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EAN : 9782812622335
208 pages
Editions du Rouergue (06/10/2021)
4.12/5   8 notes
Résumé :
Comme chaque matin depuis que la Terre supporte ce vieux continent noir de soleil, balafré de pistes poussiéreuses et bordées d'épineux, les femmes sont de corvée d'eau. Elia avec les autres, elle qui voudrait aller à l'école comme ses frères. Mais ce jour- là, les singes hurleurs, les barbicans et les pygargues vocifères accompagnent ses premiers pas hors du village, couvrant de leurs cris la musique creuse des bidons accrochés aux flancs de l'âne. Elia n'y prête p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
AudreyT
  17 décembre 2021
****
Elia est encore une toute jeune fille quand elle est confrontée à l'une des plus violentes traditions de son pays, le Malawi. Dans cette enclave d'Afrique du Sud, on pratique encore le Kusasa fumbi. C'est dans un camp retranché, caché de tous, qu'un homme qu'on appelle une hyène, est chargé de les déflorer, alors qu'elles sont à peine pubères. Ces jeunes filles, qui sont encore des enfants, portent la charge de la prospérité de leur famille, et n'ont pas le choix que d'accepter leur destin. Elia pourtant, ne veut pas de cette vie là...
Première découverte de la plume de Fabienne Juhel avec ce très beau roman, le festin des hyènes. Racontée comme un conte, avec une écriture poétique et détaillée, l'histoire d'Elia est terrible. Naître fille est une première punition : elles ne vont pas à l'école, elles partagent très tôt les tâches quotidiennes de leur mère et elles sont de corvée d'eau.
En grandissant, c'est une seconde injustice qui s'abat sur elles. Afin d'éloigner le mauvais oeil, et pour honorer leurs futurs époux, les filles sont envoyées dans un camp de vacances, sur une île isolée. Après une éducation sexuelle enseignée en quelques jours, elles attendent le fusi dans une case sombre, qui va le déflorer.
Au-delà de l'histoire de ces filles, celle de Ladarius n'est pas plus glorieuse. Cet homme, qu'on a écarté de la société, à qui on demande d'honorer les traditions, n'est pas à envier. Il est seul, il sait que sa vie ne dépassera jamais ces actes sexuels qu'il opère mécaniquement, qu'il ne pourra jamais être aimé. C'est un paria, un orphelin qui effraie et qu'on rejette.
L'histoire d'Elia est émouvante et révoltante. Penser que de telles atrocités se pratiquent encore de nos jours est tout simplement impensable.
Et puis regarder sa fille, son bébé, son tout-petit, et confirmer qu'on pourrait donner sa vie pour qu'elle puisse vivre la sienne librement...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2021..
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MaminouG
  14 octobre 2021
Après avoir lu – et beaucoup aimé – "La femme murée", "La chaise n°14" et "La mâle-mort entre les dents", je viens de découvrir "Le festin des hyènes", dernier roman de Fabienne Juhel que j'attendais avec une grande impatience. J'en ressors profondément émue et totalement éblouie.
Profondément émue par l'histoire, par la vie de ces femmes Malawites soumises à leurs maris et reléguées aux seules tâches ménagères, éducation des enfants et portage de l'eau chaque jour. Elia en fait partie de ces filles qui chaque matin s'en vont par les chemins poussiéreux. Affublée de bidons dont le bruit scande ses pas elle marche ainsi jusqu'au marigot où elle retrouvera ses congénères. Elia ne veut pas de cette vie-là. Elle veut aller à l'école comme ses frères. Hélas, son destin est scellé depuis que, pour la première fois, du sang a coulé entre ses cuisses.
Profondément émue par cette coutume ancestrale qu'est le Kusasa fumbi, rite sexuel de défloration d'une jeune fille vierge par un homme appelé hyène. Dans un camp aménagé sur une île loin de tout, camp pompeusement appelé "CAMP DE VACANCES POUR JEUNES FILLES", les familles confient leurs filles à Tafadzwa, une vieille, pour la préparation à la vie maritale.
Profondément émue aussi par Ladarius, ce fusi, cet homme-hyène, que l'on pourrait imaginer heureux d'entrer en relation avec pléthore de jeunes filles vierges et d'en faire des femmes. Mais finalement, il n'est rien, privé d'amour et devant vivre caché, sorte de paria que chacun évite. Car d'amour, il n'en est pas question : une nuit, juste une nuit pour accomplir son travail, son méfait ? Un métier, juste un métier, bien rémunéré certes, mais un métier qui fait de lui un homme à part. Ladarius, un coupable aux allures de victime…
Profondément émue et totalement éblouie. Totalement éblouie pas l'écriture de l'auteur qui nous narre des faits réels à la manière d'un conte, une écriture particulièrement travaillée, aux allures de poèmes, une écriture imagée et d'une grande élégance tintée parfois d'une pointe de malice. Fabienne Juhel n'a pas son pareil, en effet, pour nous parler de sexe "J'ai senti qu'elle m'en voulait. Comme si elle m'avait catalogué, qu'elle avait compris que ça ne nous amusait pas d'emballer notre canne à sucre avec de la cellophane à chaque fois que nous prenait une envie de baiser." Elle a de la même façon un talent particulier qui décrit la beauté de la nature, des arbres, de la faune et de la flore, le rire des hyènes et le chant des oiseaux.
Entre bien et mal, beauté et horreur ce roman est absolument grandiose.

Lien : https://memo-emoi.fr
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itzamna
  28 novembre 2021
J'ai eu plaisir de retrouver dans ce Festin des hyènes, ce qui m'attire dans l'écriture de Fabienne Juhel : un mélange de poésie, de douceur, et la violence de l'histoire, la brutalité des Hommes.
Dans le festin des hyènes, Fabienne Juhel nous conduit au Malawi, à la découverte d'une coutume dont je n'avais entendu parler, une tradition brutale qui entérine à jamais la place des femmes au sein de la société : soumise, élevée pour servir, son père puis son mari, ses enfants et toute la famille. L'auteure nous présente Elia, une jeune adolescente intelligente et courageuse, qui aspire à une autre vie que celle à laquelle son village et sa famille la destine. Elle sait lire et subit avec colère l'injustice qui permet à ses frères seuls d'aller à l'école pendant qu'elle est de corvée d'eau, comme toutes les femmes et jeunes fille du village. Elia rêve de pouvoir donner à ses filles un autre avenir que le sien, même si elle espère encore pour elle-même un destin différent de celui de sa mère. Cependant, la tradition et le pouvoir des mères est trop puissant pour se sortir de cette spirale reproductrice. Un matin, la jeune Elia a ses règles, et son destin en est scellé par les traditions ancestrales.
En parallèle, nous suivons le parcours non moins dramatique de Ladarius que le destin a transformé en enfant-sorcier puis en homme-hyène, ou fusi, destiné à faire perdre leur virginité à toutes les jeunes filles de la région dès leurs premières règles. Ladarius pourrait est présenté comme un violeur brutal et sans états d'âme. Mais ce serait sans compter sur le talent de Fabienne Juhel qui en fait un être faible, un peu à l'image des hyènes mâles, perçu comme un paria par sa communauté et utilisé pour perpétuer cette tradition d'un autre temps. Un être soumis aux décisions du chef du village, au détriment de sa vie puisqu'il finira par attraper le sida. le faible et le soumis n'est pas forcément celui que l'on croit, même si Elia fini par subir le rituel du Kusasa fumbi tandis que Ladarius se préoccupe peu de transmettre le virus aux jeunes femmes qu'il initie. le parallèle fait par Fabienne Juhel avec la vie des hyènes, mâles et femelles, est très juste : qui des hommes ou des femmes détient finalement le pouvoir ? Ces hommes qui envoient leurs filles se faire violer par le fusi ? Les mères qui les jettent entre leurs mains, sachant très bien ce qui les attend ? le fusi dont c'est la mission ? Quels que soient les responsables, les victimes restent les jeunes filles.
Pour porter cette histoire dramatique et tirée de faits réels, et toujours d'actualité dans cette région du Malawi, l'auteure prend appui sur une plume précise, des mots recherchés, des sonorités travaillées et une poésie troublante. Cette confrontation entre le ton du récit, emprunt de douceur, même dans les scènes où l'auteure décrit les rapports de Ladarius avec les fillettes, et la violence du propos, la brutalité des mères et l'indifférence des pères, rend ce roman très troublant. Une même émotion qu'après la lecture de ses autres récits, notamment A l'angle du renard.
Un beau récit, malgré sa violence, inspiré d'une enquête du journal le Monde, parue en 2017.
Lien : https://itzamna-librairie.bl..
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Manonlitetvadrouilleaussi
  23 décembre 2021
le festin des hyènes c'est plonger au coeur des traditions du Malawi, et plus particulièrement du Kusasa Fumbi, un rite subit, une nouvelle fois, par les jeunes filles…
La hyène. Animal boudé et moqué de la savane. La femelle est la cheffe de meute, ses organes sexuels semblables à ceux des mâles. La hyène. le Fisi. C'est aussi le nom donné à l'homme qui accomplit le Kusasa Fumbi chez les Fétiches.
Dans son roman, Fabienne Juhel nous déroule un récit en trois parties portées par les voix d'Elia et Ladarius. Chaque premier chapitre nous parle du carnivore, de la Hyène-Mère et de ses petits (j'y ai retrouvé un petit air du Lièvre d'Amérique de Mireille Gagné). N'ayant pas relu la 4ieme je ne savais pas vers quoi je me dirigeais, mais je comprenais petit à petit vers quel destin Elia se prédestinait. Elia n'est pas comme toutes les jeunes filles du village. Elle rêve d'une autre vie, de celle où elle n'entendra plus Maman Sambani lui ordonner tous les matins « Il est temps ma fille, d'aller puiser l'eau au marigot ». Une vie, où elle ne marchera pas dans les pas de sa mère et de toutes les femmes avant elle. Une vie, où comme ses frères elle pourra s'instruire. « La corvée d'eau rognait sur les heures d'apprentissage, elle tuait dans l'oeuf, dès l'ovule, toute manoeuvre de sédition ».Mais ce jour-là, Maman Sambani avait tout planifier. Elia avait bien senti qu'elle était différente. Direction l'île, le camp et la rencontre avec le Fisi…
D'emblée, nous considérons ces hommes comme des bourreaux, mais avec Ladarius, Fabienne Juhel aborde un angle différent. Ladarius apparaît lui aussi comme une victime.  Victime de ses pairs, victime des traditions. Lui l'orphelin, le laissé-pour-compte, qui à l'instant où nous le rencontrons ne se leurre guère sur la suite de son chemin…
Je ne vous en dis pas plus si ce n'est que j'ai beaucoup aimé ce roman, tant sur le fond que la forme, et j'espère qu'il trouvera de nombreux lecteurs …
 
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