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EAN : 9782809709155
193 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (02/05/2013)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Pour échapper à la noyade, un enfant développe des branchies qui lui permettent de vivre dans la solitude de l’eau et le bonheur d’être libre au milieu des poissons. Recueilli par un vieil homme et son petit-fils, il mène avec eux une vie fruste et innocente au bord du lac où ils vivent, forcé de cacher sa singularité aux yeux des autres.
Profondément ancré dans la réalité de la Corée d’aujourd’hui, ce roman distille un charme secret. Imprégné de l’odeur de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  10 juin 2019
Gu Byeong-mo m'avait déjà ensorcelée avec ses Petits pains de la pleine lune. L'expérience se réitère avec Fils de l'eau.
Empreint d'une légère touche surnaturelle, puisque le petit garçon que son père décide d'emporter dans son suicide, développe au contact des eaux du lac des branchies, lui permettant de survivre. Recueilli par un grand-père et son petit-fils que sa mère a abandonné, Gon grandit à l'écart de tout. Persistent son attachement à l'élément liquide et ses facultés peu ordinaires.
Avec ce court roman, on oscille entre onirisme et le réalisme le plus cru. Il y a de la violence dans les rapports entre les deux garçons, Kangha ne savant exprimer ses émotions, recourre à la brutalité. Violence et désespérance plus élargies aussi avec les nombreux suicides qui entachent la réputation du lac, puis, plus tard, au bord de la rivière, avec ces étudiants venus faire la fête, boire, braillards et prompts à la bagarre... jusqu'à ce qu'un drame arrive parfois.
Gon, lui, garde cette fraîcheur et cette innocence au long de ces années. Ses promenades aquatiques le lavent des dérives régulières du comportement humain. Taiseux et attaché à conserver son secret, il évite de trop approfondir les relations sociales. Un personnage complexe et attachant. Comme le dit Gu Byeong-mo dans sa postface, diamant et graphite sont tous deux des formes de carbone, seule la structuration de leurs atomes diffère. Il en va de même pour Gon et les autres personnes.
Sans fioriture, sur un ton sobre et une narration non linéaire, l'auteur raconte son fils de l'eau avec une émotion palpable qui me laisse, après lecture, comme un poids mélancolique sur le coeur. Et l'envie de retrouver très vite l'univers littéraire original et merveilleusement envoûtant de l'écrivain. Hélas, seuls deux romans sont actuellement traduits. La Corée, qu'il s'agisse de K-pop, manwha ou littérature, ayant le vent en poupe en France depuis quelque temps, j'espère de nouveaux titres bientôt disponibles. En attendant, d'autres romanciers de la péninsule attisent aussi ma curiosité toujours en alerte de belles découvertes.
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DocteurVeggie
  14 août 2016
Un livre envoûtant où l'eau vous berce et vous entraîne du début jusqu'à la fin du récit. Il s'agit du deuxième livre de littérature coréenne, et je dois l'avouer que j'apprécie ce style tout particulier.
Le livre nous raconte l'histoire d'un enfant qui développe des branchies en guise d' instinct de survie lorsque son père décide se jeter avec lui dans un lac. L'enfant est recueilli par son un vieil homme et son petit-fils.
J'ai apprécié ce roman fable qui nous montre bien le regard des autres ainsi que ce sentiment de solitude, car nous sommes différents. Un enfant grandissant dans un village pauvre et abandonné de tous où seuls quelques villageois restent là, perdus non loin d'un lac. Des gens, qui, par désespoir décident de s'y jeter pour en finir. A nouveau, ce sentiment de déréliction qui se fait ressentir à travers les pages.
Au fur et à mesure des pages, nous découvrons les changements physiques de l'enfant, ses écailles oniriques et sa manière de nager au plus profond du lac afin de se de soi et de disparaître dans les méandres. Des personnages torturés traînant, avec eux, leurs casseroles aux pieds. Bien que court, j'ai trouvé que ce livre laisse certains passages interrogatifs et déboussolent le lecteur afin de mieux le faire se remettre en question face à lui-même. L'eau du lac, l'eau du subconscient, l'eau dans laquelle nous nous noyons dans le quotidien ?
Difficile pour moi de faire une critique correcte étant donné que le livre oscille entre une fable cachant des vérités sociétales : le rejet, l'abandon, la normalisation et la standardisation ; et comment l'humain s'adapte ou ne s'adapte pas à cette standardisation et normalisation. Un livre court, intéressant qui mérite à ce que le personnage de Gon nous revienne quelques années plus tard.
L'auteure a aussi pris un petit plaisir à distordre la ligne du temps afin d'envoûter le lecteur dans sa propre fable.

Lien : https://uneodeurdevieuxlivre..
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zellereb
  12 janvier 2017
J'ai bien aimé ce roman coréen, empreint de mystère et d'irréel. Gon est quelqu'un d'exceptionnel, car il est mi homme mi poisson. Il est aussi un peu sauveteur des mers ou des terres. Il a été recueilli au bord d'une rivière dans son enfance par un vieil homme et son petit fils, Nul ne sait qui est Gon, ni d'où il vient, et pourquoi il a été abandonné. D'ailleurs lui non plus ne sait pas tout ça. On sait juste que son corps présente un aspect inhabituel, qui rappellerait celui d'un poisson. Est-ce le résultat d'une mutation ? Est-il né comme ça ? On ne sait pas. Voilà, alors, évidemment, l'histoire ne s'arrête pas à ça, il y a tout une intrigue psychologique qui se déroule autour de la cohabitation de ces trois personnes, qui forment une famille reformée. Des frictions, des étincelles, des mal-êtres et autres rebondissements se développeront, parfois des plus sombres. Les personnages sont bien dessinés, ils ont tous leur drame personnel, leur brisure, et la profondeur de la psychologie est bien écrite, tout en délicatesse. J'ai été touchée, c'est un beau livre à parcourir, avec pas mal de poésie. Une poésie noire.
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Damepluie
  02 août 2013
Dorénavant, je serai attentive aux créations de Gu Byeong-Mo, car j'ai été séduite par ce roman comme je ne l'avais été depuis plus d'un an. Il y a bien longtemps en effet qu'un roman ne m'avait pas lâchée ainsi.
Au départ, une couverture dont la lumière m'a attirée. La poésie étrange qui en émane: un jeune homme en pleine nage,muni de nageoires, dont la peau semble irradier un arc-en-ciel azuréen sub-aquatique.
Quant au récit lui-même, il voit se succéder des passages d'une surprenante beauté (narrant comment cet être hybride s'épanouit dans l'onde, jouissant d'une nature riche d'odeurs, de parfums, de couleurs), et d'autres d'une prenante noirceur ( décrivant la complexité des relations humaines marquées par une violence ambivalente, évoluant dans un monde pauvre, brutal, cynique). Pourtant, de chaque rencontre saura naître une touchante beauté. Vraiment, on y lit à quel point les humains sont démunis et maladroits dans une société qui se délite.
Je ne veux dévoiler le coeur du récit, juste dire qu'il s'agit de la vie d'un garçon qui, du fait de circonstances extrêmes, a vu son corps entamer une transformation partielle et progressive en corps de poisson.
Une oeuvre pleine d'originalité et de talent.
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Malivriotheque
  01 août 2020
Entraîné dans l'eau avec son père suicidaire, un petit garçon survit en développant des branchies. Il est récupéré par un vieil homme et son petit fils Kangha qui refuse de le confier à la police, de peur qu'on le maltraite et qu'il devienne la proie des scientifiques. Nommé Gon, le garçon va alors rester chez eux loin du regard des curieux et continuer sa transformation...
Tout commence par une poésie prometteuse. Et puis le récit bascule dans la platitude et le manque d'actions. Gon est un personnage naïf, manipulé mais gentil, bien que sans réelle profondeur. Les choses lui arrivent sans qu'il les analyse, au point que c'est à se demander s'il n'est en fait pas le vrai personnage central de l'histoire. Seuls les autres ont du relief, des réactions et sentiments, des défauts et problèmes de vie. Gon est l'attraction, l'étrangeté, voire le beau pour certains.
A l'exception du personnage plus remarquable de Kangha et de quelques évènements graves amenés par la vie, ce livre a un goût d'insuffisance et peut s'oublier très vite. On sent les capacités et l'envie de l'auteur d'inscrire son oeuvre dans le conte et le merveilleux, mais l'intrigue reste ancrée dans une réalité assez décevante. L'envol de l'homme-poisson est tardif et assez triste, sans vraie beauté ni morale dégagée. C'est bien dommage.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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critiques presse (1)
Liberation   06 mai 2013
La romancière sud-coréenne Gu Byeong-mo conte avec humour et cruauté l’existence âpre d’un garçon sirène
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
zellerebzellereb   12 janvier 2017
Il se rappela ce que sa mère lui avait dit il y avait longtemps : « Quand on possède quelque chose de beau, de précieux, il faut le garder pour soi et ne surtout pas le montrer aux autres. »
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zellerebzellereb   12 janvier 2017
Son cœur battait à tout rompre. Il eut soudain l’impression que sa vie n’était qu’une fine couche de glace prête à céder à tout moment, mais qui résistait tant bien que mal à condition que personne ne vienne la piétiner avec des chaussures pleins de terre.
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ColibrilleColibrille   18 mars 2016
Si vous tenez absolument à faire un rapport, messieurs, pourquoi ne pas le rédiger de la manière suivante : Le sauveur en question n'est ni noyé ni disparu. Il ne veut tout simplement pas révéler son identité, il a prétendu avoir fait ce qu'il devait faire et il est parti à la nage, aussi souple qu'un phoque ou un dauphin. Il a sorti de temps en temps la tête de l'eau pour respirer et a fini par s'éloigner jusqu'à ne plus être qu'un point sur l'horizon.
Ça vous irait comme version ?
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zellerebzellereb   12 janvier 2017
Pourquoi la plupart des gens se contentent-ils de visiter en troupeau les sites célèbres, pour y passer juste quelques minutes, le temps de prendre quelques photos, avant de repartir aussi vite ? Pourquoi leurs voyages se résument-ils à ça ?
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YuixemYuixem   20 février 2017
(...) il ne suffit pas d'avoir le nez et les poumons solides pour pouvoir respirer quand on est enfermé comme un ver à soie dans son cocon de fils ; nous avons tous besoin d'être entourés de ces êtres qui sont pour nous aussi indispensables que les branchies aux poissons (...) (Un mot de l'auteur)
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