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Mélanie Fazi (Traducteur)
ISBN : 2352940257
Éditeur : Bragelonne (05/02/2007)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Elevée en marge de la société, la jeune Fern vit aux limites du monde réel.

Son esprit vagabonde à l'affût des voix et des messages qu'exprime la nature dont elle connaît de nombreux mystères. Sa mère adoptive lui a transmis, jour après jour, la science des plantes et de leurs vertus, de la façon de mener un accouchement à celle de provoquer des avortements.

Mais le monde qui les entoure est en train de changer. Et il suffit d'un faux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
bountyfrei
  12 janvier 2016
Fern est une jeune femme qui vit dans une chaumière, loin du village, avec Maman Cullen. Maman n'est pas vraiment sa mère, mais tout le monde l'appelle ainsi. Capable de déclencher des accouchements, des avortements ou encore de découvrir le sexe d'un bébé avant sa naissance rien qu'en l'écoutant, elle vit au milieu des plantes qui guérissent et tuent, et enseigne petit à petit son savoir à sa jeune protégée. Guérisseuse un peu sorcière, Maman se retrouve hospitalisée - elle n'est plus toute jeune. Fern va donc devoir prendre la relève et affronter le réel, ses dangers, et découvrir un monde où même si vous avez sauvé la vie d'un homme, il ne vous le rendra pas. Quittant petit-à-petit l'imaginaire pour rentrer dans l'ère de modernisme qui pointe son nez dans les années 60 (études, diplômes, ect...), Fern s'en sortira-t-elle sans Maman ?
C'est un roman qui navigue entre deux époques, entre deux mondes. Resterons-nous attachés au passé, ou au contraire, embrasserons-nous le futur ? Resterons-nous dans l'imaginaire, avec cette magie sous-jacente ou accepterons-nous la réalité ? On oscille entre les deux, avec une Fern qui ne sait plus ou donner de la tête. C'est une jeune fille loin d'être naïve, qui marche dans les pas de Maman tout en essayant de s'ouvrir au monde, même si celui-ci ne veut pas d'elle. Bien sûr, l'imaginaire et tout le savoir de Maman l'accompagne, mais y croit-elle vraiment ?
La dualité est un thème qui reste ancré jusqu'à la fin, entre l'horreur et l'amour, le passé et l'avenir, l'amitié qui se construit et se défait, le réel et l'imaginaire, la haine des villageois qui se montrent amicaux par moments, les hippies qui sont tantôt présentés sous leur meilleur jour, puis rabaissés au rang de drogués inconscients de leurs actes. Chaque personnage, lieu, sentiment, exprime cette dualité du mieux que possible. A nous et à Fern de choisir de quel côté nous souhaitons être...
Graham Joyce a un style planant. On plane littéralement, on se laisse emporter par son style, très descriptif, qu'on a l'impression de faire parti des meubles de cette petite chaumière perdue dans la campagne. Fern se pose des tas de questions sur Maman, sa foi, ses connaissances... Mais aussi sur elle. Bien que nous n'ayons pas toutes les réponses, on se dit que le plus gros et le plus dur est passé pour la jeune fille. Il ne lui reste plus qu'à faire ses choix et construire sa vie ! La fin m'a faite sourire et je pense relire ce livre prochainement. Maintenant que j'ai toutes les réponses, certains détails apparaitrons sous un autre jour, ce qui rendra cette histoire encore plus prenante qu'elle ne l'est déjà. Et bien que l'auteur nous ai quitté en 2014, il a laissé une petite dizaine de livres derrière lui qu'il me tarde de découvrir.
En bref, l'histoire de Maman Cullen et de Fern est touchante, poignante. On reste dans une dualité jusqu'au bout, et cette fin ouverte nous laisse imaginer quel chemin prendra la jeune fille. le style de l'auteur est très prenant, on arrive vite à la fin sans s'en rendre compte. Assurément, un petit bijou de fantastique qu'il faut absolument découvrir !
Lien : http://onceuponatime.ek.la/l..
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Corboland78
  22 novembre 2015
Graham Joyce (1954-2014) est un écrivain britannique, auteur de fantastique. Élevé dans un village minier près de Coventry, Graham Joyce obtient un diplôme d'enseignant à Derby, puis une maîtrise de lettres modernes et de littérature américaine à l'université de Leicester où il rencontre sa future femme, Suzanne. Tout en poursuivant son travail d'écrivain, il enseigne l'écriture à l'université de Nottingham Trent. Son roman, Les Limites de l'enchantement, paru en 2005 vient d'être réédité.
Dans la campagne anglaise des Midlands en 1966. Maman Cullen, soixante-dix-sept ans et « apôtre du Motus, prêchant l'évangile de la Bouche cousue », est sage-femme, de celles qui dans les campagnes exercent leur talent en dehors des institutions, ou bien recommandée par le bouche à oreilles pour faire « passer » la conséquence d'un moment d'égarement, en utilisant filtres et décoctions naturelles. A ses côtés, Fern, sa fille adoptive, élevée à l'écart du monde et qui devrait lui succéder.
Si vous n'êtes pas amateurs de SF, ne vous affolez pas et ne tenez pas compte de la collection dans laquelle ce roman est réédité car il ne relève pas de ce genre. Certes le décor se prêterait à un roman avec elfes et sorciers, nous sommes à la campagne, une vieille femme qui sait tout des pouvoirs des herbes et des secrets de la nature mais ce n'est qu'astuce de l'écrivain. Tout au plus serez-vous intrigués par un léger mystère, quand sera évoqué « la maîtresse » qu'il faut consulter ou bien cette fameuse « Question » que Fern devra poser… mais tout sera éclairci finalement.
En fait il s'agit d'un bon roman initiatique, une sorte de conte, très frais, souriant, voire carrément drôle (comme le rendez-vous galant entre Fern et Arthur !) où tous les acteurs sont gentiment campés, mêmes les « méchants » ne le sont pas plus que ceux des dessins animés de Walt Disney. Un évènement va contraindre Fern à découvrir le monde extérieur, un monde où il y a des hippies – une nouveauté qui surprend ou inquiète -, des gens qui vous en veulent, d'autres qui vous aiment. Fern va vivre des expériences troublantes, dans tous les sens du mot, passer par des hauts et des bas, mais finalement trouver un sens à la nouvelle vie qui s'amorce pour elle.
J'ai bien aimé ce bouquin, aidé aussi et très certainement par les dramatiques évènements récents qui réclamaient que je me plonge dans une lecture douce et apaisante à la fois ; tout ce que ce roman contient.
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Lireoumourir
  18 avril 2016
Chronique de Melisande
J'ai connu Graham Joyce avec le livre Lignes de vie qui m'avait bien plu et surprise à la fois, car même s'il était classé dans la collection SF chez l'éditeur, la touche « fantastique » est peu présente dans l'ouvrage. Il faut que je vous le dise tout de suite, il en va de même pour Les limites de l'enchantement. On flotte entre deux eaux, à la limite du réel, sans pour autant totalement basculer dans le surnaturel, même si effectivement, il y a des choses qui relèveraient plutôt du mystique.
L'écriture de Graham Joyce est vraiment agréable à lire, on se laisse totalement bercer par ses mots si bien que les pages défilent à une vitesse sans qu'on ne s'en rendre compte. Ça se laisse lire tout seul et en un rien de temps on est transporté dans son univers qui est bien particulier. Il sait créer une certaine ambiance à la fois douce et délicate mais aussi étrange et il est assez difficile de la définir. Mais la patte de l'auteur est reconnaissable, j'avais la sensation de me replonger dans la même atmosphère que celle que l'on trouve dans Lignes de vie.
Graham Joyce nous propose ici une histoire touchante. Je n'en ferai pas de résumé, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s'agit d'autant que les événements arrivent plus ou moins vite pour se rendre compte que l'arrivée de ses hippies va changer un certain nombre de choses dans la vie de Fern. Elle qui vivait toujours avec sa mère, bien protégée va se rendre compte de certaines difficultés à partir du moment où se retrouvera en partie seule et les solutions pour s'en sortir ne sont pas si nombreuses.
C'est une intrigue plutôt lente, qui prend son temps mais qui n'en reste pas moins agréable à découvrir. Il faut se laisser emporter par ce qui nous est conté sans pour autant chercher totalement où l'auteur veut nous emmener, le voyage sera d'autant plus intéressant, à mon sens.
Les limites de l'enchantement prône un certain amour de la nature, mais c'est bien plus que cela car il dépeint également une société à la fin des années 60 où il n'est pas toujours facile de vivre, surtout quand on vit en marge de la société comme Fern et sa mère qui ont du mal à s'adapter. Et lorsque l'on s'en prend à Fern pour la déloger de chez elle, très rapidement les problèmes vont commencer pour la jeune fille qui fait de son mieux pour survivre dans cette jungle dont elle ignore les dangers.
Fern est une jeune fille assez naïve qui veut bien faire les choses mais elle est également une jeune fille à forte tête qui est prête à tout pour parvenir à ses fins. Tout au long de cette histoire, on la voit évoluer, devenir plus femme avec des ambitions alors qu'elle n'était au début de l'ouvrage qu'une jeune fille protégée sur sa mère, quelque peu entravée aussi par cette dernière qui ne déléguait pas suffisamment.
En bref, Les limites de l'enchantement est un roman bien sympathique que je vous conseille. C'est une histoire assez surprenante, je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à cela. Les personnages sont vraiment intéressants et l'évolution de Fern tout du long est assez impressionnante. Et rien que pour l'ambiance du livre, il faut le lire.

Lien : http://www.lireoumourir.com/..
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Elvynaa
  13 septembre 2016
Quel pur moment de bonheur. Cet ouvrage m'a laissé un trace indélébile... Je n'ai cessé d'osciller entre tristesse, amertume, engouement et étreinte de mon coeur...
Fern, douce jeune fille adoptée dès sa naissance par Maman Cullen, la guérisseuse, faiseuse d'ange, cuisinière d'un petit patelin en Angleterre. Si vous avez lu "The Fifth Child" de Doris Lessing vous apprécierez d'autant plus cette magnifique critique des années 60 !
L'idée de Graham Joyce, je pense, est de montrer la puissance de la religion sous le couvert d'un capitalisme grandissant et de sa consommation de masse. On ressent bien l'incompréhension et la peur des habitants face à ce qu'on ne peut expliquer. Loin d'un roman de sorcières, cette histoire est tout ce qu'il y a de plus réel. Vous accompagnerez la douce Fern à travers une sorte d'initiation, de rite de passage à l'âge adulte. Comment sauver sa peau quand tout le monde vous prend pour une folle, comment se remettre et se débrouiller seule après la perte d'un être cher, comment passer outre les lois de l'administration et devenir une sage-femme reconnue aux yeux de tous, comment trouver l'amour tout simplement...
Une belle ode à la vie que nous offre l'auteur. A la limite du roman de fantasy, cet ouvrage n'en ai pas moins des plus mystique...
A lire absolument.
PS: l'auteur a une plume incroyable. Il perce à jour la carapace d'une adolescente pour prendre la parole alors que c'est un homme.
BRAVO, un 5/5 bien mérité !
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Noctenbule
  24 février 2016
Prenons le chemin de l'Angleterre rurale des années 60. La première femme vient de voyager dans l'espace. le monde est entrain de changer. Fern va voir aussi son univers se transformer. On n'est jamais préparé à perdre les gens qu'on aime et devoir avancer sans eux.
Dans une petite chaumière, vivent Maman Cullen et sa fille adoptive Fern. Elle va doucement transmettre à sa descendance ces nombreux savoirs folkloriques. Toutefois, elle ne pourra pas tout lui apprendre avant de mourir. En plus, dans la ferme voisine vient de s'installer des hippies qui vont perturber son quotidien. Elle est attirée par Chas qui vient puiser de l'eau dans le jardin. Mais elle ne tente rien pour cause de timidité ce qui n'est pas le cas de son amie Judith. Cela ne va l'empêcher d'avancer doucement mais surement car toute sa vie changer. Elle va apprendre à connaître le Bonheur et c'est déjà beaucoup.
L'histoire ne paraît pas passionnante aux premiers abords. Mais au final, impossible de s'arrêter de tourner les pages tellement que j'ai été captivée par le récit. Fern est un personnage très attachant et j'aimais la suivre. J'aurais aimé être dans le même village qu'elle pour apprendre à la connaître et partager des choses avec elle. Pourquoi pas même me mettre en connexion avec la nature pour partager cette expérience unique qui permet de vivre dans une communauté. J'ai vraiment aimé jusqu'au dernier moment et s'il y avait une suite, je serais prête à la lire. Il faut dire que Graham Joyce possède une plume assez incroyable et entrainante.
Il n'hésite pas à aborder certains sujets sans pour autant y émettre un jugement de valeur. Maman Cullen connaissait les plantes, elle aidait certaines à avorter contre le nom de l'homme responsable de leur état. Elles valaient mieux qu'elles aillent voir Maman que ce fameux imposteur avec des aiguilles à la ville. La contraception ce n'était pas dans l'air du temps et encore moins dans l'air de la campagne. Les deux femmes étaient aussi réputées pour aider les futurs mères pour mettre leurs enfants au monde. D'un coup d'oreille, elles pouvaient savoir le sexe du bébé et savoir si l'accouchement allait bien se passer. Des traditions qui ont durées longtemps dans les zones isolées même si beaucoup de gens trouvaient malsain ou dangereux. Alors, elles s'attiraient beaucoup de mépris même par celles qu'elles ont aidés.
Limites de l'enchantement est un roman réussi. Ce qui est étonnant, c'est la sensation de bien être qu'il laisse une fois terminée. Une belle ode à la nature, à la différence et à l'amitié.
Lien : https://22h05ruedesdames.wor..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   22 novembre 2015
- Non, je n’aime pas les fêtes. Et puis j’ai trop à faire. Je rangeai bruyamment mes outils dans l’appentis et me réfugiai dans la chaumière, claquant la porte derrière moi. Cette invitation m’irritait et me perturbait. Ca en faisait peut-être trop, avec Maman à l’hôpital et l’agence qui voulait m’expulser de la chaumière. Je m’assis dans le vieux fauteuil près de la cheminée, bras croisés. Puis au bout d’un long moment, je me mis à sangloter tout en l’appelant, sachant pourtant qu’elle ne pourrait m’aider. Enfant, on m’invitait rarement à des fêtes. Vivre avec Maman m’avait tenue en marge, et les autres enfants me fuyaient.
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LampyreLampyre   19 novembre 2018
Je rejoignis le sommet de la colline et baissai les yeux. Les paroles de Maman me revinrent à l'esprit. Elle disait qu'il faut regarder au delà de ce qui nous blesse. Écouter les bruits au delà des bruits. Et qu'au bout du compte , la douleur finit toujours par s'en aller, et seule reste alors la beauté.
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sld09sld09   20 novembre 2017
Si je pouvais tout vous raconter d'une traite, alors vous y croiriez sans doute de bout en bout, même la partie la plus étrange. Même celle qui concerne ce que j'ai découvert dans la haie. Si je pouvais dérouler cette histoire d'un seul mouvement, comme Maman retire la pelure d'une pomme en un morceau, sans la briser, avec son canif où le jus scintille, alors vous l'avaleriez sans protester.
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Présentation et bilan de mes lectures du mois de décembre 2015 !
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