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EAN : 9782867447518
384 pages
Éditeur : P.O.L. (14/03/2000)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Au tréfonds de l'être, une plaie suinte, que maintiennent à vif maintes de ces questions auxquelles il n'est jamais facile de fournir une réponse : vivre, le faut-il ? Quelle signification lui attribuer ? Et que doit-on faire de sa vie ? Quel sens lui donner - ou en recevoir ? Et s'il semble rigoureusement indispensable de se connaitre, cet être que je suis, quel est-il ? Dois-je le subir dans tout ce qu'il est ? Ou bien, puis-je le transformer ? Mais alors, dans qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
sweetie
  24 février 2021
« Spectateur d'un moi terriblement morne et ennuyeux, je traînasse loin derrière moi-même. »
Charles Juliet, dans le premier tome de son journal (1957-1964), dévoile sans pudeur son mal de vivre. À vingt-trois ans, après une enfance en famille d'accueil et une adolescence vécue sous l'uniforme dans une école militaire, il décide de se consacrer à l'écriture et à l'introspection, abandonnant dès lors ses études en médecine. « Si je n'avais pas l'écriture, je ne pourrais vivre. Et pourtant, c'est précisément l'écriture qui me rend la vie impossible. (…) Affronter chaque jour l'ennui, le dégoût de soi, l'horreur de vivre, pour les mettre en mots, est une tâche surhumaine. »
Être hypersensible, Charles Juliet veut vivre sans compromis avec lui-même dans un monde qu'il pressent chaotique et dans lequel il se sent exclu. « Quand on me demande ce que je fais et qu'il me faut avouer que j'écris, je suis gagné par la honte. »
J'apprécie le genre littéraire du journal et celui-ci relève plus que jamais de la sphère intime; j'en ai entrepris la lecture sans me douter de la charge émotive que je retrouverais dans ses pages, ne connaissant de Charles Juliet que son passage récent à La Grande Librairie. Cet homme calme au regard triste m'a bouleversée par ses phrases lourdes de sens et cette lecture que j'ai débutée au lit, il a fallu que je la lise au grand jour pour mieux dormir ensuite. La prose magnifique enrobe un discours troublant, sorte de face à face cruel avec son ego. L'auteur reconnaît lui-même que la relecture de ces notes fut pour lui une épreuve empreinte de consternation, de confusion et de désolation mais qu'il avait à l'époque une exigence de « ne pas se mentir à soi-même, se clarifier et faire sourdre la lumière là où sévissent les ténèbres. »
Les journaux de Charles Juliet se continuent sur une longue période et je continuerai d'y faire des incursions de façon sporadique.
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Moglug
  22 juillet 2018
Avant d'entamer ce premier volume des journaux de Charles Juliet, il est nécessaire d'avoir lu le neuvième pour ne pas sombrer dans le désespoir. Il est nécessaire de savoir qu'une issue positive existe à tout ce marasme ou bien vous risqueriez de clore ce premier volume après trois pages. Ce journal se lit comme une succession d'aphorismes quasi quotidiens sur la mort, le suicide, l'ennui, la haine de soi, le néant... le programme n'est pas reluisant mais l'exercice de connaissance de soi, de sincérité et de lucidité qu'entreprend ici Charles Juliet est saisissant de courage. Il invite à assumer l'image que le miroir renvoie à chacun d'entre nous, cette étape nécessaire à toute renaissance, à tout dépassement de l'ego, à tout amour véritable de soi et surtout d'autrui. Et puis, laborieusement, quelques lueurs émergent. A méditer longtemps...
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marguerite18
  26 avril 2019
Dans l'édition Hachette de 1978 cet ouvrage s'intitule simplement Journal I, mais le titre de Ténèbres en terre froide lui convient parfaitement tant il est sombre et oppressant. Il s'agit d'une oeuvre égotiste, autocentrée, d'une introspection acharnée où l'auteur ne s'intéresse qu'à son vécu douloureux et à son labeur d'écrivain. Les tiers n'y sont évoqués que de manière très allusive, ainsi sa femme M.L, une certaine Denise, un dénommé Descombin, son frère Robert. Il n'y fait que brièvement allusion au peintre et sculpteur Giacometti, à Reverzy, Kafka, Rilke. Peu de respiration donc, d'ouverture vers l'extérieur. Les saisons ne sont guère marquées et ne semblent pas influencer Charles Juliet en proie le plus souvent à un identique marasme. Celui-ci note quelques voyages sans en rien dire toutefois. Les mots ennui, désespoir, épuisement sont les vocables les plus fréquents et surtout celui de suicide, obsessionnel, qui revient presque à chaque page, ce qui n'empêche pas l'homme d'avoir désormais atteint 85 ans. Souffrant d'un fond dépressif hérité probablement de sa mère et aggravé par les privations et humiliations de toute sorte vécues lorsqu'il était enfant de troupe à l'école militaire d'Aix-en-Provence, l'auteur a fait le choix audacieux de se consacrer à l'écriture, sa femme acceptant d'assumer seule la charge matérielle du ménage. Ainsi Charles Juliet s'est privé de l'exercice équilibrant d'un métier, d'une activité quotidienne, ce qu'il revendique, estimant que toute profession l'aurait empêché d'écrire. Certes, il a souffert, creusé en lui-même, s'est interrogé et nombre de notes de son journal revêtent un certain intérêt, mais son égoïsme, sa morbidité agacent.
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PascalOlivier
  26 juin 2017
« 13 janvier
La triste et banale histoire de tout amour: il commence dans l'avidité, se poursuit dans les habitudes et s'achève dans l'ennui. »
Cette 3eme entrée dans le 1er journal (1957-1964) de Charles Juliet donne le ton : rien, absolument rien ne sera épargné ni à l'auteur ni au lecteur qui va assister, impuissant, à une véritable descente aux enfers spirituelle de l'écrivain. Aux journées tétanisantes d'ennui se succèdent les rencontres embarrassantes et les pensées suicidaires. « Je marche, marche… Je suis certain d'avoir tout raté, d'être un médiocre promis à une minable déchéance. Seule pensée qui me donne un peu d'apaisement, celle du suicide, qui vient pourtant tout aggraver. » La lecture de ce journal intime est réellement effrayante, d'autant plus qu'une certaine lucidité alliée à une impossible exigence font que nous ne pouvons que comprendre cet homme pris dans les filets du désespoir. Comment ne pas être saisi d'effroi lorsque nous comprenons que le jeune écrivain passe des journées assis devant son bureau sans pouvoir écrire une ligne ? « Comment veux-tu pouvoir écrire ? Tu te hais. » Charles Juliet creuse en lui, au plus profond, il veut déceler son origine, son essence même. Cette obsession lui fait passer ou renier tous les instants de légèreté que la vie lui apporte. « Vivre aux aguets de soi-même, à l'écoute de sa lucidité, c'est arracher de soi les racines de la vie. » Mais ce journal est l'occasion de découvrir un immense poète à l'orée de sa vie artistique, et on est à chaque page estomaqué par les fulgurances qui traversent les pensées de l'écrivain: » Seule une oeuvre pourrait conférer ordre, sens et continuité à ma vie. » Et c'est dans les derniers pages de ce dense journal qu'on aperçoit enfin une clarté qui vient éclairer la vie de Charles Juliet, à son grand étonnement. Les racines sont là, une vie d'écrivain peut commencer. Mourir pour mieux renaître.
Lien : https://cestarrivepresdechez..
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keisha
  15 février 2014
Savoir que l'auteur est toujours vivant (il est né en 1934) et a choisi Apaisement comme dernier titre m'a vraiment aidée à affronter le volume I puisque je n'ignorais pas ainsi qu'il avait survécu à des moments intérieurs terribles. Ténèbres en terre froide, avec ses entrées brèves (contrairement à Apaisement), c'est la grande claque pour le lecteur. Tentation permanente du suicide, souffrance, épuisement, horreur de vivre, ennui. de plus (ou alors ce sera son salut?) "il te faut écrire, écrire, c'est-à-dire t'épier, te ronger, demeurer aux aguets, toujours exiger de toi le maximum et le meilleur."
"Parfois, je cède à mon sens de la vanité de toute création, et je décide de m'arrêter d'écrire. Mais alors l'existence m'apparaît tellement insupportable, que je n'ai plus rien à quoi me raccrocher. Ne reste plus que la solution du suicide. Mais l'effroi qu'il m'inspire m'assure que je n'aurai jamais le courage de l'accomplir. Et je suis renvoyé à la vie, donc à l'écriture, à cette drogue qu'est l'abrutissement quotidien de longues heures de travail."
"J'appartiens à cette catégorie d'écrivains pour qui écrire est toujours plus ardu, car pour eux, écrire est un moyen de s'explorer, se connaître, progresser vers toujours plus de lucidité et de conscience."
Il écrit donc. Romans, nouvelles, poèmes.
"Le poète a pour rôle de s'offrir à l'inconnu, de conduire à la lumière de la conscience ce qui gît dans les ténèbres du non-connu, du non-défriché. Il doit donc obéir à une volonté de clarifier, d'éclairer. Pourtant, la plupart des poètes semblent obéir à une volonté contraire."
Et le fameux Journal:
"J'aime écrire dans ce Journal. C'est pour moi un espace de liberté. Je ne me fixe aucune règle, sinon celle d'être totalement simple et sincère. Mais cette règle je n'ai pas à me l'imposer. Depuis longtemps elle est inscrite en moi et il m'est facile de m'y soumettre." (Journal VII)
De 1957 à 1964, une certaine évolution se fait jour, bien sûr, mais la tonalité demeure noire. Ce journal est paru beaucoup plus tard, sans retouches. Charles Juliet y parle aussi d'écrivains, peintres, sculpteurs, de rencontres, d'événements de son passé. Il lui faudra bien du temps pour être reconnu.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   26 février 2012
18 février 1960 : Il est des êtres qui cultivent une apparente difficulté de vivre à seule fin de se croire supérieurs à ceux que ces tourments épargnent. Mais pourquoi celui qui souffre et cherche, devrait-il s’estimer supérieur à celui qui ni ne souffre, ni ne cherche ? Face à la vie, nous sommes tous des infirmes, et nul n’est fondé à se croire supérieur ou inférieur à quiconque.
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SBysSBys   14 février 2017
Écrire, c'est soutenir le face à face avec l'insoutenable, s'acharner sa vie durant à creuser un seul et même petit dérisoire sillon. C'est une entreprise surhumaine d'une grandiose humilité. Et moi, condamné à mon sillon, je serai heureux le jour où je pourrai me comparer à un bœuf de labour, où j'aurai un peu de sa lenteur, son obstination, sa puissance.
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ViannaVianna   19 octobre 2013
Nous n'appréhendons un être qu'à travers ce que nous sommes, et inconsciemment, nous nous projetons en lui, lui supposons ce que nous trouvons en nous-même. Cette stupéfaction lorsque nous découvrons qu'il n' est rien de ce que nous imaginons qu'il est.
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Alice_Alice_   26 février 2012
27 octobre 1959 : Si vivre, c’est recherche l’être, comment considérer la vie de la plupart ? Leur besoin de sécurité et de toujours plus grande sécurité ? Ils amassent, amassent, ignorant qu’ils sont promis au trou.
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marguerite18marguerite18   27 avril 2019
Perds la fâcheuse habitude que tu as de ne cesser de te comparer aux écrivains que tu admires. Inévitablement, cette comparaison tourne à ta confusion, et sous le poids du doute, de l'accablement, du dépit, du manque de confiance, tu risques à chaque fois de t'effondrer. Laisse là cette manie et ne te préoccupe plus de savoir ce qu'exactement tu vaux. Ce qu'il faut, c'est tenir sa place, humblement, courageusement, sas avoir souci de soi, sans s'interroger sur ses capacités, sans s'obstiner sur ses limites.
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Videos de Charles Juliet (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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