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Yasmin Hoffmann (Traducteur)Maryvonne Litaize (Traducteur)
EAN : 9782020146159
282 pages
Éditeur : Seuil (02/02/1996)

Note moyenne : 3.14/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Lorsqu'il rentre du travail, le directeur continue de donner des ordres. Gerti, sa femme, écarte les cuisses en rêvant d'un ailleurs. Entre les gifles prodiguées au fils qui doit apprendre le violon et le management de son usine de papeterie, Hermann n'a pas de temps à perdre avec les mots. Dans ce roman qui a scandalisé l'Allemagne, Elfriede Jelinek dresse un portrait au vitriol de la petite bourgeoisie autrichienne et, ce faisant, met à nu la violence d'une socié... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  07 mai 2013
J'avais tellement aimé Elfriede Jelinek dans La Pianiste ou Les Exclus que j'en ai acheté un lot. Parmi eux, un bouquin vert pomme (vous venez de comprendre que ce n'est pas la même que celle présentée ici) avec le ruban rouge : Prix Nobel de Littérature 2004. Bien évidemment, je me rue sur celui-ci, au nom bien mystérieux.

En lisant la quatrième de couverture, je découvre alors qu'il s'agit d'un texte à caractère érotique. Bon allez, on y est, on y est, ne faisons pas l'effarouchée non plus, hein ! Après tout, dans ses autres oeuvres, certaines scènes pornographiques pouvaient soulever le coeur. Après recherche, j'apprends que ce bouquin fit scandale (tu m'étonnes, John ! ) et que le terme "lust" signifie "désir physique intense", "luxure", "débauche" (j'aurai appris quelque chose, c'est déjà ça).

Eh bien, que dire ? Je l'ai abandonné à la page 54 (sur 278) ! Et je ne comprends même pas qu'on s'y soit attaché. Dans un style quelque peu pompeux (jeu de mots maître Capello ! ), Jelinek nous décrit comment un patron d'entreprise assouvit ses désirs sur sa femme. Cette dernière apparaît comme transparente, silencieuse, soumise. Rien de transcendant.... le rapport maître / esclave est mis en relief, d'accord, mais d'autres bouquins ont fait cela beaucoup mieux sans pour autant avoir recours à ce stratagème.
Que l'on fasse un bouquin érotique ne me gêne pas, à condition qu'il y ait une histoire (ce qui me paraît être primordial tout de même) et qu'on veuille dire quelque chose. Mais là... J'ai dû passer à côté du message que Jelinek a voulu transmettre. Tant pis, je m'en remettrai !!!
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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IreneAdler
  23 juin 2013
Challenge Nobel 2013/2014
1/15
Bien, bien. Mon challenge Nobel, ainsi que ma prise de contact avec Jelineck commencent assez mal. Voulant lire un titre moins connu que La Pianiste je me suis laissée tenter par Lust (envie, en allemand).
Un homme marié, directeur d'une usine à papier, a peur du sida. Il ne va donc plus chez les putes, mais satisfait ses envies et fantasmes sur sa femme. Considérée en gros comme un bout de viande. Ma foi, ce genre de lecture étant dans l'air du temps, feu ! Doublé en plus d'une critique sociale de l'Autriche.
Eh bien, non. Pas les thématiques, mais l'écriture. le style est assez étrange, mais ça demande de l'adaptation, quelques pages pour s'y faire. Seulement, chaque phrase ou presque est un sujet différent : le mari, les sévices qu'il inflige à sa femme, puis le fils, et enfin ce qu'il advint du "bas" peuple des ouvriers. du coup pas de fil conducteur, on ne sait jamais de quoi parle la phrase suivante. Et les sujets dans l'air du temps n'ont pas l'air d'être pour moi (surtout que c'est violent).
Cela ne m'a jamais dérangé que l'auteur se plaise à perturber le lecteur, qu'il le surprenne. Mais là, vraiment, je n'ai pas réussi à accrocher, à éprouver de l'empathie (ça en revanche, c'est volontaire).
Mais ce n'est pas grave, j'ai 14 autres titres sur ma liste et Jelineck d'autres titres dans sa bibliographie. Courage !
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Philippe67
  07 juillet 2013
Le moins qu'on puisse dire c'est que ce livre n'est pas tiède : on aime ou on déteste mais il ne laisse pas indifférent.
Le style est très particulier violent cru volontairement provocateur. Ca tient du pamphlet plus que du roman. Je n'ai vu ni érotisme ni pornographie, le sexe est un défouloir pour les hommes et les femmes subissent, essayent d'éviter au maximum les hommes, de ne pas les exciter mais peine perdue... la nature de l'homme est plus forte. Bon c'est très caricatural et poussé à l'extrême mais l'auteur veut choquer et elle y réussi.
Moi j'ai adoré ce livre et je vais lire d'autres écrit de cette auteur.
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spinozoo
  26 juin 2020
Une demie étoile, si j'avais pu, j'aurais mis un quart d'étoile, voire pas d'étoile du tout ! Je n'avais jamais pensé proposer ici un livre que je n'aimais pas, pourtant c'est intéressant de se poser cette question : pourquoi je ne l'aime pas ? Et, là, c'est l'archétype même du livre que je n'aime pas ! Alors, allons-y !
Jelinek, écrivaine autrichienne, lauréate du prix Nobel en 2004 nous propose dans Lust, un regard décalé sur un homme, directeur d'une usine de papier en Autriche, sa femme et son fils. Ils sont désignés comme ça, très rarement par leurs prénoms. C'est un regard décalé car non réaliste ou naturaliste, comme peut l'être un roman de Zola ou De Maupassant, ici, on pense plutôt à Beckett ou Ionesco. C'est un premier élément qui rend la lecture difficile - ceux qui trouvent cette lecture aisée nous racontent des histoires ! Je dois avouer que j'ai arrêté à la moitié à peu près, pour le reste, j'ai lu des passages ici et là, dont la fin. Je me suis rendu compte qu'on pouvait très bien lire le livre à l'envers, commencer par la fin puis remonter les paragraphes à l'envers, ça ne change pas grand-chose à la compréhension ! On peut aussi ouvrir au hasard et lire un passage : on va tomber neuf fois sur dix sur une scène de sexe, ou une scène pornographique si on veut. Là, j'ai pensé à Sade, donc quelque chose qui met fortement mal à l'aise : c'est un deuxième élément qui rend la lecture difficile, le malaise que l'on ressent.
L'histoire tient en peu de mot. le directeur, un homme, sans doute quinquagénaire, mais rien ne le dit, dirige une usine de papier, et lorsqu'il revient à la maison « consomme » sa femme, il est impossible de dire « fait l'amour », il ne s'agit nullement d'amour, mais bien de consommation violente, c'est un prédateur. Alternent à cela des considérations « sociales » ou politiques concernant les ouvriers, les derniers de corvée, ceux qui souffrent et sont exploités, ainsi que d'autres péripéties secondaires. L'objet du livre, c'est bien de montrer l'exploitation de l'homme par l'homme, l'exploitation de la femme par l'homme. La femme, dans ce livre, comme le dit le bon docteur Lacan « n'existe pas ». Elle est juste un réceptacle pour que l'homme puisse se soulager. Les scènes de sexe sont évidemment exemptes de toute forme de plaisir, et de sentiment humain, c'est une mécanique qui se met en route, comme à l'usine, une machine qui a besoin de perforer, de pénétrer, de se soulager. Rien d'humain là-dedans !
Donc, la question c'est au fond qu'est-ce qui fait qu'on aime un roman ou pas ? Je crois qu'il est d'abord nécessaire que puisse s'établir un lien dialogique entre le lecteur, l'auteur et l'oeuvre, ou entre au moins deux de ces éléments. Un lien dialogique, pour moi, c'est un aller retour, une forme de compréhension réciproque : tiens, ce qu'il dit là me parle, me touche, provoque des émotions, du plaisir… Toute chose qui peut permettre au lecteur de se dire : je suis partie prenante de ce que je lis, je ne suis pas un acteur passif, quelque chose se passe en moi au fil des pages, je me sens proche (ou pas ) de l'auteur, ses mots me touchent, me bouleversent, m'effraient, et surtout me donnent à penser . Je fais partie avec l'auteur et avec l'oeuvre d'une sorte de communauté dialogique. Tout simplement, un dialogue silencieux s'installe, et, en tant que lecteur, j'ai une place, un rôle à jouer.
La question qui se pose avec ce livre, c'est : quelle place Jelinek accorde t-elle au lecteur ? Lust ressasse et retourne toujours les mêmes questions : la prédation, la consommation de la femme et accessoirement des ouvriers par un grand prédateur (on pourrait rajouter blanc, capitaliste). On est, comme chez Beckett dans un autre monde parallèle au notre. C'est un monde sans émotions positives : ici tout n'est que haine, brutalité et violence. Noirceur totale. Ce n'est pas de l'ordre de la tragédie. La tragédie permet l'espoir, la tragédie permet qu'il y ait des héros lumineux. Elle est profondément humaine. Chez Beckett, on trouve de l'humour, de la drôlerie, et même de la fraternité. Ici tout est inhumain.
Alors, on peut dire qu'il s'agit de faire réfléchir aussi à cette question de la domination masculine et à celle du capitalisme qui broie les êtres. Certes, pourtant, nombre d'ouvrages sociologiques, historiques ou autres, permettent cette réflexion, et ce beaucoup mieux, car ici, il y a un effet de sidération qui bloque toute pensée, et un effet de rejet tant le dégoût est fort. La sidération empêche de penser.
Alors, pourquoi cette demie étoile ? Et bien, c'est vrai que Jelinek mérite peut-être son prix Nobel car elle sait écrire de jolies phrases avec de jolis mots. Quelquefois même, on croit pouvoir percevoir un petit souffle lyrique… Oh, ça ne dure pas longtemps, on s'aperçoit vite que ce souffle, en fait, n'est qu'ironie et cynisme.
Tout écrivain s'inscrit consciemment ou non, dans une filiation historique, politique, philosophique. Ici, je ne crois pas que Jelinek fasse une oeuvre « utile » pour faire prendre conscience de faits sociaux de domination, je crois qu'on est juste dans le pur néant, dans la pure négativité, et son écriture donne une idée de la jouissance qu'elle trouve à cette négativité.
Un autre prix Nobel, Albert Camus s'est véritablement intéressé aux affaires humaines, et quand on le lit, on se sent concerné, on se sent pris par la main en tant qu'humain, et on a envie d'avancer, de penser, de construire avec lui, sans rien méconnaître des souffrances des êtres, sans rien méconnaître de la difficulté de vivre.
Ici, rien de tel, on a juste envie de fermer le livre, envie de se réveiller vite, comme après un cauchemar, et de passer à autre chose.
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Vanros
  06 septembre 2015
En Autriche (appelée Hitlerland par l'auteure), Gerti, la femme, épouse à la quarantaine "déclinante", subit les assauts de Hermann, son mari dont la libido est particulièrement développée et exigeante. Ses besoins sont d'autant plus impératifs qu'il occupe le poste enviable de directeur de la papeterie locale ; il a le pouvoir sur les corps, les esprits, les portefeuilles et en use. Au sein d'une belle maison bourgeoise, Gerti cohabite avec le fils, petit monstre. A la suite d'un assaut particulièrement violent, la femme décide de prendre un amant. Elle rencontre un étudiant, dont elle tombe amoureuse, de la seule manière qu'elle connaît ; se laisser posséder comme un bout de chair. Elle revoit l'étudiant qui s'avérera décevant. de retour au nid conjugal, et toujours sous la menace des envies du mari, elle décide de provoquer la rupture de ce cercle infernal, en supprimant l'enfant.
Elfriede JELINEK règle ses comptes :
D'abord avec le patriarcat, qui cantonne la femme à un être inférieur, à la merci de l'homme. La femme du roman voit son univers mental réduit au " KKK" ; comme il fut un temps coutume dans le monde germanique, la femme devait se soumettre à l'Eglise (Kirche), à la cuisine (Kueche), aux enfants (Kinder). La situation des femmes en est rendue d'autant plus difficile que la culture dominante s'est emparée de la revendication des années soixante ; le "jouir sans entrave", est dénoncé par l'auteure, quand il permet aux "dominants" d'écraser un peu plus les "dominés".
Elfriede JELINEK dénonce ici le matérialisme et les valeurs de compétition soutenant la société autrichienne, et par la famille (cellule de base de cette société) à ses yeux (ceux d'une ancienne militante communiste), cette société, est composée de riches et de pauvres, qui vivent terrorisés à l'idée de perdre leur confort acheté à crédit.
La lecture de ce roman peut apparaître difficile, car l'auteure ambitionne de rompre avec les procédés narratifs classiques , et le lecteur doit abandonner ses repères ; à la manière du public de 1910 devant les demoiselles d'Avignon du peintre Picasso, il faut accepter ne pas retrouver le déroulé classique d'une histoire, les descriptions des paysages, des sentiments. Comme face aux oeuvres cubistes, le lecteur peut ne pas apprécier, mais reconnaître la qualité, la quantité et la sincérité de la démarche littéraire.
En 2004, l'académie du prix Nobel de littérature, justifiant son choix en faveur de Elfriede JELINEK, a souligné "le flot de voix et de contre-voix dans ses romans et ses drames qui dévoilent avec une exceptionnelle passion langagière l'absurdité et le pouvoir autoritaire des clichés sociaux."
Ici, s'entremêlent plusieurs registres d'écrit ; dans un même paragraphe, le lecteur naviguera de la considération économique, sociale, du catéchisme catholique, en passant par le slogan pop, politique, les argots pornographiques (les "choses" ne sont jamais appelés par leur propres noms, et les scènes pornographiques empruntent aux langues sportive, agricole, mécanique, économique ....) Un peu à la manière d'une composition dadaïste, d'un collage. le texte peut apparaître confu, baroque à la manière d'une pâtisserie viennoise, mais les télescopages apparaissent souvent heureux, témoignant d'un vrai talent créatif.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
VanrosVanros   06 septembre 2015
L'homme est ce qu'il mange. Jusqu'à ce que le travail le réduise à n'être plus qu'un tas de détritus, un bonhomme de neige fondu. Que déjà meurtri par sa naissance, il ne lui reste plus le moindre trou par où se faufiler. Oui, les hommes, d'ici à ce qu'ils se soient enfin entendus et apprennent la vérité sur leur propre compte... En attendant écoutez -moi : ces êtres indignes ne sont importants et accueillants qu'un seul et unique jour, celui de leurs noces. Un an n'est pas passé que les voilà saisis à cause du mobilier et des voitures. On effectue alors une rafle familiale quand ils ne peuvent plus régler les mensualités. Ils en sont encore à payer les lits dans lesquels ils se vautrent ! Sourient à des visages étrangers qu'ils mènent à leurs crèches. Ils voudraient tant que flottent quelques brins de paille au gré de leur haleine, la nuit, avant de reprendre la route. Mais nous, étrangers, exilés, chaque jour nous devons nous lever à l'aube, avec pour unique perspective notre petite route tout au long de laquelle cependant d'autres désirent et exploitent nos gentils partenaires sexuels. Et l'on voudrait que les femmes brûlent d'un feu intérieur. Mais elles ne sont que foyers de braises éteintes sur lesquelles l'ombre vespérale tombe dès les premières heures du jour lorsque, quittant le gouffre de leurs lits sous les combles d'où elles surveillent l'enfant qui braille, elles se traînent droit dans le ventre de l'usine. Rentrez donc chez vous si vous en avez assez ! Vous n'inspirez pas l'envie, et il y a longtemps que votre beauté ne désarme plus personne, au contraire, il vous quitte d'un pas léger et fait démarrer sa voiture ailleurs, là où la rosée scintille sous les premiers rayons, à mille lieues de vos ternes cheveux !
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Comme on s'installe dans un fauteuil, juste un moment, dans la feinte sécurité des nouvelles du soir, il s'est lourdement laissé tomber dans la femme
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Ainsi la femme se tient elle immobile comme une cuvette de cabinet pour que l'homme puisse y faire ses affaires
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Philippe67Philippe67   07 juillet 2013
Ainsi va la vie. Car elle nous a fait frivoles pour nous consoler de nos misères!
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