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Claire de Oliveira (Traducteur)
ISBN : 2757800752
Éditeur : Points (24/08/2006)

Note moyenne : 3/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Une jeune fille est retrouvée noyée dans un lac autrichien, ficelée dans une bâche. Du travail en perspective pour les gendarmes... Elle en fréquentait justement un dont la seule passion est la propriété, celle des femmes mûres vivant seules qu'il arrête sur les routes et séduit dans l'espoir de se voir léguer tous leurs biens. Satire d'un monde encore primitif, ce faux roman policier ne traite pas si... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
colimasson
  21 janvier 2019
Malgré un style imbuvable qui tient soit de la traduction, soit de la langue allemande, soit du titre de Prix Nobel de l'écrivain, Elfriede Jelinek a des choses à dire et ça sonne, bien que différemment, comme un Buko qui regrette tout, tout en n'en ayant rien à foutre de tout.

Puisqu'on ne se marie plus pour créer des liens sacrés, puisqu'on ne se marie plus pour fonder une entreprise à deux, puisqu'on ne se marie plus pour survivre misérablement ensemble, puisqu'on ne se marie plus du tout, il faut quand même bien que quelque chose vienne à la place de ce qui était là de tout temps dans notre civilisation. Dans cette histoire, un homme s'unit à une femme dans l'espoir d'obtenir la propriété. Il veut posséder. Pas la femme, il la possède d'emblée, il s'en fout. Non, il veut se baraque, et la femme le sait mais elle se dit : quand même, ce n'est pas possible, je vais lui donner ce qu'il ne sait pas encore vouloir, je vais être son illumination. La femme y croit, à l'amour, contrairement à l'homme qui peut s'en passer. Comme disait Lacan, l'amour c'est donner ce que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas et quand on aime, ça marche quand même, on accepte ce rien dont on n'a pas besoin avec bonheur, mais quand on n'aime pas ça énerve à un point pas croyable, on dit qu'il nous pompe vraiment l'air l'autre. L'homme finit par s'énerver, alors cette maison, quand c'est qu'elle est à moi ? Il n'a pas que ça à faire, il n'a pas qu'elle dans la vie, il a aussi son épouse (une épouse classique qui elle, au moins, n'éprouve plus la torture des sentiments puisque le mariage les a détruits pour toujours, une emmerde de moins) et Gabi, seize ans au compteur, elle finira d'ailleurs au fond d'un lac rempli de déchets ménagers.

« de nos jours, il va de soi que nous avons un métier et que nous sommes indépendantes. J'en ai écrit des choses là-dessus, et c'était parfaitement inutile. »

La femme libérée resterait ainsi une enfant éternelle. Son amour ne s'arrête jamais, mais ce n'est jamais pour le même. Son amour la fait souffrir à chaque fois, mais au moins elle ne pense à rien d'autre et elle accepte tout. Parfois, elle va même travailler. Comme ça elle peut quitter le dernier pour s'en chercher un autre sans être dans la dèche. C'est bien, oui, mais ça ne va sans doute pas changer grand-chose.

« Je récapitule mais, comme toujours, je n'arrive pas à tenir le fil et le laisse choir au dernier moment, boum : la femme veut se sentir en sécurité et pourtant libre. Elle veut sentir beaucoup d'autres choses encore, je suis désolée, ce n'est pas possible. Elle veut que ce type lui dicte sa conduite comme ses chers parents l'ont fait, je suis désolée, ce n'est pas possible. »
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Fx1
  18 mai 2014
Le plus rude de Jelinek . Une plongée dans une vision d'une noirceur extréme qui peut choquer les non avertis . Cette hstoire n'a aucune pitié , ne sombre pour autant jamais dans le glauque et reste en phase avec l'objectif de l'auteur qui est de délivrer le plus pertinent polaroid de l'ame humaine sous tout ces visages . Magistral mais attention , pour adultes avec réserve .
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mtvidiani
  17 mai 2012
Qui réussit à lire cette incessante logorrhée?
J'ai stoppé après 80 pages et j'ai pas envie d'y retourner.
Je n'arrête pas souvent un livre en cours de route mais là plouf !
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crapahutevida
  03 juin 2017
J'ai, à un certain moment, pensé que ce livre n'était qu'une longue logorrhée en fait non, c'est une longue et belle réflexion...
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Jacotte_Fenwick
  08 septembre 2018
ça doit pas être le moment. Rien compris aux premières pages, pas insisté.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   06 août 2016
Pour bien s'y prendre avec les femmes, il faut connaitre le secret. Il n'est pas absolument nécessaire d'être médecin pour éventrer les gens, mais il est préférable de l'être si l'on veut dénicher le serpent logé dans le ventre, ce vilain serpent qui nous a jadis induit en tentation [...].
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SachenkaSachenka   05 août 2016
Quand la gendarmerie veut obtenir des renseignements, elle n'a qu'à entrer d'un air autoritaire et elle n'est pas sans le savoir, elle qui sait toujours tout ; dans presque une maison sur deux se trouve une femme esseulée qui rêve d'ouvrir sa porte au premier venu ; s'il pouvait venir enfin, nous serions au moins deux, et plus tard, la mort viendra peut-être elle aussi. Et là, ce sera sympathique comme tout.
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colimassoncolimasson   30 janvier 2019
Il suffit de poser la main sur la nuque ou le cou des femmes avec la tendresse d’un hypnotiseur et elles renversent la tête en arrière comme des chevaux, découvrent leurs dents et mouillent à tel point que de l’écume jaillit par tous leurs orifices. Nul ne les voit rêvasser à leurs amours défuntes. Mais tout le monde les voit aspirer à un nouvel amour que voici déjà. Quelle chance que j’aie tout de même pris la voiture. Ô voiture japonaise de classe moyenne et de couleur claire que l’on a vue sur les lieux du crime ! La langue pointe hors de la bouche ouverte, elle veut être matraquée par une autre langue, où est la limite ? Les lèvres veulent encore s’attarder longtemps à l’endroit où la chose s’est produite et échanger encore davantage de caresses, à croire que cela se passe comme dans un petit roman à l’eau de rose ; du fer-blanc contre des chaînes en or, des bagues et des bracelets, de même que l’on a donné de l’or pour du fer, où est la limite ?
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colimassoncolimasson   04 mars 2019
Ce moi féminin, oui, je vois maintenant que c’est un véritable moi ; depuis quelques années seulement, depuis qu’il y a une ministre spécialement pour lui mais que l’on a hélas remerciée, ce moi féminin est habitué, voire encouragé par les journaux à prendre des décisions de son propre chef. Il frappe alors une fois et jette son dévolu sur l’homme qu’il a sous les yeux, qui le dérange, fait couler des larmes et risque de tout casser sans même avoir besoin de palabrer. Il lui suffit d’être là. Je me bats pour toi, dit la femme. Non merci, il ne fallait vraiment pas, dit l’homme.
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colimassoncolimasson   08 mars 2019
Ce jour-là, cette femme s’est précipitée sur cet homme dont elle a extirpé la queue de but en blanc et droit au but pour s’en servir comme d’un fil conducteur jusqu’à son intérieur. Mais une fois dedans -la béance du vide. Où un être humain peut-il donc, quand il manque de personnalité, aller en chercher pour remplir son existence ? Ce sont souvent des inconnus qui doivent la remplir en payant le prix fort. Et quand ces inconnus ne veulent pas payer, on est perdant sur toute la ligne et on le paie très cher. Il y a de quoi en mourir ! Tel est le principe de la pornographie, que l’on sache lire ou non : on entre, on sort, et au bout de quelques centimètres c’est la fin des haricots.
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