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Françoise Brodsky (Traducteur)
EAN : 9782752602541
339 pages
Éditeur : L'Aube (04/05/2006)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Premier roman explicitement féministe de la littérature afro-américaine, Une femme noire retrace l’errance d’une jeune Noire qui veut échapper à une vie toute tracée, où “ l’homme blanc jette le fardeau et y dit au nèg’ de lramasser. Le nèg’, y lramasse pasqu’y faut bien, mais y lporte pas. Y lrefile à ses femmes. Les négresses, c’est les mules du monde aussi lo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
loreleirocks
  20 décembre 2013
Quel bonheur de découvrir l'enfance, l'adolescence, les trois mariages de l'héroïne de Their Eyes Were Watching God... sa persévérance à rechercher une vie conforme à l'idée qu'elle s'en fait.
Un roman sans conteste féministe, présentant l''alignement du comportement de l'homme noir, post abolition de l'esclavage, sur l'homme blanc. Ses manières, vêtements, principes, ambition, matérialisme dévorant, volonté de dominer, de posséder d'abord tout ce qui compose son foyer puis sa communauté, et toutes les justifications improbables qui vont avec.
Pourtant, c'est un féminisme sans violence sans rejet, ni jugement de vies qui ne s'accordent pas à la vision de l'héroïne/l'auteur. La prise de conscience d'une femme noire, la construction et la préservation d'un monde intérieur dans lequel elle se tient droite, digne et souriant au monde, prête à voir sa vie éclore. Dès le départ, la métaphore du poirier en fleur et des abeilles est superbement peinte, cette vision centrale au monde intérieur de Janie, représentant sa conception de la vie, une sexualité certaine, mais, me semble-t-il, une idée d'harmonie et de naturel...
Le refus de Janie de se conformer à une vision de la vie imposée et de se laisser enfermer dans une vie qui ne correspond pas à ce qu'elle souhaite pour elle-même, sa lente émancipation d'une vision du monde qui n'est pas la sienne, sont simplement magiques.
Une femme qui trouve sa voix, entre l'anglais conventionnel de la voix de narration et l'anglais idiomatique africain américain du sud des États Unis. L'utilisation de cet anglais idiomatique source de conflits et controverse avec les autres grands auteurs africains américains des années 1930-40, Ellison et Wright entre autres, jugeant l'effet rétrograde et caricatural.
L'effet est loin d'être aussi réducteur. Une fois que l'on s'est adapté à la graphie particulière de l'anglais idiomatique, une petite voix lente et musicale vient se caler au creux de votre oreille de lecteur et vous accompagne de son rythme enchanteur et de son langage particulièrement imagé :
"Dat's all right, Pheoby, tell 'em. Dey gointuh make 'miration cause mah love didn't work lak they love, if dey ever had any. Then you must tell 'em dat love ain't somethin' lak uh grindstone dat's de same thing everywhere and do de same thing to everthing it touch. Love is lak de sea. It's a movin' thing, but still and all, it takes its shape from de shore it meets, and it's different with every shore."
Le résultat en est un instant de bonheur, de plaisir et gaieté infectieuse face à la persistance de Janie, l'héroïne de Zora Neale Hurston. Une magie qui me met, curieuse et enchantée, sur la piste des ses autres oeuvres, qu'elles soient fiction, autobiographiques ou écrits anthropologiques.
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MarieLovesBooks
  06 septembre 2016
Je suis ravie d'avoir découvert ce classique tellement important qui a été écrit en 1936 à Haïti alors que l'auteur y séjournait pour se renseigner sur les pratiques vaudou. Grâce à son héroïne, l'auteur se fait la porte-parole des femmes noires américaines qui à l'époque peinent à trouver leur place et à se faire entendre dans un contexte post abolition de l'esclavage.
C'est un texte tellement important dans la littérature afro-américaine, c'est comme le point de départ, la base d'une pensée féministe tout en douceur.
C'est à travers tout un parcours initiatique que nous suivons Janie qui est le personnage central, et qui refuse dès le départ la vie que sa grand-mère a choisi pour elle. C'est une lutte intérieure qui se joue en elle, tout un cheminement de pensée qui va évoluer au fil du roman.
Janie est une femme digne, en quête de sa conscience et en quête de l'amour.
L'auteur pointe du doigt certes le racisme des blancs envers les noirs mais aussi les comportements abusifs des hommes noirs qui finalement s'alignent sur celui des blancs dans plusieurs domaines et notamment en rabaissant les femmes. Après l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, c'est toute la communauté noire qui cherche sa place et qui doit affirmer son identité. L'auteur, anthropologue de formation, s'inspire de tout un folklore et de toute une croyance populaire et nous livre là un roman dont la force est de dépeindre la réalité de la volonté d'émancipation d'une femme noire à travers un voyage initiatique.
Ce roman est beau, ce roman est une voix, la voix de la femme noire. Dans ce magnifique roman, l'auteur a tenu à retranscrire la langue « black English ». Si la traduction française fait penser au début à un patois campagnard et rend la lecture assez bizarre, ensuite on se laisse facilement porter et envouter par la musicalité de cette voix. Cette utilisation du black English dans l'oeuvre est essentielle et contribue avec force à la richesse de ce roman.
Ce que j'ai adoré par-dessus tout, c'est la voix de Janie. Elle ne s'exprime pas beaucoup au début, du moins pas avec son deuxième mari, nous la découvrons surtout à travers ses pensées. Mais à chaque fois qu'elle s'exprime c'est comme si on buvait ses paroles. Nous n'avons pas tellement de détail sur son premier mari, on sait juste que c'est sa grand-mère qui lui a imposé et qu'elle ne l'aime pas. Elle le quitte lorsqu'elle décide de s'enfuir avec Jodie qui deviendra son deuxième mari. C'est un homme noir, ambitieux, travailleur, et très autoritaire avec Janie. Il s'impose rapidement comme le maire de la petite bourgade d'Eatonville et possède un magasin dans lequel il fait travailler Janie. Il la rabaisse, l'insulte, la traite d'incapable mais tout ça c'est normal pour lui, après tout la femme doit servir l'homme alors il faut bien l'éduquer. Vous l'aurez compris elle ne trouve pas non plus sa place dans ce second mariage. Après son premier mari elle s'était rendu compte que mariage et amour ne vont pas forcément de pair, trouvera-t-elle l'amour avec son troisième mari ?
 Même si Janie encaisse beaucoup sans rien dire, cela ne veut pas dire qu'elle n'a rien dans le crâne, au contraire. Elle nous sort à plusieurs des « punchlines » bien senties en réponse à son mari qui la rabaisse et c'est à mourir de rire. Janie est pour moi une héroïne littéraire qui m'a marquée et dont je me souviendrai.
C'est compliqué de faire un article complet sur un texte classique comme celui-là. Je n'ai fait qu'aborder les quelques points qui m'ont marqué, mais bien d'autre thèmes mériteraient d'être développés. J'ai eu du mal à rassembler mes idées et j'ai laissé passer un peu de temps après l'avoir lu avant d'écrire l'article. Peut-être que je complèterai ma chronique au fil du temps et que j'affinerai mes idées. Rien n'est figé.
Lien : http://marie-loves-books.blo..
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roadinette
  03 juin 2019
Publié en 1937, ce livre est extrêmement émouvant. "L'héroïne" possède en elle les prémices du féminisme… mais est loin de pouvoir les exprimer. Femme et noire, elle a conscience de très peu de choses du monde qui l'entoure et, même si ce besoin est en elle, se libérer des carcans de la société est extrêmement difficile. Un vrai combat sans armes et avec de l'amour.
Ce roman me donne envie de continuer à lire les oeuvres et la vie de cette auteur
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
loreleirocksloreleirocks   20 décembre 2013
The wind came back with triple fury, and put out the light for the last time. They sat in company with the others in other shaties, their eyes straining against crude walls and their souls asking if He meant to measure their puny might against His. They seemed to be staring at the dark, but their eyes were watching God.
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AustralAustral   26 octobre 2015
Tous les dieux qu'on vénère sont cruels. Tous les dieux prodiguent une souffrance sans raison. Sinon on ne les adorerait pas. A travers la souffrance aveugle, l'homme connaît la peur et la peur est la plus divine des émotions. C'est la pierre de l'autel et le début de la sagesse. Les demi-dieux se vénèrent dans le vin et les fleurs. Les vrais dieux exigent du sang.
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LaForceduTempsLaForceduTemps   02 septembre 2013
"Les navires au loin ont à leur bord tous les désirs de l'homme. Certains rentrent avec la marée. D'autres continuent de voguer sur l'horizon, sans jamais s'éloigner, sans jamais accoster, jusqu'à ce que le Veilleur détourne les yeux, résigné, ses rêves mortifiés par le Temps. Telle est la vie des hommes.
Les femmes, elles, oublient ce dont elles ne veulent se souvenir et retiennent ce qu'elles ne veulent oublier. Le rêve est réalité. Et elles se comportent et agissent en conséquence".
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AustralAustral   26 octobre 2015
Transhumants permanents sans la moindre attache ou voyageurs à l'air épuisé avec leurs familles et leurs chiens entassés dans une chignole. De nuit, de jour, se hâtant pour la cueillette des haricots. Poêlons, lits, chambres à air couvertes de rustines pendaient-bringueballaient sur des guimbardes antédiluviennes avec une humanité pleine d'espoir fourrée-bousculée dedans, ahanant dans la gadoue. Des gens enlaidis d'ignorance et brisés de pauvreté.
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AustralAustral   26 octobre 2015
Cruauté insensée envers ceux que l'on peut fouetter et soumission rampante devant ceux que l'on ne peut frapper. Une fois qu'elle avait choisi ses idoles et leur avait bâti des autels, il était inévitable qu'elle vienne les y adorer. Il était inévitable qu'elle accepte les inconsistances et la cruauté de sa divinité comme tous les bons croyants le font de la leur.
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Videos de Zora Neale Hurston (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zora Neale Hurston
Ruby Dee reads from "Their Eyes Were Watching God" by Zora Neale Hurston.
After 75 years, Zora Neale Hurston's novel, "Their Eyes Were Watching God," still resonates in the hearts and minds of contemporary audiences, but it had particular significance for black women writers and artists who were working at the time of its rediscovery. The Greene Space convened three luminaries who are all intimately connected to the novel -- Alice Walker, Sonia Sanchez and Ruby Dee -- to share their stories and describe how they saw Janie and Zora's horizons on their own journeys. Zora Neale Hurston's niece Lucy Anne Hurston, author of Speak, So You Can Speak Again: The Life of Zora Neale Hurston, served as the evening's moderator.
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