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EAN : 9782867442124
56 pages
P.O.L. (30/11/-1)
4.28/5   58 notes
Résumé :
Quatre saisons. Quatre lettres adressées à l’amie lointaine.
Jour de printemps. Il marche dans les vignes, les bois, alors qu’un poème se compose dans sa tête. Ce texte parle de l’avidité de vivre. De l’attente. L’attente de ce qu’aucun mot ne saurait nommer.
Nuit d’un été torride. Naguère, un enfant s’était enfoncé dans la forêt à la recherche de trois hêtres immenses. Il ne les avait pas trouvés, mais il avait vécu quelques minutes inoubliables près ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Dans la lumière des saisons, on suit les pas de Charles Juliet, sur le chemin qui nous mène du printemps à l'hiver. Au fil de ce collier de jours, on attend, on espère, on s'élance, on tombe, on se trompe, puis, on contemple et on se pose.

Entre attente et peurs, ennui et solitude, le temps file entre les doigts, sans qu'on comprenne que chaque instant est une perle. On court sans regarder, à la recherche de ce qui nous manque, alors que tout est déjà là, ici et maintenant.

En apprenant à se libérer des noeuds, le chemin devient plus facile, en accord avec la nature, en accord avec soi. Lâcher prise, accepter d'être dans l'ignorance, laisser la vie suivre son cours, avec ses bonheurs et ses peines, les uns portant les autres, comme les ombres la lumière.

Et c'est alors que l'auteur, au bout de cette aventure, de ce chemin qui mène vers soi, nous offre ce petit roman, dont les mots coulent comme d'une source, dans le silence d'une clairière.

« […] un bruit très doux, un murmure très étouffé. Une source était là, et au pied du rocher, l'eau qui lentement s'écoulait luisait au soleil. Je me suis agenouillé, ai plongé mon visage en feu dans la fraîcheur de cette eau claire, et à amples goulées, j'ai longuement bu. »

C'est magnifique.
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Second lecture de cet auteur découvert par hasard...Une pure merveille, un auteur comme on les aime, qui a quelque chose à dire et qui sait le dire...une balade à travers les 4 saisons, avec l'intensité de l'émotion et le charme des descriptions. Une réflexion simple et profonde sur ce que nous sommes, sur ce besoin de se "parcourir" pour se trouver, se comprendre et s'accepter...A lire et relire sans jamais se lasser.
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🌷 Printemps 🌷
« J'attends que sourde la lumière
que meure le temps
que jaillisse l'eau dont j'ai soif. »
(P.16)

☀ Été ☀
« L'hiver, quand on subit les brouillards, le froid, la neige, on rêve de l'été. Mais lorsqu'il est là, avec les nuits où le sommeil se refuse, ses chaleurs exténuantes, ce mal-être dans lequel elles nous mettent, on se prend à le maudire. »
(P.26)

🍂 Automne 🍂
« Une douceur est là, présente dans l'air, les lumières, les ciels qui pâlissent. En elle se profile la menace du déclin, et c'est peut-être cette menace qui donne tant de prix à la splendeur de ces journées où la vie jette ses derniers feux. »
(P.46)

❄ Hiver ❄
« Mon village est sous la neige, et depuis quelques jours, la température oscille entre moins quinze et moins vingt. Je suis seul. J'apprécie ces journées d'hiver où le dehors me repousse. Ou rien ne vient s'opposer à ce que je ne love en ma pénombre. »
(P.66)

🍃 Voir les saisons défiler à travers les mots d'un homme à son amie lointaine. S'inspirer d'elles, mais aussi les vivre pleinement : la nature seule n'obéit pas aux saisons qui passent ; l'homme lui-même s'imprègne et se nourrit, malgré lui ou en son âme et conscience, de l'environnement qui l'entoure.
La vie est un éternel cycle dont l'homme est tantôt prisonnier tantôt maître ; l'été fait jaillir les espoirs que l'hiver avilit sans vergogne. Elle est un voyage à l'intérieur de soi ; un chemin d'humeurs et de désirs, d'attentes et d'imprévus. le temps qui passe, les saisons qui défilent ; voilà en nous la nature qui se développe lentement. Puissent les mots évoquer l'immensité et la somptuosité de l'univers indomptable, et nous donner la force de croire en un bonheur intimement précieux.
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Il y a quelques années Charles Juliet a été invité à l'Université de Nantes. Cette conférence est disponible sur internet. Je ne me suis pas encore plongée dans son oeuvre poétique. Je tournicote, je finasse, là est mon tourment.
"Dans la lumière des saisons", Charles Juliet s'adresse à une amie qui s'est expatrier au Texas pour rédiger sa thèse. Charles Juliet écrit quatre lettres, chacune correspondant à une saison. La première date du 26 mars. le printemps s'éveille, la nature explose. le poète vagabonde dans les collines, dans les vignes. Ces balades nourrissent son histoire, sa vie intérieure, sa poésie. La seconde lettre du 4 août. La chaleur éreinte la terre, les animaux aussi bien que les hommes. le poète a un rapport complexe avec l'été. Il évoque son adolescence, les vacances, la liberté, les découvertes et surtout l'aventure. La troisième missive date du 30 octobre. L'automne est déjà vieux de quelques semaines. C'est la saison préférée de l'auteur. Il aime travailler tôt le matin et se recueillir devant l'aube naissante. L'automne est aussi synonyme de maturité de l'existence. Dans cette lettre, Charles Juliet évoque ces lectures (recueils de poèmes, essais, romans, ouvrages de philosophie, mémoires...). Enfin, la dernière lettre date du 10 janvier. L'hiver s'est installé. le village où vit le poète est sous la neige et il fait froid. Il nourrit les oiseaux. C'est une saison où la lenteur est la maitresse du temps et par la même de l'âme. L'ennuie se mêle à l'impatience.
Je suis fascinée par l'écriture épistolaire. Comme elle peut être séduisante.
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Première rencontre avec Charles Juliet et je ne sais trouver les mots pour répondre à ce que donne ceux-là, pour vous dire l'enchantement intime partagé sur ces pages « où rien ne vient s'opposer à ce que je me love en ma pénombre », ce moment de lecture « si fragile, si précieux, si intense « . Quatre saisons pour quatre temps en promenade bucolique, en errance féconde, en échanges, en expériences et intuitions; quatre saisons en métaphore de vie intérieure, conscience et poétique. Une plume exquise qui décrit ces « régions » du dehors et du dedans, s'attardant sur les réflexions, les émotions, le regard non pas en arrière mais en profondeur sur le chemin parcouru, le chemin du lecteur, de l'auteur, dont les passions, bien que toujours vives, s'apaisent. Vives autrement. Vivre autrement. En patience et confiance, consentant, « mouvements d'approche et de repli « .

Lire "Dans la lumière des saisons" ou l'heure d'un bonheur.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
30 octobre
Amie chère, extrait 6


   Il y a un mois, c'était mon anniversaire, et cette
époque de ma vie semble marquer pour moi le
commencement d'une nouvelle étape. Jusqu'alors, je
me réjouissais de vieillir, de voir s'estomper mon
enfance et ma jeunesse, d'aller à la rencontre de
cette maturité dont je souhaitais la venue depuis si
longtemps. Mais aujourd'hui, il me paraît que bien
des choses ont changé. J'en ai pris conscience en
constatant que mon rapport à la lecture et aux livres
n'est plus ce qu'il était.
   Avec l'écriture, la grande passion de ma vie a
été, est encore la lecture. Chez moi, dans les cafés,
les autobus, voire dans la rue, ou lors d'une insomnie,
dès que je le pouvais, je me plongeais dans un
livre. J'ai parfois passé des semaines entières à ne
faire que lire, à m'engloutir dans une œuvre, à ne
pas la lâcher sans l'avoir absorbée en sa totalité.
Cette passion des livres et de la lecture s'est d'ailleurs
fréquemment trouvée en conflit avec mon
travail, et c'est elle encore qui ne m'a pas laissé le
loisir d'écouter de la musique plus souvent. Au
moindre instant libre, l'urgence était impérieuse.
Il me fallait me saisir d'un livre, et en hâte, parcourir
quelques pages. En hâte mais non sans grande
attention.
   Recueil de poèmes, essai, roman, ouvrage de
philosophie, mémoires, autobiographie, correspon-
dance, textes mystiques. je dévorais tout avec la
même avidité.

p.15-16
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L'attente. Avez-vous connu, connaissez-vous l'attente ? Cette attente qui pendant des années n'a cessé de me ronger, m'a empêché de participer, a frappé d'inanité cela même qui aurait dû me contenter. Si vous saviez dans quel désert elle m'a fait vivre. Rien de ce qui se proposait à moi n'était à la mesure de ce dont j'avais soif. Et que pouvais-je bien attendre ? Je n'aurais su le préciser. Sans doute étais-je dans l'attente de cette merveille qui eût apaisé la soif de ce qui manque à toute vie. Mais il n'est point de merveille, et je conçois maintenant que je n'ai pas à le déplorer. Ce qui est susceptible de répondre à cette attente ne peut venir que de l'instant - cet instant qui est là, en avant de nos pas, et qui s'offre à notre convoitise. Mais souvent, nous le trouvons trop gris, trop banal, et parce qu'il ne nous paraît pas digne de véhiculer ce dont nous désirons nous rassasier, nous le franchissons sans chercher à recevoir ce qu'il recèle. Combien nous nous trompons.
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30 octobre
Amie chère, extrait 5


   Si ces jours, comme moi, vous avez parcouru
les journaux, vous avez dû apprendre qu'un peu
partout dans le monde des forces mauvaises se
déchaînent. Dans de nombreux pays, sur presque
tous les continents, ce ne sont que crises, tyrannies,
convulsions, famines, guerres, horreurs de toutes
sortes. Depuis le fond des temps, l'histoire n'en finit
pas de se répéter. Mais la rapacité, le besoin de
puissance et de domination, les violences qu'ils
suscitent, quand prendront-ils fin ? Jamais l'avenir
non pas d'un pays, ni même d'un continent, mais
bel et bien de la planète, n'a été aussi sombre. Du
racisme à l'intolérance religieuse, du gangstérisme
économique à la folie d'un tyran, des rivalités tribales
aux nationalismes exacerbés, c'est toujours ce
même besoin de soumettre l'autre, de le déposséder,
l'humilier, l'écraser. Parfois, je suis accablé, et mon
espoir vacille de voir un jour notre triste humanité
non pas s'employer à soigner les maux que depuis
des millénaires elle ne cesse de sécréter, mais vaincre
enfin ses effroyables démons, se réconcilier avec
elle-même, vivre en paix, vivre en paix, mettre au
service du bien commun les inépuisables énergies
qu'elle consacre à multiplier les destructions, répandre
la misère et le malheur, faire sauvagement couler
le sang.

p.14-15
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"Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l'angoisse au consentement à soi-même. A l'adhésion à la vie."
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30 octobre
Amie chère, extrait 3


   J'ai passé ma journée à marcher sur les collines.
Des écharpes de brume traînaient dans la plaine,
mais sur les hauteurs, une lumière dorée exaltait les
ocres, les bruns, les rouges des vignes et des arbres
qui brûlaient dans l'air immobile.
   Si vous saviez combien j'aime l'automne,…
   Saison des fruits, des récoltes, de la surabon-
dance. Maturité. J'ai toujours associé cette saison à
ce que représente pour moi la femme, la mère, à ce
qui opère en la majorité d'entre vous et dont
l'homme est si loin.

   De cet automne je passe à celui de l'existence
humaine. Pour nous aussi au long des années, se
succèdent des nuits de gel, des vents dévastateurs,
d'implacables journées de canicule, des orages, des
sécheresses, des pluies torrentielles, et c'est tout cela
qui finit par produire la richesse d'une vie, la beauté
d'un visage. (Un visage n'est jamais si beau, si
émouvant, qu'à son automne.) …

p.12-13-14
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Videos de Charles Juliet (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Avec Marc Alexandre Oho Bambe, Nassuf Djailani, Olivier Adam, Bruno Doucey, Laura Lutard, Katerina Apostolopoulou, Sofía Karámpali Farhat & Murielle Szac Accompagnés de Caroline Benz au piano
Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main.
112 poètes parmi lesquels :
Chawki Abdelamir, Olivier Adam, Maram al-Masri, Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Nawel Ben Kraïem, Tanella Boni, Katia Bouchoueva, Giorgio Caproni, Marianne Catzaras, Roja Chamankar, Mah Chong-gi, Laetitia Cuvelier, Louis-Philippe Dalembert, Najwan Darwish, Flora Aurima Devatine, Estelle Dumortier, Mireille Fargier-Caruso, Sabine Huynh, Imasango, Charles Juliet, Sofía Karámpali Farhat, Aurélia Lassaque, Bernard Lavilliers, Perrine le Querrec, Laura Lutard, Yvon le Men, Jidi Majia, Anna Malihon, Hala Mohammad, James Noël, Marc Alexandre Oho Bambe, Marie Pavlenko, Paola Pigani, Florentine Rey, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Pierre Soletti, Fabienne Swiatly, Murielle Szac, Laura Tirandaz, André Velter, Anne Waldman, Eom Won-tae, Lubov Yakymtchouk, Ella Yevtouchenko…
« Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en soucie-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire tu pars, et l'histoire est sans pitié. »
Circé – Poèmes d'argile , par Margaret Atwood
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