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ISBN : 2353460216
Éditeur : L'Altiplano (15/06/2008)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Yirminadingrad est une cité portuaire de la Mer Noire. On y parle bulgare et grec, turc et mycrønien.
Elle existe dans un présent futuriste aux accents archaïques.
Comme partout ailleurs, on y vit dans l’attente de la fin.

Yama Loka terminus parle de l'irréductible facteur humain, de la vie qui s'immisce dans les lieux les plus invivables et des touffes de mauvaise herbe qui défoncent les macadams laissés à l'abandon.
Il est compo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ertemel
  17 novembre 2014
« Yama Loka Terminus » ressemble à un recueil de nouvelles. Nouvelles extrêmement diverses, où Léo Henry et Jacques Mucchielli explorent tous les territoires connus de la fiction, et en expérimentent de nouveaux. Aucune des 21 textes n'est semblable au précédent : par exemple, d'une nouvelle à l'autre, la narration passe de la première personne du singulier à la troisième, puis à la deuxième. Ou mélange les trois à la fois, dans un texte très inventif qui se suit sur trois colonnes en parallèle (« Tarmac – Penthouse/Dernier rapport de télésurveillance »). « Yama Loka Terminus », c'est une nouvelle surprise à chaque nouvelle. Bref, des nouvelles qui n'oublient jamais d'être nouvelles : la lecture est donc hautement stimulante. Pour autant, le recueil est loin d'être chaotique. Malgré cette multiplicité extrême des formes et des sujets, tous les textes sont liés par Yirminadingrad.
Yirminadingrad ressemble à une mégalopole. Une ville extrêmement diverse, où Léo Henry et Jacques Mucchielli synthétisent tous les territoires d'Europe de l'Est, pré comme post-soviétique, et en créer donc un nouveau. Aucune des 21 nouvelles ne présente un plan précis de la ville et de ses quartiers, ni ne l'inscrit dans une époque datée : par exemple, la ville est aussi bien décrite de l'extérieur que de l'intérieur d'un ses quartiers. La ville se perçoit par fragments, par le biais de ses citadins qui ne sont pas moins recomposés et multiples qu'elle, et qui l'habitent autant qu'ils la rêvent (la superbe « Escale d'urgence (matériaux pour un adultère) »). Les nouvelles s'agencent et se répondent l'une l'autre, ont parfois des points communs, semblent à certains moments dessiner une temporalité (en particulier la fin du recueil).
De ce fait, la lecture de « Yama Loka Terminus » ne ressemble pas vraiment à celle d'un recueil de nouvelles. Les intrigues développées dans le nouvelles se terminent souvent abruptement, voire paraissent incomplètes (« Power Kowboy »). Mais les correspondances entre les nouvelles font de chaque texte autant de chapitres d'un roman dont le personnage principal serait la ville de Yirminadingrad. Son histoire serait celle de l'Europe, un continent aux racines multiples et profondes, où surgissent toutes les dérives politiques (« Histoire du captif et du prisonnier »), religieuses, artistiques (« Evgeny, l'histoire de l'art et moi »), sociales et technologiques (la terrifiante vision du travail de « Demain l'usine »)…
Pas une des 21 nouvelles n'est anodine, futile, dispensable. La plupart des textes sont très marquants, et du fait de leur (très lâche) interdépendance, il est vraiment difficile de choisir ses préférées… ce qui est plutôt rare dans un recueil ! Léo Henry et Jacques Mucchielli se jouent de toutes les frontières, et en particulier littéraires, avec cet ouvrage inclassable, au souvenir persistant.
Lien : http://ertemel.blogspot.fr/2..
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Charybde7
  26 avril 2013
Yirminadingrad est fascinante ; elle est dans tous nos rêves, elle est notre futur, notre destruction sans échappatoire.
Nids de poule géants dans le macadam, autoroutes désertées, bâtiments défigurés, constellés d'impacts de pierres, entrepôts, tunnels et trains abandonnés dans la fange et la crasse, squats de junkies et de monstres incurables, châteaux de cartons des clodos « comme un gâteau brun et glaireux sur le trottoir », attentats, guerre et destructions imminentes, Yirminadingrad est une ville en phase terminale.
Et les êtres humains qui se battent pour leurs rêves dans cette ville, qui se débattent pour survivre sont bouleversants ... entourés d'êtres dégénérés ou perdus (« prendre une ronde de nuit quand tous les dégénérés de Yirminadingrad sont sur les nerfs est un bon moyen de ne jamais toucher sa retraite »), au milieu des insurrections, de l'explosion des nationalismes et sectes religieuses, d'une surexposition médiatique, au milieu d'êtres humains dont on ne voit plus que les failles béantes, d'êtres fascinés par les trous noirs (« comme si leurs névroses étaient devenues des paysages psychiques nécessaires et suffisants, aussi fascinants que le tourisme sexuel, les jeux vidéos ou la guerre, et bien moins dangereux. »).
Il y a 7x3 = 21 nouvelles dans Yama Loka Terminus, sous-titré « Dernières nouvelles de Yirminadingrad », 21 morceaux d'humanité déchirante.
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Vermer
  19 septembre 2016
Je termine dans la douleur ce recueil de Leo Henri et de Mucchielli .
C'est bien du Leo Henri : un bon style, des histoires faibles et un imaginaire assez/trop convenu. Je me suis ennuyé pendant la plus grande partie du truc : sur 21 nouvelles, seules 2 m'ont plu (Attentat de personne et Escale d'urgence).
Il est a noté que sur plusieurs nouvelles il y a des expériences sur la mise en page et sur l'écriture, un peu comme du Dalmasio. C'est globalement plutôt raté et rends les textes pénibles - j'aime pas chez Dalmasio non plus de toutes façons.
Aussi, un grand nombre de textes misent sur la vulgarité comme style littéraire, ce qui ne me convainc pas trop non plus comme procédé.
Bref, assez décevant. Encore une fois Leo Henri est ici un bon photographe mais un piètre conteur.
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TwiTwi
  23 août 2011
J'ai fait un tour à Yrminadingrad et j'ai survécu. C'est facile de l'écrire mais pas si facile à vivre. En 21 nouvelles, Léo Henry et Jacques Muchielli nous emmène sur les traces d'habitants ou d'êtres de passage dans cette ville dans un futur quelconque de l'Europe de l'Est.
Yama Loca Terminus, c'est dur, et très cru. C'est gris, c'est glauque. C'est expérimental parfois avec cette nouvelle écrite en trois colonnes, ou encore celle écrite à la deuxième personne du singulier.
Je ne vous dis qu'une chose, il se passe des choses pas nettes à Yrminadingrad, cela vaudrait le coup d'aller jeter un oeil de plus près. Ou pas. Fuir dans la direction opposée peut être une autre solution. Fascinante et repoussante, cette ville ne peut laisser indifférent et c'est ce que nous font comprendre les narrateurs de ces 21 récits en nous contant leur quotidien.
Le livre est tellement dense qu'il vaut certainement la peine d'y revenir de temps en temps, ce que j'espère faire. Sinon, il est toujours possible de se lancer dans Bara Yogoï, récidive des auteurs sur la même ville, ouvrage que je ne saurais trop tarder à me procurer.
J'ai apposé le label du challenge Fins du Monde à ce livre. Ce n'est pas du post-apo en tant que tel entendons nous bien. S'il fallait le classer quelque part (bien que ce livre me semble sortir des sentiers battus des genres bien rangés), je dirais plutôt que c'est une dystopie. Mais il y a quelques séquences très "apocalyptiques" dedans, dont entre autre le #quotation thrusday de la semaine dernière. Je me suis donc permise cette liberté.
Mais bon sang de bois ... A quoi peut donc bien ressembler un pigeon-chat ?
Lien : http://ledragongalactique.bl..
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Charybde2
  11 février 2016
À l'oeuvre à Yirminadingrad, la poésie critique du témoignage suspect foisonnant.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/11/note-de-lecture-yama-loka-terminus-leo-henry-jacques-mucchielli/
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   11 février 2016
Quelqu’un avait tagué « Amon Râ » sur l’enseigne de son garage et Vasil, depuis plus de vingt ans, l’avait laissée sans repeindre. Les gars du quartier de l’autostrade s’étaient mis à le surnommer l’Égyptien ou Coup-de-Soleil. Ils se moquaient en vain du vieil homme, qui continuait de leur sourire comme si personne, jamais, n’était venu saloper la façade de son commerce.
Un soir j’ai vidé avec lui deux bouteilles de whisky polonais, essayant de tuer la nuit et d’oublier un chagrin d’amour qui n’était pas le mien. Mon cousin Dobri habitait à l’étage : il m’avait planté pour partir à la recherche d’une fille qui n’avait fait que le tromper jusque-là et qui continuerait à le faire par la suite. Me voyant désœuvré sur son trottoir, le vieil Amon m’avait invité à partager la goutte. La goutte avait duré après l’aube. Sur les murs de son atelier, il avait suspendu des centaines et des centaines d’enjoliveurs, qui brillaient comme des disques d’or dans la lumière crue de l’ampoule.
Il avait fini par me dire, de sa voix floue de poivrot hébété, qu’il était heureux d’avoir choisi d’être homme. Qu’avec les autres dieux, là-bas, à Thèbes, la vie était insupportable. Qu’il aimait sa mortalité, son garage, ses voisins et ses petits soldats de collection.
J’aime à croire que Vasil vit toujours, qu’il travaille au même endroit. De tous les dieux de Yirminadingrad, il était de loin le plus sympa. (« Ces photos de moi que l’on n’a jamais prises »)
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Charybde2Charybde2   11 février 2016
Il est minuit moins cinq et mon enfant ne naîtra plus aujourd’hui.
J’écrase une cinquième ou sixième cigarette sur le montant de la fenêtre : ce sont des clopes d’importation, roulées dans du papier jaune un peu froissé. Je ne fume pas d’habitude mais il me faut bien faire quelque chose pendant que Cora œuvre en salle de travail. Ils ont installé un frigo dans la pièce, un gros meuble blanc de fabrication américaine, tout vibrant et bourdonnant. Le calendrier de l’équipe de foot date de la victoire en finale de la coupe, il y a deux ans.
Je me rassieds sur le siège à roulettes, fauteuil de rond-de-cuir ayant perdu son maître et son bureau. Je tends l’oreille. J’ai tant de fois rêvé à ce moment, le premier cri, l’ouverture du rideau de la vie. Après, je me réveillais en sursaut, perdu dans le noir entre le lit et le plafond, un hennissement résonnant encore à mes oreilles. C’était une plainte du cheval blessé, de bête suppliant qu’on l’achève.
Minuit une. J’attends.
Mon père est mort le lendemain de ma conception. Je ne connais personne qui l’ait vu tomber de ses propres yeux, mais tous les sans-retraites de Yirminadingrad ont une version de l’histoire à raconter. Crâne ouvert sous la pression d’un sabot, colonne vertébrale brisée contre un montant de la glissière. Parfois ce sont les deux hanches. Parfois la nuque. On y ajoute des circonstances romanesques : un concurrent bouriate à barbe jaune l’aurait poussé, sa monture aurait pris peur à l’approche du grand virage… Autant de mises en scène pour embellir sa fin. Je crois plutôt que mon père était alcoolique et qu’il tenait à peine assis sur la jument quand a été donné le signal du départ. (« Cheval cauchemar »)
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Charybde2Charybde2   11 février 2016
Quand l’avion se pose pour faire correspondance à Yirminadingrad, le soleil est déjà couché. L’aérogare fourmille de militaires en armes qui nous orientent vers les sous-sols. Personne ne nous fournit la moindre explication.
Deux policiers avec des masques à gaz contrôlent mon passeport biométrique avant de me fouiller, d’inspecter mes vêtements avec une sorte de compteur Geiger puis de me faire entrer dans un grand hall sans fenêtres où une partie des passagers de mon vol attendent déjà. Certains sont assis sur les banquettes en acier mais la plupart sont restés debout. Les visages sont aisés à décrypter : fatigue des passagers réveillés au moment de l’atterrissage ; colère de consommateurs mécontents, rédigeant dans leur tête des lettres de protestation ; anxiété de téléphages, persuadés que la fin du monde prophétisée par les infos est pour maintenant. (« Escale d’urgence (matériaux pour un adultère) »)
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YamaLokaTerminusYamaLokaTerminus   16 juin 2008
« C’était un maidredi ou peut-être en juindi…
Qu’est-ce que tu racontes encore ? Un maidredi ?
Excusez-moi, je voulais dire en mai ou en juin, peut-être un lundi ou un dimanche, je ne sais plus. Dès fois, les mots se mélangent, ou se confondent, c’est difficile à dire.
En tout cas, c’était le soir, j’en suis presque certain. La pluie hideusement déformait le paysage et…
Ca suffit, on s’en fiche de la pluie. Tu devais nous parler du Juge. Ah oui, le juge. Eh bien, je sortais du tribunal et c’est arrivé sur le parking. Ils se sont sans doute faufilés derrière moi au moment où j’entrais dans ma voiture. Je n’étais pas présent. Ce sont les autres qui l’ont enlevé. Mais ils m’ont raconté. Ils l’ont chloroformé ou peut-être seringué, je ne sais plus, mais soudain je me suis senti cotonneux et tout est devenu noir et je, enfin je veux dire il, le Juge.
Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia à la fin ? »

Histoire du prisonnier et du captif
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YamaLokaTerminusYamaLokaTerminus   16 juin 2008


« Si la catastrophe n’était pas si proche, je serais heureux de participer à un tel projet. Le plus grand réseau souterrain jamais creusé. Des milliers de bâtiments inversés. Des kilomètres de câbles, de conduites, de tuyaux. D’immenses hangars, des stocks de nourriture, des centrales électriques.
Dehors, il n’y a que la guerre. Que la mort qui vient, qui nous sourit, la bouche hérissée de missiles, la langue chargée de radiations. Les pyramides étaient des tombeaux dressés vers le ciel. Nous construisons un terrier colossal afin que la vie continue. »

Et s'échapper des côtes rompues,
et se répandre en nuées immenses
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Videos de Léo Henry (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léo Henry
Léo Henry parle de la Panse, son thriller fantastique lovecraftien inédit qui sort le 2 mars aux éditons FolioSF, et qui prend pour cadre La Défense à Paris
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