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EAN : 9791033908111
224 pages
Éditeur : Harper Collins (13/01/2021)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Les Bordes, c'est un lieu et c'est une famille. En l'occurrence, sa belle-famille qui ne l'aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un oeil toujours fixé sur le rétroviseur ou l'entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques. Ce week-end, comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial.
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  12 février 2021
Tragédie d'une mère au bord de la rupture
*
Avec un titre pareil, je vous laisse imaginer que la lecture de ce roman ne parle pas de moments joyeux et légers.
En effet, il raconte les pensées d'une maman angoissée (à l'extrême) telle que nous pouvons en rencontrer dans ce monde stressant.
Moi même maman de 3 ados, je me suis parfois retrouvée dans certaines réflexions et situations.
*
Ce roman se déroule de manière linéaire, scandé par chapitres horaires, de manière rationnelle (comme pour faire écho à l'esprit très "rigide" de la narratrice). Cette façon de découper le récit m'a donné une oppression, une impression étouffante de rentrer dans sa tête.
Une tête remplie de peur, d'effroi même, de doutes mais aussi d'amour fulgurant et inconditionnel. Cette mère est dans tous les superlatifs.
*
Le personnage de cette femme (dans sa maternité) est somme toute assez classique dans la littérature, mais ici il est transcendé, exagéré, amplifié jusqu'à l'élever en situation de tragédie.
Le lieu également, est synonyme de danger, de huis-clos oppressant (avec toute la belle-famille toxique).
*
Impossible de lâcher ce livre jusqu'à la fin. Je voulais absolument connaitre le secret de ce traumatisme occulté. Et surtout comprendre jusqu'où peut aller l'être humain quant à la transmission du malheur.
*
PS: j'ai lu un roman similaire récemment, avec ces mêmes interrogations d'une mère aux abois. @Une femme intérieure d'Helen Phillips
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Stelphique
  02 février 2021
Ce que j'ai ressenti:
Ce carré qui dimensionnait et bornait son empathie
Ce n'est pas vraiment un carré. À peine un rectangle. Vous savez, un livre…Des pages blanches, des mots en noirs, et ici, un lieu: Les Bordes. Une histoire avec du terreau, du ressentiment et l'instant fatidique. du blanc, du noir, du vide et de l'angoisse. le bord du gouffre, omniprésent. Parce que ça se sent, le drame. Parce que c'est dans l'air, le pire. Et Aurelie Jeannin s'approprie le temps de 200 pages, une façon d'être mère. Une façon d'être femme, fille, modèle, humaine, et de jouer sur tous ses rôles quand l'hypersensibilité, la charge mentale et la tragédie s'en mêlent…Faire partie et être à l'intérieur du carré, subir l'écorchure des recoins, combattre la linéarité, surveiller les angles. Être avec Brune, le temps de comprendre les heures qui s'écoulent dans Les Bordes, des plages horaires qui expliquent une famille et sa dynamique, un week-end de juin qui défile en tensions palpables entre présent et passé…Et il ne reste qu'à déterminer quels fils tirer du carré de terre échauffé, pour que les Bordes livrent leurs Mal-heures terribles…
Que l'acmé ne s'atteint qu'après une ascension.
J'aurai voulu être avec moins d'aspérités, moins de failles, parce que tout s'est inséré à l'intérieur. J'aurai aimé être capable de me verrouiller, pour que ça fasse moins mal. Parce qu'être mère, c'est ça. Être un peu Brune, le temps de quelques pages, et le ressentir puissance exponentielle. Les cauchemars à tout va, le coeur déglingué à tous vents. Être mère, c'est autant protéger que craindre. Etre submergée par l'indicible, la peur, le trop, les autres et puis, soi. Remplir toutes les cases qu'on nous impose, et des fois, lâcher en dedans. Parce que le Trop, est envahissant. Mais aimer, c'est étonnement fort. Plus fort que tout, d'ailleurs. Et il n'y a qu'en portant la vie qu'on le comprend. Mais même avec toute la volonté du monde, c'est un effort titanesque de chaque seconde pour toute la vie. Et c'est usant. le répit n'est pas permis, n'est pas toléré, n'est pas possible. C'est ça, être mère. Essayer d'atteindre la perfection, anticiper les risques, prévoir l'inattendu, être prête à toute éventualité. Mais on sait que la vie est imprévisible, c'est le propre même de la vie. Brune est au coeur des Bordes, et va l'apprendre à ses dépens, dans un bruit mat…
Ils étaient faits de chair, d'os et d'histoires, comme elle.
Il fallait la plume sensationnelle de Aurelie Jeannin, pour rendre ce week-end électrique. Il fallait son talent pour écrire les tourments incessants d'une femme. Il fallait des mots et des silences pulvérisants pour saisir l'avant et l'après d'un drame. Il fallait un carré, une famille et l'attraction pour donner un roman saisissant. Il fallait Les Bordes et des émotions. J'ai eu mon trop-plein et comme rien n'est dû au hasard, j'en reviens secouée…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10
Remerciements:
Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Harper Collins pour leur confiance et l'envoi de ce livre.
Lien : https://fairystelphique.word..
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Julitlesmots
  14 février 2021
C'est sombre et lumineux à la fois. C'est d'une mélancolie profonde qui vous enveloppe jusqu'à la fin.
Les Bordes sont à l'image de cette violence qu'ils renvoient, et trouver sa place n'est jamais simple.
La plume oscille entre poésie et cri de rage, et on y retrouve toute la puissance déjà bien présente dans Préférer l'hiver.
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lolomito
  15 janvier 2021

Ben Mazue a écrit :
“Matin, crèche, taf, gamins
Sorties pressées, dîner, bain, histoire, dents, dodo, câlins
T'as plus le temps pourtant t'as rien commencé
C'est pas nouveau que tu cours
Depuis que t'as plusieurs amours
Depuis que t'as mis au jour
Et que le temps vient à te manquer
Le cœur est extensible tu le sais maintenant
T'y as mis tes enfants
Tu rêvais de cette vie, voila que tu doutes
Tout le monde te dit "vas-y
Alors tu largues les bouts...
Vous commencez certainement à avoir l’habitude de me voir citer des chansons qui me sont évoquées par certains romans en cours de lecture, et bien voila cette fois, la lecture de “ Les Bordes” m𠆚 inéluctablement fait penser à “ la femme idéale” de Ben Mazue.
Une histoire de femme, qui se doit d’être parfaite en tout, au travail, dans son rôle de mère, avec sa famille et que la charge mentale vient écraser.
Brune est juge d’instruction et mère de deux enfants prénommés Hilde et Garnier.
Comme chaque année, le temps d’un week-end, elle part avec ses enfants rejoindre son mari qui l𠆚ttend dans sa famille, au lieu-dit Les Bordes.
Parce que “les Bordes”, c𠆞st un lieu mais c𠆞st aussi leur nom de famille, la famille de son mari.
Comme tous les ans, un pique-nique est organisé à la mémoire d’un événement passé.
Mais Brune n𠆞st pas la bienvenue.
Ses beaux-parents ne l𠆚pprécient guère et lui vouent un mépris total.
Brune ne se réjouit donc pas de s’y rendre d𠆚utant plus que cette maison de famille lui semble être propice à tous les dangers.
Parce que Brune est une mère angoissée, qui s’inquiète à outrance pour ses enfants au point de ne leur accorder que très peu de liberté.
Déformation professionnelle sans doute pour elle qui est en charge d’instruire des enquêtes judiciaires impliquant des mineurs.
Alors Brune panique au moindre manquement. Elle s�ole. Elle suffoque.
Et c𠆞st dans un seul souffle qu’Aurelie Jeannin nous sert ce roman pesant.
le rythme est haletant, oppressant.
Le lecteur est au cœur des angoisses de l’héroine principale.
La construction est laconique. le roman s’étale juste sur un week-end, chaque chapitre sur une plage horaire.
Tout va très vite. Comme dans la vie de Brune.
Et Aurélie Jeannin a parfaitement réussi à instauré cette ambiance d𠆞mpressement, d𠆚gitation et de malaise.
Mais au delà de son travail, qu𠆞st ce qui a pu faire naître chez Brune une telle anxiété permanente et pourquoi ses beaux-parents semblent-ils lui vouer de tels ressentiments?
Si vous souhaitez le savoir, il ne vous reste plus qu’à lire ce livre.
Pour ma part, je remercie donc Babelio, les éditions Harper&Collins et Aurélie Jeannin pour ce privilège de lecture en avant première de la rentrée littéraire d’hiver.
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Christlbouquine
  26 janvier 2021
Brune est juge d'instruction. Comme tous les derniers week-end de juin, elle rejoint la famille de son mari avec ses deux enfants, Hilde qui a 8 ans et Garnier, 4 ans. Comme à chaque fois, Brune se prépare à ce qui s'apparente pour elle à un calvaire : passer un week-end avec cette famille qui n'a aucune considération pour elle, qui ne l'aime pas. Et puis Brune doit composer avec une angoisse terrible qui l'habite sans cesse, celle qu'il arrive quelque chose à ses enfants, qu'ils soient blessés voire pire. Et dans la maison familiale des Bordes les dangers sont innombrables. On comprendra au cours de la lecture d'où vient la relation de Brune avec ses beaux-parents et surtout d'où lui viennent ses peurs de l'accident, de perdre ses enfants. Car Brune a de bonnes raisons de savoir que tout peut basculer en un instant.
Que c'est sombre, que c'est angoissant. Brune est une jeune femme qui souffre à chaque seconde. de se croire être une mauvaise mère, d'aimer ses enfants avec tant de force qu'elle transforme cet amour en douleur, d'avoir l'impression de ne pas savoir faire naître entre eux un amour fraternel, de ne pas savoir gérer le caractère de sa fille qui a parfois des attitudes de petit tyran, de ne pas parvenir à protéger son jeune fils des persécutions de sa soeur, de ne pas être capable d'anticiper tout ce qui pourrait leur arriver. Bref, on l'aura compris Brune est une mère au bord de l'implosion qui se sent incapable. Et l'attitude de ses beaux-parents la conforte probablement dans cette idée.
C'est un roman à la limite du dérageant par toute la noirceur qu'il dégage, par la toxicité qui semble émaner de chaque chapitre. Peut-être parce que l'auteure revient sans cesse sur cette ambivalence qui habite Brune d'être à la fois débordante d'amour et d'anxiété et d'avoir parfois envie d'être sans ses enfants qui sont à la fois son bonheur et sa souffrance.
A cela s'ajoute pour Brune une autre problématique, celle de sa maladie. Car elle est atteinte de prosopagnosie. Bien plus que de ne pas être physionomiste, Brune ne reconnaît pas les visages, elle doit chaque jour recomposer son monde. Pour moi, l'auteure s'est ajoutée une contrainte supplémentaire qui n'apporte pas grand-chose au récit même si cela met le doigt sur la difficulté de vivre avec une telle maladie.
J'ai été très partagée durant ma lecture entre profonde empathie pour cette femme au bord de la rupture et sentiment de trop plein comme si les couches d'angoisse que l'auteure ajoute à chaque page était de plus en plus difficile à emmagasiner. Mais cela est peut-être voulu car proche de ce que ressent Brune au quotidien.
Pour finir, le dernier chapitre m'a semblé être en trop et ajouter encore plus de noirceur là où il y en avait déjà beaucoup. J'aurais préféré m'arrêter au chapitre précédent et peut-être ainsi avoir un instant d'espérance et de lumière.
Il m'est donc impossible de trancher totalement sur le fait d'aimer ou non ce livre. Il m'a bousculée, mise mal à l'aise, ennuyée parfois. Mais en tous les cas pas laissée indifférente.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
nineentreleslignesnineentreleslignes   27 février 2021
C’était ça que lui faisaient les Bordes. Une terre et des hommes qui la pliaient vers le sol, dans une révérence avilissante.
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mamansand72mamansand72   01 février 2021
Mais sinon, sinon que dire de l’après ? L’épouvante des chairs ouvertes ? Les cris, l’incompréhension, le monde qui court, la douleur ? Le silence dans la chambre blanche ? Après, les blessés doivent être soignés, les morts doivent être enterrés. La sidération, l’hébétement ne durent qu’un temps ; il faut vite des gestes que l’on n’a pas encore faits, car dans les drames tout est nouveau. Il faut réconforter les peinés, les convaincre que le temps apaise toutes les souffrances. Après, on commente l’avant. Après, on ne voit rien devant. Pas encore. L’après, ce sont d’autres peurs. C’est une autre histoire.
Brune était une enfant, une femme et une mère mêlées. Elle était lucide, prévoyante, consciencieuse. Mais elle était impuissante. Le temps confus cognant dans ses tempes, elle s’en voulait d’avoir oublié un instant que la vie ne donne jamais de garantie. Encore plus d’avoir pensé, plus d’une fois, au pire qui guettait, craignant de l’avoir ainsi provoqué et peut-être même, invité chez elle.
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mamansand72mamansand72   01 février 2021
Elle pouvait concevoir la peine de l’Autre, la ressentir même, mais toujours dans une certaine mesure. Avec une juste distance, qui lui permettait de ne pas verser dans la pitié, qui lui permettait de ne pas verser dans la pitié, qui lui permettait de ne pas verser dans la pitié, qui lui permettait aussi de bien faire son travail. Comprendre, prendre avec. Mais ne pas se laisser envahir. Laisser les informations atteindre son cerveau, y trouver un espace de compréhension et d’humanité, mais les laisser à distance de son ventre. Et bien entendu, de son cœur. Il lui semblait qu’elle parvenait à visualiser, selon les situations, ce carré qui dimensionnait et bornait son empathie. Il y avait certains cas. Des personnes assises face à elle dans son bureau, dont l’histoire était comme un jet de pierres tranchantes qui ricochaient sur les parois de ce petit espace bien défini, l’entaillaient, cherchaient à le faire éclater. Elle sentait alors, sous ce meuble qui les séparait, ses cuisses se serrer. Elle tentait de crisper ses émotions, d’endiguer un flux qui pouvait tout emporter sur son passage. Dont son professionnalisme, son objectivité, sa neutralité, son discernement, sa lucidité. Elle posait les mains à plat sur son set en cuir. Ses deux majeurs collés à sa règle en bois qui ne servait qu’à ça depuis des années. Former avec son corps un carré qui lui permettait de visualiser le périmètre à maintenir. Même sans quitter des yeux ses interlocuteurs, elle le voyait. Sous elle, encombré des feuilles qui composaient le délicat dossier. Toujours des délicats dossiers. Des cas impossibles. Parce que vraiment, elle se le disait souvent, la vie n’était pas possible. Elle ne voulait pas la juger. Son métier était de juger les faits. Mais pour certaines personnes, elle ne pouvait que constater : la vie n’était que de la merde qui se répète, s’agglutine en un tas fumant.
+ Lire la suite
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ChristlbouquineChristlbouquine   26 janvier 2021
Elle ne parvenait pas à éviter de craindre qu’il n’existe un ordonnancement supérieur, un récit déjà écrit, qui obéirait à des lois stupides, qui ferait en sorte que le passé se répète fatalement. Elle savait le caractère infondé de sa superstition. Ils n’étaient pas elle. Les drames n’obéissaient à aucun régent. Mais pourquoi pas. Pourquoi pas deux fois ? Les Bordes lui semblaient aimer le malheur.
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LaRousseBouquineLaRousseBouquine   15 janvier 2021
Sous elle, encombré des feuilles qui composaient le délicat dossier. Toujours des délicats dossiers. Des cas impossibles. Parce que vraiment, elle se le disait souvent, la vie n'était pas possible. Elle ne voulait pas la juger. Son métier était de juger les faits. Mais pour certaines personnes, elle ne pouvait que constater : la vie n'était que de la merde qui se répète, s'agglutine en un tas fumant.
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