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Alzir Hella (Traducteur)Olivier Bournac (Traducteur)
ISBN : 2253060224
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/2003)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.07/5 (sur 2866 notes)
Résumé :
Scandale dans une pension de famille "comme il faut," sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un de ses clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...

Seul le narrateur tente de comprendre cette "créature sans moralité", avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive.

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Critiques, Analyses et Avis (289) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  17 octobre 2012
Voici un petit roman (une nouvelle pour certains, voir le P. S.) rondement mené, écrit avec délicatesse, une façon de "Sur la route de Madison" à la Stefan Zweig.
Celui-ci nous sert les confessions d'une vieille dame sur un épisode fugitif, mais marquant, (je l'écris de manière froide et tempérée, un "l'indicible confusion d'un fulgurant éclair d'amour dans la vie calme et bien réglée d'une femme" serait sûrement mieux) de sa vie où deux passions se croisent : la passion du jeu et la passion amoureuse, pour en aboutir à une troisième, un peu comme celle "selon Saint Mathieu".
Arrivée à une âge respectable, une femme de la haute société en villégiature sur la Côte d'Azur voit se dérouler sous ses yeux un épisode qui fait écho à quelque chose qu'elle a éprouvé, elle, un jour dans sa vie. Un amour ancien, fugace, une seconde de sa vie, un total abandon pour un homme dévoré par le démon du jeu (un peu à la façon du Joueur de Dostoïevski).
La description des mains du joueur (et puisque j'ai déjà commencé par une comparaison cinématographique) pourrait faire penser aux fameux cadrages serrés si chers et si caractéristiques des films de Sergio Leone et demeure selon moi le sublime morceau de ce livre.
Stefan Zweig aborde la passion amoureuse sous l'angle du refoulé et du qu'en dira-t-on. L'opprobre ordinaire du jugement des autres est aussi abordé. Il nous conte avec un certain brio, l'histoire d'un fugitif éclair dans la noire monotonie de la vie d'une femme de la haute société d'il y a cent ans environ, le palpitement de ces chairs qui n'ont pas toujours été calmes et sages.
On ne prend pas grand risque à lire ce roman, c'est rapide, c'est bien fait et, au pire, cela laisse indifférent mais je ne pense pas que l'on puisse le détester. Donc je le recommande bien volontiers et j'en garde un très bon souvenir sans toutefois le placer au niveau stratosphérique de la Confusion Des Sentiments qui m'a tant ravie. Mais cette considération hautement subjective n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
P. S. : Pour répondre à mon ami Lecassin, les gens de chez Stock ont probablement raison de dénommer cet écrit "roman" et non "nouvelle". La taille n'a pas grand chose à voir là-dedans, c'est simplement que la narration se déroule sur deux moments distincts, et il y a même deux narrateurs, ce qui, par définition, sert à distinguer une nouvelle d'un roman. Donc, oui, je pense que l'on doit appeler ce livre un roman et non une nouvelle, mais dans l'absolu, cela n'a pas beaucoup d'importance.
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Jmlyr
  03 novembre 2017
24 heures sur toute une vie, ce n'est rien si la vie est longue, et c'est tellement à la fois.
Si le temps s'est arrêté, si l'on fait « pause » sur le film de sa vie et que plus rien ne compte ni les scènes d'avant ni celles d'après, mais alors, quelle souffrance !
Combien de femmes ont rêvé de se soustraire, sur un coup de pure folie, à leur vie réglée comme du papier à musique, entre responsabilités familiales et professionnelles, entre corvées essentielles répétées à l'infini, et plaisirs trop rares ?
Combien sont-elles, prêtes à suivre un inconnu pour qui elles ont un coup de coeur insensé, pour une heure, 24 heures ou pour toute une vie ?
Combien d'entre elles l'ont vraiment rencontré ?
Combien ont réellement commis la pure folie, sans la moindre hésitation, de suivre leur instinct, de foncer dans l'inconnu, de prendre l'amour à bras le corps ? Quand d'autres pleurent dans le soir leur projet avorté, la peur viscérale d'être jugée, l'impossibilité totale de passer à l'action ?
Ah ! Monsieur ZWEIG, encore une fois vous avez exploré au plus profond le coeur des femmes, à une époque où le deuil se portait sur le vêtement noir pendant de longs mois, et la bienséance dictait la conduite sans discussion possible.
Vous avez su dépeindre les mille couleurs des sentiments passionnels, de la folie d'un geste insensé, d'une étreinte exaltée, d'un combat contre la violence de la culpabilité. Vous avez fait parvenir le lecteur jusqu'à l'extase, après avoir fait monter le désir par la puissance de l'interdit, puis vous l'avez fait tomber dans l'enfer du piège de l'addiction aux jeux, dans les casinos.
Contre toute attente, une femme peut tout donner pour sauver un homme : passer outre ses pires défauts, par amour pardonner son addiction, ses faiblesses, ses bassesses, mais souffrira toute sa vie de n'avoir pas été aimée comme elle l'aurait souhaité.
Souffrance sentimentale infernale, torture qui marque à vie.
J'avais d'abord rencontré "Le joueur d'échecs", puis lu cette " Lettre d'une inconnue" jusqu'à en éprouver " La confusion des sentiments" et vivre " 24 heures de la vie d'une femme", comme si c'était une seule et même histoire ! Etonnante rencontre !
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paroles
  23 avril 2014
Comment en si peu de pages, en si peu de mots, faire passer autant d'émotions au lecteur ? Monsieur Zweig seriez-vous magicien ? Un magicien des mots ?
J'ai brûlé de curiosité à la lecture de cette nouvelle. Je voulais connaître le secret qui rongeait cette vieille dame. La passion d'un jour et la désillusion de tant d'années... Quelle douleur ! Mais quelle sublime douleur... C'est plutôt paradoxal comme phénomène, non ? Mais, il faut bien admettre que Stefan Zweig est un conteur hors pair et qu'il vous mène tranquillement là où il en a décidé : dans l'univers de la passion (ou des passions) et des décisions urgentes et insensées que génère celle-ci.
Zweig possède le don d'entrer dans l'intimité des sentiments de ses héros, de façon intense et pudique tout à la fois, de tenir en haleine son lecteur et c'est tout simplement sublime !
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Sando
  27 juillet 2015
1904. Un scandale vient perturber le calme tranquille d'une petite pension bourgeoise du sud de la France. Une femme « bien comme il faut » vient de s'enfuir avec un homme plus jeune, rencontré un jour plus tôt, abandonnant mari et enfants sans se retourner. Très vite, l'indignation remplace l'incompréhension et la conversation s'envenime autour du comportement de cette femme infidèle.
Seul le narrateur tente, tant bien que mal, de comprendre et de défendre ce comportement irraisonné. Mais alors que le ton monte entre les pensionnaires, une aristocrate anglaise intervient et semble prendre le parti du narrateur, faisant cesser le débat. C'est alors le prétexte pour la vieille femme de se confier à cet interlocuteur pour le moins ouvert et de lui raconter la journée qui a bouleversé sa vie il y a de ça de nombreuses années et qui a failli la faire, elle aussi, dévier du droit chemin…

Dans un style toujours aussi précis et lumineux, Stefan Zweig nous offre une magnifique confession de femme sur un moment furtif et néanmoins extrêmement précis de sa vie. A travers l'évocation d'une journée particulière, il dépeint la naissance d'une passion amoureuse fulgurante, irraisonnée et irrésistible d'une dame d'une quarantaine d'années pour un jeune homme de vingt ans son cadet… Mais cet amour enflammé et déraisonnable va se heurter au démon du jeu qui s'est emparé du jeune flambeur…
Sentiments exacerbés, folie, destruction sont au coeur de ce court roman porté par l'intensité d'une écriture puissante et évocatrice, qui nous plonge dans les tourments d'une passion dévorante. Des souvenirs d'autant plus vivaces qu'ils ont été refoulés pendant des années par honte et par peur du regard impitoyable d'une société policée, tout en retenue et en hypocrisie. Un roman qui touche et bouleverse par sa sincérité et donne envie de découvrir toute l'oeuvre de Stefan Zweig !

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juliette2a
  19 juillet 2012
Ce court roman de Stefan Zweig est vraiment passionnant ! Début du XXème siècle, alors qu'une jeune femme, Mme Henriette s'enfuit avec un homme qu'elle connait à peine, les pensionnaires d'un hôtel du Sud de la France se questionnent sur le coup de foudre et ses conséquences ; c'est alors qu'une vieille femme commence à apprécier le narrateur et lui raconte alors l'histoire qui a bouleversée sa vie : plus de vingt ans auparavant, Mrs. C..., veuve depuis peu de temps, se ballade à Monte-Carlo et rentre dans un Casino de la ville. Là, en observant les mains des nombreux joueurs, elle tombe par hasard sur celles d'un jeune homme passionné qui va fasciner la jeune femme, ainsi, elle comprend que cet homme d'à peine vingt ans veut se donner la mort et fera tout pour l'en empêcher...Nous vivons alors vingt quatre heures intenses, où le désespoir, la peur, le doute, la gentillesse, la bienveillance, l'amour fou et la déception vont se côtoyer et vont bouleverser à jamais cette femme.
Je me suis entièrement mise à la place du narrateur, écoutant attentivement la confession de cette femme touchante et sincère, qui, au fil des pages, prend confiance en elle et parvient à achever son histoire si singulière...Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman de Stefan Zweig, auteur qui a une particularité bien à lui, c'est de passionner son lecteur ; d'ailleurs, ce dernier n'a comme solution que de dévorer ce livre si délicieux.
A lire absolument !!
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critiques presse (1)
Lexpress   12 juillet 2013
Un petit bijou, sur la violence du désir féminin et des brasiers qu'il attise.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (269) Voir plus Ajouter une citation
SandpitTurtleSandpitTurtle   23 avril 2018
Mais, je viens de le dire, toute souffrance est lâche : elle recule devant la puissance du vouloir-vivre qui est ancré plus fortement dans notre chair que toute la passion de la mort ne l'est dans notre esprit.
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SandpitTurtleSandpitTurtle   23 avril 2018
Et au moment où il confessait le vol des pendentifs, elles mimèrent (ce qui me fit tressaillir malgré moi), bondissantes et rapides comme l'éclair, le geste du voleur ; je vis véritablement les doigts s'élancer follement sur la parure et l'engloutir prestement dans le creux de la main. Et je reconnus avec un effroi indicible que cet homme était empoisonné par sa passion, jusque dans la dernière goutte de son sang.
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sabine59sabine59   10 avril 2018

Cette façon magique de se tromper soi-même que nous appelons le souvenir...
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LprieurLprieur   31 décembre 2015
J’ai déjà tenté à plusieurs reprises de vous décrire l’expressivité exceptionnelle de sa physionomie et de tous ses gestes ; mais celui-là, je ne puis le dépeindre, car c’était une béatitude si extatique et si surnaturelle qu’on n’en voit presque jamais de pareille dans une figure humaine ; elle n’était comparable qu’à cette ombre blanche qu’on croit apercevoir au sortir d’un rêve lorsqu’on s’imagine avoir devant soi la face d’un ange qui disparaît.
Pourquoi le dissimuler ? Je ne résistai pas à ce regard. La gratitude rend heureux parce qu’on en fait si rarement l’expérience tangible ; la délicatesse fait du bien, et, pour moi, personne froide et mesurée, une telle exaltation était quelque chose de nouveau, de bienfaisant et de délicieux. Et tout comme cet homme ébranlé et brisé, le paysage aussi, après la pluie de la veille, s’était magiquement épanoui.
Lorsque nous sortîmes du restaurant, la mer tout à fait apaisée brillait magnifiquement, bleue jusqu’aux hauteurs du ciel, et seulement piquée de blanc là où planaient des mouettes dans un autre azur, au-dessus. Vous connaissez le paysage de la Riviera, n’est-ce pas ? Il produit toujours une impression de beauté, mais un peu fade, comme une carte postale illustrée, il présente mollement à l’œil ses couleurs toujours intenses, à la manière d’une belle, somnolente et paresseuse, qui laisse passer sur elle avec indifférence tous les regards, presque orientale dans son abandon éternellement prodigue.
Cependant parfois, très rarement, il y a des jours où cette beauté s’exalte, où elle s’impose, où elle fait crier avec énergie ses couleurs vives, fanatiquement étincelantes, où elle vous lance à la tête victorieusement la richesse bariolée de ses fleurs, où elle éclate et brûle de sensualité. C’était un pareil jour d’enthousiasme qui alors avait succédé au chaos déchaîné de la nuit d’orage ; la rue lavée de frais était toute brillante, le ciel était de turquoise et partout dans la verdure saturée de sève s’allumaient des bouquets, des flambeaux de couleurs. Les montagnes paraissaient soudain plus claires et plus rapprochées dans l’atmosphère calmée et baignée de soleil : elles se groupaient curieuses le plus près possible de la petite ville scintillante et astiquée à plaisir ; dans chaque regard on sentait l’invitation provocante et les encouragements de la nature, qui vous saisissait le cœur malgré vous :
« Prenons une voiture, dis-je, et faisons le tour de la Corniche. »
Il acquiesça, enthousiaste : pour la première fois depuis son arrivée, ce jeune homme paraissait voir et remarquer le paysage. Jusqu’à présent il n’avait connu que la salle étouffante du Casino, avec ses parfums lourds imprégnés de sueur, le tumulte de ses humains hideux et grimaçants, et une mer morose, grise et tapageuse. Mais maintenant l’immense éventail du littoral inondé de soleil était déployé devant nous, et l’œil allait avec bonheur d’un horizon à l’autre. Dans la voiture nous parcourûmes lentement (l’automobile n’existait pas encore) ce magnifique chemin, en passant devant de nombreuses villas et de nombreuses personnes ; cent fois, devant chaque maison, devant chaque villa ombragée dans la verdure des pins parasols, on éprouvait ce secret désir : ici, qu’il ferait bon vivre, calme, content, retiré du monde !
Ai-je jamais été plus heureuse dans ma vie qu’à cette heure-là ? Je ne sais pas.
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MetaphoreMetaphore   24 mars 2013
Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore…Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allé mendier, et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir. J’aurais rejeté tout ce que dans la société on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant un parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.
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