer le mauvais sort fait à la vie qui s'enfuit, inexorablement, infiniment, aveuglément. Par la grâce d'une écriture déliée, sans emphase et sans pathos, les fils de la vie de Fosca et de Constance se détricotent avec un certain bonheur, une vraie douceur, un grand respect. Prise dans le filet des mots, l'ombre s'ajoure alors un court instant et devient lumière.
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Herve-Lionel
  10 juillet 2018
La Feuille Volante n° 1262
La douceur des hommesSimonetta Greggio – Stock.
Constance, jeune femme trentenaire narre l'enterrement de Fosca, une vielle dame de 87 ans rencontrée par hasard à Venise. Par un effet d'analepse Constance se souvient de cette rencontre et d'un voyage en Italie qui a suivi où Fosca, une épicurienne devenue un peu sa grand-mère de substitution a abondamment parlé d'elle, de sa vie, de ses amants...Elle a péroré sur l'amour, sur le mariage qui ne tient pas ses promesses et enfante souvent du malheur contrairement aux apparences ou précipite dans les amours de contrebande, sur la souffrance qui n'est pas rédemptrice contrairement à ce qu'on nous a affirmé avec force dans les confessionnaux, sur le désir… Constance prend parfois le relais et parle de ses pérégrinations souvent solitaires autour du monde, se pose des questions sur elle-même, sur son parcours, ses aventures amoureuses, face à cette vieille femme qui semble plus jeune qu'elle mais qui veut lui communiquer son message comme elle le ferait à une parente, à un amie chère, avant de mourir. Elle lui parle avec tendresse des hommes qu'elle a aimés mais cette plongée dans le passé a pour Fosca des accents de testament, ce voyage en Italie, des relents de dernière séance et pour le lecteur, cette profusion de mots transalpins et chantants est une invitation au voyage, au dépaysement. Cette immersion intemporelle s'accompagne de photos en noir et blancs, aux bords dentelés, avec des annotations au dos, une date, un nom, un lieu pour réveiller la mémoire et derrière les sourires, une histoire, des lettres reçues, témoins de passions, d'amertumes ou de regrets, un journal intime aux pages jaunies qui gardent la trace secrète des émotions et des remords…
J'ai lu ce roman avec curiosité et attention, le titre était engageant, je n'ai pas souvent entendu des auteures parler ainsi de la douceur des hommes, mais, le livre refermé je ne l'ai pas vraiment ressentie tout au long de cette lecture. Fosca a peut-être tendrement aimé ces hommes mais ceux qui sont passés dans sa vie semblent l'avoir fait rapidement, en y laissant seulement une trace comme l'empreinte d'un pied dans le sable, vite effacée par la vague et sa mémoire en a conservé un souvenir à la fois fort et fragile. Quant à ceux que Constance évoque, c'est la même chose, la même marque furtive, vite envolée ! Il faut dire que le sujet s'y prête, les relations entre les hommes et les femmes, leurs liaisons amoureuses sont des sujets récurrents et largement traditionnels dans les romans. le mariage , tenté deux fois par Fosca, qu'on nous présente comme un point de passage obligé dans la vie de chacun d'entre nous, au nom de la perpétuation de la race et de l'enrichissement du pays, en nous faisans croire que le bonheur passe par lui, est un leurre. Cette certitude initiale, si souvent répétée au point qu'elle est ancrée en nous, a pourtant des accents d'hypocrisie et d'échec, même si nous trouvons toujours de petits arrangement pour la faire perdurer. Quant à l'amour qui en principe préside à tout cela, il n'est lui aussi qu'une illusion fugace, qu'une image virtuelle dont les traits se dissipent rapidement sous les coups de la réalité. Il ne se conjugue pas avec « toujours », même si on le voudrait bien et souvent c'est la solitude qui prévaut parce qu'avant, ou à la place, il y a eu des attentes, des atermoiements, des faux-pas, des renoncements des trahisons et bien sûr des larmes . Elle est l'antichambre de cette mort qui nous attend tous parce que nous ne sommes que les usufruitiers de notre propre vie, même si nous voulons toute notre vie l'oublier.
Simonetta Greggio n'est pas une inconnue pour cette chronique où son talent d'écrivain a déjà été apprécié. J'ai retrouvé, dans ce qui est son premier roman (paru en 2005), avec plaisir son style fluide et agréable à lire, avec des accents poétiques émouvants et une somme d'aphorismes bien sentis et pertinents.
© Hervé Gautier – Juillet 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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carre
  20 février 2012
Fosca, a passé sa vie à aimer, cette épicurienne des joies terriennes va raconter, à la jeune Constance qui est l'opposée de la femme qu'à été Fosca, cette vie riche d'hommes, d'amants mais surtout celle d'une femme libre.
Simonetta Greggio dans ce premier roman dresse un magnifique portrait de femme qui aura vécut sans interdits sa vie pour n'avoir aucun regret, une philosophie que Gréggio déroule avec une grande pudeur, une infinie tendresse pour cette femme et nous sommes nous aussi sous le charme.Un roman délicat et sensuel.
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Soune
  25 janvier 2013
Fosca, une dame de 87 ans, sait qu'elle va mourir. Au cours d'un voyage en voiture de la France vers l'Italie, cette dernière raconte à Constance, une jeune femme dans la trentaine, sa vie. Elle met l'accent sur ses amours, les hommes qui ont partagé sa vie, ses amis, ses espoirs et ses déboires, la manière dont elle a ressenti les faits qui ont marqué sa vie, sans pudeur et pourtant avec toujours la beauté des sentiments. Malgré certains évènements que d'autres raconteraient avec force larmes et mines tristes, Fosca rayonne, le sourire étant sa marque de fabrique. Elle a avancé dans la vie tête haute et souriante à la recherche de ses rêves et de ses désirs qu'elle n'ignora jamais. A la veille de mourir, elle raconte à Constance, une jeune femme rencontrée quelques jours plus tôt devant une bouteille de vin blanc comment elle s'est livrée aux hommes. C'était « la seule manière de vivre » lui dit Fosca. Pourquoi tant d'empressement devant une étrangère me demanderez-vous. Ce serait si simple que de vous répondre. Non… Je ne dirai rien. L'amour se lit et se vit plus longuement qu'en révélant en une phrase le fin mot de l'histoire.
Ce livre c'est l'histoire de Fosca mais c'est aussi l'histoire de ces deux femmes dont on apprend petit-à-petit le lien qui les unit, à travers les escales qu'elles font mais également au travers des gens qu'elles rencontrent. Ainsi c'est aussi l'histoire de Constance.
Une très belle histoire d'amour se cache dans cet ouvrage au milieu de toutes les histoires qui nous sont contées. Une vie est faite de plusieurs vies? C'est en tout cas le sujet de ce court roman de 154 pages. le véritable amour naît de plusieurs histoires, nous raconte l'auteur. Fosca apprend au cours de sa vie qu'il existe en effet plusieurs sortes d'amours. « le tout », précise-t-elle, « c'est de savoir faire la différence
».
Entre gravité et légèreté, entre douceur et respect, Fosca transmettra à Constance (et j'ose dire au lecteur) le douloureux bonheur d'aimer et d'être aimé. Plus qu'un simple témoignage sur une période de sa vie, ce livre est un véritable testament sur une certaine philosophie de vie grâce à une écriture vibrante d'émotions. On en apprend sur la vie, sur les femmes et sur les hommes tels par exemple cet extrait que je trouve particulièrement beau:

«Ma vertu, c'est les hommes. Mon rythme, c'est eux. Leur douceur. Il faut juste leur en laisser la possibilité, tu sais, le droit de l'être. C'est si dur de devenir un homme : c'est pour ça qu'il leur faut cacher cette douceur. Un homme doux transporte avec lui l'enfant qu'il a été et le vieillard qu'il sera, sa violence et la fierté de savoir y renoncer. Il est plus doux qu'un père et une mère, plus doux qu'une gorgée d'eau pour qui meurt de soif. Un homme doux, c'est toute la douceur du monde, c'est la salive sur un genou écorché, et la dernière rose en décembre, et la truffe de ton chien qui te fouille le visage à ton premier chagrin."
Encore un silence. Encore un soupir. Ce qui fait la force d'un homme, c'est sa douceur. »

Une rareté littéraire jouissive qui bouleverse par sa force, son honnêteté impudique et son pied-de nez au mode de vie qui défend le manque de prise de risques.
Lien : http://aupetitbonheurlapage...
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
darkmoondarkmoon   02 mars 2014
Je suis arrivée à la fin de ma vie. L’ai-je aimée, cette vie, qu’il me faut quitter ! Dire que mes jours sont comptés ne signifie rien. Les jours de chacun de nous sont comptés. Mais si d’habitude on ne distingue pas le rivage, caché à l’ombre du temps et des circonstances, l’âge et la maladie me rendent ce terme visible. Je rends les derniers soins à ce corps que j’ai bien aimé, et qui m’a bien servi. J’ai été sobre avec volupté. J’ai été voluptueuse avec sagesse. J’ai embrassé une philosophie qui laisse le corps libre, l’esprit lavé ; je me suis roulée sur le lit de l’épicurisme. Étroit mais propre.
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NorlaneNorlane   08 avril 2010
Ce qui est sûr, c'est que c'est la première plaie qui a le plus de mal à se refermer, et là-dessus, les cicatrices se succèdent, à la fin on n'est plus qu'une masse de bleus et de bosses plus ou moins anciens, mais on avance quand même, on se relève encore, et parfois on n'est pas encore relevé qu'on est KO à nouveau, et alors il faut surtout respirer pianissimo et se faire oublier. Puis la lumière s'infiltre doucement et l'envie de vivre revient. En attendant, on peut toujours se mettre en boule comme un chat, et faire semblant de n'être pas là.
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darkmoondarkmoon   21 février 2014
Petite âme, tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu vas renoncer aux jeux d’autrefois… Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus… Tachons d’entrer dans la mort les yeux ouverts.
(Publius Aelius Hadrianus)
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darkmoondarkmoon   07 mars 2014
La guerre, c’est non seulement la mort et la dévastation systématique, mais aussi la victoire des pires instincts. Des instincts qui mènent immanquablement à la ruine de tout ce qui est beau et bon, comme si la seule manière de s’approprier la beauté lorsqu’on s’en sait indigne était sa destruction.
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darkmoondarkmoon   25 février 2014
Je me suis bagarrée avec les hommes pendant plus de soixante ans. Je les ai aimés, épousés, maudits, délaissés. Je les ai adorés et détestés, mais jamais je n’ai pu m’en passer.
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Videos de Simonetta Greggio (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simonetta Greggio
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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