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Delphine Bertholon (Autre)
EAN : 9782081520158
240 pages
Éditeur : Flammarion (17/03/2021)
4.13/5   50 notes
Résumé :
Début des années 1990, dans le sud de la France. Lettie, quatorze ans, vit avec sa mère dans un mobile home et brûle secrètement d'être quelqu'un d'autre. Quand survient Dahlia, une fille un peu étrange, une ardente amitié se noue entre ces adolescentes que tout semble opposer. Dahlia a deux jeunes frères, des parents généreux, et Lettie voit dans le père de son amie l'homme idéal, celui qui lui a toujours manqué.
Chacune envie l'autre ; qui sa tranquillité, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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sur 50 notes
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AudreyT
  30 mars 2021
*****
A l'adolescence, tout est possible. le meilleur comme le pire. Lettie et Dahlia ont 14 ans dans les années 90. Malgré leur caractère et leur vie diamétralement opposés, elles nouent une relation ambiguë. Une amitié fragile, où jalousie et admiration se mêlent étrangement. Mais quand Dahlia dévoile à l'oreille de Lettie un terrible secret, c'est une machine infernale qui se met en marche...
Qu'il est bon de retrouver Delphine Bertholon !!
Elle nous a habitué aux héroïnes fragiles, blessées, courageuses, rêveuses, déterminées... Son dernier roman ne manque pas à l'appel.
Elle vise juste. A l'image des ces adolescents ancrés dans la vie, fiers de leurs amitiés et revendiquant leur liberté, le rythme du roman est soutenu, l'atmosphère pesante et la tension croissante.
Elle percute et chamboule. Si, soudainement, certains mots sont chuchotés, d'autres silences restent à jamais dans l'ombre. Mais alors, qui dit vrai. Qui tait le mensonge.
Elle touche et saisit. La famille est malmenée dans ce roman. Tout comme la parole qu'on n'entend pas, qu'on ne croit pas. Ces mots qu'on ne peut ravaler malgré les terribles conséquences.
Qu'il s'agisse d'amitié, d'amour, de maternité, de croyance ou de justice, Delphine Bertholon signe un roman puissant. Avec finesse et intelligence, elle nous offre les mots qui font avancer le monde : entourée de secrets, une vie ne peut s'épanouir... Mais à trop en dire, on brise parfois des vies innocentes...
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Verdure35
  17 mai 2021
Dahlia et Lettie, deux gamines de 14 ans deviennent amies, pour l'une , une maman aimante mais peu prolixe sur les origines paternelles de sa fille, elles vivent dans un mobilhome, la maman travaille dans les services sociaux. Chez Dahlia tout est plus grand, mieux rangé ,elle a des frères jumeaux qui prennent beaucoup de place, le père est routier.
Dahlia fait une confidence à son amie qui s'empresse malgré son "promis juré" de le raconter à sa mère, qui... Cette petite confidence vraie ou fausse d'ailleurs va mener la famille de Dahlia droit à la catastrophe, et à de multiples questions et regrets chez Lettie.
Mais tout de même cela lui permettra de connaître ses origines et de comprendre la réaction si vive de sa mère.
D Bertholon raconte tous les dangers de l'adolescence, jalousie, besoin d'être aimée, fragilité, mensonge.
La dernière partie du roman celle où ces ex amies devenues femmes se retrouvent me semble être d'une extrême violence psychologique .
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magalibertrand
  17 mai 2021
Rien ne va jamais quand on est ado, tout est toujours trop ou pas assez. Trop de boutons, pas assez de seins, trop passe-partout, pas assez populaire, trop de mère, pas assez de père. Et puis surtout, surtout, tout le mieux semble mystérieusement s'être donné le mot pour tomber sur la personne d'à côté tandis que sur vous, évidemment, concentration de pourri. Naturellement, lorsque l'on rembobine et que l'on se repasse le film de ces années-là à la lumière d'un regard devenu adulte, les lignes apparaissent comme floutées, et la frontière entre ce qui fut réellement et le souvenir que l'on en garde, entre celui ou celle que l'on était et la personne que l'on aurait souhaité être n'a sans doute plus toute la netteté requise. Sauf, peut-être, lorsqu'à la suite d'un événement cruellement marquant tout semble se figer dans la lumière crue propre aux souvenirs indélébiles qui font le terreau des plus indéracinables sentiments de culpabilité. C'est la cas pour Lettie qui, toute quarantenaire qu'elle soit, n'oubliera jamais son année de troisième et cette « première fois où [elle s'] aperçut de l'existence de Dahlia », « au retour des vacances de la Toussaint ».
Delphine Bertholon, qui a souvent (très bien !) écrit pour eux ou sur eux, a une tendresse toute particulière pour ces êtres douloureusement gauches et incertains que sont les ados, éternels albatros encombrés d'eux-mêmes et de leurs incohérences. C'est donc avec beaucoup de justesse, mélange de lucidité et de bienveillance, qu'elle accompagne Lettie dans la reconstitution de cet enchainement implacable marquant la fin de son enfance. Dès lors, tout l'intérêt du roman réside moins dans la vérité (que l'on touche du doigt dès les 30 premières pages) que dans le cheminement lent, douloureux mais nécessaire pour y parvenir, en s'extrayant au passage de mensonges imposés par d'autres et tacitement acceptés . Sur le fil tendu entre vérité et mensonge, secret et révélation, aveu et déni, chaque mot compte double car son poids peut faire perdre l'équilibre et entraîner vers sa chute celui qui l'aura laissé échapper ou gardé pour lui. C'est ce même équilibre que Delphine Bertholon a su conserver avec beaucoup de maîtrise, jonglant avec les ambivalences de ses personnages comme avec celles d'une opinion publique toujours plus prégnante, faisant de Dahlia un roman à fleur de peau, à fleur d'ado, cet âge de tous les dangers.
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Killing79
  02 mai 2021
Depuis ma découverte de son roman « Grâce », je suis un fidèle de Delphine Bertholon. J'aime beaucoup sa plume, ses histoires et pour ne rien gâcher, elle est super sympa. Dans « Dahlia », la narratrice nous raconte ses souvenirs de jeunesse, avec toute sa fraicheur et sa naïveté. On prend part à son quotidien, ses amitiés, ses amours et ses déceptions.
A travers le destin de Lettie, ce livre s'attaque à un sujet d'actualité particulièrement délicat. Avec l'arrivée de #metoo et de la libération de la parole, les secrets inavouables refont surface dans la société moderne. L'autrice prend le parti de parler d'une affaire très sensible en se plaçant du côté de l'entourage. Une personne a parlé mais personne n'a rien vu. C'est parole contre parole, la vérité ne repose sur aucune preuve et le doute s'installe. Et alors un nouveau processus malsain se met en route. le voisinage et les médias prennent le pouvoir et créé un tribunal populaire qui va décider de la culpabilité du suspect. Mais pense-t-on aux conséquences sur la famille ? A-t-on conscience de la violence de l'évènement ?
Cette tragédie est aussi basée sur l'idée philosophique que l'on ne connaît jamais vraiment les gens, même les plus proches. On pense tout savoir sur eux parce qu'on les côtoie de près. Seulement, leur mode de pensée et leur passé resteront toujours une énigme pour nous.
Grâce ce court roman, j'ai retrouvé toute la sensibilité de Delphine Bertholon et sa capacité à mettre en mots les sentiments les plus personnels. Dans ce drame terrible, on entre en empathie avec sa narratrice et les protagonistes. Elle sait nous replonger dans l'adolescence candide où l'on ne mesure pas vraiment l'impact de nos actes.
Je vous recommande donc le mystère « Dahlia » dont l'incertitude m'a tenu en haleine jusqu'à son final déroutant !
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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Little_stranger
  17 avril 2021
J'ai découvert Delphine Bertholon avec son roman "les corps inutiles". J'avais été happée par la photo de couverture d'une jeune fille rousse aux longs cheveux ébouriffés, jeune fille dont j'avais imaginé la peau délicate et hypersensible : c'était presque le thème du livre, quoi que ... J'y avais apprécié cette peinture sensible et très visuelle d'une adolescente qui se fige après un drame.
J'ai donc plongé avec délice dans ce nouveau texte toujours sur le thème de l'adolescence (période que semble apprécier l'auteur) et j'en suis ressortie enchantée et comme dans le précédent livre, tourmentée.
1989 - sud de la France : Laetitia dite Lettie, par la grâce d'une poussée adolescente soudaine, devient fashionable dans la classe de quatrième qu'elle intègre. Elle rejoint le groupe très exclusif des it girls : celles qui osent, celles qui se la pètent, celles qui jouent avec des objets dangereux à savoir d'Aydée, Marie, Lydia et Michelle. Lettie était jusque là une ado lamba voire même out : elle vit avec sa maman, Annie, infirmière, dans une caravane implantée dans un camping. Elle ne connaît pas son père et sa maman ne veut pas en parler.
Lettie tout en faisant partie du groupe hype, va sympathiser avec Dalhia Guzzo, jeune fille venue du Havre, toute en noir, look gothique, dont le papa italien, Guerrino , est routier, la maman, Francesca, mère au foyer et qui a deux jeunes frères (Gianni - Angelo) qui pompent tout l'espace vital de la maison. Un univers tourbillonnant et foutraque, chaleureux et surchargé, totalement différent de celui que connaît Lettie, très autonome et en qui sa mère a confiance. Si Lettie est séduite par cet univers, elle découvre que Dalhia a un lourd secret qu'elle va lui confier. Secret qui va peser sur la conscience de Lettie parce qu'elle n'arrive pas à le mettre en lien avec ce qu'elle connaît de la famille, secret qui une fois révélé,en 1991, va déclencher un processus judiciaire et l'effondrement des liens entre Lettie et Dahlia. Autour de Lettie, il y a Manu, le patron du camping, Tante Solène (dite tante So) qui n'est pas vraiment sa tante et son époux Marc, leur fils, Joshua, qui involontairement devinera le destin de Laetitia : écrire, raconter des histoires que lui adore quand elle les invente pour le petit bonhomme qu'il est alors.
Et c'est lors de l'incendie de Notre Dame, que Lettie qui vit maintenant à Paris, a eu une petite fille Mina sur le tard, se replonge dans cette histoire pour comprendre et découvrir jusqu'à quel point, on peut vouloir être célèbre, l'occasion aussi pour elle de comprendre ce que les mots "père" et "fille" recouvrent parfois. Il est question de la complexe notion de culpabilité, du silence, du secret.
"Annie Hall" de Woody Allen, Venus des Bananarama, le groupe Mecano, Prince, Renaud, "Fleurs captives" de V.C Andrews m'ont fait parcourir à nouveau mes années d'adolescente (beaucoup moins agitées que celles de Lettie, moins dramatiques). J'ai aimé Laetitia qui cherche un père dont elle n'a pas besoin, car sa maman lui donne la structure nécessaire pour grandir avec amour et j'ai haï Dahlia, qui comme une enfant gâtée, casse ses jouets pour en avoir de plus beaux. Un fort joli roman qui pique comme les bonbons en forme de capsule qui révèle une poudre lorsque l'emballage fond en bouche.
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critiques presse (1)
SudOuestPresse   12 avril 2021
« Dahlia » de Delphine Bertholon, les blessures adolescentes se réveillent toujours
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 mars 2021
Un père, c’est un père, parfait ou non. En vérité, nous nous entendons bien. Garde partagée, cordialité, respect. Amitié, même, sans doute. Nous sommes liés par la plus magique des créatures, avec ses grandes oreilles et son regard céladon. Comment ne pas s’aimer après avoir fabriqué pareille petite personne ?
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rkhettaouirkhettaoui   22 mars 2021
À quatorze ans, embrasser : révolution du monde. À la fin du XXe siècle, c’était cela, la pornographie : la langue contre la langue. Pour être honnête, c’est toujours pour moi la plus grande pornographie – la langue contre la langue. Je suis prude, comme ma mère. On me choque facilement et, si je raconte préférer les baisers au sexe, mes amis se moquent de moi. Quoi qu’il en soit, lorsque adolescent on se découvre une « vie sentimentale », cette vie prend toute la place. Cet hiver-là, je délaissai parfois la bande, mais la bande était la bande : elles avaient d’autres chats à fouetter, d’autres challenges à relever, d’autres aventures. Même Aydée semblait en avoir pris son parti. Je « roulais des pelles » ? Très bien, et alors ?Mais j’ai délaissé Dahlia.
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Calimero29Calimero29   28 avril 2021
Nous vivons tous ainsi, avec des traites non réglées, des rancœurs mal digérées, des peurs et des regrets.
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rkhettaouirkhettaoui   22 mars 2021
Mon corps avait changé, c’est vrai, mais j’étais toujours attifée de la même manière absurde, mélange de fripes et de supermarché. Quelque chose dans mon regard, mon attitude, s’était modifié, sans que j’en sois tout à fait consciente. Ce fut un glissement progressif, de moi à elles, puis d’elles à moi, comme un apprivoisement, imperceptible au début, puis soudain radical : un beau jour, je me retrouvai avec la « bande », à descendre le bar parental dans la villa d’Aydée, à échanger mes fringues avec Marie, à essayer le chapeau de cow-boy dont Lydia ne se séparait jamais.
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rkhettaouirkhettaoui   22 mars 2021
Nous partagions des choses que je ne pouvais envisager avec les autres, dont une passion honteuse pour la lecture, la peinture flamande et Jean-Jacques Goldman. Dahlia avait une culture littéraire insolite pour son âge, elle si immature sur tout le reste, et me fit découvrir des auteurs que j’appréhende aujourd’hui bien mieux qu’à l’époque – John Kennedy Toole, Leonora Carrington ou Joan Didion. J’écrivais des histoires courtes, elle composait des poèmes et des chansons.
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Delphine Bertholon parle de "Les corps inutiles". partie 1
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