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EAN : 9782706712913
170 pages
Éditeur : Salvator (24/09/2015)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
H. Hesse livre une réflexion sur François d'Assise, qu'il perçoit avant tout comme un authentique poète dont les disciples sont Giotto, T. de Celano, J. da Todi, J. de Vérone, etc. Il explore la pensée du religieux catholique italien, ce qu'elle apporte à la création, à l'appréhension de la nature et la fascination qu'elle provoque à travers l'histoire.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ninosairosse
  08 septembre 2017
♫Tu verras bien qu'un beau matin fatigué
J'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté
Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi
Assis par terre comme ça.♫
Alain Souchon. S'asseoir par terre. 1974
Lecture de circonstance, François d'Assise, position debout de plus en marchant sur les chemins de Compostelle.
Herman Hesse (Nobel de Littérature 1946) vient nous faire le récit de Giovanni Bernardone, dit « il poverello », celui qui se désignait volontiers, ses frères et lui-même, comme les
« joculatores Domini » , c'est à dire les ménestrels de Dieu,les troubadours et pèlerins chantant...
Herman Hesse, nous manifeste ici indubitablement son vif intérêt pour François depuis sa tendre enfance. Il a même écrit que St FRANÇOIS a prêché le même enseignement que Tolstoï, mais autant chez François la personne et l'enseignement sont clairs, élastiques et réjouissants, autant ils sont sombres, austères et accablants chez Tolstoï...
Lecture et tronçon de Compostelle 2017, s'achèvent donc ce 08/09/2017......je remonte la rue de mon dernier refuge à Pau, avant de reprendre le train demain; comme un tournesol chargé de soleil, je marche la tête baissée comptant mes pas qui me conduiront au gîte, pour m'orienter, je relève les yeux sur la plaque qui marque le nom de la rue : rue François d'Assise.... Vite un voeu ! de quoi chacun a-t-il envie ? de tout et de rien, de tout pour un instant, de rien pour toujours...
Merci à Marie qui m'a offert ce livre pour mon anniversaire, pour m'accompagner sur les chemins, le lire comme un bréviaire.....

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Erveine
  07 octobre 2015
Des olifants aux voix célestes, nous suivons l'aspirant chevalier qui se démet de ses rêves de grandeur et qui part sur les chemins pour trouver dans l'humilité, une sève qui le construit. Bientôt rejoint par de nombreux adeptes, François d'Assise prend alors conscience qu'il ne veut pas se constituer en dogme, ni s'assigner à résidence, mais bien s'en aller par delà les routes, prêchant, dormant ici et là, ses frères dans des huttes et officiant chacun à sa manière, puis s'en retournant régulièrement et fidèlement à Assise. Nous dirons qu'un tel rayonnement a pu marquer ses homologues, et particulièrement des artistes. Cela ne nous surprend pas comparé à la démarche similaire d'un créateur qui tend à se départir de certains automatismes pour atteindre à l'échelon supérieur, un état spirituel ou de grande concentration sur l'objet de création artistique.
D'ailleurs, la légende ne dit-elle pas :
.
― Quand saint François leur parlait ainsi, tous les oiseaux ouvraient leur bec et tendaient leur cou, ils étendaient leurs ailes, courbaient leur tête jusqu'à terre et lui disaient par leurs attitudes et leurs ramages qu'il leur procurait une très grande joie. Et saint François se réjouissait avec eux tous, il se délectait du grand nombre d'oiseaux, de leur beauté et de leur diversité, de voir aussi à quel point ils étaient affectueux et attentifs – ce pourquoi il louait avec dévotion le Créateur en eux.
.
Giotto qui était attaché à saint François d'Assise eut peint cela.
Nous nous demanderons alors pourquoi, ce saint-là plutôt qu'un autre fut-il si attachant ? C'est qu'il renonce à tout prestige ! Issu de la noblesse, il porte le titre de chevalier, une distinction qu'il a conquise et tant convoitée jadis. Mais malgré tout ou peut-être à cause de, nous ne savons pas, il décide de se consacrer et même de se marier avec Dame pauvreté. Au grand dam de son père, riche drapier, et de sa mère le trouvant trop dispendieux, il se fait ménestrel de Dieu, troubadour, prédicateur, pèlerin chantant.
Rien ne le dit ! Mais si nous revenons à Giotto et que nous le contemplons sur la toile ainsi nommée : « Saint-François prêchant aux oiseaux » il nous semble bien trouver là un début de réponse.
C'est dire, combien les amis de nos amis sont nos amis, fut-ce des oiseaux, le Loup des steppes ou en chemin, Peter Camenzind et Hermann Hesse.
Nous pouvons remercier Babelio de nous avoir permis cette tendre découverte.
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colimasson
  31 octobre 2015
Pour quelles raisons Hermann Hesse a-t-il pu vouloir écrire cet ouvrage –que l'on peut difficilement appeler une biographie étant donnée la pauvreté des informations précises et factuelles en regard des informations idéologiques plus générales qui sont fournies-, nous allons en donner quelques hypothèses qui semblent toutes plus ou moins valables :

- François d'Assise représente le personnage qui aurait pu apaiser les peines existentielles d'un Loup des Steppes en errance.
- François d'Assise représente le personnage qui sert d'horizon existentiel à Hermann Hesse lui-même.
- François d'Assise représente le personnage qui devrait servir d'horizon à n'importe quel individu intégré à la masse de l'humanité.

Hermann Hesse emploie un ton franchement exalté lorsqu'il parle de François d'Assise. Nous ne sommes pas loin de l'hagiographie même si la question théologique est à peine abordée, citée pour son seul pouvoir symbolique de désintéressement de l'âme et de grandeur de la vision.

Hermann Hesse découvre François d'Assise en 1899, alors qu'il se trouve à Bâle, sous l'influence de Rudolf Wackernagel. le personnage prend alors une place déterminante pour sa vision esthétique et religieuse du monde. Il énonce son projet clairement :

« J'ai longtemps souhaité traiter saint François de manière poétique, car sa limpide apparition est elle-même un poème pur et doux dont rien ne doit se perdre. »

Le parcours de François d'Assise ressemble étrangement à celui de Saint Augustin avec son clivage entre une phase profane et une phase sacrée, séparées par l'expérience de la conversion. Pour le rappeler, Hermann Hesse souligne l'écart qui existait entre la première vie chaotique, alimentée de plaisirs charnels, alimentaires, belliqueux et éthyliques, et la seconde vie, sainte et dévolue à l'Imitatio Christi. Quelques signes annonciateurs –le jeu des fleurs auquel se livra le jeune François- semblent pourtant témoigner avant l'heure de la métamorphose qu'il connaîtra plus tard, en renonçant à aller combattre avec Gautier de Brienne dans le sud de l'Italie. Toute la suite ressemble à un miracle sans éclats tapageurs. Dans l'humilité et la modestie, François d'Assise mène une vie d'errance qui ne cherche à draguer personne d'autre que Dieu. Il réunit de bons compagnons de routes, réussit à obtenir la tolérance du pape, se montre charitable avec les animaux et compose son Cantique du Soleil. Ce dernier n'était peut-être même pas utile : « On n'a conservé de lui qu'une unique prière –ou un unique cantique, mais à la place de paroles et de poèmes écrits il nous a laissé la mémoire de sa vie simple et pure, une vie dont la beauté et la grandeur silencieuse surpassent les oeuvres même de bien des poètes. »

François d'Assise représente donc le contrepoint positif au Loup des Steppes dans la vision d'un Hermann Hesse mélancolique. Il reflète son romantisme, sa nostalgie, sa quête d'harmonie avec Dieu, le monde et la nature. Il incarne aussi la possibilité d'une vie d'errance simple et heureuse, sans contraintes sociales. C'est peut-être pour cette raison qu'Hermann Hesse parle du christianisme d'une manière anecdotique, préservant ainsi sa vision d'un François d'Assise détaché de toute dogmatique et qui serait le représentant d'un idéal humain de pure liberté.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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lezardbavard
  11 novembre 2015
La personnalité, la vie et l'oeuvre de François d'Assise sont assurément des sujets de choix pour un écrivain de la trempe d'Hermann Hesse. Répondant à l'édifiant parcours de Siddharta, cet ensemble de textes sur le Poverello donne la mesure de l'intérêt du romancier pour cette figure poétique – dont la dimension spirituelle n'est pas sans nous interroger en profondeur sur les valeurs démonétisées d'un capitalisme aussi moribond qu'arrogant. Car au-delà, ou au coeur même, du tissage littéraire que déplient ces petits textes en motifs silencieux, le portrait que livre Hesse du Pauvre d'Assise est comme un contrepoint des masques grimaçants de notre civilisation qui croit se défendre à coup d'écrans plats de la barbarie qui la ronge, et que dénonça François en son temps. Loin de nous de vouloir occulter la lumière proprement spirituelle du fondateur de l'ordre des Frères mineurs, pas plus que de nier la résonnance d'abord poétique de ces inédits, et leur place dans l'économie d'une oeuvre littéraire qui n'a pas livré tous ses secrets, au risque de présenter ce court recueil proposé par les éditions Salvator, comme un brûlot politique, mais il nous a semblé important de signaler cette dimension qui, lorsqu'il s'agit de François d'Assise, est le plus souvent sagement laissée de côté pour désamorcer, croit-on, le caractère subversif de son message. Si l'auteur du Cantique de Frère Soleil est la plupart du temps réduit à l'image inoffensive d'un homme qui parlait aux oiseaux, un doux rêveur en somme, Hermann Hesse le rend à sa puissance subversive, celle de la joie inconditionnelle, la « joie parfaite » et le place parmi les « âmes de feu » qui, écrit-il dans les premières pages, magnifiques, de sa biographie, « ne se sont jamais contentées d'un nom à la place de l'être ni d'une image à la place du réel ». Car la simplicité de François et le retour à la pureté du message du Christ sont proprement révolutionnaires : et c'est d'abord cette grandeur-là dont Hermann Hesse a voulu témoigner, cette vie « dont la beauté et la grandeur silencieuse surpassent les oeuvres même de bien des poètes » et qui placent François d'Assise aux côtés des poètes, des sages, des saints, « comme s'ils étaient les premiers hommes ».
Certes, en lisant ces textes, le lecteur familier de François n'apprendra rien de bien neuf : si ce n'est le regard que porte sur lui Hermann Hesse, regard tendre et ferme sur un homme et une oeuvre qui irriguent profondément celle du biographe – irrigation, irisation spirituelle, poétique, politique (le petit essai de Fritz Wagner qui clôt le recueil rend bien compte de cette influence et de la continuité fraternelle entre les deux poètes).
Et ce regard nous offre des textes magnifiques et simples, un véritable cantique d'herbe et de feu qui ajoute à la simplicité de cette histoire l'ardeur d'un héritage. Il fallait des mots aussi simples et brûlants que furent simple et brûlante la vie de François d'Assise, simple et brûlant son message, et Hermann Hesse a su les trouver : voilà une vie qui s'écrit comme un poème, également comme une interpellation, un chant nu et léger sur une branche pour revenir à la source du message évangélique, à sa puissance subversive, à la source de soi et de toute vie.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   08 septembre 2017
En effet, se souvenant avec douleur de ce que l'homme n'est rien d'autre qu'un pèlerin et un hôte éphémère sur cette terre, errant entre la vie et la mort et jamais assuré de quelque possession, il se jeta d'un désir d'amour renouvelé contre la poitrine de Dieu, et à partir de cet instant il aspira à trouver le chemin de la vie uniquement à partir de la simplicité et de la braise de son cœur.
P31
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colimassoncolimasson   03 novembre 2015
Quelques temps après, François tomba gravement malade et sentit passer sur lui la griffe de la mort. C’est sans doute à cette heure qu’il commença à réaliser que d’une vie en permanence consacrée aux plaisirs, il ne pouvait naître ni contentement ni paix intérieure ; mais il ne savait rien d’une voie pour trouver d’autres biens, alors qu’il désirait d’une immense ardeur réunir toute sa vie dans un grand amour.
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colimassoncolimasson   05 novembre 2015
A partir de ce moment, au lieu qu’on l’aperçoive participant aux ébats des jeunes nobles, à leurs jeux et à leur vie luxueuse, le fils de messire Bernardone, le riche marchand, fut toujours vu seul ou parmi les pauvres et les miséreux.
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colimassoncolimasson   07 novembre 2015
Sa prédication n’était pas comme celle des prêtres, car il n’avait pas pour maîtres ou modèles des livres, des Pères de l’Eglise, des formules ou des rhéteurs, mais uniquement son cœur brûlant et les oiseaux du ciel et les refrains des troubadours vagabonds.
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colimassoncolimasson   17 novembre 2015
J’ai longtemps souhaité traiter saint François de manière poétique, car sa limpide apparition est elle-même un poème pur et doux dont rien ne doit se perdre.

Hermann Hesse
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Poèmes extraits de "C'en est trop", de Hermann Hesse, Éditions Bruno Doucey, 2019. Traduit de l'allemand par François Mathieu.
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