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Yasmin Hoffmann (Traducteur)Maryvonne Litaize (Traducteur)
ISBN : 2877110559
Éditeur : Jacqueline Chambon (19/05/1998)
Résumé :
Lorsqu'il rentre du travail, le directeur continue de donner des ordres. Gerti, sa femme, écarte les cuisses en rêvant d'un ailleurs. Entre les gifles prodiguées au fils qui doit apprendre le violon et le management de son usine de papeterie, Hermann n'a pas de temps à perdre avec les mots. Dans ce roman qui a scandalisé l'Allemagne, Elfriede Jelinek dresse un portrait au vitriol de la petite bourgeoisie autrichienne et, ce faisant, met à nu la violence d'une socié... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  07 mai 2013
J'avais tellement aimé Elfriede Jelinek dans La Pianiste ou Les Exclus que j'en ai acheté un lot. Parmi eux, un bouquin vert pomme (vous venez de comprendre que ce n'est pas la même que celle présentée ici) avec le ruban rouge : Prix Nobel de Littérature 2004. Bien évidemment, je me rue sur celui-ci, au nom bien mystérieux.

En lisant la quatrième de couverture, je découvre alors qu'il s'agit d'un texte à caractère érotique. Bon allez, on y est, on y est, ne faisons pas l'effarouchée non plus, hein ! Après tout, dans ses autres oeuvres, certaines scènes pornographiques pouvaient soulever le coeur. Après recherche, j'apprends que ce bouquin fit scandale (tu m'étonnes, John ! ) et que le terme "lust" signifie "désir physique intense", "luxure", "débauche" (j'aurai appris quelque chose, c'est déjà ça).

Eh bien, que dire ? Je l'ai abandonné à la page 54 (sur 278) ! Et je ne comprends même pas qu'on s'y soit attaché. Dans un style quelque peu pompeux (jeu de mots maître Capello ! ), Jelinek nous décrit comment un patron d'entreprise assouvit ses désirs sur sa femme. Cette dernière apparaît comme transparente, silencieuse, soumise. Rien de transcendant.... le rapport maître / esclave est mis en relief, d'accord, mais d'autres bouquins ont fait cela beaucoup mieux sans pour autant avoir recours à ce stratagème.
Que l'on fasse un bouquin érotique ne me gêne pas, à condition qu'il y ait une histoire (ce qui me paraît être primordial tout de même) et qu'on veuille dire quelque chose. Mais là... J'ai dû passer à côté du message que Jelinek a voulu transmettre. Tant pis, je m'en remettrai !!!
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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IreneAdler
  23 juin 2013
Challenge Nobel 2013/2014
1/15
Bien, bien. Mon challenge Nobel, ainsi que ma prise de contact avec Jelineck commencent assez mal. Voulant lire un titre moins connu que La Pianiste je me suis laissée tenter par Lust (envie, en allemand).
Un homme marié, directeur d'une usine à papier, a peur du sida. Il ne va donc plus chez les putes, mais satisfait ses envies et fantasmes sur sa femme. Considérée en gros comme un bout de viande. Ma foi, ce genre de lecture étant dans l'air du temps, feu ! Doublé en plus d'une critique sociale de l'Autriche.
Eh bien, non. Pas les thématiques, mais l'écriture. le style est assez étrange, mais ça demande de l'adaptation, quelques pages pour s'y faire. Seulement, chaque phrase ou presque est un sujet différent : le mari, les sévices qu'il inflige à sa femme, puis le fils, et enfin ce qu'il advint du "bas" peuple des ouvriers. du coup pas de fil conducteur, on ne sait jamais de quoi parle la phrase suivante. Et les sujets dans l'air du temps n'ont pas l'air d'être pour moi (surtout que c'est violent).
Cela ne m'a jamais dérangé que l'auteur se plaise à perturber le lecteur, qu'il le surprenne. Mais là, vraiment, je n'ai pas réussi à accrocher, à éprouver de l'empathie (ça en revanche, c'est volontaire).
Mais ce n'est pas grave, j'ai 14 autres titres sur ma liste et Jelineck d'autres titres dans sa bibliographie. Courage !
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Philippe67
  07 juillet 2013
Le moins qu'on puisse dire c'est que ce livre n'est pas tiède : on aime ou on déteste mais il ne laisse pas indifférent.
Le style est très particulier violent cru volontairement provocateur. Ca tient du pamphlet plus que du roman. Je n'ai vu ni érotisme ni pornographie, le sexe est un défouloir pour les hommes et les femmes subissent, essayent d'éviter au maximum les hommes, de ne pas les exciter mais peine perdue... la nature de l'homme est plus forte. Bon c'est très caricatural et poussé à l'extrême mais l'auteur veut choquer et elle y réussi.
Moi j'ai adoré ce livre et je vais lire d'autres écrit de cette auteur.
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Vanros
  06 septembre 2015
En Autriche (appelée Hitlerland par l'auteure), Gerti, la femme, épouse à la quarantaine "déclinante", subit les assauts de Hermann, son mari dont la libido est particulièrement développée et exigeante. Ses besoins sont d'autant plus impératifs qu'il occupe le poste enviable de directeur de la papeterie locale ; il a le pouvoir sur les corps, les esprits, les portefeuilles et en use. Au sein d'une belle maison bourgeoise, Gerti cohabite avec le fils, petit monstre. A la suite d'un assaut particulièrement violent, la femme décide de prendre un amant. Elle rencontre un étudiant, dont elle tombe amoureuse, de la seule manière qu'elle connaît ; se laisser posséder comme un bout de chair. Elle revoit l'étudiant qui s'avérera décevant. de retour au nid conjugal, et toujours sous la menace des envies du mari, elle décide de provoquer la rupture de ce cercle infernal, en supprimant l'enfant.
Elfriede JELINEK règle ses comptes :
D'abord avec le patriarcat, qui cantonne la femme à un être inférieur, à la merci de l'homme. La femme du roman voit son univers mental réduit au " KKK" ; comme il fut un temps coutume dans le monde germanique, la femme devait se soumettre à l'Eglise (Kirche), à la cuisine (Kueche), aux enfants (Kinder). La situation des femmes en est rendue d'autant plus difficile que la culture dominante s'est emparée de la revendication des années soixante ; le "jouir sans entrave", est dénoncé par l'auteure, quand il permet aux "dominants" d'écraser un peu plus les "dominés".
Elfriede JELINEK dénonce ici le matérialisme et les valeurs de compétition soutenant la société autrichienne, et par la famille (cellule de base de cette société) à ses yeux (ceux d'une ancienne militante communiste), cette société, est composée de riches et de pauvres, qui vivent terrorisés à l'idée de perdre leur confort acheté à crédit.
La lecture de ce roman peut apparaître difficile, car l'auteure ambitionne de rompre avec les procédés narratifs classiques , et le lecteur doit abandonner ses repères ; à la manière du public de 1910 devant les demoiselles d'Avignon du peintre Picasso, il faut accepter ne pas retrouver le déroulé classique d'une histoire, les descriptions des paysages, des sentiments. Comme face aux oeuvres cubistes, le lecteur peut ne pas apprécier, mais reconnaître la qualité, la quantité et la sincérité de la démarche littéraire.
En 2004, l'académie du prix Nobel de littérature, justifiant son choix en faveur de Elfriede JELINEK, a souligné "le flot de voix et de contre-voix dans ses romans et ses drames qui dévoilent avec une exceptionnelle passion langagière l'absurdité et le pouvoir autoritaire des clichés sociaux."
Ici, s'entremêlent plusieurs registres d'écrit ; dans un même paragraphe, le lecteur naviguera de la considération économique, sociale, du catéchisme catholique, en passant par le slogan pop, politique, les argots pornographiques (les "choses" ne sont jamais appelés par leur propres noms, et les scènes pornographiques empruntent aux langues sportive, agricole, mécanique, économique ....) Un peu à la manière d'une composition dadaïste, d'un collage. le texte peut apparaître confu, baroque à la manière d'une pâtisserie viennoise, mais les télescopages apparaissent souvent heureux, témoignant d'un vrai talent créatif.
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Cristie
  22 août 2013
De cet auteur je connaissais : " La pianiste " dont l'histoire avait été mis en scène par Michael Haneke. Un film que j'avais trouvé bouleversant !
Comment parler de Lust il n'y a pas réellement d'histoire ou disant plutôt que l'auteur s'est totalement éloignée du genre romanesque. C'est une oeuvre totalement atypique qui a valu le prix nobel à Elfriede Jélinek mais qui a suscité un tollé a sa sortie. Penchons-nous d'abord sur l'histoire :
Quelque part dans une ville d'Autriche, un patron d'entreprise se livre à des actes d'une rare obscénité ainsi que d'une rare violence sur sa femme au sein de leur confortable villa. Ne pouvant aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte en raison de maladies telles que le sida il faut bien que sa femme serve à quelque chose et autant la rentabiliser au maximum ... Cette femme qui est rarement nommée apparaît comme silencieuse transparente et soumise et leur fils est sur la voie toute tracée pour suivre les traces de son père. La femme afin de survivre à ce quotidien n'aura pour seule ressource que de se prendre un amant qui se servira d'elle comme faire-valoir ...
C'est un livre déstabilisant par son thème, par son écriture, par sa narration. Il est constitué de courtes phrases souvent nominales, truffé de métaphores et sans un semblant de structure narrative ce qui rend la lecture particulièrement ardue.
Je ne vous parle même pas du thème qui est d'une violence telle que je n'en avais jamais lue. C'est un roman pornographique au féminin et Lust signifie envie, plaisir, désir, luxure, volupté. On a accusé l'auteur de faire l'apologie de l'obscénité quand d'autres prétendaient que son objectif n'était que de choquer pour montrer cette violence qui a cour derrière une certaine respectabilité bourgeoise ainsi que les effets d'une soi disant libération sexuelle.
Pour ma part, j'ai abandonné à la page 112 même si j'ai trouvé intéressante cette mise à nu du système patriarcal dominant au travers du pouvoir, de l'argent, du langage et du sexe je n'ai pas adhéré à cette création d'esthétisme de l'obscénité, à se déploiement de métaphores et à ce manque d'histoire. Je n'ai pas perçu le message de l'auteur et tout nobel qu'il soit je préfère me tourner vers d'autres champs !

Lien : http://depuislecadredemafene..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
VanrosVanros   06 septembre 2015
L'homme est ce qu'il mange. Jusqu'à ce que le travail le réduise à n'être plus qu'un tas de détritus, un bonhomme de neige fondu. Que déjà meurtri par sa naissance, il ne lui reste plus le moindre trou par où se faufiler. Oui, les hommes, d'ici à ce qu'ils se soient enfin entendus et apprennent la vérité sur leur propre compte... En attendant écoutez -moi : ces êtres indignes ne sont importants et accueillants qu'un seul et unique jour, celui de leurs noces. Un an n'est pas passé que les voilà saisis à cause du mobilier et des voitures. On effectue alors une rafle familiale quand ils ne peuvent plus régler les mensualités. Ils en sont encore à payer les lits dans lesquels ils se vautrent ! Sourient à des visages étrangers qu'ils mènent à leurs crèches. Ils voudraient tant que flottent quelques brins de paille au gré de leur haleine, la nuit, avant de reprendre la route. Mais nous, étrangers, exilés, chaque jour nous devons nous lever à l'aube, avec pour unique perspective notre petite route tout au long de laquelle cependant d'autres désirent et exploitent nos gentils partenaires sexuels. Et l'on voudrait que les femmes brûlent d'un feu intérieur. Mais elles ne sont que foyers de braises éteintes sur lesquelles l'ombre vespérale tombe dès les premières heures du jour lorsque, quittant le gouffre de leurs lits sous les combles d'où elles surveillent l'enfant qui braille, elles se traînent droit dans le ventre de l'usine. Rentrez donc chez vous si vous en avez assez ! Vous n'inspirez pas l'envie, et il y a longtemps que votre beauté ne désarme plus personne, au contraire, il vous quitte d'un pas léger et fait démarrer sa voiture ailleurs, là où la rosée scintille sous les premiers rayons, à mille lieues de vos ternes cheveux !
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Comme on s'installe dans un fauteuil, juste un moment, dans la feinte sécurité des nouvelles du soir, il s'est lourdement laissé tomber dans la femme
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Ainsi la femme se tient elle immobile comme une cuvette de cabinet pour que l'homme puisse y faire ses affaires
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Ainsi va la vie. Car elle nous a fait frivoles pour nous consoler de nos misères!
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