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EAN : 9782070387823
240 pages
Gallimard (04/10/1994)
4.06/5   41 notes
Résumé :
C'est un petit paysan, un enfant sensible, attachant.
Il découvre le monde des adultes, la vie, la peur, la tendresse. Il se livre à ses premières expériences, douces-amères ou tragiques. Enfant de troupe, il connaît la solitude, l'ennui, la cruauté de certains chefs, mais aussi l'amitié. Plus tard, avec le retour à la vie civile, c'est une autre solitude, une autre forme d'ennui et de désespoir. Mais il y aura cette ouverture, cette lumière possible que sugg... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Retour de lecture sur "L'inattendu", un roman écrit par Charles Juliet, et publié en 1992. C'est l'histoire d'un enfant, un jeune paysan dont nous ne connaîtrons pas le nom, qui grandit seul avec pour seul amour celui de sa mère et de ses animaux. Il découvre la vie, le monde des adultes, la peur, la tendresse. On le retrouve ensuite enfant de troupe, où il se sent un peu en décalage, a du mal avec l'autorité. Il éprouve beaucoup de difficultés à s'intégrer, se sent différent et s'ennuie beaucoup, mais découvre là l'amitié. Après un parcours militaire peu exaltant, il retourne ensuite dans la vie civile et nous le retrouvons avec une toute autre forme de solitude, d'ennui et de désespoir. Dans le dernier chapitre nous comprenons l'origine du mal qui l'accable, et il trouvera la lumière sous la forme d'une rencontre inattendue. Tout cela n'est pas forcément très gai, un parcours avec beaucoup de solitude, mais il est raconté avec énormément de tendresse et de sensibilité, avec une structure de roman très aérée qui rend cette lecture très agréable. Ce très beau roman est en grande partie autobiographique, et reprend des étapes de la vie de l'auteur: son enfance à la ferme, sa vie d'enfant de troupe, puis sa vie militaire. Il est relativement court, est constitué de 8 chapitres, qui sont autant d'étapes de la transformation de l'enfant vers l'homme adulte. C'est un livre totalement atypique, chacun de ces chapitres racontant une étape différente, mais de manière totalement indépendante, avec un narrateur qui n'est pas toujours le même. On lit un peu ce roman comme on pourrait lire un recueil de nouvelles, avec pourtant un fil conducteur entre toutes ces histoires qui est le personnage principal qui correspond successivement à "l'enfant", "il", "je", puis finalement François. Comme dans un album photo, chaque chapitre est un instantané d'une période de sa vie avec à chaque fois une lumière différente, une autre ambiance en fonction de son avancement dans sa vie d'adulte, de sa maturité. le dernier chapitre est très beau, donne un sens et conclut magnifiquement ce parcours. L'écriture de Juliet est très belle, très douce et dépouillée. On est souvent bouleversé par la manière dont il relate, avec très peu de mots, ses souvenirs douloureux d'enfance ou d'adolescence. C'est au final un très beau livre, très original dans sa structure et son écriture, très touchant, et la belle découverte d'un nouvel auteur pour moi.

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"Enfoui sous toi qui gémissais, perdu dans l'infini du plaisir, mes yeux errant d'une étoile à l'autre dans l'immensité du ciel, j'ai dû convenir en moi-même pour la première fois de mon existence que la vie n'est pas que peur, angoisse et souffrance, qu'elle sait parfois se montrer bienveillante, qu'il arrive même qu'on soit pris d'une dévotion éperdue pour ce qu'elle nous concède."
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« L'inattendu ». Un court roman organisé comme le serait un recueil de nouvelles : huit courts chapitres autour d'un fil conducteur, la mutation progressive de l'enfant François vers l'homme François. Un texte très largement autobiographique si l'on en croit la biographie de l'auteur : enfance à la campagne, enfant de troupe, militaire…
L'originalité et ce qui rend ce roman proche du recueil de nouvelles, c'est l'indépendance des chapitres :
« L'humus » : A la campagne ; un narrateur, un enfant dénommé l'enfant, sans plus de précisions.
« Dimanche d'été » : le même enfant à la campagne où il garde les vaches. C'est lui le narrateur.
« Second trimestre » : sous la forme du journal d'un enfant de troupe, François, qui meurt d'ennui en caserne.
« Un capitaine » : c'est la transformation de l'enfant en homme par l'intermédiaire du fameux capitaine…
« Un après-midi » : François, devenu le narrateur, continue à mourir d'ennui dans une vie civile peuplée des fantômes de l'adolescence que l'alcool ne parvient pas à inhiber.
« le retour » : le retour aux sources, à la campagne… nostalgie.
« L'inattendu » : au détour d'un carrefour, la rencontre inattendue. le capitaine et sa femme… Ce capitaine tellement dur à la caserne, mais qui fit de François un homme ; si dur que l'enfant de troupe que François était alors s'était juré vengeance. Et sa femme… si sensuelle…

Un bien beau texte, original dans sa forme, sur un sujet, « l'initiation » d'un jeune homme, certes galvaudé, mais que l'habileté de Charles Juliet nous permet de redécouvrir.
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Enfant dans une ferme, puis enfant de troupe, c'est l'histoire de François.
Certainement celle de l'auteur.
La première partie m'a parue un peu plaquée et ne procure pas trop d'émotion.
« L'enfant », « il », sans jamais le nommer, ça crée trop de distance.
La deuxième partie emploie le « je », toujours pour parler du même enfant.
Ensuite c'est écrit sous forme d'un journal intime.
Enfin, on y arrive, c'est la forme « François » qui arrive.
Et on termine sur le « je »personnellement, je n'ai pas aimé tous ces exercices de style qui à mon goût desservent plutôt l'histoire.
Bref, pas de passion pour ce livre.
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François est un petit paysan, un "gardien de vaches" timide et sensible.
Il devient "enfant de troupe" et connaît alors des expériences difficiles, il rencontre les épreuves imposées, la cruauté, l'humiliation.
Adulte il est seul, et il s'ennuie, le désespoir l'accable.
Mais voici, en fin d'ouvrage, que s'ouvre l'espoir, avec l'amour !
Le livre de Charles Juliet est curieusement construit: petits chapitres au début, suite d'évènements ou de sensations, d'anecdotes et de souvenirs racontés comme un exercice d'écriture.
Le sujet change: il, l'enfant,je, François...
Je me suis laissée convaincre par ce très beau texte.
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L'histoire d'un enfant de paysan dans ses peurs et ses doutes. Son amour aveugle pour sa mère. Ses animaux pour uniques amis.
L'histoire d'un adolescent enfant de troupes solitaire et toujours craintif. Impulsif, parfois violent, qui ne trouve un exutoire que dans la rédaction de son journal.
L'histoire d'un adulte en proie à la mélancolie, à l'hésitation perpétuelle. Une vie de tristes pensées anciennes.

Et puis...
et puis, l'inattendu, la rencontre merveilleuse, le retour aux souvenirs heureux.

Il nous faut attendre les vingt dernières pages de ce roman pour ressentir une illumination, redécouvrir la poésie du style de Charles Juliet qui nous avait tant ému à la lecture de Lambeaux. Alors, une petite déception car vingt pages sur deux cent cela peut paraître peu. Mais tout de même, quel style!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Enfoui sous toi qui gémissais, perdu dans l'infini du plaisir, mes yeux errant d'une étoile à l'autre dans l'immensité du ciel, j'ai dû convenir en moi-même pour la première fois de mon existence que la vie n'est pas que peur, angoisse et souffrance, qu'elle sait parfois se montrer bienveillante, qu'il arrive même qu'on soit pris d'une dévotion éperdue pour ce qu'elle nous concède.
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En passant devant une vitrine, j’aperçois un visage dénué d’expression, éteint, mort. Après quelques pas, je réalise que c’est le mien. Et pourtant, c’est celui d’un autre, et je me retourne pour voir si je ne suis pas derrière moi. (p 170)
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Presque chaque jour, à la sortie de l'école, l'enfant lui rend visite. Il frappe au carreau le plus doucement possible, entre, balbutie un bonsoir respectueux, puis s'assoit sur le petit tabouret. L'homme s'arrête alors de travailler. En silence, prenant son temps, avec grand soin, il roule une cigarette, l'allume avec un curieux briquet à amadou, tire la première bouffée en plissant les paupières. Et ce n'est qu'après avoir rejeté la fumée en une lente expiration qu'il dit à voix douce : Alors? As-tu bien travaillé aujourd'hui?
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- Et toi, poursuit-il, tu as voyagé?
J'hésite à lui dire. Il insiste.
- Oui j'ai voyagé. Et je peux même dire que je continue. Sans trêve.
- Ah oui, lâche-t-il, alors que son regard se fait plus intense. Dans quel pays?
- Dans un pays qui est presque toujours à ma disposition. Mais je ne parviens pas à le connaître, ni même à m'y sentir chez moi.
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Avant que tu ne partes, je veux également te dire ceci: il aurait suffi d'un rien pour faire de toi un type exemplaire. Au lieu de ça, tu es un petit voyou. Mais à tout bien considérer, je ne veux pas m'en plaindre, car il n'y a qu'avec des gars comme toi qu'on peut arriver à quelque chose. Les autres, ça ne vaut rien. C'est de la merde. Toi, tu es une bonne petite graine de révolté. Tu as de l'orgueil, de la tripe, tout ce qu'il faut pour devenir un vaillant officier. Quand tu auras passé quelques mois sous ma coupe, tu verras, ce sera parfait. Je t'aurai appris combien il est exaltant d'être un chef et d'exercer un commandement. Tu vois, mon petit, les homes, ce ne sont rien d'autre que des marionnettes. Dès que tu as un peu de psychologie, tu les manoeuvres comme tu veux. Tu joues sur la bêtise, sur l'amour-propre, sur le désir de paraître, tu enrobes tout ça avec un peu de flatterie, et ça marche à tout coup.
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Videos de Charles Juliet (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Avec Marc Alexandre Oho Bambe, Nassuf Djailani, Olivier Adam, Bruno Doucey, Laura Lutard, Katerina Apostolopoulou, Sofía Karámpali Farhat & Murielle Szac Accompagnés de Caroline Benz au piano
Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main.
112 poètes parmi lesquels :
Chawki Abdelamir, Olivier Adam, Maram al-Masri, Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Nawel Ben Kraïem, Tanella Boni, Katia Bouchoueva, Giorgio Caproni, Marianne Catzaras, Roja Chamankar, Mah Chong-gi, Laetitia Cuvelier, Louis-Philippe Dalembert, Najwan Darwish, Flora Aurima Devatine, Estelle Dumortier, Mireille Fargier-Caruso, Sabine Huynh, Imasango, Charles Juliet, Sofía Karámpali Farhat, Aurélia Lassaque, Bernard Lavilliers, Perrine le Querrec, Laura Lutard, Yvon le Men, Jidi Majia, Anna Malihon, Hala Mohammad, James Noël, Marc Alexandre Oho Bambe, Marie Pavlenko, Paola Pigani, Florentine Rey, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Pierre Soletti, Fabienne Swiatly, Murielle Szac, Laura Tirandaz, André Velter, Anne Waldman, Eom Won-tae, Lubov Yakymtchouk, Ella Yevtouchenko…
« Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en soucie-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire tu pars, et l'histoire est sans pitié. »
Circé – Poèmes d'argile , par Margaret Atwood
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