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Le Cycle de Dune tome 5 sur 6

Guy Abadia (Traducteur)
EAN : 9782221252338
576 pages
Robert Laffont (02/09/2021)
  Existe en édition audio
4.01/5   1198 notes
Résumé :
Leto II, le Tyran, l'Empereur-Dieu, est mort depuis des milliers d'années, mais son souvenir est dans toutes les mémoires. Sa disparition a entraîné un tourbillon de violences, la Grande Famine, la Dispersion de l'humanité conformément aux plans du Tyran ; et ses Prêtres en tirent argument pour justifier leurs ambitions.

Mais la Révérende Mère Taraza sait bien que le pouvoir vient de l'Épice, source de prescience. La planète Dune, devenue Rakis, reste... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 1198 notes
Nous faisons à nouveau un saut de plusieurs milliers d'années dans le futur.

Leto II est mort et sa conscience est fragmentée dans tous les vers survivants de dune, devenue Rakis. Les exilés de la grande dispersion sont de retour dans l'univers de dune.
Après L'Empereur-Dieu de Dune qui ne m'avait guerre passionné, j'ai trouvé ici un franc regain d'intérêt pour la licence.
On retrouve un Bene Gesserit conquérant et puissant, intriguant.
On retrouve des héros positifs, abordables et attachants dont Duncan Idaho, Sheena, les révérendes mères et surtout Miles Teg, Bashar des Bene Gesserit qui va se découvrir des supers pouvoirs.
On découvre les Honorés Matriarches, descendantes des Truitesses, concurrentes des Bene Gesserit, moins politiques et retorses mais bien plus nombreuses, puissantes et se servant du sexe pour assoir leur domination.

Beaucoup d'action et surtout, une introduction à ce que je considère comme le meilleur tome de la série après le premier épisode bien sur : La Maison des Mères.
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Après les événements du tome précédent, est advenue une période de troubles marquée par une grande famine suivie par la dispersion de l'humanité au-delà de l'univers connu, réalisant ainsi le souhait de Leto II. 1 500 ans plus tard, certains sont revenus après plusieurs générations, avec des intentions floues qui suscitent l'inquiétude.

Sur Dune, appelée maintenant Rakis (et non plus Arrakis) et redevenue un désert, apparaît une enfant dans une tribu isolée, à qui les vers obéissent : Sheeana. Les prêtres et les habitants de Rakis la parent d'une quasi-divinité, ce qui ne manque pas d'attirer l'attention des soeurs du Bene Gesserit.

Le Bene Gesserit est à nouveau puissant, comme s'il avait rempli un vide après la disparition de l'Empire ; il est toujours autant obsédé par son programme de sélection génétique, et on se demande s'il a encore un sens alors que les soeurs veulent éviter à tout prix un nouveau Kwisatz Haderach. le Bene Gesserit a reçu un jeune ghola de Duncan créé par le Bene Tleilax qui y aurait implanté une mystérieuse modification. Jeune adolescent, Duncan est entraîné par les soeurs et protégé par le commandant du Bene Gesserit, le mentat Miles Teg.

Mais le Bene Gesserit est traversé par des dissensions, alors que d'au-delà de l'univers connu arrivent les Honorées Matriarches, simulacres des Révérendes Mères qui les surnomment avec mépris les catins, tant leur technique a développé les manipulations sexuelles. le Bene Gesserit les perçoit comme un danger, tandis qu'en parallèle le Bene Tleilax a son propre agenda et espère prendre l'ascendant sur le Bene Gesserit.

Le roman expose une situation politique complexe, avec des personnages approfondis. Miles Teg est un vieil homme pétri du sens du devoir et stratège, alors que Duncan, encore adolescent, apprend sous la férule des soeurs. Les Révérendes Mères, que ce soit Taraza, Odrade ou Lucille, ont chacune une personnalité qui se développe au fil des événements. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, notamment Watt, chef du Bene Tleilax, fournisseur des gholas et dont les cuves axol restent un mystère. Les prêtres de Rakis, eux, apparaissent en creux comme faibles face à ces structures puissantes. Mais chacune des organisations religieuses est confrontée à des oppositions internes, sur des bases théologiques ou de conflit de pouvoir.

Ce roman possède la même puissance que le précédent tome, bien que l'histoire soit bien différente : plusieurs confréries, chacune ayant son dessein et sa vision à long terme. Et comme il s'agit de religions, chacune est persuadée d'être supérieure aux autres (évidemment). Chaque chapitre ne fait qu'entrevoir un monde de complexité, grâce à une écriture qui souvent suggère plus qu'il ne montre (l'auteur n'est pas toujours facile à lire à cause de son habitude de ne pas exposer directement certains faits), le passé et le futur sont presque plus importants que le présent, et surtout, les complots attendent derrière chaque page. La profondeur de l'univers et de l'intrigue est fascinante.

L'action est très présente avec des combats, des fuites et des trahisons, sur Rakis et sur Gammu, l'ancienne planète des Harkonnen. Car le passé est très présent dans ce tome de Dune, ne serait-ce que parce que plusieurs personnages sont des descendants des Atréides, et peuvent avoir une parcelle du don qui a fait naître le Kwisatz Haderach.

Quoi qu'il en soit, ce tome donne très envie de lire le suivant.

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Enfin j'ai terminé le cinquième et sixième tome de la saga Dune : le dernier écrit par Franck Herbert. Cela a été un beau voyage à pied, pour en montrer l'effort nécessaire, essentiellement passé sous la pluie. Herbert est un auteur qui ne se laisse pas simplement comprendre. Il faut le lire puis le méditer. Moi c'était au cours de mes 30 minutes de marche quotidienne entre chez moi et mon bureau. Je ressassais les chapitres lus la veille pour en tirer les messages.


Ce tome ne fait pas exception : je n'ai pas tout compris. le propos et l'intention de certains chapitres restent encore complètement nébuleux. Heureusement j'en ai compris certains et je pense avoir dégagé une compréhension voire une théorie du pouvoir.

_____


Pour moi, Dune est avant tout une saga du pouvoir, en particulier le pouvoir exercé par certaines institutions et leurs dirigeants. Ces institutions sont souvent, si ce n'est systématiquement, en concurrence les unes avec les autres. Cependant le schéma de fonctionnement est toujours le même. C'est un cycle que j'appellerai le « cycle de la voix dans sa tête ».


Avant d'expliquer ce titre un peu étrange, commençons par décrire ce cycle. Il est constitué de quatre phases :
1) « la certitude de l'avenir » : chaque institution est convaincu que l'avenir se déroulera de la manière qu'il projette. Par exemple, l'empereur-Dieu de Dune est convaincu de la véracité et de l'effectivité du « sentier d'or »
2) Cette certitude de l'avenir amène à la « certitude de la légitimité de sa mission » : de fait les protagonistes se semblent investit de la tâche qui leur permettra de faire advenir cet avenir. Par exemple le Bene-Tleilax trouve légitime de vouloir imposer une vision religieuse spécifique.
3) Ce qui amène à la « certitude de l'emploi des moyens », car pour faire advenir cet avenir il faut agir sur cet univers. Par exemple le Bene-Gesserit, pour améliorer la qualité politique des dirigeants, cherche à améliorer les lignées aristocratiques par un contrôle génétique, en particulier ceux des Atréides.
4) Ce qui les amène à leur « certitude de la légitimité de leur dirigisme », car les « bonnes » intentions et les « bonnes » méthodes, ne peuvent produire que de « bonnes » actions. Par exemple la transformation de Dune en un jardin par Paul Atréides.


Le cumul des bonnes actions amène alors à confirmer la « certitude de l'avenir » : la boucle est bouclée.


Mais ce que nous apprend le récit de Dune c'est que toutes ces « certitudes » ne sont que des « illusions ».
4) Que dire des bonnes actions lorsque la transformation de Dune en jardin provoque, in fine, la disparition du fier peuple fremen ?
3) Que dire de l'adéquation des moyens lorsque le Kwisatz Haderach, le dirigeant ultime, échappe au contrôle et au plan du Bene Gesserit ?
2) Que dire de la légitimité de la mission, alors que le culte de la dissimulation du Bene-Tleilax font de ce peuple l'ennemi ultime ? Car pour être légitime, faut-il que l'on connaisse et que l'on consente aux buts et objectifs.
1) Que dire de l'illusion de l'avenir imposé par le sentier d'or ? Soit l'avenir est malléable et le « sentier d'or » n'a aucun sens, soit il est figé et alors il n'y a pas d'avenir.


Ce qui nous amène à l'explication du titre de ce cycle de la « voix dans la tête ». Car tous ces protagonistes sont convaincus de leur légitimité parcequ'ils entendent des voix dans leur tête. le Bene-Tleilax pense communiquer avec Dieu. le Bene Gesserit pense pousser aux ultimes conclusions l'usage de la raison sur une base finalement subjective. Paul Atréide et son fils, empereur-Dieu, voient l'avenir. Finalement, le Bene-Tleilax à la foi, le Bene-Gesserit raisonne comme des cloches et les Atréides sont hypnotisés.


Mention spéciale pour les « honorés matriarches » qui sont une abomination du pouvoir : la destination ultime de la dérive du pouvoir par le cynisme. C'est sur cette voix que s'engage par exemple le Bene-Gesserit. Car malgré l'échec du Kwisatz Haderach, les mères ne se remettent pas en question, ne se dissolvent pas, en fait elles essaient de maintenir à bout de bras leur pouvoir en tentant de perdurer par tous les moyens. Les tomes 5 & 6 sont le récit de cette perte de sens, de cette chute dans le cynisme, sous couvert de lutter contre pire qu'elles. le Chapitre, la planète mère de l'ordre, est à l'image de leur déliquescence, elle transforme leur planète-jardin en planète-désert afin de pouvoir pérenniser la production de leur drogue de divination : l'épice.


Il y a ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés. L'univers de Dune est très riche, il y a beaucoup d'acteurs mais tous ne sont pas explorés aussi bien que les gouverneurs. Je vais en faire deux catégories.


La première sont les peuples. Ils sont assez peu visibles. Lorsqu'ils le sont c'est soit comme chair à canon, soit en curiosité anthropologique que les aristocrates ne comprennent pas ou méprisent. Il y a une scène dans le tome 5, où Lucille (je crois) du Bene Gesserit observe sans comprendre une danse dans rituelle dans une rue à peine perturbée par l'escorte armée de Sheena (ce chapitre me hante). Dans d'autres chapitres les descendant Atréides méprisent aux plus au point les derniers rejetons des fremens que leur ancêtre a détruit.


Mais l'acteur qui représente toute la fluidité et la droiture des peuples est Duncan Idaho. C'est l'homme révolté et qui se révolte contre les pouvoirs en place. Il ne cherche jamais le pouvoir, mais la liberté contre tous les pouvoirs. Son fardeau est de lutter contre son conditionnement à se soumettre aux pouvoirs : soumission certes par la contrainte mais aussi par l'estime et les sentiments.


La seconde catégorie, et qui est certainement le rattage de Franck Herbert, sont les acteurs logistiques : la CHOM (les marchands), les Ixiens (les techniciens), la Guilde des navigateurs (les transporteurs). Ce sont des acteurs mineurs dans la saga Dune. Et pourtant si nous prenons l'image de notre monde actuel qui détient et façonne le pouvoir : les techniciens qui innovent pour innover, les marchands qui en font des biens lucratifs et les transporteurs qui les disséminent partout. Ils forment un écosystème consumériste. Dans Dune c'est le pouvoir qui détruit l'écologie des planètes, dans la réalité c'est le culte consumériste qui détruit notre écosystème. Notre pouvoir est inféodé au consumérisme. C'est là le grand rattage de Franck Herbert, ce qu'il n'a pas vue.


_____


Je crois qu'il est indéniable que les tomes 5 & 6 préparaient une nouvelle phase de la saga. Peut-être que les successeurs de Franck Herbert, s'en sont emparés. Pour ma part, je vais terminer l'exploration de la saga Dune ici avec les 6 premiers tomes originaux de l'auteur. Excepté le préquel concernant la guerre butlérienne, qui me semble un sujet intéressant à découvrir, je pense avoir fait le tour de cet univers (détrompez-moi !). J'avais commencé cette saga, il y 30 ans, j'avais détesté (je préférai le film de Lynch). Je l'ai redécouverte il y a 4-5 ans, j'ai adoré, malgré les migraines. J'aime toujours le film de Lynch, son étrangeté, et j'attends le second volet du film de Villeneuve, son esthétisme.
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Quand j'oublie totalement de vous faire une chronique (j'ai honte).

Ayant fini la saga, je me dis : tiens, je vais leur chroniquer le dernier tome. Et là, vent glacial en plein sur moi : j'ai oublié les hérétiques. Toutes mes plates excuses les enfants. Je ne sais absolument pas quoi vous dire. Mais ne vous inquiétez pas, je connais encore quelques petites pistes de réflexion là dessus.

En fait, pour les Hérétiques, on voit la situation de Rakis après la mort de Leto II. Et c'est pas facile de continuer à vivre après une dictature de quelques milliers d'années. En effet, la liberté a un goût franchement amer lorsqu'on n'est plus habitué à être guidé. de plus, les vers des sables commencent à se faire rares (puisque Leto n'est plus là) et la course aux Epices devient de plus en plus ardue de jours en jours. Alors, pour cela, il y a deux groupes religieux : le Bene Gesserit, toujours open pour intriguer et le Bene Tleilax qui est une espèce de groupe de religieuses un peu bizarres (on en sait plus au prochain tome, je vous rassure.) Bref, on va être constamment tiraillés entre ces deux groupes et leurs manigances pour obtenir le monopole de l'Epice (et donc dominer le monde).


Au milieu de tout cela, une jeune fille

Au milieu de cela, une jeune fille parle aux vers des sables. Forcément, les deux grands groupes religieux vont tout tenter pour l'avoir à leur cause. Chacun a des méthodes bien à lui et on se rend compte qu'en fait, Rakis est en train de mourir et l'enjeu principal est bien entendu d'élever des vers des sables sur une autre planète. Pour cela, il faut une Dispersion, autrement dit, que des gens peuples des tas de planètes pour de nouveau répartir tous les groupes en force.

Vont il gagner ce pari ? A quel point pourra-t-on intriguer dans ce tome (c'est quand même le but principal de cette saga fleuve, ne nous le cachons pas ) ? Vous le saurez bien entendu en lisant ce magnifique tome contre la montre qui part dans tous les sens et qui est franchement génial.


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Après deux duologie centrée sur les Atréïdes et se déroulant sur la planète Arakis, j'ai été assez dépaysée de me retrouver 5000 ans après les tous débuts de l'histoire avec les Bene Gesserit d'un côté et les Bene Tleilax de l'autre dans l'espace, sur Gamma et un peu aussi sur la nouvelle Arakis.

Dans cette nouvelle duologie, Herbert décide de nous faire faire un sacré bond dans le temps. Après les événements enclenchés par Leto II, il m'a paru normal de voir les choses sur un temps plus long, mais ce n'est pas pour autant facile de replonger dans une histoire où tant de choses ont changé et où tant de personnages sont nouveaux. Heureusement, la plume de l'auteur est bien moins aride qu'au début et avec toute la vivacité de ses dialogues et de ses descriptions, j'ai pu plonger dans ce nouvel univers.

Celui-ci repose sur une dualité ma foi pas si étonnante. Nous avons d'un côté la branche femelle avec les Bene Gesserit qui tente de manipuler tout le monde pour pouvoir diriger l'univers à sa guise et de l'autre les Tleilaxu et leurs gholas qui tentent d'en faire de même mais de manière bien plus mystérieuse. L'outil pour réaliser leur souhait à tous deux : encore une fois l'épice présent sur Dune, sauf que l'un le détient et pas l'autre. Il faut donc trouver comment palier à cela.

Pendant ce long tome de 500 pages, j'ai donc suivi de nouveaux personnages membres de chacune des organisations fourbir leur plan. du côté des Bene Gesserit, plusieurs Mères supérieures veulent manipuler deux enfants afin d'en faire les instruments du futur qu'elles souhaitent. Ces deux enfants sont pour l'un le ghola de Duncan Idaho, encore, et pour l'autre une jeune fille pouvant commander aux vers d'Arakis. Rien de neuf en soi mais des intrigues qui restent passionnantes à suivre car très vivantes, avec des rivalités, des contradictions et des frictions. On passe d'un lieu à l'autre, des lieux qu'on connaissait autrefois et qui ont changé sans changer, mais qu'Herbert nous fait redécouvrir maintenant qu'il a découvert la puissance des descriptions et c'est fascinant en plus d'être immersif.

Les manoeuvres des uns et des autres amènent à de nombreuses scènes d'action bien écrites mais qui continuent parfois à laisser un sentiment de trop peu par rapport aux auteurs très visuels actuellement. Les thèmes, eux, sont ceux qui parcourent l'oeuvre : le dévoiement de la religion, les manipulations génétiques et l'eugénisme, les complots politiques. J'ai apprécié de retrouver cet univers connus mais je n'ai pas été soufflée car il n'y avait pas grand-chose de neuf. J'ai même été assez agacée par le tournant donné aux Bene Gesserit qui deviennent des déesses du sexe sous la plume d'Herbert. Franchement gênant.

Ce tome qui nous embarque dans une nouvelle duologie, une nouvelle temporalité et de nouveaux personnages est dans la ligne droite des précédents, voire en est un peu une redite. Ce fut un très bon divertissement malgré mon manque d'attachement aux personnages. J'ai eu beaucoup d'action et j'ai aimé suivre les plans alambiqués des uns et des autres, jusqu'à ce final détonnant, qui laisse un peu sur les fesses. Maintenant, je trouve ça un peu facile de la part d'Herbert, il n'est pas aussi inspiré que lors des tomes précédents ou alors ce n'est que l'introduction de quelque chose qu'on verra dans le prochain et dernier tome. Affaire à suivre.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
La bureaucratie est la mort de l'initiative.
Il n'est rien que les bureaucrates haïssent plus que l'innovation, en particulier celle qui produit de meilleurs résultats que les vieilles routines traditionnelles.
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(Comment le Bene Gesserit se sert de l'amour).
Cette première mission de séduction qu'on lui avait confiée ... Elle n'était vraiment pas prête pour l'extase soudée d'un orgasme simultané, une réciprocité et un partage aussi vieux que l'humanité - plus vieux ! Et avec des pouvoirs capables de faire chavirer la raison... Cette expression sur le visage de son partenaire, la tendresse de son baiser, l'abandon total de toutes ses barrières protectrices, sa vulnérabilité suprême ! Aucun entraîneur n'avait jamais agi ainsi. Désespérément, elle s'était agrippée aux leçons du Bene Gesserit. A travers elles, elle avait vu l'essence de cet homme sur son visage, elle avait ressenti cette essence dans ses propres fibres intimes. L'espace d'un bref instant, elle s'était autorisé une réaction égale, elle avait fait l'expérience d'un sommet d'extase dont aucun de ses instructeurs ne lui avait jamais laissé soupçonner l'existence. C'est à ce moment-là qu'elle avait compris ce qui était arrivé dans le cas de Dame Jessica et des autres "échecs" du Bene Gesserit.
Cela s'appelait l'amour !
Ce sentiment avait un pouvoir qui l'effrayait (comme les maîtresses généticiennes l'avaient prévu), et elle était retombée dans le conditionnement méticuleux du Bene Gesserit, adoptant un masque de plaisir à la place de l'expression naturelle de son visage, employant des caresses calculées là où des caresses spontanées auraient été plus faciles mais moins efficaces.
(...)
Elle songeait à tous les dommages que cette force occulte avait causés au Bene Gesserit au fil des millénaires. Dame Jessica et son amour pour son Duc n'étaient qu'un exemple parmi d'innombrables autres. L'amour obnubilait la raison. Il détournait les Soeurs de leurs devoirs. L'amour ne pouvait être toléré que quand il ne causait aucune discontinuité brutale et apparente, ou bien quand il servait les dessins du Bene Gesserit. Autrement, il fallait l'éviter.

p. 125
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Dorade soupira et quitta Teg des yeux, perdue dans ses souvenirs. Les mâles utilisés dans les séances d'entraînement ne laissaient jamais leur visage refléter devant les étudiantes cet abandon créateur de liens. C'était une lacune nécessaire dans l'éducation sexuelle.
Cette première mission de séduction qu'on lui avait confiée...
Elle n'était vraiment pas prête pour l'extase soudée d'un orgasme simultané, une réciprocité et un partage aussi vieux que l'humanité—plus vieux ! Et avec des pouvoirs capables de faire chavirer la raison... Cette expression sur le visage de son partenaire, la tendresse dans son baiser, l'abandon total de toutes ces barrières protectrices, sa vulnérabilité suprême ! Aucun entraîneur n'avait jamais agi ainsi. Désespérément, elle s'était agrippée aux leçons du Bene Gesserit. À travers elles, elle avait vu l'essence de cet homme sur son visage, elle avait ressenti cette essence dans ses propres fibres intimes. L'espace d'un bref instant, elle s'était autorisée une réaction égale, elle avait fait l'expérience d'un sommet d'extase dont aucun de ses instructeurs ne lui avait jamais laissé soupçonner l'existence. C'est à ce moment-là qu'elle avait compris ce qui était arrivé dans le cas de Dame Jessica et des autres « échecs » du Bene Gesserit.
Cela s'appelait l'amour !
Ce sentiment avait un pouvoir qui l'effrayait (comme les maîtresses généticiennes l'avaient prévu) , et elle était retombée dans le conditionnement méticuleux du Bene Gesserit, adoptant un masque de plaisir à la place de la brève expression naturelle de son visage, employant des caresses calculées là où des caresses spontanées auraient été plus facile mais moins efficace.
Le mâle avait réagi, naturellement, de manière stupide. Cela aidait, de s'imaginer qu'il était stupide.
Sa seconde séduction avait été moins difficile. Avec ce mâle, comme avec les suivants dont on l'avait envoyée recueillir la semence, les repères mémoriels étaient différents. Il lui fallait faire des efforts pour faire remonter leur visage à la surface. Pas comme pour le premier. Elle n'avait aucun mal à évoquer encore ses traits et elle le faisait, parfois, avec un sentiment d'émerveillement durci. Par moments, ce visage revenait de lui-même dans son imagination, sans qu'elle puisse trouver de cause immédiate.
Tel était le dangereux pouvoir de l'amour !
Elle songeait à tous les dommages que cette force occulte avait causés au Bene Gesserit au fil des millénaires. Dame Jessica et son amour pour son Duc n'étaient qu'un exemple parmi d'innombrables autres. L'amour obnubilait la raison. Il détournait les Sœurs de leurs devoirs. L'amour ne pouvait être toléré que quand il ne causait aucune discontinuité brutale et apparente, ou bien quand il servait les dessins du Bene Gesserit. Autrement, il fallait l'éviter.
Il demeurait toujours, cependant, un objet de vigilance inquiète.
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Les religions militantes et missionnaires peuvent partager cette illusion d’un « fier passé », mais il y en a peu qui comprennent la menace ultime pour l’humanité : cette fallacieuse impression d’être affranchi de toute responsabilité envers ses propres actions.
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Elle se rendait compte que celui-ci provenait en partie de l'utilisation par Taraza du mot "libéral". Ses ancêtres Atréïdes se hérissaient à cette mention. c'était comme si les souvenirs de toutes ses aïeuls s'unissaient pour flétrir des préjugées inconscients et des sous-entendus douteux. "Seuls les libéraux savent penser. Seuls les libéraux sont de vrais intellectuels. Seuls les libéraux comprennent les besoins de leurs semblables."
Que de malveillance pouvaient se cacher derrière ce mot, se disait Odrade. Que de faux amours-propres clamant leur désir de se sentir supérieurs !
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Revivez la soirée d'Escape Game dans l'univers de la saga Dune de Frank Herbert, organisée en partenariat avec les éditions Pocket ! Un grand merci à tous les participants et participantes pour ce voyage en Arrakis !
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