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Serge Lehman (Autre)Irène Langlet (Autre)Guy Abadia (Traducteur)
EAN : 9782221263174
550 pages
Robert Laffont (09/06/2022)
  Existe en édition audio
4.03/5   1200 notes
Résumé :
Plusieurs millénaires se sont écoulés sur Arrakis. Leto Atréides, fils de l'Empereur Paul-Muad'Dib, a consenti à une terrible métamorphose pour rester en vie. C'est d'une main de fer qu'il dirige son empire . Siona, une Atréides elle aussi, fomente une rébellion pour mettre fin à sa tyrannie, ignorant qu'elle fait partie intégrante des plans du despote. Le Sentier d'Or que Leto appelle de ses voeux se paiera au prix fort.
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
4,03

sur 1200 notes
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Wiitoo
  15 avril 2014
A Genève, chaque année au début du mois de décembre on célèbre l'Escalade en criant "Et ainsi périrent les ennemis de la république !". C'est à la suite de cette tirade que l'on envoi un gros coup de poing sur une marmite en chocolat pour la casser. Ensuite on se précipite et on mange tous les morceaux. Hmmm j'adore l'histoire de mon pays.
Quel rapport me direz-vous. Euh, en fait aucun mais il est vraiment dommage que ce livre ne soit pas en chocolat parce que je viens de m'écrier "Et ainsi finirent les aventures de Dune en ce qui me concerne". Puis j'ai envoyé un gros coup de poing et maintenant j'ai mal à la main et je n'ai même pas de chocolat à manger.
Je m'égare encore.... mais à ma décharge je n'ai pas grand chose à raconter sur le 4ème tome de Dune si ce n'est de dire que c'est de loin le plus pénible à lire et que je n'en peux plus.
Pourtant c'était bien parti. Les 100 premières pages étaient prometteuses, il se passaient des choses, la révolte fomentait et puis paf, on retombe dans les mêmes travers que dans le tome 3. C'est long, lourd, pénible, l'histoire évolue très lentement et Frank Herbert à de nouveau consommé trop d'épices, alors il se répète encore et encore, il radote, nous reparle toujours des mêmes choses et on se lasse vraiment.
C'est dommage car l'écrivain est très talentueux, l'histoire est superbe et elle mériterait un peu plus d'action et moins de blabla.
Bon courage à ceux qui vienne de tourner la première page.

Note 2/6
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El_Camaleon_Barbudo
  04 juillet 2022
1924
C'est l'été à Venice Beach, Californie.
Un petit garçon de 4 ans multiplie les allers-retours entre la mer et la plage avec son seau et sa pelle. Eau-sable, sable-eau, le manège d'un artiste dans son environnement qui crée. Oui, qui crée... et les gens, intrigués, commencent à s'attrouper devant la production de ce petit bonhomme.
"Incroyable", "magnifique" et "quelle beauté !" s'écrient ses tout nouveaux admirateurs.
"Frankie ! Frankie ! où es-tu ?" appelle sa mère qui, parmi toute cette foule, ne trouve plus son enfant.
Frankie est pourtant bien là, debout, devant son oeuvre, le sourire aux lèvres. Sa mère s'approche et n'en croit pas ses yeux. Elle s'agenouille devant cette structure fragile faite principalement de sable et d'eau, puis regarde son fils.
Elle s'exclame alors : "quelle sublime citadelle !..."

1965
Dune paraît.
C'est le début de l'aventure, le début d'un cycle, le début d'une oeuvre. Une oeuvre magistrale !

2010
Je visionne le film de Lynch.
Moi qui suis habitué au style du réalisateur, je ne comprends pas.
Cet univers ne ressemble en rien à Lost Highway ou Blue Velvet.
Le film ne me plaît pas plus que cela. Je ne suis même pas attiré d'aller plus loin.
Je regarde Dune mais je n'en fais pas encore l'expérience !

2021
Les livres ont l'odeur de l'épice. Les livres sentent la cannelle.
Je lis Dune en Février.
Et commence ma métamorphose...

2022
Ça y est.
J'ai les yeux bleus.
Je me gorge à chaque tome de cet univers.
Je me gorge de cette poésie, de cette philosophie, de ces pensées sur le sens des choses, sur le sens de la vie, sur le sens de la mort, sur le sens du temps, sur le sens du sens même.
L'Empereur-Dieu ne déroge pas à ce sentiment d'exploration que j'ai découvert avec le 1er tome. J'explore un monde, plus que celui d'Arrakis, c'est mon monde intérieur que j'explore. Il existe une spiritualité dans l'univers de Frank Herbert qui me transporte.
Le pouvoir d'imagination grandit avec l'évolution du cycle.
Il y aurait tellement de choses à dire sur Dune et sur ce tome 4. Et pourtant, il ne se passe pas grand chose dans ces 500 pages. Tout s'est déjà passé et le présent a déjà des odeurs de futur...
En tout cas, j'apprécie toujours la désinvolture d'Herbert à chaque tome. Cette façon de construire habilement un univers pour mieux détruire d'un geste de la main celui-ci, pour enfin mieux tout reconstruire à nouveau.

1924 - 1965 - 2010 - 2021 - 2022 - 13191...

Frank, il était vraiment fort pour les châteaux de sable...

Signé, El Camaleon Barbudo

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FeyGirl
  10 mai 2022
J'aborde maintenant les tomes que je n'avais jamais lus dans le cycle de Dune. Après avoir été plongée dans celui-ci, le quatrième de la saga, je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt !
3 500 ans après les événements relatés dans Les Enfants du Dune, Leto II règne toujours sur l'univers connu. Sa transformation (incomplète) en ver lui donne une longévité hors-norme ; et le peuple le considère comme un dieu, conséquence logique de la religion propagée par son père Paul Atréides et de son propre état : il n'est plus tout à fait humain. Ses fidèles lui obéissent aveuglement et lui rendent une grande dévotion, au premier rang desquelles les Truitesses (traduction bizarroïde de Fish Speakers), femmes guerrières qui constituent sa garde rapprochée.
Mais surtout, Leto, qui possède la prescience, est devenu un tyran qui impose La Paix de Leto, une tranquillité forcée, étape de son Sentier d'Or. Il a éliminé toute force ennemie, même si les Bene Gesserit, les Tleilax et les Ixiens jouent leur propre partition, voire aimeraient retrouver du pouvoir. Sa dictature n'a pas supprimé les forces antagonistes, mais son contrôle absolu de l'Épice est sans commune mesure.
Leto est secondé par Moneo, un Atréides descendant de sa soeur Ghani, dont la fille Siona se rebelle et rêve de la fin de la tyrannie ; et par « un Duncan ». Car les Ixiens continuent de cloner l'ancien fidèle en créant des gholas, et après la mort de l'un, un autre exemplaire arrive.
Mais les tensions sont présentes, des attentats sont déjoués, et le lecteur devine que même si Leto II a un plan, la part de hasard qu'il estime nécessaire va précipiter les événements.
J'ai été épatée par la narration, qui se fait principalement à travers des dialogues. La lecture de certains chapitres est passionnante. Leto émet ses aphorismes (beaucoup plus faciles à comprendre que dans le tome précédent), et le lecteur ressent le dirigeant qui a longuement vécu et analysé le passé à travers les âmes des ancêtres qui vivent en lui. Pourtant, l'arrivée d'un nouveau personnage réveillera une part d'humanité qu'il n'a jamais connue, car Leto est surtout solitaire : à la fois un ver géant et un despote retiré en son domaine, il ne peut avoir de relations normales avec les humains. Et il s'ennuie. Mais il continue son grand projet, le Sentier d'Or, pour sauver l'humanité de l'extinction qu'il a vue dans le futur.
Duncan a aussi une très grande place dans ce tome, représentant « l'homme du passé » fidèle à une certaine idée des Atréides et des Fremens qu'il ne reconnaît plus dans leurs descendants. L'ancien guerrier loyal de Leto I et de Paul n'adhère pas à la politique de Leto II, c'est le moins qu'on puisse dire : l'Empereur-Dieu n'hésite pas à exécuter des ennemis et à manipuler, au nom d'une vision que lui seul connaît, avec un despotisme assumé, et il a transformé les planètes en prison selon les propres mots de Duncan. Ce dernier représente le conflit entre la loyauté à une famille, presque à une idée, et la froide réalité imposée par son dirigeant.
Frank Herbert continue sa réflexion sur le pouvoir — y compris son pourrissement sur le long terme — et sur la religion, deux de ses thèmes fétiches. Dans une Dune profondément transformée — ce n'est plus un désert — l'Épice est toujours la source du pouvoir, des richesses, et est l'objet des convoitises.
J'ai nettement préféré ce tome au précédent, car les pensées philosophiques sur le pouvoir et l'humanité sont moins obscures. Hâte de lire la suite !

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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AngesGaiens
  11 août 2011
En ce qui me concerne, ce tome est la pierre angulaire du Cycle de Dune de Franck Herbert. Plus laborieux que les autres, c'est également celui qui interroge au plus profond les questions de pouvoir, de choix et de destinée abordées dans son oeuvre.
L'Empereur-Dieu est, comme son titre le laisse penser, un véritable tyran. Et pourtant, ayant perçu que toutes les voies possibles menaient l'univers à la destruction, il choisit d'emprunter le seul chemin possible, celui du Sentier d'Or, en semant volontairement les germes de sa propre destruction.
La prescience qui avait permis à Muad' Dib de sauver le peuple Fremen est devenue au fil du temps une malédiction, et le but ultime de son fils est d'en libérer l'humanité, pour créer un destin que nul ne pourra prédire, seul espoir de sauver l'univers.
Herbert se démarquait déjà de la science-fiction classique en intégrant des notions d'écologie, d'histoire, de climatologie, etc. Dans ce livre il interroge la notion de pouvoir et de connaissance absolus, et la responsabilité qui en découle.
La vie de Leto durant un millénaire, la notion de cycle prend ici tout son sens. On comprend que rien n'est jamais figé et que les règles qui valaient dans un contexte ne s'appliquent plus quelques années plus tard. Tout est à réinventer.
Si vous devez lire le Cycle de Dune, lisez au moins jusqu'à l'Empereur-Dieu.
Cela en vaut vraiment la peine, du moins si des questions philosophiques comme celles du destin ou du libre-arbitre vous fascinent autant que l'univers paradoxalement futuriste et médiéval si original de Dune.
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arcade_d
  21 mai 2019
« En fait, le souvenir ne libère rien du tout. Sans l'angoisse spirituelle, qui est une expression non verbale, il ne peut y avoir de signification nulle part. »
L'Empereur Dieu de Dune est un chef d’œuvre ! Un chef d’œuvre littéraire. Herbert nous convie à un voyage dans une histoire écrite avec des mots, et qui, sublime paradoxe, illustre la pauvreté des mots pour décrire le réel.
Décrire le réel ?
Décrire le réel, avec des mots ? Avec tous les mots de toutes les langues de notre histoire humaine ? Cela reste-t-il une supercherie ?
le REEL de l'univers, du Cosmos et même au-delà (ce qui n'est ni « ici », ni « là ») refuse de se laisser enfermer dans des mots et dans leur significations réduite, local en temps et en espace. Et pourtant, humains que nous sommes nous cherchons un Sens !
« Dieu » est un mot !
Mais Non-Dieu est également un mot !
Lire le cycle de Dune, et parvenir au coeur de celui-ci, au plus profond, avant de remonter vers sa reconstruction, c'est vivre une expérience. Vivre un Mystère.
Il n'y a pas de secret dans l'empereur Dieu de Dune. Un secret est une information qui est caché qui sous-entend qu'il y a une vérité à découvrir !
Non, il n'y a pas de secret !
Il n'y a pas de problème à résoudre dans l'univers, car il n'y a pas de solution ultime de l'ingénieur qui puisse nous sauver.
Il y a un mystère ! Oui, il y a un mystère. Et c'est un mystère porté par des mots est une expérience non verbale qui est à vivre.
Nous sommes tous à chercher le sens. le sens de la flèche du temps qui va quelque part. Leto, Enfant et Dieu fait le don d'aimer au-delà de tout et de garder le souvenir de tous les choix que nous n'avons pas fait afin de nous offrir alors le sens que nous cherchons temps, une cible à notre flèche. Car à chaque instant nous vivons l'expérience de vivre avec un corps animé par un psyché qui tente d'ouvrir la porte de l'esprit !
Nous vivons en 2019, 40 ans après l'écriture de l'Empereur Dieu de Dune, nous vivons un temps ou les universitaires en science humaine et sociale nous ânonnent à l'unisson de Nietzsche « Dieu est mort » ! Et Nietzsche devint Fou !
Et nous le voyons ce monde, nous le voyons sombrer dans l'hédonisme le plus crasse, le plus trivial. Un monde où nous en venons à confondre Cupidité (cupidon) et Amour, Intelligence (capacité à relier la matière et l'esprit) et Calcul (Combien cela me rapporte t'il ?) Divertissement et quo-naissance.
Un monde, où nous finissons par nous laisser nous même calculer par tout les algorithmes de nos frères ingénieurs, à la capacité de calcul importante mais à l'esprit totalement muré. le Jihad Butlérien risque un jour de nous devenir une nécessité, si nous voulons avoir un « à venir » !
Même en votant, en ces temps d'élection Européenne, on ne fait que vouloir résoudre un problème de calcul, on ne vit pas l'expérience de l'esprit qui passe par le coeur !
L'empereur n'autoriserait pas le mensonge de la démocratie. Voter ne sera possible que lorsque nous aurions atteint la maturité de ne plus être calculable, par aucun algorithme et aucun Scientiste.
Vivre n'est pas un divertissement !
Lire le cycle de Dune de Herbert n'est pas un divertissement !
Herbert n'est pas Asimov.
Non dieu n'est pas mort, il nous attend depuis toujours et pour l'éternité avec seulement son Amour (Agapè, ni éros, ni Philia) !
Ne lisez pas l'Empereur Dieu de Dune : Relisez-le !
Lien : https://tsuvadra.blog/2019/0..
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
El_Camaleon_BarbudoEl_Camaleon_Barbudo   17 juin 2022
Extrait de la lecture donnée par Rebeth Vreeb :

Je vous assure que je suis le livre de la destinée.
Les questions sont mes ennemies. Car mes questions explosent ! Les réponses s'envolent comme une nuée apeurée, noircissant le ciel de mes inéluctables souvenirs. Pas une réponse, pas une qui suffise.
Que de reflets jettent les prismes quand je pénètre dans l'effrayante arène de mon passé ! Je suis un éclat de silex emprisonné dans une boîte..La boîte tourne et tremble. Je suis ballotté dans un ouragan de mystères. Et quand la boîte s'ouvre, je retourne à cette présence tel un étranger en terre primitive.
Lentement (lentement, dis-je) je réapprends mon nom.
Mais je ne me connais pas mieux pour autant !
Cette personne qui s'appelle comme moi, ce Leto deuxième du nom, a trouvé d'autres voix dans sa tête. D'autres noms et d'autres lieux. Oh ! je peux vous assurer (comme on me l'a assuré moi-même) que je ne réponds qu'à un seul nom. Si vous appelez : "Leto", c'est moi qui réponds. C'est la souffrance qui réalise cela. La souffrance et quelque chose d'autre :
C'est moi qui tiens les fils !
Ils sont tous à moi. Il me suffit d'imaginer un thème - disons... ceux qui sont morts par l'épée - et je les ai tous là, dans leur splendeur sanglante, chaque image intacte jusqu'au moindre rictus, jusqu'au moindre râle.
Ou bien encore : les joies de la maternité. Et à moi les lits de grossesse, les risettes des bébés en série et les doux babillages des générations nouvelles ; les premiers pas des bambins hésitants et les premières victoires enfantines sont présentés à mon admiration. Tout cela défile et se bouscule en moi jusqu'à ce que je n'y voie plus rien d'autre qu'une morne et lassante répétition.
"Garde tout cela précieusement", m'avertis-je.
Qui pourrait contester la valeur d'une telle expérience, le poids de la connaissance à travers quoi je considère chaque nouvel instant ?
Oui... mais tout cela, c'est le passé.
Ne comprenez-vous pas ?
Ce n'est que le passé !
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AlfaricAlfaric   14 août 2019
Avec quelques ressources, on trouvait toujours de quoi fabriquer quelques bombes artisanales. Les ingrédients étaient à portée de la main. Du sucre, des détergents, des huiles ordinaires, des fertilisants innocents, des plastiques, des solvants, des extraits de la décompositions du fumier. La liste était virtuellement infinie, enrichie sans cesse par l’invention et l’expérience humaines. Même dans une société comme celle qu’il avait créée, où le mélange de la technologie e des idées nouvelles était en principe strictement limité, il ne pouvait espérer empêcher totalement l’apparition de petites armes extrêmement dangereuses. Vouloir exercer un contrôle sur de telles choses relevait de l’utopie, du mythe, et de la chimère. Le problème était en fait de limiter le désir de violence.
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AlfaricAlfaric   14 septembre 2019
- L’Empereur affirme que les armées exclusivement masculines étaient trop dangereuses pour leur support civil.
- C’est insensé ! Sans armée, il n’y aurait même pas de…
- Je connais votre argument. Mais il dit que l’armée masculine n’était rien d’autre qu’une survivance de la fonction tampon dévolue aux mâles non reproducteurs de la horde préhistorique. Il dit aussi que, dans cette optique, il est frappant de constater que c’était toujours les mâles les plus âgés qui envoyaient les jeunes au combat.
- Qu’est-ce que cela signifie, « la fonction tampon » ?
- Il s’agit de ceux qui se trouvaient toujours dans la zone de danger, pour protéger le noyau de mâles reproducteurs, de femmes et d’enfants. Ceux qui affrontaient les prédateurs en premier.
- En quoi est-ce dangereux pour les… civils ?
- D’après l’Empereur, lorsqu’elle ne trouvait plus d’ennemi extérieur, cette armée de mâles se retournait toujours et invariablement contre ses propres populations.
- Pour ravir les femelles aux autres ?
- C’est possible, mais il ne croit visiblement pas que l’explication soit si simple.
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El_Camaleon_BarbudoEl_Camaleon_Barbudo   03 juillet 2022
Ce ne fut qu'une fois assise, les yeux au même niveau que ceux de Leto, qu'elle lui répondit, d'une voix si basse que lui seul pouvait l'entendre :
"Amour de mon âme, je viens de capturer un autre de tes secrets."
"Ouvre tes lèvres, qu'il s'envole", lui dit Leto, jouant avec cette nouvelle intimité qui s'était établie entre eux.
"Il est rare que tu aies réellement besoin des mots, murmura Hwi. Tu parles directement aux sens avec ta vie."
Un frisson parcourut le corps de l'Empereur-Dieu. Il lui fallut un moment pour pouvoir parler, d'une voix si faible qu'elle dut se concentrer pour l'entendre parmi les bruits du cortège qui se préparait à partir.
"Entre l'inhumain et le surhumain, dit-il, il ne me reste plus beaucoup de place pour être humain. Je te suis reconnaissant, ma douce et tendre Hwi, d'occuper cet espace avec moi."

p.499-500
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dbaudeletdbaudelet   10 décembre 2011
Quand j'ai entrepris de guider l'humanité sur mon Sentier d'Or, je lui ai promis une leçon dont ses morts se souviendraient. J'ai connaissance d'un schéma profond dont les humains nient l'existence dans leurs paroles tout en la confirmant dans leurs actes. Ils disent rechercher la sécurité et le calme, cet état des choses qu'ils appellent la paix. Mais en même temps qu'ils parlent, ils disséminent les graines du désordre et de la violence. Et s'il leur arrive d'atteindre leur fameuse sécurité tranquille, ils s'y contorsionnent désespérément, prisonniers d'un incommensurable ennui. Regardez-les donc! Voyez à quoi ils s'occupent pendant que j'enregistre ces paraloles. Ha! Je leur ai donné des millénaires d'une tranquilité forcée qui persiste malgrès tous les efforts qu'ils font pour retomber dans le chaos. Croyez-moi, le souvenir de la Paix de Leto les marquera à jamais. Après cette leçon, ils ne rechercheront plus leur sécurité tranquille qu'avec d'infinies précautions et une préparation soigneuse.

Les Mémoires Volés. Pages 266.
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