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ISBN : 2290113611
Éditeur : J'ai Lu (04/01/2017)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 1474 notes)
Résumé :
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.
Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (342) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  05 janvier 2015
Commençons 2015 en beauté, par ce qui s'annonce déjà comme son roman le plus controversé. Plein d'énergie en ce début d'année, je m'étais fixé une contrainte supplémentaire, un peu audacieuse, à savoir me forger un avis sur ce livre uniquement APRES l'avoir lu. Et au vu des chefs d'accusation qui m'attendaient quelle que soit ma position, ce n'était pas forcément chose facile.
Le récit s'articule autour d'un professeur d'université, spécialisé dans l'oeuvre d'Huysmans, qui nous raconte sa vision des bouleversements politiques en France. Après le deuxième mandat de François Hollande, les partis traditionnels ont définitivement perdus la confiance des électeurs. le second tour met en scène le Front National de Marine le Pen et la Fraternité Musulmane de Mohammed Ben Abbes. Après une campagne acharnée, c'est ce dernier qui l'emporte grâce au soutien du « front républicain ». Les premiers changements se mettent en place : islamisation de l'éducation, légalisation de la polygamie, etc.
Ce roman est, à bien y réfléchir, la suite logique de la carte et le territoire. Dans ce dernier livre, la France avait renoncé à toute ambition sur la scène internationale et se contentait de vendre son patrimoine culturel aux riches touristes étrangers. Dans Soumission, elle a pleinement assimilé le fait qu'elle n'a plus rien à offrir à personne et que ses idéaux ne sont plus que des coquilles vides. N'importe quel système de valeur un peu sûr de soi peut les pousser du pied pour prendre leur place. Ben Abbes est d'ailleurs décrit comme le seul homme politique français à avoir une vision claire, et ambitieuse, de l'avenir qu'il souhaite pour son pays. Les valeurs fortes, qui rassemblent, viennent de l'extérieur ; la France n'a plus les moyens d'en produire.
Si la campagne électorale a mené le pays au bord de la guerre civile, une fois le dénouement connu, c'est plutôt le calme qui règne. Les changements culturels s'effectuent dans l'apathie la plus totale. Comme si, finalement, on était bien content que la farce s'arrête enfin, et soulagé de pouvoir s'installer douillettement dans un système qui a au moins le mérite de savoir où il veut aller. L'élite intellectuelle du pays abandonne toute velléité de critique, et se contente de profiter des avantages que lui offre le nouveau régime. La polygamie, notamment, permet de régler le problème de la misère sexuelle de l'homme moderne, autre thème cher à Houellebecq.
Le narrateur tentera bien un retour aux sources, tout comme son compagnon de route Huysmans, qui s'était (re)converti au catholicisme à la fin de sa vie : visite du petit village historique de Martel, séjour dans le monastère qui a accueilli Huysmans, pèlerinage à Rocamadour, mais la machine semble définitivement grippée.
Houellebecq nous livre comme à son habitude un nouveau roman terriblement pessimiste. Sa description d'une société en pleine décadence se retrouve renforcée par les références à Huysmans. L'ensemble est teinté d'un humour parfois assez grinçant, mais terriblement jouissif.
J'ai un peu de mal à comprendre les polémiques autour de ce livre, qui me semblent à côté de la plaque. Mettons ça sur le compte des fêtes de fin d'années qui ont poussé des rédactions en sous-effectif à recycler quelques articles écrits auparavant. L'islam politique n'est pas présenté comme une invasion sournoise et cachée ; c'est simplement la seule force vivante du pays qui subsiste après l'effondrement de toutes les autres.
Si vous appréciez Houellebecq, laissez-vous tenter par ce livre, qui me semble être une bonne cuvée. Dans le cas contraire, il ne vous réconciliera pas avec l'auteur qui développe à nouveau ses thématiques habituelles.
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YvesParis
  19 janvier 2015
Il est de bon ton de critiquer le dernier Houellebecq.
Les fans des Particules élémentaires y voient une oeuvre mineure, annonciatrice de l'inéluctable déclin du grand homme ; les contempteurs du prix Goncourt, un énième ressassement de sa veulerie beauf.
Je ne crierai pas avec les loups. Pour trois raisons.
1. le style. Houellebecq écrit bien. Fichtrement bien. Avec l'air de ne pas y toucher. Et pourtant avec un perfectionnisme qui force d'autant plus l'admiration qu'il a l'humilité de ne pas se laisser voir. Loin de la prose prétentieuse d'Ono-dit-Biot ou de la simplicité rêche de Toussaint, Houellebecq nous offre un vrai plaisir de lecture. Son cynisme lui évite la morgue ou le didactisme. La profondeur de ses références - et je me fiche qu'elles aient été pompées sur Wikipédia dès lors qu'elles sont articulées avec intelligence - lui fait échapper à la superficialité.
2. le sujet. Houellebecq a le don de disséquer notre société. D'appuyer là où ça fait mal. Il raconte comment la victoire au second tour de l'élection présidentielle d'un Musulman modéré face à Marine le Pen entraîne l'islamisation bon enfant de la France. Pour autant, Houellebecq n'est ni Nostradamus ni Éric Zemmour. Son roman est une fiction et peu importe qu'elle se réalise ou pas (reproche-t-on à Orwell que 1984 ne ressemble pas à son "1984" ?)
3. le titre. Comme on le sait déjà, le héros du roman est un Sorbonnard dépressif, spécialiste de J.-K. Huysmans, qui se convertit lentement aux valeurs du nouveau régime. Pourtant, quand on referme le livre, on est pris d'un doute : s'agit-il d'une prophétie amère et pessimiste ? ou au contraire d'un appel à l'insoumission comme le titre du livre, qu'il faudrait lire en creux, nous y exhorte ?
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LaBiblidOnee
  11 janvier 2015
« Dès que David Pujadas prit l'antenne à 19 heures 50, je compris que la soirée électorale s'annonçait comme un très grand cru, et que j'allais vivre un moment de télévision exceptionnel ».

Un professeur de la Sorbonne, un français nommé François, reconnu pour ses travaux mais qui n'a que son métier dans la vie, est sur le point d'assister à des élections présidentielles d'anthologie : le Front National de Marine le Pen, contre La Fraternité Musulmane. le titre « Soumission » (traduction d'Islam), évoquant la « soumission à Dieu », vous aide déjà à prédire quel sera le résultat… Quelles seront les conséquences pour la France telle que François l'a toujours connue… ?

« Il est probablement impossible, pour des gens ayant vécu et prospéré dans un système social donné, d'imaginer le point de vue de ceux qui, n'ayant jamais rien eu à attendre de ce système, envisagent sa destruction sans frayeur particulière. »

François n'est pas raciste, mais il est au départ déstabilisé par les bouleversements aussi radicaux que subits, et observe avec crainte et surprise, mais également une certaine apathie, les changements qui en découlent pour le pays en général mais surtout pour lui-même en particulier. Car si se raccrocher à des détails de la vie quotidienne (sexe, factures, lectures…) l'aide à se rassurer au départ, le nouveau programme est clair : « - Pour La Fraternité Musulmane, l'économie et la géopolitique ne sont que de la poudre aux yeux : Celui qui contrôle les enfants contrôle le futur, point final. Alors le seul point capital, le seul point sur lequel ils veulent absolument avoir satisfaction, c'est l'éducation des enfants. (...) Chaque enfant français doit avoir la possibilité de bénéficier, du début à la fin de sa scolarité, d'un enseignement islamique. »

Pour commencer, on propose donc à tous les professeurs de la Sorbonne de prendre leur retraite anticipée ou bien de se convertir à l'Islam ! de fait, la Sorbonne devient quasiment réservée aux hommes, et des marieuses se chargent de caser les jeunes étudiantes avec les professeurs d'université devenus polygames. Les allocations sont augmentées, permettant aux femmes de ne plus travailler, ce qui laisse la place aux hommes et diminue le nombre de demandeur d'emploi et de chômage… Femmes et enfants étant soumis, chacun étant pris en charge par la cellule familiale, la paix est revenue dans les cités. Les longs habits des femmes calment même les ardeurs masculines, bref : François, dont le passe-temps était de séduire ses étudiantes, n'a plus de repères face à cette évolution rapide. Il a le choix entre s'adapter et s'intégrer comme certains de ses collègues, ou bien lutter et partir comme d'autres… Mais pour aller où ? Alors pour l'heure, il cherche quelle est sa place dans son pays tout neuf. La trouvera-t-il ? Et quelle sera-t-elle ?

*********
Mon avis

« C'est l'idée renversante et simple, jamais exprimée auparavant avec cette force, que le sommet du bonheur humain réside dans la soumission la plus absolue. (...) Il y a pour moi un rapport entre l'absolue soumission de la femme à l'homme, telle que la décrit "Histoire d'O", et la soumission de l'homme à Dieu, telle que l'envisage l'Islam. »

L'histoire d'une lutte entre liberté et soumission

Ce roman, c'est la lutte entre la liberté et la soumission : Notre République laïque - pays de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, de l'égalité, des libertés individuelles et des droits de l'Homme - voit arriver une religion au pouvoir à un moment de son histoire où l'immigration, l'inefficacité des partis habituels et la quête de réconfort de la population la pousse à se tourner vers la voie de la spiritualité et du parti de la Fraternité musulmane. L'auteur a choisi l'Islam parce que le contexte actuel s'y prêtait, mais ce pourrait être n'importe quelle religion : Une fois au pouvoir, elle exclut ceux qui n'y adhèrent pas, ou les force à l'adopter pour être intégrés. A terme, les libertés individuelles sont brimées et notamment en l'occurrence les droits de la femme ou encore la liberté d'expression. D'où la sortie malheureuse de ce roman juste après la tuerie de Charlie Hebdo par des extrémistes. Mais à part ça, je n'ai pas trop compris la polémique autour de ce roman car, s'il incite à la vigilance dans nos choix futurs et montre les écueils qu'il convient peut-être d'éviter, je ne pense pas qu'il incite à voter pour autant Front national… C'est une fiction et en tant que telle le miroir des craintes et fantasmes d'une société à un moment donné, en fonction de ce qu'elle traverse.

Une polémique à mon avis inutile

D'ailleurs, l'auteur ne dit à aucun moment que cette accession au pouvoir est une mauvaise chose. On constate que François s'y habitue finalement assez vite. La dernière phrase du roman est justement la dernière pensée de François que nous connaîtrons et dit : « Je n'aurais rien à regretter » (laissant penser que, pour lui en tous cas, cette situation lui ira) ! C'est nous en tant que lecteurs, avec notre recul et nos convictions sur notamment les libertés individuelles, qui devrons en tirer nos conséquences.

Dans le roman, la religion musulmane n'est pas confondue avec les extrémistes : le Président passe au contraire pour être modéré et faire des concessions. En réalité, même s'il l'est moins qu'il ne veut le dire et a pour ambition un empire européen musulman (prenant exemple sur l'Empire romain), il a été élu démocratiquement et son instauration est pour l'heure non violente. Pour cela, il se fait des alliés des anciens partis politiques en leur cédant des places au Gouvernement dans toutes les branches… sauf l'éducation, jugée comme source principal du pouvoir – autrement dit du formatage intellectuel.

Une incitation à l'éveil

Comme l'annonce ma citation d'ouverture, ce qui porte à réflexion dans ce roman c'est que Houellebecq se sert d'un contexte proche du nôtre, les élections présidentielles en 2022, avec une majorité d'acteurs politiques (Hollande, Bayrou…) et journalistiques (David Pujadas) connus qui impliquent que ce scenario pourrait nous arriver. Ce n'est pas non plus pour rien que notre personnage principal fait partie du domaine de l'enseignement : Houellebecq montre ainsi comment, en prenant le contrôle du pôle stratégique de la politique voulue, on peut contrôler le pays tout entier.

Il montre surtout qu'aucun domaine n'est impossible à soumettre : Car si l'on pouvait croire que le corps enseignant serait le premier à défendre la laïcité ou au moins leurs libertés de pensée et d'expression, on assiste pourtant à beaucoup de conversions. A cela plusieurs raisons, que le nouveau Président musulman, en bon leader qu'il est, maîtrise parfaitement : Il y a d'abord l'argent bien sûr, puis le degré de solitude et de désenchantement de chacun, dans un pays où la spiritualité ne remplit pas les brèches de l'individualité.
Intervient alors la rhétorique employée pour persuader que se convertir n'a que des bons côtés : En s'adressant aux hommes, seuls à compter à présent, les dirigeants font valoir comme il serait agréable de se voir attribuer plusieurs femmes pour prendre soin d'eux ; Et en s'adressant à des hommes comme François, que la vie avait rendu solitaires et délaissés, ils en appellent au sentiment d'appartenance à une communauté, à une élite.
Leurs arguments persuadent immédiatement les plus désespérés, mais finissent par atteindre, au fur et à mesure que le pays change et exclut les non convertis, même les plus dubitatifs comme François. Pourtant, en même temps qu'il succombe, il se rend compte : Son libre arbitre a disparu. Mais qu'avait-il avant ? Pas grand-chose… Alors qu'a-t-il à perdre, face à tout ce qu'on lui offre... ?

Conclusion

L'auteur a repoussé ses interviews depuis la tuerie de Charlie Hebdo pour ne pas jeter de l'huile sur le feu, mais le peu qu'il a déjà dit de son livre me paraît sensé : Il y a plein d'idées dedans, mais surtout d'observation froide de la société et de ce qui peut y couver, pas forcément pour son bien. C'est aussi le rôle de l'artiste de nous montrer sa façon de voir – et c'est ce qui est défendu par tous pour l'affaire de Charlie Hebdo et ce roman est loin d'être pire que certaines caricatures ! L'auteur a observé certains signaux d'alarme en France qui lui ont peut-être donné l'envie d'écrire cet avertissement pour lutter contre l'apathie et la dangereuse certitude que tout est acquis. Mais ne nous y trompons pas, son regard est aussi aiguisé sur notre société individualiste et désenchantée que sur la religion parvenue au pouvoir, et c'est ce qui rend certains passages si pertinents, amusants, mais aussi alarmants.

L'attitude de la France entière à l'occasion des grands malheurs qui l'ont touchée prouve que nous pouvons tous encore nous réunir autour de la défense d'idées qui nous sont chères en cas d'attaque de front. Mais qu'en sera-t-il en cas de simples élections comme dans le roman par exemple : Serons-nous capable de réagir… Avant qu'il ne soit trop tard… ?

Profitez de l'actu, c'est le moment de découvrir l'auteur, sa plume mordante et son univers, désabusé mais loin d'être infondé ni dénué d'intérêt !

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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Eve-Yeshe
  18 avril 2015
Nous sommes en 2022, à quelques semaines à peine des élections présidentielles, dont le résultat pour tout le monde dans l'entourage de notre héros est plié d'avance. En 2017, François Hollande a été réélu face au front national et son deuxième mandat a été encore plus calamiteux que le premier. On s'attend encore une fois à un duel PS/FN au deuxième tour avec une inconnue : le score d'un mouvement la Fraternité musulmane conduite pour un musulman modéré Mohammed Ben Abbes.
Durant cette période d'attente, François, notre héros, professeur de Lettres à la Sorbonne, prend forme. Il a soutenu en 2007 une thèse de doctorat sur le thème : « Joris-Karl Huysmans où la sortie du tunnel » qui lui a valu les félicitations du jury à l'unanimité et une place de professeur à l'université, où il trompe son ennui en courtisant ses étudiantes (comme les autres professeurs, le prestige de l'uniforme).
Il est d'humeur triste, blasée, ne vit que par son travail et son amour des lettres mais, il voit les choses changer à la Sorbonne, les femmes voilées, les étudiants juifs qui ne sont plus représentés, les professeurs qui se positionnent pour être bien vus, l'ambiance a changé. Les fusillades sont quotidiennes, presque banalisées. Depuis quelques temps déjà, les juifs font de plus en plus leur « Alya » (retour en Israël).
Et le soir du premier tour, le malaise, « Dès que David Pujadas prit l'antenne à 19 heures 50, je compris que la soirée électorale s'annonçait comme un très grand cru, et que j'allais vivre un moment de télévision exceptionnel ». le deuxième tour verra s'affronter Marine le Pen et Mohammed Ben Abbes. C'est la stupeur et les tractations vont commencer.
Ce que j'en pense :
J'ai aimé ce roman, je rappelle que c'est une fiction et pas un brûlot anti-Islam. le héros François, m'a touché, car il est lucide, pessimiste, voire dépressif, comme en témoignent ses addictions, à la cigarette, à l'alcool. Il n'attend plus rien de la vie et il en est conscient car il a tout misé sur sa vie professionnelle, qu'il a réussie. Ses études, sa thèse sur Huysmans, écrivain auquel il voue un culte ont occupé une grande partie de sa vie.
François est insatisfait de sa vie sexuelle, car il n'a pas construit un couple, il s'est contenté de petites aventures avec ses étudiantes, parfois, il a vécu en couple quelques années et il se rend compte quand Myriam part en Israël, que sa vie va changer.
Il évolue, tout au long du roman, il commence par avoir peur et part se réfugier chez des amis en Lozère, où il discutera avec le mari d'une collègue, qui travaille aux Renseignements, en ingurgitant des quantités d'alcools et cigarettes impressionnantes.
Puis, il donne sa démission car il pense qu'on ne voudra pas de lui, puisqu'il est athée et quitte Paris pour se rendre dans un monastère où son modèle et Maître Huysmans a trouvé la foi, espérant trouver une réponse. On assiste à toute l'évolution intérieure de cet homme, à ses doutes permanents, mais dont la pensée se structure d'une autre manière.
J'en arrive ainsi à L'Islam et à la soumission qui est le titre et l'objet du livre. En fait la traduction du mot Islam est « soumission » sous entendu, la soumission à Dieu. En effet, dans cette religion, on doit vénérer Dieu et accepter tout ce qu'il envoie aux êtres humains, comme une fatalité (comme la loi du Karma dans le Bouddhisme quand il est pris au pied de la lettre). L'homme est soumis à Dieu, la femme est soumise à l'homme vue qu'elle est mineure à vie.
Si on poursuit le raisonnement, l'homme se conçoit comme incapable de résister à ses pulsions, donc la seule solution est de voiler les femmes pour qu'elles ne tentent plus les hommes et ainsi la société est plus tranquille, l'être humain plus apte à se consacré à Dieu.
D'où, la transformation en douceur de la vie, à l'université mais aussi dans la vie de tous les jours. Les professeurs qui ont le choix entre prendre une retraite anticipée largement rétribuée ou se convertir à l'Islam, car la Sorbonne est financée par l'Arabie Saoudite, la France devient musulmane, elle évolue, mais jamais vers un Islam intégriste. Lui-même n'est pas hostile à une conversion, il réfléchit.
Le nouveau président établit la polygamie, et François constate que certains collègues ne sont absolument pas gênés par cela : une femme assez mûre qui tient les rênes de la maison et une plus jeune pour les jeux sexuels. Il y a ainsi plusieurs héros dans le livre : François bien-sûr mais aussi Huysmans, que j'ai découvert par cette occasion et que Michel Houellebecq m'a donné envie de lire, après tout c'est mon siècle préféré et j'ai trouvé un ouvrage « A rebours ». On apprend beaucoup de choses sur la vie, et les écrits de cet auteur romantique, naturaliste qui a fréquenté Zola et Médan, et qui évolue vers une soumission à la foi catholique.

Un bon roman, bien écrit, bien construit, qu'on ne lâche pas facilement car on veut voir comment évolue le héros, ce qu'il va décider, et enfin un livre qui pose des questions et fait réfléchir sur la société actuelle. le chapitre consacré au mardi 31 mai, date de la formation du gouvernement est excellent.
En aucun cas, l'auteur ne stigmatise l'Islam, il se demande seulement comment la France évoluerait dans ce contexte, il ne s'agit pas d'un brûlot et je ne comprends pas la réaction des médias qui l'ont calomnié, assassiné et la plupart de ceux qui ont participé au lynchage médiatique, n'ont pas lu le livre. Il s'agissait avant tout de « descendre » Michel Houellebecq parce que le livre est sorti au mauvais moment, après les attentats contre Charlie Hebdo.
Bien sûr, on retrouve la misogynie habituelle, avec les femmes à la maison ou exerçant des métiers dans des domaines restreints comme la couture et une tentation vers le fantasme de harem via la polygamie instaurée le nouveau président. C'est cela, ainsi que sa façon de parler sexe, qui me gêne !!! En en tant que femme, je ne peux que ruer dans les brancards. Je partage sa conception sur la fin de la civilisation chrétienne, ou du moins la fin de la société actuelle, que l'angélisme ne veut pas voir, la fin d'un monde en tout cas .
Une fois de plus, une critique dithyrambique mais j'ai vraiment aimé, ce livre m'a sortie de ma morosité hivernale. J'attends le prochain Houellebecq avec impatience, n'en déplaise aux grincheux de tous bords.
Note : 8,2/10

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Lolokili
  30 septembre 2015
Pourquoi tant de haine ? Tant de polémiques stériles autour d'un roman qui eut seulement la malchance de voir le jour un certain 7 janvier, dans un contexte peu propice à la prise de recul c'est le moins que l'on puisse dire.
N'en déplaise aux fâcheux il faut à nouveau préciser que Soumission est avant tout une FICTION, presque une fable en réalité, qui se révèle suffisamment crédible, il faut croire, pour distiller le malaise. L'idée d'une religion providentielle – l'Islam qui plus outre – qui accèderait au pouvoir et résoudrait tout ou partie des difficultés de notre joli pays semble en effet offusquer, terrifier et fasciner à la fois...
Mais même si malgré lui il fut pris au piège d'une actualité explosive, Houellebecq comme tout romancier raconte ici simplement une histoire et, surtout, ne se prend pas au sérieux contrairement à ses détracteurs. Au fil de ses romans il poursuit donc son observation très personnelle, fut-elle subversive, de la société qui l'entoure et, comme d'universels prolongements de lui-même, ses personnages se distinguent ici encore par leur fatalisme, leur indigence affective et leur lâcheté presque attachante.
Toujours aussi insaisissable, Houellebecq maîtrise ainsi l'autodérision et l'ironie désenchantée avec une virtuosité discrète, bien loin des vociférations ordinaires des chantres du politiquement correct. Rien que pour ça, moi j'adhère direct.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Les critiques presse (24)
Lexpress   16 février 2015
Un roman fin, qui peint sans détour la détresse d'un personnage solitaire, à la vie terne et dont les plaisirs tournent essentiellement autour de l'alcool et du sexe. Le style est limpide et comme souvent, Houellebecq mêle avec agilité fiction et allusions au monde réel.
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Lexpress   16 février 2015
Difficile de déceler la moindre qualité littéraire dans ce roman, le style ayant été apparemment délaissé au profit de la réflexion politique de l'auteur. Difficile également de ne pas deviner Houellebecq derrière son personnage principal dont le " pessimisme invétéré et les imprécations répétées contre les médiocrités de son temps" deviennent vite insupportables.
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Lexpress   10 février 2015
Le vrai problème de ce livre, c'est surtout qu'il devient vite ennuyeux et lassant. Aucune intrigue n'est vraiment développée. Les personnages n'ont aucune profondeur et il est vraiment difficile de s'attacher à cet antihéros universitaire obsédé, dépressif et solitaire.
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Lexpress   10 février 2015
Ce roman est assez original, bien construit et les références littéraires y sont nombreuses. Il fustige avec une allégresse non dissimulée les élites, les partis politiques classiques et le délitement de toutes les valeurs morales de la société et nous oblige à réfléchir sur les changements de celle-ci.
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Lexpress   09 février 2015
Alors, cette oeuvre, est-ce une vision?Une satire?J'oscille entre un cantique jubilatoire et une complainte blasphématoire. Quant à la politique à laquelle vous nous faites croire, avec ses "motifs vaguement ethniques", je suis désolé, Monsieur Houellebecq, mais le mot "humanisme", lui, ne m'a jamais donné "envie de vomir" !
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Lexpress   06 février 2015
Cette autopsie d'un homme à la dérive dans un pays qui l'est également -mais est-ce bien neuf- nous distrait mollement de notre propre ennui et autres insatisfactions quelques heures durant;ce qui est toujours ça de pris.
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Lexpress   04 février 2015
Houellebecq imagine un scénario catastrophe et s'en amuse. Le lecteur aussi, un peu. Ce qui exaspère, c'est plutôt la misogynie affichée du personnage (et de l'auteur?), ses fantasmes sexuels de soumission, son rêve d'une femme "pot au feu" le jour et "fille" la nuit, et là, on a du mal à se dire "c'est pour rire".
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Lexpress   28 janvier 2015
Le problème majeur de cette fable c'est qu'elle suscite irrémédiablement chez son lecteur des vagues lancinantes d'ennui mortel. Le héros de ce roman (vague double de l'auteur) est littéralement à claquer, ses rapports à la vie (et aux femmes) d'une rare indigence.
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Lexpress   28 janvier 2015
Houellebecq a beau affirmer que ce roman ne saurait être tenu pour islamophobe dès lors que son narrateur, finit par se convertir à l'Islam, mais l'amalgame est suggéré. Reste qu'il s'agit d'une fiction et en tant que telle le miroir des craintes et des fantasmes d'une société à un moment donné. Le roman a aussi cet impérieux devoir de relater une époque et ses aléas.
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Lexpress   28 janvier 2015
Loin du récit islamophobe qui fait débat, cette fable, osée et surprenante mais sans nul doute divertissante, tient davantage de la critique de la société française, des médias et de la politique, de l'islam -certes - et de beaucoup de choses encore.
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Lexpress   28 janvier 2015
Nous retiendrons tout particulièrement le très bel hommage des premières pages à la littérature et aux écrivains, ce passage remarquable face à la Vierge noire de Rocamadour... et cette envie qui nous prend, le roman refermé, de (re)lire Huysmans, présent en filigrane de l'incipit à la dernière page.
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LaPresse   26 janvier 2015
On sort du roman parfaitement choqué et déprimé, après avoir été complètement manipulé - c'est ça aussi, la littérature. Mais c'est un peu pour ça qu'on lit Houellebecq, non ? Pour ce petit frisson du pire, en somme, comme pour Lovecraft, dont il a révélé la xénophobie délirante.
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Lexpress   08 janvier 2015
A vrai dire, on a un peu l'impression que ce roman raté, avec ses fausses provocations, est calibré pour permettre à Michel Houellebecq de "faire le show" -et il est un formidable "showman"- sur les plateaux télévisés, un peu comme le Gainsbourg de la fin venait faire quelques grimaces anisées lors de la sortie de ses derniers disques.
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LeFigaro   08 janvier 2015
Les mots du corps à la place de la voix du cœur: ayant perdu de l'amour jusqu'au désir, François finit par les prononcer, comme on s'offre à la bouche d'un pistolet. Drôle, impertinent et désespéré, sous-tendu par un dispositif allusif complexe, Soumission cache une étrange leçon. Moins scandaleuse qu'on ne le dit, plus subtile qu'on ne le croit.
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Telerama   07 janvier 2015
Houellebecq ne fait ici que poursuivre sa froide méditation, engagée de longue date, sur le désenchantement du monde occidental. Captant — en l'exagérant, peut-être, pour les besoins de son expérience — une anxiété diffuse de la modernité et de notre temps, dont il dresse le constat avec une efficacité, une absence de nostalgie confondantes.
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Lexpress   07 janvier 2015
Michel Houellebecq rate son coup : incapable de prévoir une situation politico-culturelle, il est donc obligé de la fantasmer. Sans crédibilité, ce qui n'est pas grave, mais sans pertinence, ce qui l'est plus, Soumission manque sa cible.
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Culturebox   07 janvier 2015
On vit toute cette affaire du point de vue de François, un quadra typiquement houellebecquien, spécialiste de Huysmans et prof à la Sorbonne. "Soumission" (Flammarion), qui suscite une large polémique, est une fable contemporaine à la fois drôle et mélancolique.
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Liberation   06 janvier 2015
Houellebecq est un écrivain, un vrai. Le récit est fort, tissé d’une ironie perverse qui rend indécidable l’intention de l’auteur, dont on ne sait s’il approuve ou s’il redoute ce qu’il décrit, avec ce style faussement plat qui transpose en littérature la langue triviale d’aujourd’hui.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   06 janvier 2015
Avec son personnage d’universitaire converti à l’islam, Houellebecq détourne par l’absurde la figure du polémiste menacé de mort en 2006 après des propos virulents contre Mahomet.
Lire la critique sur le site : Liberation
LesEchos   06 janvier 2015
Soumission est une bombe médiatique à mèche lente qui va exploser de façon ravageuse. Sur le plan littéraire, Houellebecq ne cherche pas à séduire. C’est même le contraire. [...] Houellebecq est présent dans ce livre, c’est indéniable. Les digressions religieuses pointues, les références culturelles savoureuses, quelques intuitions géopolitiques alternent avec la basse politiquefiction et les provocations. En cette rentrée littéraire, il y a mieux à lire.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique   06 janvier 2015
Le roman le plus dense et le plus troublant de Michel Houellebecq. Une longue méditation sur le déclin de notre société et l’envie de soumission.
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Liberation   05 janvier 2015
Soumission est une auberge espagnole ouverte à tous les vents de l’angoisse française contemporaine, à toutes sortes de scènes et d’événements ; c’est aussi un roman de politique-fiction à bas budget, sans souci exagéré de crédibilité, genre Ed Wood, où il est en effet question de Huysmans, de l’islam, de conversion religieuse arrosée au Meursault, d’Israël, de la Sorbonne, des restaus-U [...].
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Culturebox   05 janvier 2015
"Soumission" est un bon roman, parce qu'il s'inscrit dans la tradition du roman naturaliste du XIXe siècle, une peinture de son temps, en même temps qu'il donne ce que seule la littérature peut donner, cette "sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l'intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances [...]."
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LaLibreBelgique   30 décembre 2014
"Soumission" : terriblement houellebecquien par sa méditation désespérée sur les impasses de notre société et sur l’homme dépressif plongé dans la médiocrité de notre monde. Mais aussi terriblement jouissif et intelligent à lire.
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LuniverLuniver   07 janvier 2015
« Et je ne pense pas non plus que vous soyez véritablement athée. Les vrais athées, au fond, sont rares.
— Vous croyez ? J'avais l'impression, au contraire, que l'athéisme était universellement répandu dans le monde occidental.
— À mon avis, c'est superficiel. Les seuls vrais athées que j'ai rencontrés étaient des révoltés ; ils ne se contentaient pas de constater froidement la non-existence de Dieu, ils refusaient cette existence, à la manière de Bakounine : “Et même si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser…”, enfin c'étaient des athées à la Kirilov, ils rejetaient Dieu parce qu'ils voulaient mettre l'homme à sa place, ils étaient humanistes, ils se faisaient une haute idée de la liberté humaine, de la dignité humaine. Je suppose que vous ne vous reconnaissez pas, non plus, dans ce portrait ? »

Non, là non plus, en effet ; rien que le mot d'humanisme me donnait légèrement envie de vomir, mais c'était peut-être les pâtés chauds, aussi, j'avais abusé ; je repris un verre de Meursault pour faire passer.
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ZebraZebra   29 mars 2015
page 198 [...] Sur le plan intérieur Ben Abbes accomplissait un parcours sans faute. La conséquence la plus immédiate de son élection est que la délinquance avait baissé, et dans des proportions énormes : dans les quartiers les plus difficiles, elle avait carrément été divisée par dix. Un autre succès immédiat était le chômage, dont les courbes étaient en chute libre. C'était dû sans nul doute à la sortie massive des femmes du marché du travail -elle-même liée à la revalorisation considérable des allocations familiales, la première mesure présentée, symboliquement, par le nouveau gouvernement. Le fait que le versement soit conditionné à la cessation de toute activité professionnelle avait un peu fait grincer des dents, au début, à gauche ; mais, au vu des chiffres du chômage, les grincements de dents avaient rapidement cessé. Le déficit budgétaire n'en serait même pas augmenté : l'augmentation des allocations familiales était intégralement compensée par la diminution drastique du budget de l’Éducation nationale - de loin le premier budget de l’État auparavant. Dans le nouveau système mis en place, l'obligation scolaire s'arrêtait à la fin du primaire - c'est-à-dire, à peu près, à l'âge de douze ans ; le certificat de fin d'études était rétabli, et apparaissait comme le couronnement du parcours éducatif. Ensuite, la filière de l’artisanat était encouragée ; le financement de l'enseignement secondaire et supérieur devenait, quant à lui, entièrement privé. Toutes ces réformes visaient à "redonner toute sa place, toute sa dignité à la famille, cellule de base de notre société" [...]
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LuniverLuniver   30 décembre 2014
Selon le modèle amoureux prévalant durant les années de ma jeunesse (et rien ne me laissait penser que les choses aient significativement changé), les jeunes gens, après une brève période de vagabondage sexuel correspondant à la préadolescence, étaient supposés s'engager dans des relations amoureuses, exclusives, assorties d'une monogamie stricte, où entraient en jeu des activités non seulement sexuelles mais aussi sociales (sorties, week-ends, vacances). Ces relations n'avaient cependant rien de définitif, mais devaient être considérées comme autant d'apprentissages de la relation amoureuse, en quelque sorte comme des "stages" (dont la pratique se généralisait par ailleurs sur le plan professionnel en tant que préalable au premier emploi). Des relations amoureuses de durée variable (la durée d'un an que j'avais pour ma part observée pouvait être considérée comme acceptable), en nombre variable (une moyenne de dix à vingt apparaissant comme une approximation raisonnable), étaient censées se succéder avant d'aboutir, comme une apothéose, à la relation ultime, celle qui aurait cette fois un caractère conjugal et définitif, et conduirait, via l'engendrement d'enfants, à la constitution d'une famille.
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OlivierH77OlivierH77   03 août 2015
Sur le plan matériel, je n'avais pas à me plaindre : j'étais assuré jusqu'à ma mort de bénéficier d'un revenu élevé, deux fois supérieur à la moyenne nationale, sans avoir à accomplir en échange le moindre travail. Pourtant, je le sentais bien, je me rapprochais du suicide, sans éprouver de désespoir ni même de tristesse particulière, simplement par dégradation lente de la "somme totale des fonctions qui résistent à la mort" dont parle Bichat. La simple volonté de vivre ne me suffisait manifestement plus à résister à l'ensemble des douleurs et des tracas qui jalonnent la vie d'un Occidental moyen, j'étais incapable de vivre pour moi-même, et pour qui d'autre aurais-je vécu ? L'humanité ne m'intéressait pas, elle me dégoûtait même, je ne considérais nullement les humains comme mes frères, et c'était encore moins le cas si je considérais une fraction plus restreinte de l'humanité, celle par exemple constituée par mes compatriotes, ou par mes anciens collègues. Pourtant, en un sens déplaisant, je devais bien le reconnaître, ces humains étaient mes semblables, mais c'était justement cette ressemblance qui me faisait les fuir ; il aurait fallu une femme, c'était la solution classique, éprouvée, une femme est certes humaine mais représente un type légèrement différent d'humanité, elle apporte à la vie un certain parfum d'exotisme.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 avril 2015
La spécificité de la littérature, art majeur d’un Occident qui sous nos yeux se termine, n’est pourtant pas bien difficile à définir. Autant que la littérature, la musique peut déterminer un bouleversement, un renversement émotif, une tristesse ou une extase absolues ; autant que la littérature, la peinture peut générer un émerveillement, un regard neuf posé sur le monde. Mais seule la littérature peut vous donner cette sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l’intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances ; P 13
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