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EAN : 9782290321232
350 pages
Éditeur : J'ai Lu (04/10/2002)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 1396 notes)
Résumé :
De l'exotisme et du pittoresque, du sexe et du fanatisme, tels sont les ingrédients (torrides et subversifs) de "Plateforme", dernier roman de Michel Houellebecq, probablement l'écrivain le plus controversé aujourd'hui…

Michel est un employé du ministère de la Culture. Il vit simplement, au rythme des feuilletons et des jeux télé, des peep shows au sortir du boulot, des purées Mousseline dégluties machinalement…

A la mort de son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  25 juin 2016
Voyant enfin un rayon de soleil apparaître dans le ciel, je me suis décidé cette semaine à lire un nouveau Houellebecq. Je ne prends en effet plus le risque de le lire par temps gris, le mélange des deux me donnant généralement l'envie de me jeter sous le tram le plus proche.
Et comme attendu, le héros de Plateforme ne respire pas la joie de vivre : célibataire, un boulot routinier qui l'indiffère, il n'a pour seul loisir que le réchauffement de plats surgelés et la consommation de jeux télévisés. Après la mort de son père, auquel il ne parlait plus beaucoup, et la réception de l'héritage, il décide de partir en voyage en Thaïlande dans un effort un peu désespéré de trouver le bonheur, et découvre les joies du tourisme sexuel.
L'écriture de Houellebecq est toujours acerbe et cynique. Tous les personnages occidentaux sont névrosés, abrutis par les tonnes d'objets qu'ils ont accumulés, et hystériques à la pensée des tonnes d'objets qu'ils n'ont pas encore obtenus. Obéissant aveuglément aux injonctions des politiques, des organismes publics, des magazines (des slogans publicitaires s'immiscent d'ailleurs régulièrement dans les pensées du narrateur, qui les débite sans y penser), ils se comportent comme des robots, incapables de nouer une relation sociale digne de ce nom, et encore moins de coucher ensemble.
Je ne sais pas si l'Occident va s'effondrer sous le poids de sa propre décadence, mais si tel est le cas, Houellebecq l'aura décrite à la perfection. Avec sa galerie de personnages simples, sans histoire et plein de bonne volonté : un couple de retraités, un autre d'écolos, un ouvrier venu découvrir les joies de l'exotisme, un fonctionnaire irréprochable, … on en vient pourtant à reconsidérer nos petites routines avec horreur et nos vies bien rangées comme des aberrations totales.
J'ai achevé ce livre au bon moment : le temps gris revient, et la grève des trams est terminée.
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Ellane92
  01 avril 2014
Michel est un petit homme médiocre et égoïste, fonctionnaire sans ambition ni dans sa vie professionnelle, ni dans sa vie personnelle. « Je ne suis pas bon, dans l'ensemble, ce n'est pas un des traits de mon caractère. L'humanitaire me dégoute, le sort des autres m'est en général indifférent, je n'ai même pas le souvenir d'avoir jamais éprouvé un quelconque sentiment de solidarité. »
Quand il touche un héritage à la mort de son père, il en profite pour s'offrir une escapade en Thaïlande. le voyage organisé ne l'empêche pas profiter des salons de massages Thai et des jeunes femmes qui y officient. Méprisant, il fuit ses compagnons de voyage. Seule Valérie, dont il ne sait pas grand-chose, trouve grâce à ses yeux.
De retour à Paris, il croise de nouveau la jeune femme, qui poursuit une carrière brillante en tant que cadre marketing à Nouvelles Frontières. Ils habitent rapidement ensemble.
Le groupe international Aurore, de bien plus grande envergure que Nouvelles Frontières, débauche (embauche ?) bientôt la jeune femme, avec pour mission de faire remonter la fréquentation de certains clubs de voyages en perte de chiffres d'affaires. C'est ainsi que Valérie, avec l'aide de Michel, met en place le concept des Eldorador Aphrodite.
Houellebecq fait le tour de la petitesse humaine qui gravite autour de cette plateforme. Portrait au vitriol de la société de consommation, entre cynisme et provocation, il dépeint une société qui périclite, une société décadente, sans espoir d'évolution vers un monde meilleur. C'est l'humain qu'il met au coeur de cette fatalité, l'humain et sa recherche de satisfaction immédiate et gratuite. Dans ce livre, l'auteur semble suggérer que, quelque part, à un moment donné, un tournant a été pris par la société. le retour en arrière, vers "le bon sauvage" est impossible, et la société, poussée par la consommation à outrance, se névrose, ce qu'il illustre par les difficultés sexuelles de ses contemporains. Voilà un constat plutôt triste mais pas dénué d'intérêt.
Pour enfoncer le clou sur la petitesse des hommes, Houellebecq cartographie et tend jusqu'à la provocation certains types de comportements courants, en première ligne de mire, les "élites marketing" et leur vision court-termiste, sans création de valeur, qui sortent des écoles prestigieuses ; la création du concept Eldorador Aphrodite est une vraie petite leçon qu'on croirait tout droit issue d'une leçon de marketing stratégique : le fameux couple produit-cible, identification de l'existant, de la concurrence, des forces et faiblesses de la proposition / de la marque, plan d'actions, etc… L'auteur égratigne aussi le vernis des bien-pensants, caricaturant à outrance des propos que chacun de nous a forcément entendu, un jour ou un autre, sur la prostitution (avec des propos quand même limite concernant l'âge desdits prostitués) ou les musulmans.
L'écriture de Houellebecq est agréable à lire. le récit est raconté au je narratif, qui intègre, de façon un peu maladroite, des passages sur l'histoire de la Thaïlande, ou sur les personnages du récit, et des scènes de sexe plutôt crues. L'ensemble est à prendre au deuxième, voire au troisième degré.
Bref, une première incursion plutôt réussie pour moi dans l'univers de cet auteur encensé et controversé.
"Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte ; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l'exporter."
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Jahro
  06 mars 2013
Après quelques pages, l'inquiétude grandit : nous aurait-on conseillé un porno ? Houellebecq n'y va pas par quatre chemins pour décrire l'acte. Avec lui, pas de suggestion, ça suce, ça lèche, ça pénètre. On croise des bites, des chattes, des fesses et des tétons. Autant dire qu'une telle lecture n'est pas recommandée aux esprits prudes.
Mais s'il se permet tous les vices, s'il prend plaisir à dériver vers tous les interdits, l'auteur verrouille son oeuvre d'un souci permanent d'apparaitre tel qu'il est : triste. Ce n'est un secret pour personne, ce type est un parangon d'amertume. Même son histoire est à son image, désabusée. Jamais une joie n'évite le désaveu d'un contrepoids brutal. Avec Houellebecq, aucun bonheur n'est éternel – et tout le long du livre il n'a de cesse de nous le rappeler.
Mais réduire son récit à la complainte d'un quadra mal luné serait un tort. Plateforme évoque une voie de sortie il est vrai peu compatible avec les morales en vigueur, mais après tout plausible. Et le raisonnement conduit est assez fouillé pour convaincre.
Certes on n'a pas tous la frustration du sexe, l'envie pressante de découvrir des expériences nouvelles avec nos corps. On n'est pas tous à voir dans les voyages une opportunité d'accomplir nos fantasmes. Simplement, force est d'admettre qu'il y a dans nos sociétés occidentales modernes un sentiment diffus d'inachevé. Une lassitude d'ensemble saturée de produits et d'un besoin malsain de rayonner. Et cette proposition d'associer les cultures dans un but essentiellement charnel n'est pas forcément insensée.
Plateforme se lit vite, intensément, comme une démonstration sarcastique d'un autre monde qui serait possible sans l'héritage judéo-chrétien qui nous enchaîne. Une chronique douce-amère où l'on rit jaune, où l'on s'entête, où l'on stoppe régulièrement sa lecture en regardant le ciel, pensant : pourquoi pas ? On en regretterait presque son final plus commun, mais nécessaire, dans lequel elle s'automutile. Mais on le sait maintenant : avec Houellebecq, aucune jouissance ne dure.
4/5
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Levant
  02 août 2019
Éminent chroniqueur des faits et gestes de ses contemporains, Houellebecq s'est intéressé au spécimen de la classe moyenne tout juste doté pour aller se consoler de sa misère affective dans les lieux de plaisir au travers de la planète. Les besoins de première nécessité ont évolué depuis qu'on se préoccupait avant tout de se nourrir et se loger.
Chemise à fleurs, tongs et bermuda, élégances spirituelle et comportementale assorties, valent à ce spécimen le sobriquet de « beauf ». le tourisme sexuel, puisqu'il s'agit de cela, est un sujet de chronique qu'on ne s'étonne pas vraiment de trouver sous la plume du futur Goncourt 2010, n'est-il pas ? (Plateforme paraît en 2001)
Il fallait donc s'attendre à ce que l'étude de marketing conduite par le tour opérateur, à laquelle son héros va se retrouver incidemment associé, soit ponctuée d'exercices pratiques détaillés par le menu. C'est confirmé. Tout y est : ingrédients, temps de cuisson, température du four et tournemain du maître-queux. Qu'en pareille contexte on peut sans vergogne travestir en maître-queue. Elle était facile, je vous l'accorde, je n'ai pas pu résister.
Bref, un instant de honte étant quand même vite passé, pour dire ce que m'inspire cet ouvrage, je formulerai seulement le voeu, à l'adresse de notre truculent prosateur national, que sa vie amoureuse soit aussi intense et harmonieuse que celle de son héros, lequel intervient à la première personne dans cet ouvrage. A moins que les écrits ne viennent en consolation de quelques frustrations opiniâtres, assorties d'angoisses existentielles dont on sait, il nous en a convaincu, que ces dernières sont largement atténuées par une pratique assidue de l'exercice physique qui fait se concilier les contraires le temps d'une trêve, toujours trop courte il nous l'enseigne aussi.
C'est mon troisième Houellebecq. J'arrive certes un peu tardivement dans cet univers de cacophonie des sens, mais il faut varier les genres, et j'ai donc confirmé avec celui-ci la maîtrise du verbe que je lui avais découvert dans les deux autres. Maîtrise du verbe donc, plutôt cru, et qui vaut à notre goncourisé son lot d'inconditionnels, justement équilibré par le nombre de ses détracteurs. le bilan étant quand même positif puisque les inconditionnels achètent alors qu'on n'est pas obligé de dédommager les détracteurs. Cette maestria dans la pratique de la langue (française), qui sied aux inconditionnels et leur sert à justifier leur penchant, est à la hauteur de celle de la grammaire du kama sutra avantageusement imagée dans la production littéraire de notre auteur à la tant convoitée jaquette rouge.
J'ai retrouvé avec intérêt – alors inconditionnel ou détracteur ? - un auteur désabusé, qui se complait à se dépeindre sous les traits d'un contemporain obstinément médiocre, en panne de raison de vivre, avec en prime une critique acerbe de notre bonne vieille société européenne. Même si c'est toujours émoustillant à souhait, l'intérêt n'est pas que là. Il faut savoir hausser le débat avec Houellebecq. Il y a malgré tout une morale à cette histoire, le sujet est quand même grave. A trop se vautrer dans la luxure, on se prépare des lendemains incertains et plus dure sera la chute. Et avec Plateforme, elle est sévère, et rédhibitoire. Il ne faut pas non plus effrayer les inconditionnels et leur laisser quand même des arguments pour défendre l'indéfendable. Ils peuvent eux-aussi avoir des scrupules à la bacchanale impunie.
La performance littéraire n'allant pas de pair avec la performance physique, je ne pense pas que ce soit le meilleur Houellebecq. J'en ai deux autres qui arrivent pour consolider cette opinion de novice. Je subodore le thème choisi à dessein pour donner libre cours à une imagination libérée de toute convenance. Je n'irai pas jusqu'à dire que cet ouvrage devait être alimentaire, ce serait ramener le sujet à un besoin physiologique de première nécessité et cela risque de rester sur l'estomac de certains, mais soit, beauf s'écrira bof pour une fois. Notre Houellebecq national fera mieux, dix ans plus tard.
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lecassin
  10 mars 2013
J'ai déjà eu l'occasion d'indiquer dans quel océan de perplexité me plongeait Michel Houellebecq. C'était pour « Les particules élémentaires ».
Il me semblait que l'auteur nous servait une recette bien assaisonnée sexe, misogynie, anti-religions, soutenue par une campagne de promotion magistralement orchestrée pour faire le « buzz »… une vaste opération mercantile, disais-je, dont la littérature se serait bien passée…
Malgré tout, seconde tentative alors que le buzz continue, enfle... On parle maintenant de Goncourt. Des auteurs qui habituellement me touchent ne tarissent pas d'éloge…
Il se peut que je sois passé à coté d'un auteur important ; ou j'ai lu « Les particules élémentaires « au mauvais moment…
Hélas, rien de tout cela…Me revoilà plongé au niveau zéro de la littérature, avec en prime la désagréable impression de « naviguer » en plein prospectus de propagande pour le tourisme sexuel…
J'ai lu par ailleurs ce genre de commentaire : « Si vous n'aimez pas Houellebecq, ne le lisez pas !». Il est néanmoins nécessaire de le lire un peu pour savoir : on aime ou on aime pas…
Pour ma part, je n'aime pas et « Plateforme » sera mon dernier Houellebecq. Il y a tant de choses merveilleuses à lire… et la vie est courte.
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critiques presse (2)
BulledEncre   05 décembre 2014
Les dialogues sont crus, les scènes explicites et l’album ne peut bien évidemment pas être laissé entre toutes les mains. Le dessinateur Alain Dual livre ici son premier album et le trait reste encore un peu amateur. En refermant l’ouvrage, il est clair que le lecteur va soit aimer, soit détester.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BDGest   07 novembre 2014
Le résultat ne devrait pas déplaire à ceux qui goûtent les écrits de l’écrivain : l’esprit est bien là - c’est le moins que l’on puisse dire - et le dessin d’Alain Dual, s’il n’apporte pas de supplément d'âme notable, mais était-ce ici souhaitable, illustre avec une juste sobriété le parcours de celui qui subit - ou plutôt accompagne - le mouvement.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (140) Voir plus Ajouter une citation
AlexandreDeMortcerfAlexandreDeMortcerf   02 juin 2020
Il est impossible de faire l'amour sans un certain abandon, sans l'acceptation au moins temporaire d'un certain état de dépendance et de faiblesse. L'exaltation sentimentale et l'obsession sexuelle ont la même origine, toutes deux procèdent d'un oubli partiel de soi ; ce n'est pas un domaine dans lequel on puisse se réaliser sans se perdre. (P.254)
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AlexandreDeMortcerfAlexandreDeMortcerf   02 juin 2020
Il y a la sexualité des gens qui s'aiment, et la sexualité des gens qui ne s'aiment pas. Quand il n'y a plus de possibilité d'identification à l'autre, la seule modalité qui demeure c'est la souffrance — et la cruauté. (P.200)
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Laurent3375Laurent3375   21 mai 2020
Mon père est mort il y a un an. Je ne crois pas à cette théorie selon laquelle on devient réellement adulte à la mort de ses parents ; on ne devient jamais réellement adulte.
Devant le cercueil du vieillard, des pensées déplaisantes me sont venues. Il avait profité de la vie, le vieux salaud ; il s'était démerdé comme un chef. "T'as eu des gosses, mon con... me dis-je avec entrain ; t'as fourré ta grosse bite dans la chatte de ma mère." Enfin j'étais un peu tendu, c'est certain ; ce n'est pas tous les jours qu'on a des morts dans sa famille. J'avais refusé de voir le cadavre.J'ai quarante ans, j'ai déjà eu l'occasion de voir des cadavres ; maintenant, je préfère éviter. C'est ce qui m'a toujours retenu d'acheter un animal domestique.

J'ai lu - page 9
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elvuoelvuo   20 novembre 2010
Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte ; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l'exporter
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Jeff_underscoreJeff_underscore   16 juin 2016
- Séduire une femme qu’on ne connait pas, baiser avec elle, c’est surtout devenu une source de vexations et de problèmes. Quand on considère les conversations fastidieuses qu’il faut subir pour amener une nana dans son lit, et que la fille s’avérera dans la plupart des cas une amante décevante, qui vous fera chier avec ses problèmes, vous parlera de ses anciens mecs – en vous donnant, au passage, l’impression de ne pas être tout à fait à la hauteur – et qu’il faudra impérativement passer avec elle au moins le reste de la nuit, on conçoit que les hommes puissent préférer s’éviter beaucoup de soucis en payant une petite somme. Dès qu’ils ont un peu d’âge et d’expérience, ils préfèrent éviter l’amour ; ils trouvent plus simple d’aller voir les putes. Enfin pas les putes en Occident, ça n’en vaut pas la peine, ce sont de vrais débris humains, et de toute façon pendant l’année ils n’ont pas le temps, ils travaillent trop. Donc ; la plupart ne font rien ; et certains, de temps en temps, se paient un petit peu de tourisme sexuel. Et encore ça, c’est dans le meilleur des cas : aller voir une pute, c’est encore maintenir un petit contact humain. Il y a aussi tous ceux qui trouvent plus simple de se branler sur Internet, ou en regardant des pornos. Une fois que la bite a craché son petit jet, on est bien tranquille.
- Et tu ne crois pas que les hommes ou les femmes puissent changer ?
- Je ne pense pas que les choses puissent revenir en arrière, non. Ce qui va probablement se passer, c’est que les femmes deviendront de plus en plus semblables aux hommes ; pour l’instant, elles restent très attachées à la séduction ; alors que les hommes, au fond, s’en foutent de séduire, ils veulent surtout baiser. La séduction n’intéresse que quelques types qui n’ont pas vraiment de vie professionnelle excitante, ni d’autre surce d’intérêt dans la vie. A mesure que les femmes s’attacheront davantage à leur vie professionnelle, à leurs projets personnels, elles trouveront plus simple, elles aussi, de payer pour baiser ; et elles se tourneront vers le tourisme sexuel. Les femmes peuvent s’adapter aux valeurs masculines (…)
- Donc, en général, c’est plutôt mal parti.
- Très mal parti… confirmai-je avec une satisfaction sombre.
- Donc on a eu de la chance.
- J’ai eu de la chance de te rencontrer, oui.
- Moi aussi… dit-elle en me regardant dans les yeux. Moi aussi j’ai eu de la chance. Les hommes que je connais c’est vraiment une catastrophe, il n’y en a plus aucun qui croie aux rapports amoureux ; alors ils vous font tout un cinéma sur l’amitié, la complicité, bref tous ces trucs qui n’engagent à rien. J’en suis arrivée à un point où je ne supporte même plus ce mot d’amitié, ça me rend carrément malade. Ou alors il y a l’autre cas, ceux qui se marient, qui se casent le plus tôt possible, et qui ne pensent plus qu’à leur carrière (...)
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