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Liselotte Bodo (Traducteur)Jacqueline Chambon (Traducteur)Patrick Charbonneau (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2868698328
Éditeur : Actes Sud (24/04/1992)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 345 notes)
Résumé :
Voici le roman le plus célèbre et le plus émouvant de Marlen Haushofer, journal de bord d'une femme ordinaire, confrontée à une expérience - limite. Après une catastrophe planétaire, l'héroïne se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s'être pétrifiée durant la nuit. Tel un moderne Robinson, elle organise sa survie en compagnie de quelques animaux familiers, prend en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (102) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  12 mai 2016
Coup de coeur absolu !
Comment parler d'un livre qui m'a émue, bouleversée, chamboulée au-delà des mots ?
Il est six heures du matin, le jour commence à se lever, mon chat dort sur le canapé à côté de moi, l'homme que j'aime en fait autant dans la pièce voisine. Je referme un livre exceptionnel ! Rien que de très ordinaire me direz-vous.
Je n'en suis pas si sûre car il y a des lectures tellement sublimes où chaque mot est à sa place, chaque geste, chaque sentiment sublimés par une écriture radieuse que l'on ne peut s'en extraire après la dernière page.
Je vais essayer de vous en parler le plus simplement possible.
Une femme dont on ne saura jamais le nom se retrouve prisonnière derrière un mur invisible à travers lequel elle aperçoit la maison voisine où un homme penché au-dessus d'une fontaine est probablement en train de boire et une femme assise sur un banc.
Elle ne met pas longtemps à comprendre l'impensable, il n'y a plus de vie autour d'elle, ces voisins sont figés dans la mort, pétrifiés en pleine action comme les habitants de Pompéi. de ce que l'on suppose être une catastrophe nucléaire, on ne saura rien.
Alors, de quoi parle ce livre ? de la survie, du partage avec un chat, un chien, une vache, ses seuls compagnons rescapés.
Il faut apprendre à vivre avec ce qu'il y a, quelques provisions rapidement épuisées, faire face aux mille tracas quotidiens.
Il faut apprendre à apprivoiser la solitude, la peur, la souffrance.
Au fil des jours dont elle tient soigneusement le décompte sur un agenda on la suit dans ses journées, dans les soins qu'elle donne à ses animaux, dans ses balades avec Lynx, le chien fidèle qui sans cesse lui redonne espoir par un coup de langue ou un regard plein d'amour qui semble dire : Ne t'en fais pas, je suis là !
"Comme c'était beau ces jours-là d'aller dans les bois avec Lynx. Les petits flocons se posaient sur mon visage, la neige crissait sous mes pas, j'entendais à peine Lynx derrière moi. Je contemplais nos traces dans la neige, mes lourds talons et les fines empreintes du chien. L'homme et le chien réduits à leur plus simple expression."

La nature est omniprésente dans ce récit, les saisons se suivent immuablement et les pages du livre se tournent, vite, trop vite.
Il ne se passe pas grand-chose finalement, pas beaucoup d'action, mais tellement plus. C'est triste, c'est plein d'espoir, c'est sublime.
Voilà j'ai essayé de vous parler d'un livre magistral, un coup de poing littéraire que je ne suis pas prête d'oublier.

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Kittiwake
  11 août 2015
Brutalement isolée du reste du monde par une frontière immatérielle, une femme se retrouve soudain confrontée à elle même et à une nature peu amicale, avec un enjeu immédiat, la survie.
Que l'on ne s'y méprenne pas, si le récit s'apparente indéniablement au genre science-fiction post-apocalyptique, il ne doit pas décourager les lecteurs peu friands de cette littérature. On ne sait pas ce qui s'est passé et on s'en fiche. le propos tient plus d'une robinsonade, terrestre et montagnarde, que d'une chronique de fin du monde.
La narratrice, seule dans son chalet de montagne, prend vite conscience d'une nécessité, manger pour vivre. Et l'énergie déployée, lorsque l'on a une idée vague et livresque des joies du travail paysan, procure une épuisement rapide qui met à distance les questions existentielles. Qui ne tarderont cependant pas à s'imposer.
Les alliances nécessaires se nouent : un chien, un chat, une vache que leur statut d'animal de compagnie ou de labeur a rendu dépendants et incapables de se débrouiller dans la nature. Leur rôle est fondamental et complexe : ils sont une garantie de ne pas perdre la faculté de parler, même si c'est à sens unique, ils contribuent à rendre le quotidien plus facile bien que leur existence soit une responsabilité, lourde à porter mais garante d'une volonté de rester en vie.
Cette profonde solitude crée de longs débats internes, qui éludent rapidement la question de ce qui a pu provoquer une telle situation. Ce sont les constats de la vacuité et de la vanité de ce qui faisait la vie d'avant, les enfants le travail, la famille et la gestion du temps, dans l'ignorance totale de ce qui fait l'essence de la vie.
L'ex femme lancée malgré elle dans la trépidation d'une vie urbaine souffre aussi dans son corps, les travaux des champs sont exigeants, la nourriture est peu variée et peu abondante, une simple rage de dents devient un enfer, les,muscles et les articulations sont mis à mal.
Elle abandonne sans regret tous les rituels qui concernent son apparence : les animaux ne le lui reprocheront pas.
Peu à peu, émergent des représentations d'une autre dimension, plus profondes, plus intimes, curieusement surgies d'un nouvel exil vers un alpage pour l'été.
C'est un récit bouleversant, dont les effets se font sentir au cours des nuits qui suivent la lecture, par des rêves suffisamment intenses pour que l'on s'en souvienne au réveil. Bien au delà de l'histoire, les interrogations fondamentales se profilent.
Le récit est habilement construit pour ne pas devenir monotone. Un tout petit bémol : certains tournures de phrases sont un peu étranges : effet de la traduction?
Une adaptation filmée existe, sous le même titre, tout à fait à la hauteur, ce qui est assez rare pour être souligné.


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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latina
  28 août 2018
« La naissance, la mort, les saisons, la croissance et le déclin » : tout dans ce livre raconte le cycle de la nature, le cycle de la vie.
Et pourtant, je sors de ce livre remplie d'un sourd malaise.
Pas moyen de me libérer de ses fils tentaculaires, de cette forêt, de ce chalet adossé aux rochers, de cette vallée humide, de ce pâturage là-haut sous le ciel immense et les nuages enveloppants, et de ce Mur invisible contre lequel la narratrice bute, sans espoir.
Oui, un mur, tout à coup, s'est dressé en une nuit et a séparé irrémédiablement la narratrice du reste de ses semblables, tous comme pétrifiés et hors d'atteinte, de l'autre côté.
Comment cette femme survit-elle à cette catastrophe ?
« Je suis la seule à être impatiente dans cette forêt et à en souffrir » : voici ce qu'elle nous dit au début de sa vie de recluse.
Mais petit à petit, elle s'y « habitue » grâce au travail acharné, car elle doit manger, se chauffer et aussi s'occuper de ses bêtes. En effet, petit à petit, lui arrivent des animaux : un chien, une vache, un chat. Et d'autres encore...Et pour elle, « l'amour rend la vie plus supportable à celui qui aime et à celui qui est aimé », même si « aimer et prendre soin d'un être est une tâche très pénible et beaucoup plus difficile que tuer ou détruire ».
Une symbiose s'opère entre elle et ses animaux, et c'est un plaisir de lire la description tendre et même espiègle qu'elle en fait. Leurs petites manies, leur amour inconditionnel, leurs yeux profonds, leur confiance.

Par contre, le malaise dont je parlais au début de cette critique ne m'a pas quittée une seule fois. Sous les phrases en apparence anodines de cette femme, sous l'énumération de ses travaux journaliers – difficiles car c'est une femme de la ville – et répétitifs, est semé le germe de la désespérance. On ne comprend pas ce qu'est ce Mur. La vie d'avant n'est qu'esquissée et ne paraissait pas bien heureuse. Et la vie dans la nature est bien ardue, même si la femme a un caractère fort et volontaire.
La plantation de pommes de terre, de haricots, la traite de la vache, l'entretien de la cabane qui lui tient lieu d'étable, le fauchage des grandes herbes, la cueillette des fruits des bois, la chasse (oui ! la chasse ! ), de longues promenades avec son chien... constituent l'essentiel de ses journées.
Et cette peur qui ne la quitte pas. Peur de quoi ? Des ténèbres ? de la maladie ? Oui, peut-être.
Du sens de la vie aussi...

En conclusion, je suis soulagée d'avoir fini ce livre, une boule dans la gorge, une angoisse diffuse au coeur.
La nature, oui ! Mais pas la solitude totale, pas le combat perpétuel, seule, avec les saisons.
Pas cette inquiétude qui taraude sans relâche, cette obsession permanente pour la survie de soi et des bêtes.

« La naissance, la mort, les saisons, la croissance et le déclin ».
Le déclin.
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Neneve
  19 mars 2017
Un roman magnifique... Un roman qui démontre que qui dit anticipation, ne veut pas nécessairement dire grandes aventures, grands rebondissements et créatures étranges. Non. Ici, nous sommes dans le après, dans le quotidien, dans le comment une survivante s'organise, seule, isolée, avec pour seule compagnie un chien, des chats et une vache qui mettra au monde un veau. Une femme, dans un chalet de la campagne autrichienne, coupée de la menace du monde par un mur invisible, qui devra communier maintenant avec la nature qui l'entoure. Elle redécouvre le travail manuel, le brut, le vrai. Plus d'artifices, plus de schème de pensées dicté, plus de standard, plus de norme. Seulement le vrai. Et ce sera également pour elle l'occasion de se redécouvrir, de faire face à ses démons, de se remettre en question... Son isolement la pousse à l'introspection. C'est juste majestueux !
L'écriture est sublime. Chaque mot, chaque phrase, chaque signe de ponctuation est à sa place. Ni en trop, ni en moins. Certes, c'est lent, il faut apprécier ce genre, mais c'est tellement dense, tellement plein de sens. C'est très fort ! Un roman à découvrir et à placer à côté des grands du genre, entre Huxley, Bradbury et Orwell.
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Myriam3
  29 octobre 2016
Pourquoi, un matin de Mai, un mur invisible sépare-t-il soudain une partie de la montagne autrichienne du reste du monde? Pourquoi ceux qui sont de l'autre côté de ce drôle de mur sont-ils restés pétrifiés dans leurs mouvements, comme un nouveau Pompéi? Qui a conçu ce mur, pourquoi, où s'arrête-t-il, pourquoi la narratrice a-t-elle, elle, échappé à ce qui ressemble à la fin de l'humanité?
Beaucoup de questions dès le début du roman, mais pas de réponse!
Notre narratrice - à quoi bon lui donner un nom puisqu'elle est seule désormais!- a suffisamment de sang-froid et de maturité - ou bien est-elle folle, finalement, pour réagir ainsi? - pour ne pas s'attarder sur le comment et pourquoi, et décide de réorganiser sa vie au plus vite, puisqu'il faut bien vivre... pour retrouver sa vie d'avant, un jour? Non, elle n'y croit pas.
Elle a auprès d'elle Lynx, le chien de ses amis dont elle investit aussi le chalet. Peu après, elle prend en charge une vache égarée, Bella, bien heureuse d'être traite et de trouver un confortable refuge, et enfin la chatte, indépendante mais affectueuse, qui a en recours un matou sauvage caché dans les bois. Tout ce petit monde va recréer un microcosme, nourris par Bella, aimés par Lynx, soignés par la narratrice qui se souvient de son enfance paysanne, heureusement. Car les journées sont longues et chargées: il faut planter, moissonner, aller aux alpages l'été, s'occuper de toutes ces petites bêtes auxquelles elle s'attache malgré elle, économiser les ressources... bref: survivre. Malgré le jour où...
On sait très vite que Lynx va mourir, que Taureau, le fils de Bella, va être sauvagement tué. Mais il faudra attendre la fin du récit pour savoir, et les pages se tournent dans une angoisse lancinante, une monotonie pesante. Il ne se passe pas grand chose tout le long du roman, et pourtant, maintenant que je l'ai fini, il me reste des tonnes d'impressions et d'images de cette vie montagnarde, de cette nature magnifique et sauvage, des attitudes si merveilleusement et justement décrites des animaux, presque humains.
Peu à peu, sur les deux ans passés ainsi, la narratrice change: son corps devient sec, menu et musclé, perdant ses formes arrondis. elle oublie petit-à-petit des pans de ses connaissances du monde d'avant. Mais la nature entre en elle: elle reconnaît chaque herbe, vit avec la pluie et le vent, les corneilles et identifie au premier regard les chevreuils qui ne sont pas originaires de sa vallée.
Alors oui, la lecture peut sembler monotone, mais on n'en sort pas indemne.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
FuyatingFuyating   12 septembre 2018
Aimer et prendre soin d'un être est une tâche très pénible et beaucoup plus difficile que tuer ou détruire.
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PiatkaPiatka   01 décembre 2017
Quand je me remémore la femme que j’ai été (..)
Je ne voudrais pas la juger trop sévèrement. Il ne lui a jamais été donné de prendre sa vie en main. Encore jeune fille, elle se chargea en toute inconscience d’un lourd fardeau et fonda une famille, après quoi elle ne cessa plus d’être accablée par un nombre écrasant de devoirs et de soucis. Seule une géante aurait pu se libérer et elle était loin d’être une géante, juste une femme surmenée, à l’intelligence moyenne, condamnée à vivre dans un monde hostile aux femmes, un monde qui lui parut toujours étranger et inquiétant. Elle en savait un peu sur pas mal de choses mais sur la plupart elle ne savait rien du tout et, en général, dans son esprit dominait un désordre effrayant. C’était bien assez pour la société dans laquelle elle vivait et qui d’ailleurs était aussi ignorante et accablée qu’elle. Mais je dois dire à sa décharge qu’elle en ressentait toujours un malaise diffus et qu’elle garda la conscience que cela ne pouvait pas être suffisant.
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LandulpheLandulphe   05 octobre 2015
Mais si le temps n’existe que dans ma tête, et si je suis le dernier être humain, il finira avec moi. Cette pensée me rend joyeuse. Il est peut-être en mon pouvoir de tuer le temps. Le grand filet se déchirera et tombera dans l’oubli avec son triste contenu. On devrait m’en avoir de la reconnaissance, mais personne ne saura après ma mort que c’est moi qui ai assassiné le temps. Dans le fond, ces pensées n’ont pas la moindre signification. Les choses arrivent tout simplement et, comme des millions d’hommes avant moi, je cherche à leur trouver un sens parce que mon orgueil ne veut pas admettre que le sens d’un événement est tout entier dans cet événement. Aucun coléoptère que j’écrase sans y prendre garde ne verra dans cet événement fâcheux pour lui une secrète relation de portée universelle. Il était simplement sous mon pied au moment où je l’ai écrasé : un bien-être dans la lumière, une courte douleur aiguë et puis plus rien. Les humains sont les seuls à être condamnés à courir après un sens qui ne peut exister. Je ne sais pas si j’arriverai un jour à prendre mon parti de cette révélation. Il est difficile de se défaire de cette folie des grandeurs ancrée en nous depuis si longtemps. Je plains les animaux et les hommes parce qu’ils sont jetés dans la vie sans l’avoir voulu. Mais ce sont les hommes qui sont sans doute le plus à plaindre, parce qu’ils possèdent juste assez de raison pour lutter contre le cours naturel des choses. Cela les a rendus méchants, désespérés et bien peu dignes d’être aimés. Et pourtant il leur aurait été possible de vivre autrement. Il n’existe pas de sentiment plus raisonnable que l’amour, qui rend la vie plus supportable à celui qui aime et à celui qui est aimé. Mais il aurait fallu reconnaître que c’était notre seule possibilité, l’unique espoir d’une vie meilleure. Pour l’immense foule des morts, la seule possibilité de l’homme est perdue à jamais. Ma pensée revient sans cesse là-dessus. Je ne peux pas comprendre pourquoi nous avons fait fausse route. Je sais seulement qu’il est trop tard.
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VALENTYNEVALENTYNE   15 avril 2015
Ici, dans la forêt, je me trouve enfin à la place qui me convient. Je n’en veux plus aux fabricants d’autos, ils ont depuis longtemps perdu tout intérêt. Mais comme ils m’ont torturée avec des choses qui me répugnaient ! je n’avais que cette petite vie et ils ne m’ont pas laissé vivre en paix. Maintenant que les hommes n’existent plus, les conduites de gaz, les centrales électriques et les oléoducs montrent leur vrai visage lamentable. On en avait fait des dieux au lieu de s’en servir comme objets d’usage. Moi aussi je possède un objet de ce genre au milieu de la forêt : la Mercedes noire de Hugo. Quand nous sommes arrivés avec, elle était presque neuve. Aujourd’hui, recouverte d’herbe, elle sert de nids aux souris et aux oiseaux. Quand la clématite fleurit au mois de juin, elle devient très belle et se met à ressembler à un gigantesque bouquet de mariée. Elle est belle aussi en hiver lorsqu’elle est brillante de givre ou se couronne d’une coiffe blanche.
Au printemps et à l’automne, je distingue entre les tiges brunes le jaune passé de ses coussins jonchés de feuilles de hêtre, mêlées à des petits morceaux de caoutchouc mousse et de crin, arraché et déchiqueté par des dents minuscules. La Mercedes d’Hugo est devenue un foyer confortable, chaud et abrité du vent. On devrait placer des voitures dans les forêts, elles font de bons nichoirs. Sur les routes, à travers tout le pays, il doit y en avoir des milliers recouvertes de lierre, d’orties et de buissons. Mais celle-là sont entièrement vide et sans habitants. (P 258)
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blanchenoirblanchenoir   01 octobre 2016
Les orties continueront à pousser, même si je les arrache cent fois, et elles me survivront. Elles ont tellement plus de temps que moi. Un jour, je ne serai plus là et plus personne ne fauchera le pré, alors le sous-bois gagnera du terrain puis la forêt s'avancera jusqu'au mur en reconquérant le sol que l'homme lui avait volé. Quand mes pensées s'embrouillent, c'est comme si la forêt avait commencé à allonger en moi ses racines pour penser avec mon cerveau ses vieilles et éternelles pensées. Et la forêt ne veut pas que les hommes reviennent.
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Videos de Marlen Haushofer (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marlen Haushofer
Bande-annonce du film "Le Mur Invisible", d'après l'oeuvre de Marlen Haushofer.
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