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ISBN : 2809709157
Éditeur : Editions Philippe Picquier (02/05/2013)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Pour échapper à la noyade, un enfant développe des branchies qui lui permettent de vivre dans la solitude de l’eau et le bonheur d’être libre au milieu des poissons. Recueilli par un vieil homme et son petit-fils, il mène avec eux une vie fruste et innocente au bord du lac où ils vivent, forcé de cacher sa singularité aux yeux des autres.
Profondément ancré dans la réalité de la Corée d’aujourd’hui, ce roman distille un charme secret. Imprégné de l’odeur de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  10 juin 2019
Gu Byeong-mo m'avait déjà ensorcelée avec ses Petits pains de la pleine lune. L'expérience se réitère avec Fils de l'eau.
Empreint d'une légère touche surnaturelle, puisque le petit garçon que son père décide d'emporter dans son suicide, développe au contact des eaux du lac des branchies, lui permettant de survivre. Recueilli par un grand-père et son petit-fils que sa mère a abandonné, Gon grandit à l'écart de tout. Persistent son attachement à l'élément liquide et ses facultés peu ordinaires.
Avec ce court roman, on oscille entre onirisme et le réalisme le plus cru. Il y a de la violence dans les rapports entre les deux garçons, Kangha ne savant exprimer ses émotions, recourre à la brutalité. Violence et désespérance plus élargies aussi avec les nombreux suicides qui entachent la réputation du lac, puis, plus tard, au bord de la rivière, avec ces étudiants venus faire la fête, boire, braillards et prompts à la bagarre... jusqu'à ce qu'un drame arrive parfois.
Gon, lui, garde cette fraîcheur et cette innocence au long de ces années. Ses promenades aquatiques le lavent des dérives régulières du comportement humain. Taiseux et attaché à conserver son secret, il évite de trop approfondir les relations sociales. Un personnage complexe et attachant. Comme le dit Gu Byeong-mo dans sa postface, diamant et graphite sont tous deux des formes de carbone, seule la structuration de leurs atomes diffère. Il en va de même pour Gon et les autres personnes.
Sans fioriture, sur un ton sobre et une narration non linéaire, l'auteur raconte son fils de l'eau avec une émotion palpable qui me laisse, après lecture, comme un poids mélancolique sur le coeur. Et l'envie de retrouver très vite l'univers littéraire original et merveilleusement envoûtant de l'écrivain. Hélas, seuls deux romans sont actuellement traduits. La Corée, qu'il s'agisse de K-pop, manwha ou littérature, ayant le vent en poupe en France depuis quelque temps, j'espère de nouveaux titres bientôt disponibles. En attendant, d'autres romanciers de la péninsule attisent aussi ma curiosité toujours en alerte de belles découvertes.
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DocteurVeggie
  14 août 2016
Un livre envoûtant où l'eau vous berce et vous entraîne du début jusqu'à la fin du récit. Il s'agit du deuxième livre de littérature coréenne, et je dois l'avouer que j'apprécie ce style tout particulier.
Le livre nous raconte l'histoire d'un enfant qui développe des branchies en guise d' instinct de survie lorsque son père décide se jeter avec lui dans un lac. L'enfant est recueilli par son un vieil homme et son petit-fils.
J'ai apprécié ce roman fable qui nous montre bien le regard des autres ainsi que ce sentiment de solitude, car nous sommes différents. Un enfant grandissant dans un village pauvre et abandonné de tous où seuls quelques villageois restent là, perdus non loin d'un lac. Des gens, qui, par désespoir décident de s'y jeter pour en finir. A nouveau, ce sentiment de déréliction qui se fait ressentir à travers les pages.
Au fur et à mesure des pages, nous découvrons les changements physiques de l'enfant, ses écailles oniriques et sa manière de nager au plus profond du lac afin de se de soi et de disparaître dans les méandres. Des personnages torturés traînant, avec eux, leurs casseroles aux pieds. Bien que court, j'ai trouvé que ce livre laisse certains passages interrogatifs et déboussolent le lecteur afin de mieux le faire se remettre en question face à lui-même. L'eau du lac, l'eau du subconscient, l'eau dans laquelle nous nous noyons dans le quotidien ?
Difficile pour moi de faire une critique correcte étant donné que le livre oscille entre une fable cachant des vérités sociétales : le rejet, l'abandon, la normalisation et la standardisation ; et comment l'humain s'adapte ou ne s'adapte pas à cette standardisation et normalisation. Un livre court, intéressant qui mérite à ce que le personnage de Gon nous revienne quelques années plus tard.
L'auteure a aussi pris un petit plaisir à distordre la ligne du temps afin d'envoûter le lecteur dans sa propre fable.

Lien : https://uneodeurdevieuxlivre..
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Damepluie
  02 août 2013
Dorénavant, je serai attentive aux créations de Gu Byeong-Mo, car j'ai été séduite par ce roman comme je ne l'avais été depuis plus d'un an. Il y a bien longtemps en effet qu'un roman ne m'avait pas lâchée ainsi.
Au départ, une couverture dont la lumière m'a attirée. La poésie étrange qui en émane: un jeune homme en pleine nage,muni de nageoires, dont la peau semble irradier un arc-en-ciel azuréen sub-aquatique.
Quant au récit lui-même, il voit se succéder des passages d'une surprenante beauté (narrant comment cet être hybride s'épanouit dans l'onde, jouissant d'une nature riche d'odeurs, de parfums, de couleurs), et d'autres d'une prenante noirceur ( décrivant la complexité des relations humaines marquées par une violence ambivalente, évoluant dans un monde pauvre, brutal, cynique). Pourtant, de chaque rencontre saura naître une touchante beauté. Vraiment, on y lit à quel point les humains sont démunis et maladroits dans une société qui se délite.
Je ne veux dévoiler le coeur du récit, juste dire qu'il s'agit de la vie d'un garçon qui, du fait de circonstances extrêmes, a vu son corps entamer une transformation partielle et progressive en corps de poisson.
Une oeuvre pleine d'originalité et de talent.
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Yuixem
  09 mars 2017
Ce court roman raconte l'histoire de Gon, un homme qui a une particularité singulière : en échappant à la noyade étant enfant, il a développé des branchies ! Celles-ci lui permettent ainsi de respirer sous l'eau, tel un véritable poisson. Dû à son corps également constitué d'écailles, il est plus ou moins forcé de vivre à l'écart de la société afin de ne pas être pris pour une bête de cirque. C'est à travers le prisme d'une femme qu'il a sauvée de la mort, que l'on découvre la vie de cet être fantastique.
Quand j'ai acheté ce livre, je m'attendais à découvrir une histoire plutôt magique, belle, pleine de rêverie. Non pas que j'ai été déçue, mais ce ne fut absolument pas le cas :p Certes, le héros possède des branchies, ce qui n'est pas naturel. Mais plus qu'un élément fantastique, il s'agit davantage d'une métaphore représentant toutes personnes étant ou se sentant différentes et exclues de la société et de ses canons. L'ambiance générale est donc plus difficile qu'attendue.
La question du suicide est ainsi au coeur de la première partie du récit. C'est suite à cet acte que notre narratrice est sauvée et que Gon a développé son aptitude. Par chance, celui-ci est retrouvé et pris en charge par un vieil homme et son petit-fils. de peur qu'il soit traité comme un animal de laboratoire, ils décident de le cacher chez eux plutôt que de le livrer à la police. Reclus dans la campagne, loin des regards, Gon grandit sous les maltraitances de son nouveau grand-frère, Kangha. La vie de Gon n'est donc pas facile, mais il se satisfait de celle-ci, remerciant chaque jour ses sauveurs et se faisant le plus discret possible pour ne pas les gêner.
Fils de l'eau ressemble davantage à un conte, tels le Petit Prince, mais raconté de manière beaucoup plus moderne. A travers les différents personnages qui orbitent autour de Gon, l'auteur nous offre une critique de la société, toute en douceur. Kangha et Haeryu, la narratrice, incarnent chacun à leur manière un visage de cette société si difficile avec ceux qui sont différents. le jeune homme est le digne représentant de ceux qui se montrent extrêmes face à la différence : il porte un intérêt quelque peu malsain à Gon ; il se montre violent sans réelle raison ; il est possessif envers cet être si singulier ; il a également pitié de lui ; son aspect le dégoûte ; et sans réellement vouloir se l'avouer, il semble jaloux de la liberté dont jouit Gon grâce à sa différence. Pourtant, à plusieurs reprises, son côté humain resurgit car il ne peut s'empêcher de tout de même aider son ami. Haeryu, pour sa part, incarne cette personne de la société qui a été déçue par une expérience et qui commence à se poser des questions et à être plus ouverte aux différences. Découvrir l'histoire via son prisme permet ainsi de découvrir l'histoire de Gon sans préjugés, sans a priori ou trop d'émotions personnelles.
Tout cela donne l'impression que le récit est plutôt froid, triste, voire même violent. Pourtant, il n'en est rien et c'est ce qui m'a le plus agréablement surprise. Tout au long du livre, je n'ai ressenti que de la chaleur, de la poésie, du calme et de la pureté. le style de l'auteur est simple, il met les mots justes et doux sur la vie de Gon, il n'ajoute aucun fioriture aux descriptions ou à la narration. de plus, avec le champ lexical de l'eau qui occupe tout le roman, on a cette image perpétuelle de bleu profond, calme, berçant, éblouissant et qui s'écoule lentement… Enfin, outre tous les aspects difficiles abordés dans Fils de l'eau, il est important de noter que la valeur de la famille est au coeur de tout le récit, offrant une certaine chaleur sans comparaison possible.
Du début à la fin, j'ai donc été séduite par ce récit plus classique qu'il n'y paraissait. Fils de l'eau est un réel bijou littéraire venu du pays du matin calme. Je suis bien décidée à découvrir d'autres oeuvres de cet auteur et plus largement des écrivains coréens.
Lien : https://livraisonslitteraire..
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traversay
  09 août 2013
Voici donc l'histoire singulière de Gon, Fils de l'eau, mi-homme, mi-poisson. Un conte qui a priori devrait émarger (émerger ?) à la rubrique fantastique si ce n'est que Gu Byeong-mo a plutôt une appétence pour les atmosphères poétiques mâtinées de considérations sociales. Fils de l'eau se révèle donc dans ses vertus paraboliques servies par un humour de bon aloi et une petite dose de cruauté, la romancière n'est-elle pas coréenne ? Gon, l'homme-sirène, sauve des vies à l'occasion et reste marginal, par choix et nécessité. Ce n'est pas lui, en définitive, le héros du livre. Toute une galerie de personnages qu'il rencontre à différentes stades de son existence, montrent leur vrai visage et évoluent à son contact, sortant ainsi de la pression étouffante et conservatrice de la société coréenne. En refusant la linéarité, Gu a écrit un roman superbement construit dont le style limpide comme l'onde séduit et charme. Que les éditions Picquier ne se gênent surtout pas pour traduire ses autres oeuvres, si elles sont de cette qualité.
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critiques presse (1)
Liberation   06 mai 2013
La romancière sud-coréenne Gu Byeong-mo conte avec humour et cruauté l’existence âpre d’un garçon sirène
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
zellerebzellereb   12 janvier 2017
Il se rappela ce que sa mère lui avait dit il y avait longtemps : « Quand on possède quelque chose de beau, de précieux, il faut le garder pour soi et ne surtout pas le montrer aux autres. »
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zellerebzellereb   12 janvier 2017
Son cœur battait à tout rompre. Il eut soudain l’impression que sa vie n’était qu’une fine couche de glace prête à céder à tout moment, mais qui résistait tant bien que mal à condition que personne ne vienne la piétiner avec des chaussures pleins de terre.
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ColibrilleColibrille   18 mars 2016
Si vous tenez absolument à faire un rapport, messieurs, pourquoi ne pas le rédiger de la manière suivante : Le sauveur en question n'est ni noyé ni disparu. Il ne veut tout simplement pas révéler son identité, il a prétendu avoir fait ce qu'il devait faire et il est parti à la nage, aussi souple qu'un phoque ou un dauphin. Il a sorti de temps en temps la tête de l'eau pour respirer et a fini par s'éloigner jusqu'à ne plus être qu'un point sur l'horizon.
Ça vous irait comme version ?
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zellerebzellereb   12 janvier 2017
Pourquoi la plupart des gens se contentent-ils de visiter en troupeau les sites célèbres, pour y passer juste quelques minutes, le temps de prendre quelques photos, avant de repartir aussi vite ? Pourquoi leurs voyages se résument-ils à ça ?
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YuixemYuixem   20 février 2017
(...) il ne suffit pas d'avoir le nez et les poumons solides pour pouvoir respirer quand on est enfermé comme un ver à soie dans son cocon de fils ; nous avons tous besoin d'être entourés de ces êtres qui sont pour nous aussi indispensables que les branchies aux poissons (...) (Un mot de l'auteur)
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