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EAN : 9782849529621
1400 pages
Éditeur : Imago (07/11/2018)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Document unique, saisi sur le vif, ce séminaire constitue une introduction magistrale à la pensée de C. G. Jung qui, par la pratique de l'imagination active, nous fait pénétrer dans le laboratoire secret de la psyché au travail. Tout au long des sessions tenues à Zurich devant ses meilleurs disciples, de 1930 à 1934, Jung analyse et commente les visions d une patiente américaine, âgée de 29 ans, qu'il a incitée à écrire et à peindre un « Livre Rouge » au féminin.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  03 septembre 2020
A propos de Jung, Lacan écrivit : « Jung disait la vérité. C'était même son tort – il ne disait que ça. » Au début, je ne comprenais pas. Allez donc, ne sommes-nous pas tous lancés à la recherche de cette foutue vérité qui ne ressemble à rien, n'est-ce pas pour cela que nous venons nous ébattre dans les eaux fangeuses de la culture, voire, pour les plus naïfs d'entre nous, du grand savouère ? Allons donc, me disais-je, me comprenant à demi-mot. C'est en parcourant cet ouvrage, récemment (2018) traduit en français, que je commençai à comprendre ce que pouvait être un mec qui en sait un peu trop sur la vérité (la trop-toute).

Que contiennent les 1357 pages de cet illustre ouvrage ?
Entre 1930 et 1934, Jung tint une série de conférences devant son parterre d'admirateurs – bien souvent d'anciens analysants devenus analystes ou des analysants du moment – en se donnant pour but d'étudier les visions d'une ancienne patiente, Christiana Morgan. Jung s'était livré avec elle à un jeu semi-érotique : le jeu de l'imagination créatrice. Il s'agit de récolter le max possible de rêves, visions, intuitions et autres petites choses de la pensée pour les amplifier par l'interprétation symbolique, l'expression artistique et la mise en récit. On s'amuse en quelque sorte à créer son mythe personnel en repérant les visions fantasques dont on attribue le surgissement au jeu de l'inconscient. Jung se sert de tout ce petit travail pour initier devant ses fans une réflexion sur l'individuation et ses manifestations psychologiques. le fil conducteur est le suivant : que peut-on savoir du chemin d'individuation de la patiente en analysant le travail de son imagination créatrice ?

Le plus d'un millier des foutues pages qui constituent ce livre constitue une retranscription de cette série de conférences, réalisée par une auditrice, et révisée par Jung. Après la révision, il annonça : ne publiez pas ça. Mais pourquoi donc ? Certes, le ton qu'il adopte ici est bien éloigné de l'approche prudente et sage qui est la sienne dans ses ouvrages officiels, mais n'est-ce pas cocasse justement de le voir s'orner d'un entonnoir sur la tête ? Parfois, c'est un peu n'importe quoi. Pas tout le temps, non ! La plupart du temps, c'est même très bien. Mais de temps en temps, comme un point de ponctuation mal gaulé, l'édifice vacille. Jung laisse libre cours à sa fantaisie, à l'improvisation et au rafistolage qu'impose la nécessité de discourir dans une langue qui n'est pas la sienne (l'anglais). L'envie de se faire comprendre de tous l'oblige également à en rajouter une double couche de ce qui ressemble parfois (mais pas toujours) à de la connerie. Pire encore, le besoin de faire rire dans la salle avec des histoires beaucoup plus longues qu'elles ne sont drôles. On parlait de Lacan, mais parlons-en encore, lui qui disait que l'errance c'était justement ça : devoir se faire comprendre par des cons.

D'une certaine façon, avec son public hébété, Jung se livre au processus de l'amplification tel qu'il nous en bassine dans ses livres. Prenez une chose banale et parlez-en jusqu'à ce que, au moment où vous croyez ne plus pouvoir rien en dire, vous basculiez dans le plus grand délire. Il se peut qu'une demi-heure s'écoule ainsi, à traiter du symbolisme du taureau cambré, en déclinant toutes les occurrences dans les différentes civilisations, à différentes périodes, dans différentes oeuvres, en fonction de la race du taureau et de la couleur de ses yeux. Mortellement emmerdant mais, comme nous le rappelle une des brillantes préfacières de cet ouvrage, à cette époque le « savoir » était une chose rare et la vérité coûtait beaucoup plus cher qu'aujourd'hui. Les auditeurs de Jung venaient s'abreuver à lui comme à une source vive de savoir, lui posant mille petites questions stupides et absorbant toutes les réponses sans le moindre esprit critique.

Pas étonnant qu'à l'heure où nous découvrons cette retranscription, Jung finisse par nous sortir par les trous de balle. Ça nous emmerde bien de lire sur cinq pages la signification symbolique du soleil levant, et tout ce genre de petites choses. On a l'impression que ce n'est pas extraordinaire et on ne sait pas autour de quel pot on tourne. C'est de la psychanalyse, ça ? On sait bien que non, mais je veux dire : est-ce au moins de la psychologie ? On a parfois l'impression que Jung profite de son statut de maître du savoir pour engourdir la cervelle de ses potes dans une compote de pommes pourries. On le surprend parfois à poser des petites devinettes à ses spectateurs qui s'empressent de lever le doigt pour prendre la parole avant de se faire remballer parce que forcément, ils n'avaient pas la bonne réponse, c'est-à-dire pas celle à laquelle pensait Jung. Pour l'individuation de Christiana Morgan, c'est la même chose. Jung pense savoir ce qu'elle devrait être, comment elle devrait se dérouler, et où elle devrait aller. Il n'hésite pas à critiquer certaines de ses visions lorsqu'elles ne respectent pas le joli et puissant symbolisme de la croissance psychologique. On observe au passage la plus totale possession de Jung par ce qu'il appelle de ses propres mots « l'anima ». Pas inintéressant.

Mais cessons là avant que 1357 pages supplémentaires sur le sujet ne voient le jour. Ce séminaire mérite le détour pour observer le discours spontané de Jung. Non pas le discours mesuré qui est le sien dans ses ouvrages mais le discours vivant qu'il administre à ses apôtres en guise de succédané de vérité. Pas inintéressant, je vous l'ai dit.
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critiques presse (1)
Liberation   28 décembre 2018
Un inédit majeur de Jung, une somme qui réunit les séminaires tenus à Zurich entre 1930 et 1934 par l’ex-disciple de Freud, et constitue une véritable introduction à son œuvre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   20 novembre 2020
[…] on suppose souvent qu’un type pensée bien différencié est comme une lumière radieuse. Mais non, l’intellect est une épée froide, un outil tranchant pour disséquer les choses. Ce n’est nullement une lumière radieuse, il n’a aucune qualité métaphysique merveilleuse. Chaque type intellectuel se flatte d’avoir un esprit qui soit une lumière. Il en est persuadé. Mais la vérité, c’est que l’intellect n’est qu’une lame de couteau, froide. Même si bien entendu il a son utilité comme un scalpel de chirurgie ou comme le couteau avec lequel vous coupez votre pain. Quant au sentiment bien différencié, il est un choix, à froid. Nous voudrions qu’il soit joli et charmant, mais de fait il n’est que le sentiment adéquat, un sentiment qui nous rend des services, tout comme le penseur se sert de son intellect. C’est aussi une arme, un outil aiguisé qui sert les objectifs de son propriétaire, lesquels ne sont pas obligatoirement altruistes.
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colimassoncolimasson   18 novembre 2020
Je pense qu’il est à la fois pratique, et que c’est permis, de supposer que l’esprit est construit selon des strates. La couche supérieure serait le conscient bien réel, et en dessous se situeraient les couches historiques. La première couche, sous la conscience, serait celle de la jeunesse. Puis viendraient la couche des parents, puis celle des grands-parents, et plus bas encore les couches du Moyen Age. Et puis bien plus bas, il y aurait la couche de l’homme ancien qui ne possédait pas encore toute sa pensée, pour qui l’esprit était quelque chose d’objectif situé à l’extérieur, comme l’esprit du primitif qui n’a aucune psychologie ou qui n’en possède que des bribes, comme les petits enfants.
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colimassoncolimasson   26 octobre 2020
Il y a des gens qui ne se nourrissent que de carottes crues, ou qui se tuent au sport, tout investis dans une posture de saint. Et cela peut même concerner des sphères de la vie où des gens tout à fait comme il faut ne doivent pas s’aventurer, concerner des situations des plus risquées, avec une telle ferveur et un tel esprit de renoncement, que vous êtes là à vous arracher les cheveux en les écoutant vous raconter leurs histoires, et vous vous demandez comment diable ils peuvent vivre cette vie-là. Ils vous disent : « Oh, vous savez, c’est un immense sacrifice pour moi. » A l’extérieur, ce sont des cochons, mais qu’est-ce qu’ils se sont sacrifiés ! C’est la mentalité d’un saint du Moyen Age qui plane encore sur notre époque, et bien entendu cela nous apparaît comme en complet décalage.
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colimassoncolimasson   13 octobre 2020
Ces vierges noires se trouvent être parfois des figures de l’Isis noire, avec la signification spécifique de la déesse noire, une allusion à la terre noire. Dans un manuscrit des débuts du christianisme, saint Augustin dit que la Vierge Marie était en fait la terre noire, pas encore fécondée par des torrents de pluie. Il s’est servi de cette comparaison dans un de ses sermons. Et il y avait l’identification de Marie à la terre dans les mystères d’Eleusis, si bien que la Marie noire est un vestige du passé. Il existe une Vierge noire à Einsiedeln, on affirme qu’elle a été noircie par un incendie, mais on prétend toujours cela ! Le fait est qu’il existe de nombreuses Isis noires sculptées dans le basalte, honorées comme Madones, dans les églises catholiques.
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colimassoncolimasson   02 octobre 2020
Au cours de cet immense travail qui consiste à assumer jusqu’au bout vos schémas psychologiques personnels, si vous essayez d’y parvenir au moyen de votre fonction différenciée, vous n’aboutirez qu’à un cul-de-sac. Elle vous a bien servi pour vous libérer de votre inconscience initiale et de votre passé, pour vous permettre de vous inscrire dans la vie en tant que personnage social ou individu à part entière. Mais lorsque se présente la question de la totalité, du polissage fin de votre personnalité, la question d’assumer votre karma, il devient indispensable de vous appuyer aussi sur vos autres fonctions, en particulier la fonction inférieure.
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Videos de Carl Gustav Jung (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carl Gustav Jung
{Lecture par Anna Mouglalis} Gradiva, fantaisie pompéienne, nouvelle publiée en 1903 par l'écrivain allemand Wilhelm Jensen, a eu une aura importante dans la culture occidentale du XXe siècle. C'est l'histoire de Norbert Hanold, jeune archéologue envoûté par un bas-relief antique d'une "femme qui marche". Cette jeune fille de pierre à la démarche inimitable a fasciné Carl Jung, puis Sigmund Freud qui lui consacre un essai en 1906 (Dérives et rêves dans la Gradiva de W. Jensen). André Breton, Dali et les surréalistes en firent leur effigie. Lecture enregistrée le 11 octobre 2020 à la BnF I François-Mitterrand
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