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Batia Baum (Traducteur)Rachel Ertel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2843044081
Éditeur : Zulma (15/03/2007)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 11 notes)
Résumé :

Ecrit en yiddish en 1943 dans le camp de Vittel et miraculeusement sauvé, le Chant du peuple juif assassiné est un témoignage unique sur la barbarie nazie et le ghetto de Varsovie. C'est aussi et surtout un chef-d'œuvre absolu qui interpellera à jamais les générations futures par sa beauté littéraire comme par sa bouleversante humanité.

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Under_the_Moon
  21 octobre 2017
Ce petit recueil était dans ma PAL depuis quelques années , et c'est suite à la lecture du roman d'Erri de Luca, le tort du soldat, que j'ai décidé d'hâter cette lecture.
Drôle d'histoire que celle de ce recueil, retrouvé "par hasard" dans le camp de Vittel, il consigne les dernières images et ressentis d'Yitskhok Katzenelson quelques mois avant sa déportation -et mort- à Auschwitz.
Alors qu'il a perdu sa femme et deux de ses enfants (sur trois..), il témoigne. Sans doute pour ne pas sombrer, dans le désespoir, la dépression ou l'oubli.
On retrouve dans ces poèmes en prose l'oralité et les rythmes du klezmer et le sens de la formule du théâtre yiddish.
Comme dans tout témoignage, nous assistons à la chute du poète. De l'exil du quartier de Lodz au ghetto de Varsovie, de l'anéantissement à la colère, de la torpeur au désespoir, et de la résistance à la mort : il témoigne.
Même si dans ce chaos, il tente de se remémorer ce qui était bon dans cette vie qui n'en est plus une... Même s'il tente par tous les moyens de ne pas se résigner (l'écriture, le souvenir, la résistance), la mort reste omniprésente.
Comme dans le Journal d'Anne Frank, nous lecteur, savons que la fin du livre signifie la fin de la vie.
Contrairement au journal de l'adolescente, il y a bien plus de fusion ici, c'est le chaos qui est décrit. Des scènes de terreur où la Terre perd son humanité et le Ciel contemple, aveugle et sourd.
Ce qui ressort malgré tout, c'est que ce qu'il reste d'humanité dans l'horreur : c'est la compassion pour ses semblables, le combat pour la dignité quand tout est perdu et surtout, l'amour pour les siens.. même s'ils ne sont plus.
C'est là sans doute la motivation profonde de ces poèmes : l'amour pour la femmes et les enfants disparus. Ceux pour qui ont veut laisser une trace, même si eux n'ont pu le faire...
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Lunoelle
  25 septembre 2009
"Puissant."
Voilà le mot que je choisirais pour décrire ce tout petit livre, pourtant si grand pour ce qu'il raconte! ...
La tragédie de la Shoah, de l'extermination de juifs... de l'assassinat de milliers d'Hommes...
C'est la première fois que je lis un texte sur ce sujet... adoptant la forme de poèmes.
Qui plus est... de poèmes écrit par un juif, et à cette époque précisément!
le texte ainsi rédigé nous emmène dans la peau d'un peuple poursuivi, battu et écrasé impitoyablement.
Nous donne envie de pleurer,
ou de se terrer dans un trou
en attendant que la folie des hommes passent...
et souhaitant qu'elle ne nous atteigne jamais! ...
Ces témoignages d'Yitskhok Katzenelson, qui ont été caché sous terre dans une bouteille avant de nous parvenir, sont terriblement durs mais extrêmement beaux.
A lire pour les passionnés ou intrigués de cette période.
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cherryblossoms
  15 janvier 2020
Ce petit livre est original, tant par la nationalité de son auteur, que sa couverture et sa forme. L'auteur, qui est biélorusse, écrit en langue yiddish, autrement dit, la langue utilisée par les juifs dans l'Europe centrale et de l'Est. Oui c'est important de connaître la différence entre l'hébreu et le yiddish, culturellement parlant.
Ce petit livre est un témoignage. Un cri. Sous forme de poèmes en prose. C'est très particulier. Contrairement à son manuscrit, l'auteur n'a pas réussi à ressortir vivant du camp de Vittel. Parce qu'effectivement, il raconte, en une dizaine de poèmes (ou chapitres) l'extermination des juifs. Enfin, il ne raconte pas, il dénonce, il s'insurge, il se met en colère.
Je vous le conseille vraiment. C'est rapide à lire (aucune excuse) et c'est fort
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ChezVolodia
  21 novembre 2018
Je connaissais bien évidemment Yitskhok Katzenelson, poête oh combien célèbre pour ses oeuvres et résistant du ghetto de Varsovie, mais jusqu'ici je n'avais pu lire son oeuvre celle-ci n'étant pas rééditée.
Ce recueil, est le reflet, mis en poêmes de ce qui se passa pendant cette période sombre mais également le récit d'une partie de la vie du poête.
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Ravi
  26 mars 2016
Très belle et très juste critique de Lunoelle.
A travers l'horreur de la Shoa, cet immense et intense poème méditatif et souffrant nous fait pénétrer dans la douleur humaine aux prises avec l'insupportable violence que les hommes font aux hommes, ignorants qu'ils sont de la vraie richesse qui fait la beauté de l'homme: la paix.
Qui plus est, il y a une grande profondeur des images et un ton élégiaque qui captivent immédiatement le lecteur et l'emmènent dans ce que vit Yitshak Katsnelson qui s'être trouvé sous l'occupation nazie dans le ghetto de Varsovie, où il n'a pu empêcher la rafle de sa femme et de ses deux plus jeunes enfants (exterminés à Treblinka). Il fuit et se retrouve prisonnier à Vichy, avec son fils aîné, où il écrit ce poème avant d'être déporté à Aushwitz où il est immédiatement gazé. Son poème est retrouvé enterré dans le camp de transit de Drancy après la guerre.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wik..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   15 avril 2018
Déshabillez-vous…


Extrait 2

Pourquoi ? personne ne le demande, personne au monde, alors que tout,
  tout demande : pourquoi ?
Écoute, écoute ! Chaque demeure vide en ses murs dévastés, par mille
  cités et villages par milliers,
Demande pourquoi… Écoute, écoute ! Car les logis vides ne sont pas
  longtemps vides, les foyers déserts ne sont pas longtemps déserts,
Un autre peuple vient y habiter, d’autres hommes, une autre langue,
  autres les jours et les nuits.
+ Lire la suite
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cprevostcprevost   11 mars 2011
Pas un nuage n’a obscurci votre bleu de pacotille et son chatoiement mensonger,
Le soleil, cruel bourreau encagoulé de rouge, a poursuivi sa course éternelle,
La lune, vielle putain impénitente, est sortie par les nuits faire sa ronde,
Et les étoiles se sont réjouies, obscènes, en clignant de leurs yeux de souris !
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   24 juillet 2019
« Ô toi qui a fui dans la terreur, dis, pourquoi revenir en ta demeure ?
Tu étais parti, pourquoi dans le malheur n’es-tu resté à l’étranger ?
Tu aurais évité de voir ton foyer en sa peine, en sa cruelle épreuve,
De le voir saigner, torturé sans aucune raison, brisé et outragé.

Ô dis pourquoi »… Et celui qui est revenu, triste et muet, ébauche un sourire,
Ombre amère figée sur sa face comme sur un masque d’argile.
Il se tait un instant encore, puis regarde alentour, jette à la ronde un regard d’effroi :
« Je reviens de chez moi… Partout, un seul et même foyer dévasté, anéanti ! »
+ Lire la suite
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RaviRavi   26 mars 2016
Chante, chante! Prends ta harpe, vide, creuse et légère,
Sur ces cordes fines jette tes doigts pesants,
Cœurs lourds de douleur, et chante le dernier chant,
Chante les derniers juifs d'Europe sur cette terre,

Comment chanter? Comment ouvrir la bouche et chanter,
Moi qui suis resté seul et dernier -
Ma femme et mes enfants, mes deux petits - horreur!
M'étreint l'horreur... On pleure! J'entends au loin des pleurs...

Chante, chante! Lève haut ta voix brisée de douleur,
Cherche! Monte Le trouver là-haut, s'Il y est encore -
Et chante, chante-Lui le chant du dernier Juif dernier -
Il a vécu, est mort, sans sépulture, et n'est plus!...

Comment chanter? Comment lever ma tête roide?
Ma femme déportée, et mon Betsion, et Yomele, un enfant,
Ils ne sont plus à mes côtés et ne me quittent pas un instant!
Ô ombres noires de mes seules lumières, ombres aveugles et froides!

Chante, chante une dernière fois encore sur cette terre,
Jette la tête en arrière, vrille sur Lui ton regard lourd,
Et chante une dernière fois, joue pour Lui sur ta harpe légère:
De juifs il n'en est plus! Exterminés, à jamais disparus!
+ Lire la suite
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   26 juillet 2019
Maintenant, a posteriori, quand nous savons les conditions de vie et de mort de ces hommes, le travail de Katzenelson, comme de nombre d’autres écrivains et artistes, semble inimaginable. Ils laissaient des traces ténues, certaines éphémères comme l’existence humaine, d’autres enfouies, confiées à la terre, comme on jette une bouteille à la mer, sans connaître le destinataire ou même s’il en existera un. Cette production de traces par des hommes affamés et épuisés, les conférences devant des auditoires sous-alimentés, roués de coups, humiliés de toutes les façons possibles, sauva la dignité et l’existence même de l’espèce humaine.
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Video de Itzhak Katzenelson (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Itzhak Katzenelson
Holocaust Requiem- Composer Zlata Razdolina ,lirycs by Itzhak Katzenelson Zlata Razdolina Composer, author and performer - Fragments from 'The Song of the Murdered Jewish People' English narration: Howard Weiner- Lyrics Itzhak Katzenelson, Moravian Philharmonic Orchestra
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