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ISBN : 9791090175730
Éditeur : Serge Safran éditeur (05/10/2017)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Venise, cité des mystères, est le théâtre de la déchéance de Rodolphe Marchant. Alcoolique, malade, ruiné, il se sent pousser des ailes quand il rencontre l’envoûtante Dorothy White, ancienne danseuse, auprès de qui il se fait passer pour un richissime ténor, Rodolfo Marchanti.

Elle lui donne aussitôt la force de vaincre ses démons, de reprendre goût à la vie : ils se donnent sept jours pour s’aimer. Sept, comme le nombre de mois qu’il reste à vivre à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
zazy
  21 décembre 2017
Rodolfo Marchant, alcoolique, son médecin vient de lui apprendre qu'il ne lui restait que sept mois à vivre. Assis à la terrasse d'un café, dans la force et l'abandon de son ivresse, il aborde une femme mûre tant il est subjugué par la beauté de ses jambes sans bas. Elle, âgée, lui malade…
« Ce n'était pas la beauté défraîchie, mais encore décelable qui l'attirait ; ce n'étaient pas les mille vies enfouies derrière ces yeux absents, sans doute passionnantes, ni le mystère de son apparente mais rayonnante simplicité. C'était, peut-être, qu'ils parvenaient l'un et l'autre au terme de leur parcours."
Elle, Dorothy White, septuagénaire, ancienne danseuse, est venue à Venise se recueillir sur la tombe de son amour de jeunesse, danseur, mort devant elle sur scène, c'est ce qu'elle lui dit. Lui, Rodolfo Marchant, sans boulot, ruiné, devenu par la grâce du mensonge et de l'ivresse du septième verre, Rodolfo Marchanti, ténor à la Scala, descendu à l'Hôtel Excelsior.
Chaque soir, ils l'invitent à la Fenice, à partager sa loge, chaque fois la soirée se termine dans la suite de Rodolfo Marchanti.
Grâce à elle, il boit de moins en moins, par lui, elle semble vivre pleinement cet aparté amoureux. Un pas de deux tronqué, mais fastueux, salvateur. le mensonge par omission dans toute sa splendeur.
« Vous êtes un songe. Retrouvons-nous ce soir à l'opéra »
« La plupart des choses qui arrivent ici-bas sont telles qu'on ne les croirait pas »… lui dit-elle à la terrasse d'un café.
Pour ce dernier rendez-vous, il l'attend, elle est en retard. Il l'espère, elle ne vient pas. « Il attendit toute la nuit ».
Une valse qui s'accélère ou se transforme en tango, suit la musique des opéras, le tempo des baisers, qui s'arrête laissant le cavalier exsangue, seul sur un banc public.
Comment ne pas se laisser porter par l'écriture musicale de Stéphane Héaume ?
C'est déjà terminé ?
Non. L'auteur a écrit une note où il explique l'inspiration de ce court roman ; Dorothée Blanck comédienne oubliée. La scène qui ouvre son livre est celle de sa première vision de l'actrice à Deauville.
Enfin dernier acte. Rodolfo Marchant, alias Rodolfo Marchanti a survécu, l'abstinence liquide lui a sauvé la vie… Merci Dorothy car je suppute que le petit mot glissé à l'oreille était cela, ne plus se présenter ivre devant elle. Qui plus est, il est vraiment devenu ténor et vit en Amérique du sud. Il ne l'a jamais oubliée, oublié les sept jours qui ont changé changé dans sa vie. Il décide de faire entendre sa voix à la petite-fille de la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer, qui lui a permis de rester vivant. Il sait qu'elle passe en paquebot devant la baie où il habite, tout est prévu… Sauf le temps.
Dorothy l'a-t-elle jamais aimé ? Dorothy l'a-t-elle jamais aimé ? Est-ce un dernier pied de nez qui fait se lever le vent et rendre impossible sa dernière représentation ?
Venise, l'opéra ne sont-ils pas des mensonges à eux seuls ? Venise et ses masques, Venise et ses mensonges… Venise, encore Venise, toujours Venise qiu rend possible un impossible ailleurs !
Une plume poétique que j'avais aimée dans « L'insolite évasion de Sébastien Wimer ». Une mise en acte, mise en scène subtile. Un charme suranné, la musique, les opéras omniprésents et ce je petit je ne sais quoi qui me charme et m'envoute, une très belle histoire d'amour.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Fantine
  30 septembre 2017
Chronique douce amère retraçant "le destin" tragique de deux êtres, abîmés par la vie, et, surtout partant à la dérive.
Alcoolisme, maladie, trahison, mensonges, etc sont au centre de ce drame se déroulant sous nos yeux.
Dès les premières lignes, le décor est planté : Venise où règne une atmosphère morose, oppressante, glaciale (du moins à mon humble avis), dû en grande partie, au profond mal être, mais, surtout à la déchéance physique, et, psychologique dont est victime l'un des deux protagonistes (Rodolphe Marchant).
Digne héritière des tragédies grecques, Dernière valse à Venise est surtout une tentative de rédemption de la part de Rodolphe Marchant qui échouera, et, le mènera à sa perte car trop empreinte de mensonges, de non dits, etc.
C'est le tout premier roman de Stéphane Héaume que je lis, et, ce fut pour moi une belle découverte car il traite avec beaucoup de pudeur d'un véritable fléau, celui de l'alcoolisme ainsi que la volonté de s'en sortir même si parfois, cela ne tient qu'à un fil et/ou par une série de mensonges ou que cela se solde ou non par un échec.
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tilly
  22 septembre 2017
Deux personnages à la dérive, au bout de leur parcours, se rencontrent à Venise, place Saint-Marc.
Lui, jeune encore, séduisant, mais abîmé par les excès.
Elle, âgée, mais miraculeusement conservée, mystérieusement gracieuse et attirante.
Un pacte sans signature va les lier pour quelques jours et faire croire à l'un d'entre eux en la possibilité d'un nouveau départ...
C'est un conte baroque, le récit d'un effort de rédemption bafoué, d'une trahison incompréhensible. Une histoire de mensonges, de vies réinventées, de prémonition, d'espoir ultime d'amour et de consolation.
Comme à l'Opéra, les décors de la Valse incarnent le drame qui se joue et symbolisent passions et inclinations toxiques : le café Florian, le Rubby's, le Lido, le Casino, l'hôtel Excelsior, la Fenice...
Dans un final en plein air devant la basilique - dont je ne peux rien dire sinon sa beauté picturale lumineuse - l'ambiance diurne, joyeuse et sonore, contraste terriblement avec la cruauté sombre de l'abandon, de la fin de la valse.
Fausse fin. Car il y a, après la Valse, après une note de l'auteur et la reproduction d'une eau-forte mystérieuse et funèbre d'Albert Besnard, peut-être pas vraiment une suite, mais une reprise du thème de la désillusion et de la perte.
C'est Ora Fatale (d'après le titre du grand air du roi dans Don Carlos de Verdi), un texte comme un bis, comme un dernier tour de la valse.
Fascination, onirisme, émotion.

Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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