AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070463145
496 pages
Éditeur : Gallimard (05/04/2018)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Le Dr Paul Allen apprend l'assassinat du sénateur démocrate Seagram, favori à la prochaine présidentielle. Le meurtrier n'est autre que son fils, Daniel Allen, vingt ans, né d'un premier mariage et avec qui il n'a que très peu de contacts. À l'annonce de cette terrible nouvelle, la vie de Paul bascule. Il nie tout d'abord l'évidence et tente de trouver d'autres coupables. Conscient des implications politiques de cet assassinat, il est persuadé que son fils a été man... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  22 août 2018
Quand les hommes du Secret Service sonnent chez Paul Allen, c'est pour lui apprendre que son fils aîné, Daniel, 19 ans, né de son premier mariage, vient d'abattre lors d'un meeting électoral, Jay Seagram, sénateur démocrate du Montana et probable futur président des Etats-Unis car aimé d'une majorité d'électeurs, il représentait pour eux l'espoir. Daniel arrêté l'arme à la main, avoue et est emprisonné dans un établissement de très haute sécurité dans l'attente de son procès où il risque la peine de mort.

Jusqu'à l'irruption des policiers, Paul, célèbre rhumatologue formait avec Fran et leurs jumeaux une famille heureuse, équilibrée, soudée, aimante, qui a instantanément volé en éclats sous le coup de cette nouvelle. Paul est d'abord frappé d'incrédulité. Comment Daniel, un petit garçon réservé, discret, sensible, a-t-il pu commettre un tel acte ? Et s'il l'a vraiment commis, pourquoi ? Est-il malade, est-ce un geste politique ? le doute puis la culpabilité s'insinuent dans l'esprit de ce père détruit. Et si c'était de sa faute à lui ? Ou de la faute de sa mère dont il s'est séparé lorsque Daniel avait 7 ans ? Cette séparation a-t-elle brisé leur fils unique ? Trop de possibilités tragiques envahissent l'esprit torturé de Paul qui opte finalement pour une autre hypothèse proche du déni. Et si son fils était victime d'un complot ? Pour accréditer sa thèse, Paul va se livrer à une reconstitution fastidieuse des étapes de la vie de son fils, établir la chronologie du périple qu'il a entrepris à travers les Etats-Unis. Mais la question qui le hante le plus c'est, pourquoi un père ne sent-il pas dans un recoin insondable de son coeur que son enfant a besoin d'aide ? Parce que Paul est médecin, il ne peut renoncer, sûr que plus le mal est difficile à diagnostiquer, plus il doit travailler dur et être créatif.

Le bon père est un roman brillant et intelligent, très agréable à lire, écrit par Noah Hawley, créateur de la mythique série Fargo, adaptée du film des frères Coen, pour laquelle il a été multiplement récompensé. le bon père est un roman noir atypique, sur le thème de la culpabilité et de la responsabilité parentale. Bien loin de fournir toutes les réponses qu'un thriller est censé apporter, il questionne tout au long d'une enquête émouvante sur un événement inconcevable pour un père, et s'achève sur un dénouement poignant. Au fil de l'intrigue, Noah Hawley évoque quelques criminels célèbres qui ont marqué l'histoire meurtrière des Etats-Unis à travers certains éléments de leur trajectoire personnelle : Lee Harvey Oswald, meurtrier du Président Kennedy ; John Hinckley, qui après avoir gravissimement harcelé Jodie Foster (qui a témoigné lors de son procès), a tenté d'abattre le Président Reagan ; Timothy Mc Veigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City ; Charles Whitman, qui a perpétré le massacre de l'Université du Texas à Austin, d'autres.

A quels moments ces hommes se sont-ils égarés physiquement, spirituellement, émotionnellement, dans un pays où les armes en vente libre et massive peuvent procurer un sentiment de toute puissance et d'immortalité à certaines personnalités fragiles frustrées ne pas avoir reçu ce qu'elles croient mériter  ? Un roman de toute beauté !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          500
encoredunoir
  21 avril 2013
Rhumatologue de renom, Paul Allen apprend un soir, en regardant la télévision dans sa maison du Connecticut avec sa seconde épouse et leurs deux enfants, que Jay Seagram, candidat démocrate à l'élection présidentielle et porteur de grands espoirs de changements pour l'Amérique a été abattu lors d'un meeting à Los Angeles. Lorsque deux agents des services secrets sonnent quelques minutes plus tard à sa porte, Paul Allen apprend que non seulement l'assassin a été arrêté mais qu'il s'agit en plus de Daniel, son fils aîné issue d'une première union. Dès lors, Paul veut faire la lumière sur les derniers mois de la vie de Daniel afin de pouvoir l'innocenter… à condition bien sûr qu'il soit innocent, ce dont seul Paul semble être persuadé.
Poignante quête d'un père à la recherche désespérée de l'innocence de son enfant, le bon père, de Noah Hawley est un roman singulier qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses.
S'il prend la forme d'un roman d'enquête visant à éclairer un éventuel complot qui aurait eu pour but de faire accuser un innocent, le lecteur à tôt fait de se rendre à l'évidence : l'auteur n'est pas là pour le brosser dans le sens du poil et mettre en avant l'innocence présumée de Daniel. Tout l'accuse et la raison ne peut que nous amener à croire à la culpabilité du jeune homme là où, pour Paul Allen, rien ne peut vraiment convaincre de sa culpabilité. Car Daniel est son fils et qu'il a toujours été pour lui un enfant puis un jeune adulte équilibré. Car reconnaitre la culpabilité de Daniel, se serait sans doute aussi reconnaitre sa culpabilité propre, parce qu'il l'a – même si ce n'est que de loin en loin – élevé, parce que la manière dont il l'a éduqué ou celle dont il ne s'est pas toujours occupé de lui sont de sa responsabilité.
La question se pose donc pour Paul Allen : « Ai-je été un bon père ? Aurais-je pu être un meilleur père ». Car face au drame, Allen, homme équilibré qui s'est longtemps targué d'avoir un fils particulier, certes, mais libre, remet en cause le libre arbitre de son enfant. S'il a commis un acte odieux, ce ne peut être que la faute de quelqu'un d'autre ; un complot, ou, à défaut, une éducation sans doute ratée à un moment ou un autre. Daniel perd dès lors toute indépendance aux yeux de son père pour n'être que le produit d'une éducation ou, pire, un objet manipulé par des forces obscures.
En développant l'histoire de cette quête de vérité que l'on sent vouée à l'échec, Noah Hawley aborde par ailleurs, au travers de chapitres revenant sur quelques célèbres meurtres ou tentatives de meurtres (Bobby Kennedy, Ronald Reagan, Virginia Tech ou l'université du Texas) dans lesquels Paul comme Daniel cherchent une explication aux actes de ce dernier. Une façon de parler de la manière dont une société armée jusqu'aux dents, où l'individu prime mais où il est parfois isolé et en butte à un système dans lequel il ne peut s'intégrer, transforme des citoyens en assassins.
Tout cela est fait avec une finesse et une certaine élégance qui n'est pas sans rappeler parfois Thomas H. Cook et donne un roman noir tout en nuances, avec un certain suspense, mais avec surtout des questions destinées à rester longtemps en suspens.
« Quand il avait sept ans, il était fou de sa balançoire. Il poussait sur ses pieds et pointait les talons vers le ciel en criant : « Encore ! Encore ! » C'était un enfant vorace, infatigable et tellement vivant qu'à côté de lui tout le monde paraissait malade, immobile. La nuit, il se couchait sur son lit défait, à moitié habillé, le front plissé, les poings serrés, comme une tornade qui n'aurait plus d'air. Qui était ce petit garçon et comment devint-il un homme jouant avec des balles de pistolet dans une chambre de motel ? Qu'est-ce qui le poussa un jour à plaquer sa vie tranquille pour commettre un acte barbare ? J'ai lu les rapports. J'ai regardé les images. Mais la réponse continue de m'échapper. Plus que tout, je veux savoir.
Car voyez-vous, je suis son père.
C'est mon fils. »

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
sweetie
  27 août 2016
Des larmes dans les yeux, une boule dans la gorge, je viens tout juste de terminer la lecture de ce roman; mon mari m'avait préalablement avisée de sa haute teneur en émotions et en tant que parents, nous en sommes sortis bouleversés et déstabilisés. L'histoire d'un jeune homme en déroute, parti voir du pays, ces États-Unis critiqués et décriés, formés d'individualistes à tous crins, où la liberté est garantie mais peut aussi laisser un grand vide au coeur. Initié aux armes à feu par une gentille famille de l'Iowa, ce jeune homme commettra l'irréparable en tuant de sang froid un candidat à la présidence. Ce culte des armes à feu, considérées simplement comme des outils, disponibles au premier venu dans les supermarchés, les foires (achetez-en une et on vous remet gratuitement les munitions). le roman de Noah Hawley, habilement construit, nous fait partager les états d'âme du père de ce jeune homme qui tente par tous les moyens de comprendre, de décortiquer le geste fatal de son fils; est-ce le divorce des parents, des lacunes dans son éducation, un désordre psychique, des influences externes? Des questionnements incessants qu'on partage avec le personnage, que l'on fait nôtres. Un lourd constat sur la société américaine et sur la responsabilité parentale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
VALENTYNE
  04 juillet 2020
Un livre très cinématographique (normal l'auteur est scénariste)
L'histoire est en quelques mots : un homme, la cinquantaine médecin , apprend que son fils a tué un homme politique dans un meeting (le candidat démocrate donné vainqueur aux élections présidentielles aux Usa)
Tout d'abord il est dans le déni, imagine un autre coupable et une malheureuse erreur judiciaire. Comment son fils (qu'il n'a pas beaucoup vu depuis ses 7ans pour cause de divorce, a t il pu devenir un meurtrier à 20 ans ?). le père, par ailleurs remarié et père de jumeaux de 10 ans, va mener l'enquête, interrogeant sans relâche les témoins de l'histoire de son fils, et lisant également beaucoup de livres concernant les « tueurs » d'hommes politiques aux Usa...
Un livre intéressant malgré quelques longueurs...
Commenter  J’apprécie          50
Little_stranger
  15 janvier 2021
Noah HAWLEY, je le connais à cause de la série LEGION et j'ai récemment lu "avant la chute" que j'avais beaucoup apprécié, alors comme souvent, j'ai remonté le temps et je me suis plongée dans "Le bon Père" et wahouh !
Un candidat à la présidentielle, Jay SEAGRAM est assassiné lors d'un meeting : il incarnait l'espoir et le renouveau en politique pour les démocrates. Paul ALLEN, rhumatologue renommé, qui vit avec sa nouvelle épouse et ses deux fils, paisiblement, voir débarquer dans sa maison, le FBI et découvre abasourdi que c'est son fils, Daniel issu d'un premier mariage, qui aurait abattu SEAGRAM.
Pour ce père qui ne comprend pas le geste de son fils, va commencer un long chemin de croix. Il est tout d'abord persuadé que Daniel était au mauvais endroit au mauvais moment, qu'il s'est retrouvé avec l'arme d'un autre dans la main puis qu'il a été manipulé, mais ses recherches vont aboutir à une vérité bien plus terrible.
Qu'est ce qu'un bon père ? Qu'est ce qui fait que certains enfants sortent du droit chemin : un père agressif, une mère absente, l'impression de n'exister ni pour l'un, ni pour l'autre ? Que se passe-t-il alors dans la tête de l'enfant : recherche d'un parent de substitution, violence envers lui-même, violence envers les autres ? "Le bon père" est un miroir qui dit des choses désagréables au parent que nous sommes et nous incite à une remise en question permanente de ce que nous voulons transmettre à nos enfants, ainsi que notre cohérence entre nos actes et nos paroles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (1)
Telerama   07 août 2018
Loin du thriller qui chercherait le coupable de l’affaire, "Le Bon Père" pose la question de la responsabilité, de l’amour filial et d’une société qui présente la violence comme un jeu vidéo. En s’appuyant sur le témoignage du père et non du fils ou des enquêteurs, Noah Hawley déplace le roman noir vers la tragédie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   19 août 2018
Dix ans après que deux lycéens eurent abattu trente-trois de leurs camarades à Columbine, Susan Klebold, la mère d'un des deux tueurs, rompit son silence. Elle écrivit : "Pendant toute cette affaire, j'ai ressenti une humiliation absolue. Pendant des mois, j'ai refusé de prononcer mon nom de famille en public. J'évitais de croiser les regards quand je marchais dans la rue. Dylan était le fruit de ma chair, mais ses derniers actes laissaient entendre qu'on ne lui avait jamais enseigné les notions fondamentales du bien et du mal". Elle ajouta avec le recul : "Avais-je été trop stricte ? Pas assez stricte ? [...] "Dylan a bouleversé toutes mes conceptions autour de Dieu, de moi, de la famille et de l'amour".
p. 127
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
encoredunoirencoredunoir   21 avril 2013
Quand il avait sept ans, il était fou de sa balançoire. Il poussait sur ses pieds et pointait les talons vers le ciel en criant : « Encore ! Encore ! » C’était un enfant vorace, infatigable et tellement vivant qu’à côté de lui tout le monde paraissait malade, immobile. La nuit, il se couchait sur son lit défait, à moitié habillé, le front plissé, les poings serrés, comme une tornade qui n’aurait plus d’air. Qui était ce petit garçon et comment devint-il un homme jouant avec des balles de pistolet dans une chambre de motel ? Qu’est-ce qui le poussa un jour à plaquer sa vie tranquille pour commettre un acte barbare ? J’ai lu les rapports. J’ai regardé les images. Mais la réponse continue de m’échapper. Plus que tout, je veux savoir.
Car voyez-vous, je suis son père.
C’est mon fils.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
namelessnameless   19 août 2018
Si je pouvais seulement m'organiser, [...]. Si je pouvais seulement avoir un coup de bol. Si je pouvais seulement perdre 5 kilos et arrêter de sortir avec des salauds.
p. 106
Commenter  J’apprécie          312
namelessnameless   21 août 2018
J'étais fasciné de voir à quel point l'animal humain pouvait, avec le temps, en arriver à considérer n'importe quelle situation, si monstrueuse fût-elle, comme normale.
p. 332
Commenter  J’apprécie          280
sweetiesweetie   27 août 2016
Le monde est rempli de gamins de vingt ans qui en ont trop dans le caleçon et pas assez dans la tête. C'est à ça que servent les jeunes hommes. La révolution et le meurtre. Vous ne pouvez pas les laisser traîner.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Noah Hawley (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Noah Hawley
Lucile Commeaux et ses critiques invités débattent des oeuvres qui font l'actualité culturelle du moment, dans l'amour de l'art et de la dispute.
Au sommaire de la Critique cette semaine : "Le Jeu de la Dame" de Scott Frank et Allan Scott, nouvelle mini-série à succès produite par Netflix, et l'ultime saison de la série d'anthologie "Fargo" de Noah Hawley inspirée du film des frères Coen ("Fargo", 1996), à voir sur la plateforme Salto (1 mois d'essai gratuit).
Nos critiques du jour : Sarah Ihler-Meyer (critique d'art et commissaire d'exposition) et Olivier Joyard (critique et réalisateur de documentaires).
+ Lire la suite
autres livres classés : paternitéVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Noah Hawley (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Sept VII 7️⃣

Tout le monde connait ce célèbre conte de Grimm de Blanche-Neige et des sept nains prénommés : Joyeux, Timide, Simplet, Prof, Dormeur, Atchoum et ..... quel est le prénom du septième nain ?

Grogneur
Bougon
Grincheux
Râleur

13 questions
37 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , littérature , musique , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..