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Alzir Hella (Traducteur)Olivier Bournac (Traducteur)
ISBN : 2253061433
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.17/5 (sur 1714 notes)
Résumé :
À l'occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d'hommage, relation a priori exhaustive de l'intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de son parcours intellectuel, l'événement de sa jeunesse qu'il garde secrètement enfoui au plus profond de lui-même : la rencontre décisive d'un homme, un professeur, qui a naguère suscité en lui enthous... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (187) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  02 septembre 2012
Oeuvre subtile, oeuvre forte, oeuvre minutieuse comme une dentelle d'Alençon, La Confusion Des Sentiments ne manquera pas de laisser une troublante impression envers tout lecteur disposé à se laisser mener sur les bancs de la passion à l'âge de la fac (ou sur les bancs de la fac à l'âge de la passion, au choix).
Quiconque a déjà connu une attraction magnétique vis-à-vis d'un être jugé supérieur se reconnaîtra dans le jeune Roland, lui, littéralement happé, aspiré comme un noctambule papillon par l'éclat phosphorescent de son professeur, son mentor et maître, manière de Pygmalion de la littérature.
Stefan Zweig a l'art d'évoquer des sujets, a priori, assez racoleurs ou qui peuvent sembler faciles ou usés, comme la débauche, l'éveil d'une relation amoureuse ou l'homosexualité avec un tact et une pudeur hors normes, ce qui en fait un grand orfèvre en la matière et justifie pleinement son renom.
Roland, jeune étudiant originaire du nord de l'Allemagne consume son existence à l'université de Berlin dans une vie d'excentricités et d'errements variés jusqu'au jour où son père, qui le croit studieux, le surprend en pleine débauche. L'électrochoc est tel pour les deux, qu'ils décident conjointement qu'il convient mieux à Roland d'étudier dans une petite ville universitaire qu'auprès des tentations et dépravations de la capitale.
Le jeune homme, muni d'une toute nouvelle envie de se racheter, se lance avec frénésie dans les études. Son chemin croise celui d'un professeur de littérature anglophone particulièrement charismatique, passionné et passionnant. Magnétisé par ce tourbillon passionnel, Roland, dont la passion ne demandait qu'une cible pour se focaliser va se satelliser autour de cet homme et de sa vie de solitude. Bientôt familier et habitué du foyer, il y fait la connaissance de la jeune épouse de son maître.
Mais derrière cet élan inconsidéré pour la dramaturgie anglaise du XVIIème siècle se cache des zones d'ombre et de mystère. Pourquoi cet homme est-il si solitaire, si isolé, même à l'université ? Pourquoi est-il si froid avec sa jeune et aimable épouse ? Pourquoi, par moments, s'absente-t-il inopinément pendant plusieurs jours ? Pourquoi sa femme comprend-elle si bien le trouble et les frustrations de Roland ? Pourquoi ce malaise au milieu de ce couple qu'il apprécie tant ? Pourquoi ses sentiments sont-ils si confus, si contradictoires, si constamment cahotés d'un pôle à l'autre ?
Voilà ce que je me propose de vous laisser découvrir. En tout cas, ce petit roman est mon préféré de ceux que j'ai lus de Stefan Zweig. Je le place bien avant le Joueur D'Échecs ou Vingt-Quatre Heures de la Vie D'Une Femme, mais ceci n'est que mon avis, un parmi tellement d'autres, particulièrement confus qui plus est, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Crossroads
  09 février 2012
Qu'on me donne un Z ! Qu'on me donne un W ! Aaaah si les noms propres étaient autorisés au scrabble , sur un mot compte triple...
Un nom qui claque , des récits à son image ! Nouvelliste par choix , Zweig excelle dans le genre . En un peu plus de cent pages , l'auteur assoit et développe son histoire avec une facilité déconcertante .
D'une plume fine et élégante , Zweig évoque , avec la pudeur qui le caractérise , les sentiments ambivalents entre un professeur et son éleve . Alors que ce dernier n'éprouve qu'une admiration malsaine , sans bornes et sans partage pour son mentor qui désormais l'héberge , son précepteur , lui , embourbé dans un mariage qui le tue à petit feu , semble éprouver un malin plaisir à souffler le chaud et le froid au gré de ses humeurs , de ses envies , de ses secrets inavouables...Un mariage de façade , une femme dont il n'a que faire , un nouveau disciple venant attiser le feu des possible , feu qu'il s'évertue à maitriser depuis tout jeune , l'image de professeur au-dessus de tout soupçon en étant la triste et illusoire récompense . Un mari , une femme et un jeune chien fou dans un jeu de quilles . Trio ultra classique d'un sujet qui ne l'est pas moins . A une différence pres , ici , pas de femme volage ( encore que...) mais une délicate approche de l'homosexualité réfrénée , bridée par la volonté vacillante d'un etre fatigué de lutter . Des sentiments qui naissent , se développent , s'expriment tout en tact et en subtilité sans jamais en laisser supposer leur véritable teneur . Un trio atypique aux humeurs aussi changeantes que les marées océanes . Un récit à la beauté indéniable , fragile et tragique .
Zweig est un orfevre de la plume qui cisele ses propos comme il affine ses récits . Partant d'un sujet souvent ordinaire , il épure au maximum pour en extraire la quintessence des etres et des situations .
Un sentiment facilement identifiable prédomine à la lecture de cette nouvelle : jubilatoire !
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lyoko
  23 février 2017
Stefan Zweig est un auteur qui a mon sens est un véritable orfèvre de l'écriture.
On suit son réçit avec passion et il arrive a nous mettre dans la peau du personnage et a nous faire subir tous ces sentiments si confus au court de ce roman.
j'ai également adoré le final, auquel je ne m'attendais aucunement.. je voyais, j'avoue un épilogue complètement différent.
J'ai tout simplement dévoré ce court roman cette nuit. Une fois débuté l'écriture de Zweig nous emporte et on oublie tout simplement le temps qui passe.
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Jmlyr
  31 octobre 2017
🎵🎶"La plus belle fois qu'on m'a dit "je t'aime"
C'était un mec qui me l'a dit.
(…)
Pendant qu'il me regardait
Ça flanchait dans mes yeux
Et plus il me regardait
Plus mon pouls sonnait creux
Le coeur comme un marteau
La tête comme un pourquoi
J'étais mal dans ma peau
Pourtant, il y avait pas de quoi
Pourtant il m'a pas fait du plat
Comme un mec avec une nana
J'ai fait celui qui veut rien entendre
J'ai fait celui qui veut pas comprendre
Et j'ai bredouillé quelques mots
Des trucs qui sonnaient un peu faux
Du style moi aussi je t'aime bien
Tout le monde ici, tous les copains
J'me suis senti con ce jour-là
De pas être comme lui, d'être comme moi
(…)
A chacun son amour
C'est pas le mien, voilà tout.
Aimer les filles ou les garçons
Aimer, c'est aimer de toute façon
Mais...
La plus belle fois qu'on m'a dit "je t'aime"
C'était un mec qui me l'a dit. "🎶🎶
( Francis LALANNE)
Comment est-il possible d'aller aussi loin, avec autant précision et de finesse, de poésie et d'amertume, dans le descriptif des sentiments humains, si ce n'est en les ayant soi-même éprouvés au plus intime de son être ?
C'est avec beaucoup d'humilité que je rédige cette critique, tant je sens que mes mots vont paraître fades après la lecture de ceux du Maître. Il m'aura donc fallu attendre tant d'années pour découvrir une plume si affutée, un univers si intime et tellement universel pourtant.
Quand la passion vous étreint, mais qu'il vous faut la taire pour diverses raisons, quand l'interdit et le regard des autres sont plus forts que l'envie le jour, mais que l'envie est plus forte que tout la nuit, vous vous sentez comme dissocié. Blanc et noir. Honnête et malhonnête. Vis-à-vis de qui ? de vous-même peut-être ?
Ici, tout l'art de ZWEIG est de nous plonger à la fois dans les passions des uns et des autres, mais dans tous les tourments violents qu'elles entrainent. Amours des hommes pour d'autres hommes : amours fantômes qui hantent la nuit par leurs errances. Amours interdites, amours tues et amours qui tuent à petit feu, du feu de la passion maudite… amours suspectes, amours inédites et amours contredites, amours adultères, amours intellectuelles…
Amours autopsiées jusqu'à la moindre cellule, même quand il ne reste plus que des cendres.
Pour toutes ces descriptions qui sont autant d'hymnes à l'amour, j'ai vibré au-delà du raisonnable. Je ne sais plus lire normalement, je deviens l'encre de chaque mot, incrédule je relis les phrases, à la moindre virgule, je bascule dans le temps, je visualise chaque scène décrite avec une acuité exacerbée… je ne lis pas, je ressens. Violemment.
Mais lisez ou relisez ZWEIG, je vous y exhorte ! Exhumez-le des bibliothèques, jetez vos téléphones portables, éteignez vos ordinateurs, laissez tomber Babelio le temps de l'aventure, mais lisez-le avant de mourir, un titre au moins !
J'étais rentrée en épousailles avec Daniel KEYES lors de la lecture de « Charlie, Algernon et moi », mais avec Stefan ZWEIG, je suis devenue le sang pulsé dans ses veines, j'ai carrément pénétré en son coeur, j'ai palpité avec lui, j'ai été confuse au plus haut point. Je me suis tapie dans l'ombre lors des grandes révélations de la fin, j'ai souffert pour l'autre homme, et pour la femme aussi. Simulacre du mariage, mirage.
Il m'a achevée !
Si la réincarnation de Stefan ZWEIG existe en ce bas monde, je l'invite à venir m'apprendre l'art d'écrire et de décrire les sentiments humains avec autant de talent. Merci.
Pour les paroles de cette magnifique chanson de Francis Lalanne, suivez le lien⬇︎⬇︎⬇︎

Lien : https://youtu.be/rhOaqZ6kRnI
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palamede
  05 septembre 2016
Au soir de sa vie, l'universitaire Roland de d'se souvient d'un professeur de philologie qu'il a côtoyé lors de ses études dans une petite université allemande.
Une rencontre qui avait été, pour le jeune étudiant qu'il était, déterminante. En effet, après des années de vie facile et de débordements, cet enseignant remarquable lui avait donné l'envie d'étudier lui faisant défaut, et transmis sa passion de Shakespeare. Mais l'attitude ambivalente de son maître avait ajouté, à ce goût pour les choses de l'esprit, une grande confusion des sentiments et un émoi amoureux inédit chez lui.
Dans ce bref mais dense roman, les rapports maître-élève, le désir et les pulsions, les doutes, la passion, les difficultés d'une relation amoureuse entre hommes sont abordés avec une extrême délicatesse et une remarquable sensibilité. Une mise en scène des tourments affectifs et sensuels où, une fois de plus, on est émerveillé par la maîtrise du sujet, la pureté du style et la clarté de pensée de Stefan Zweig.
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critiques presse (1)
LaPresse   09 avril 2013
C'est un bonheur de (re)découvrir Zweig, ce véritable archéologue de l'âme humaine qui analyse avec finesse les moindres nuances des sentiments. Son oeuvre est un must dans toutes les bibliothèques.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (222) Voir plus Ajouter une citation
AllaroundthecornerAllaroundthecorner   15 décembre 2017
Peut-être que ma sensibilité surexcitée et continuellement sur le qui-vive apercevait une offense là où ne s’en trouvait aucune intention ; mais peut-on après coup s’apaiser soi-même, lorsqu’on éprouve des sentiments aussi perturbés ? Et la même chose se renouvelait chaque jour : près de lui je brûlais de souffrance et loin de lui, mon coeur se glaçait ; sans cesse, j’étais déçu par sa dissimulation sans qu’aucun signe vînt me rassurer, et le moindre hasard jetait en moi la confusion !
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   16 décembre 2017
Subitement ce fut comme une explosion : de sanglots, de gémissements convulsifs et furieux ; je n’étais plus qu’une masse hagarde de désespoir, de douleur éperdue, d’où jaillissait un déluge de mots et de cris enchevêtrés ; je pleurais, ou plutôt ma bouche frémissante déchargeait toute la souffrance accumulée en moi et je la noyais dans des sanglots hystériques.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   14 décembre 2017
Pour la première fois notre entretien alla de travers, les mots trébuchaient les uns contre les autres et, tandis que tous deux nous faisions effort pour écarter toute allusion à son absence, c’est précisément ce que nous ne disions pas qui barrait la route à toute conversation suivie. Lorsqu’il me quitta, la brûlante curiosité flambait en moi comme une torche : peu à peu elle dévora mon sommeil et mes veilles.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   13 décembre 2017
Étant elle-même beauté, la jeunesse n’a pas besoin de sérénité : dans l’excès de ses forces vives, elle aspire au tragique, et dans sa naïveté, elle se laisse volontiers vampiriser par la mélancolie. De là vient aussi que la jeunesse est éternellement prête pour le danger et qu’elle tend, en esprit, une main fraternelle à chaque souffrance.
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KlergauKlergau   01 décembre 2017
Pièce par pièce, un homme s’arrachait ici la vie de la poitrine, et à cet instant-là, moi, le gamin, j’observais pour la première fois, le regard fixe, les impensables abîmes du sentiment terrestre.
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Videos de Stefan Zweig (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, écrivain, journaliste et biographe autrichien, est né le 28 novembre 1881 à Vienne. Il assiste avec horreur à l’arrivée au pouvoir d’Hitler (1933). Sa judéité, jusque-là peu revendiquée, devient plus présente à son esprit et dans son œuvre. La persécution des juifs et le déchirement imminent de l’Europe le plongent dans une dépression dont il ne sortira plus. Il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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