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Arlette Stroumza (Traducteur)
EAN : 9782714434258
372 pages
Éditeur : Belfond (12/09/1999)
2.98/5   23 notes
Résumé :
Avec une perversité redoutable, allégée par un irrésistible humour, A. M. Homes construit un angoissant jeu du chat et de la souris dont l'issue hantera longtemps le lecteur. S'attaquant au passage à quelques-uns de nos grands mythes contemporains - la psychanalyse, la maternité, l'adoption -, elle nous offre une peinture de la vie new-yorkaise digne d'un Hitchcock revisité par Woody Allen. « A. M. Homes nous apprend à nous connaître, à comprendre que nous sommes le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
KateMoore
  06 juin 2018
Livre lu dans le cadre du club de lecture de mai 2017 - Librairie L'Attrape-Mots.
Epigraphe :
Remplace-le par moi
Remplace mon gin par du Coca.
Remplace ma mère,
Qu'au moins ma lessive soit faite.
Peter Townshend (guitariste et compositeur du groupe de rock The Who)

Claire est psychiatre à New York. Elle a réussi sa carrière et a une famille adorable : un mari aimant et deux garçons épanouis. Elle se persuade que sa nouvelle patiente, Jody, est la fille qu'elle a abandonnée vingt-cinq ans plus tôt. Simple coïncidence ou pas, Jody est née à quelques jours près, dans la même maternité que Claire et adoptée à sa naissance. Claire n'avait pas eu le choix : elle était mineure.

Ce geste la hante et la ronge depuis. D'où cette idée folle émergeant, dans le cerveau De Claire, lors de la première consultation avec Jody.
"Si elle avait une fille, si sa fille était là, elle serait revenue à la maison avec Claire. Elle se serait glissée dans le lit de sa mère et y aurait passé l'après-midi, à lire des magazines et à boire des granités de yoghourt. Si sa fille était là, elles prendraient la voiture et iraient courir les magasins, les antiquaires et les brocantes de Sag Harbor. Elles sortiraient déjeuner et laisseraient Sam et les garçons se débrouiller seuls." (page 244).

Entre les deux femmes se noue une relation toxique. Et le lecteur découvre que la plus névrosée n'est pas celle qu'il pourrait supposer.
"La perpective de revoir Claire l'angoissait. Ce qui s'était passé entre elles avait été roboratif, mais la fin de leur relation l'avait soulagée. La passion dont Claire s'était prise pour son cas était presque inquiétante. Mais elle se conduisait d'une façon si naturelle que Jody se trouvait mesquine et se reprochait son sentiment de malaise." (page 334).

La relation devient addictive, de plus en plus nocive, du côté De Claire.
"La lettre lue, Claire téléphona aussitôt à Jody. Elles eurent une longue conversation, rirent beaucoup. Jody lui appartenait, même si elle était à Los Angeles. Elle lui appartiendrait toujours.
Claire prit l'habitude de téléphoner à Jody une ou deux fois par semaine, entre les séances, pour se détendre et se remonter le moral." (page 276).

Cette idée devient tellement obsessionnelle qu'elle est prête à sacrifier sa famille. Elle est à la limite de la folie.
"Claire s'arrêta sur le bord de la route, à côté de l'allée. Elle n'avait plus envie de montrer la maison à Sam. Elle avait l'impression qu'il allait la lui prendre.... Claire pleurait pour de bon. Sur Sam, la maison, Jody. Sur tout. Un désert, sans rien, sans personne, voilà ce qu'elle désirait. (Elle) réfléchissait au moyen de reprendre les rênes de sa vie. Se débarrasser de Sam, des enfants, de l'appartement. Oublier Jody. Se prendre un studio en ville, ou en banlieue, aucune importance." (page 379).

Ce que veut nous dire l'auteur (à mon avis) est que Claire est trop névrosée pour exercer le métier de psychiatre. Elle n'a pas encore réglé son propre traumatisme (l'abandon de sa petite fille à la maternité). Comment pourrait-elle être efficace pour soigner ses propres patients ?

Un autre thème est abordé en filigrane : les liens familiaux réels ou fantasmés. Ceux-ci peuvent être très problématiques et, pourtant, nous ne pouvons pas nous en départir. Jody s'entend assez mal avec sa mère biologique. Claire a des difficultés à éduquer ses deux garçons.
"- Vous (Jody) éprouvez des difficultés à parler de votre famille ?
- Pas du tout. C'est comme Hollywood Chewing-Gum. "La fraîcheur de vivre !"" (page 113)
" Lorsque Jody la pria de demander une couverture à l'hôtesse, elle la regarda, bouche bée. Jody la détesta. Elle détestait cette mère, car elle se révélait incompétente, et ne pouvait ou ne voulait l'aider en rien." (page 303).
" - On est comme deux amies, non ?
- Des amies, j'en ai, dit Jody. Sois ma mère." (page 339).

A.M. Homes (Amy Michael Homes) s'attaque, dans son roman, à la condition féminine, à la maternité et à la psychanalyse. Elle a été elle-même abandonnée par ses parents biologiques. Elle ne les a rencontrés qu'à l'âge de trente et un ans.
Ce qui explique, entre autre, l'oeuvre d'A.M. Homes ; peuplée par les questions sur les rapports entre parents et enfants ; sur l'identité aussi.
A.M. Homes vit à New York. "Mauvaise mère" est son premier roman, paru en 1997.
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MELANYA
  15 septembre 2021
Pour son premier roman paru en 1997, l'écrivaine américaine (qui vit à New York), A.M. Homes avait fait paraître son premier roman : « Mauvaise mère »., un titre qui n'augure pas de bons événements.
On pourrait s'en étonner mais l'auteure, elle-même, avait été abandonnée par ses parents biologiques, raison qui l'a poussée à s'intéresser à la psychanalyse et la condition féminine. Ce n'est qu'à l'âge de trente et un ans qu'elle a rencontré ses vrais parents.
L'héroïne, Claire, a un métier qui la passionne (psychiatre) – une famille adorable (aussi bien le mari que les enfants) – mais un souvenir la ronge : bien plus jeune, elle avait donné naissance à une petite fille qu'elle avait abandonnée (elle était mineure…. Une excuse souvent donnée).
Un jour, se présente à son cabinet, la jeune Jody, qui, pure coïncidence, a vu le jour dans la même clinique où Claire avait accouché. Et cela remet en mémoire, à Claire, ces moments terribles.
L'ouvrage est composé par les ressentis de chacune et leur relation les pousse plus loin que l'aspect thérapeutique.
Claire, tout doucement, se dit que Jody aurait pu être cette enfant abandonnée et cela en devient obsédant. Son mari, Sam, se montre plein d'attentions mais Claire se sent de plus en plus mal, au point de se demander si elle élève bien ses deux garçons, elle qui a été une « Mauvaise mère» et si ele ne l'est pas toujours.
L'auteure aborde ainsi, bien des problèmes : familiaux – relationnels – mauvais souvenirs – psychologiques… C'est dur mais elle arrive à nous rendre cette lecture éprouvante, facile et captivante. Elle réussit à nous questionner nous-mêmes de savoir, dans le fond : qui est la plus névrosée ?
A découvrir, si ce n'est fait.

Lien : https://www.babelio.com/monp..
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Christlbouquine
  13 juin 2018
Il y a comme une sorte de perversité jubilatoire de la part de A.M. Homes à nous raconter cette histoire.
Claire est psy, elle est mariée, a deux fils. Claire a aussi un passé dans lequel elle a laissé une fille, abandonnée à la naissance.
Jody a 24 ans, le souhait d'entreprendre des études de cinéma mais pour cela il faudrait qu'elle quitte ses parents adoptifs, ses amis, ses habitudes. Elle devient la patiente De Claire. Qui se persuade très vite que Jody pourrait être sa fille abandonnée il y a 25 ans.
Avec habileté, A.M. Homes distille des moments de doute, des coïncidences troublantes, crée une toile autour de ces deux personnages dont la relation devient de plus en plus toxique à mesure que Claire s'enfonce dans son obsession.
Le roman aborde les questions de filiation, de la maternité, des difficultés de l'adoption et de la relation parents-enfants.
La force du récit est d'être plus suggestif que frontal, de décrire subtilement les moments de bascule De Claire jusqu'au final qui amène un moment de confrontation plus violent.
A.M. Homes a aussi ce grand talent de savoir alléger son propos par un humour constant. Son écriture est incisive, percutante et toujours juste. Volonté ou non de l'auteure, la construction de ce livre est très cinématographique et rend l'histoire très fluide à travers la succession des scènes.
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elisabethranier
  18 novembre 2021
Loraine, ou oublie tous que l'espagne ne fait pas de GPA, par contre l'ukraine ou le canada le font légalement, https://mere-porteuse-centre.fr/ , surtout avec A. Feskov clinic dont tu parlais et qui a d'ailleurs un bureau à Bruxelles! je te souhaite vraiment beaucoup de courage car il faut être passée par l'infertilité comme nous pour comprendre la joie ou la chance d'un bébé
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Sophie_Bazar
  31 mai 2010
L'histoire est racontée du point de vue alternatif des deux protagonistes : d'un côté Jody, jeune femme un peu paumée qui travaille dans le cinéma, de l'autre Claire, la psychanalyste, qui va peu à peu se persuader d'avoir retrouvé sa fille perdue et commence à insidieusement s'immiscer dans la vie de la jeune femme. L'auteur n'a pas cherché à rendre ses héroïnes sympathiques, les descriptions (en particulier des relations sentimentales) sont vraiment sèches, j'ai trouvé plus intéressant le récit qu'elle fait de l'obsession, une obsession qui grandit jusqu'à détruire l'entourage, à la limite de la folie. Je vous encourage à lire "Le sens de la famille", quant à moi je compte poursuivre ma découverte de cet auteur singulier en lisant prochainement "Ce livre va vous sauver la vie".
Lien : http://anyuka.canalblog.com/..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   29 juin 2012
Chaque fois que le passé se télescopait avec le présent, Claire se sentait mal à l'aise. Jour après jour, elle constatait que la mémoire constituait pour les gens le terrain d'élection des rancoeurs, des pires moments, ceux que l'on ressasse interminablement jusqu'à ce qu'ils soient aussi lisses et durs que des cals ou des galets. Lorsque Claire allait vraiment mal, Sam lui disait toujours, pour la réconforter : "Le passé, c'est le passé. Dis-toi que si c'était à refaire tu t'u prendrais autrement, comme tout le monde".
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FRANGAFRANGA   03 juillet 2012
Elles n'allaient jamais jusqu'au bout du sujet, comme il l'aurait fallu pour parvenir à l'apaisement définitif. En fait, elles ne disaient jamais rien. Des mots en l'air, des lieux communs, de peur de prononcer des paroles qui leur feraient mal, à l'une ou à l'autre.
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FRANGAFRANGA   29 juin 2012
Quand on dit quelque chose à quelqu'un , reprit-elle, ce qu'on a dit ne nous appartient plus, ça appartient aussi à la personne qui a écouté. Les gens disent certaines choses parce qu'ils en attendent d'autres en retour.
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flambotteflambotte   08 décembre 2020
Avec ma vie, mon frère, ma famille, je suis devenue quelqu'un de complètement différent de ce que j'étais en naissant. En fait, j'ai la sensation d'être séparée de moi-même. Il ne s'agit pas de cette histoire d'adoption, d'accord ? J'aime mes parents. Je les aime vraiment. Mais il y a quelque chose. Quelque chose d'étrange. C'est peut-être parce que je suis une enfant adoptée, c'est peut-être parce que je suis comme ça, mais le fait est là : je ne m'attache vraiment à personne. A rien. Je ne veux pas m'attacher.
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MELANYAMELANYA   15 septembre 2021
Lorsque Claire allait vraiment mal, Sam lui disait toujours, pour la réconforter : Le passé, c'est le passé. Dis-toi que si c'était à refaire tu t'y prendrais autrement, comme tout le monde.
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Videos de A. M. Homes (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de A. M. Homes
Chanson "Substitute" du groupe rock The Who, live à Killburn en 1977. L'auteur A.M. Homes a mis en épigraphe de son roman "Mauvaise mère" des paroles de cette chanson.
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